C. Toussaint
BECANUS Martin (Schellekens serait son nom de famille, Becanus rappellerait le lieu d'origine), célèbre conlru\. I -i^lr. iiainiil à llilvarenbeeck (Brabant septentrional, llo!l:iiiii(' . Il r, i.iirvier 1563, étudia chez les jésuiii , CmIm^im, , 11(1,1 ,lans leur ordre le 22 mars •158:;. - M i„i, I 1,, plnlM.oi.lii., à Cologne de 1590 à -1593, et l.i ; i. |.i ml.. lit vingt-deux ans à Wurzbourg,
Ma>rii ,, Miii . lut confesseur de l'empereur Fer-
dinaii.l il, ,i. |.iii^ llriû jusqu'à sa mort qui arriva à Vienne le -ii janvier 16'2'i. Très apprécié comme professeur, il ne le fut pas moins comme écrivain, ce qu'attestent les éditions répétées de ses nombreux ouvrages, non seulement en Allemagne, mais encore en
France et en Italie. La plupart sont dirigés contre les erreurs des protestants, et en particulier des calvinistes. Parmi ses opuscules de controverse, publiés d'abord séparément, puis réunis en 2 in-fol. ou 4 in-4", les plus remarquables traitent de la prédestination, du libre arbitre, de l'eucharistie, de l'invocation des saints, de l'infaillibilité de l'Église, de la hiérarchie ecclésiastique et du pouvoir du pape. Il expose et réfute l'ensemble des erreurs des luthériens, des calvinistes, des anabaptistes et des « politiques » (mauvais catholiques favorables aux novateurs), dans son Manuale controversiariim, in-4», 1623, dont les éditions sont presque innombrables (la meilleure, d'après Hurter, Nonienclator, t. I, p. 294, est celle de Cologne, in-12, 1696), comme aussi celles de l'abrégé qu'il en fit, Compendium Manualis coittroversiarum , qui parut d'abord à Mayence, in--12, 1623, et dont il y eut plusieurs éditions « de poche », dans les plus petits formats. Saint Vincent de Paul écrit, dans une lettre datée de Beauvais, -1628 : « Étudie-t-on, s'exerce-t-on sur les controverses?... Qu'on tâche de bien posséder le Petit Bécan, il ne se peut dire combien ce petit livret est utile à cette fin. » Lettres, t. i, p. 20, dans Sommervogel, Bibliothèque, t. I, col. IITI. Becanus a embrassé toute la théologie dans sa Sunimatheologix scholaslicse , i in-4", Mayence, 1612, et souvent après; réimprimé à Lyon, Rouen et ailleurs : c'est surtout l'enseignement de Suarez qu'on y retrouve sous forme plus brève. La précision et la clarté sont, avec la solidité de la doctrine, les qualités qui distinguent tous les écrits de ce laborieux théologien. Cependant celui où, à la suite de Bellarmin (J. de la Servière, Une controverse au début du xvii' siècle : Jacques I" d'Angleterre et le cardinal Bellarmin, dans les Études, t. xciv [1903], p. 628 sq.; t. xcv, p. 493 sq., 765 sq.; t. xcvi, p. 44 sq.), il défendit l'autorité des papes sur les rois contre Jacques I", roi d'Angleterre, sous le titre : Ccmtroversia anglicana de poleslate régis et ponlificis contra Lancelloltum Andream sacellanum régis Anglix gui se episcopum Elienseni vocal, pro defensione ill. card. Bellai-mini, Mayence, 1612, fut prohibé donec corrigatur par décret de l'Index, le 3 janvier 1613, comme contenant quelques « propositions fausses, téméraires, scandaleuses et séditieuses, respective ». Mais le but de cette condamnation semble avoir été, moins de proscrire un livre qui, sauf peut-être quelques exagérations, ne contenait guère que la doctrine alors commune parmi les théologiens, gallicans exceptés, que dempécher le Parlement et la Faculté de théologie de Paris d'en faire eux-mêmes la censure, avec des déclarations hostiles à l'autorité papale. P.-J.-M. Prat, Recherches historiques et critiques sur la Compagnie de Jéstis en France du temps du P. Colon, Lyon, 1876, t. m, p. 394. Voir une lettre du P. Adam Contzen, S. J., sur la censure romaine, adressée au cardinal Bellarmin, de Mayence, 26 mars 1613, dans DoUinger-Reusch, Geschichte der Moralstreitigkeiteit, Nordlingen, 1889, t. II, p. 252-259. Réimprimé trois mois plus tard, avec quelques corrections et une dédicace au pape Paul V, ce livre n'a jamais figuré dans aucune édition officielle de l'Index. Reusch, Der Index, t. ii, p. 345-348. — Le ton de la polémique de Becanus contre les hétérodoxes est digne, mesuré, contrastant avec les violences des adversaires qu'il combattait. Aussi le savant protestant Fabricius, Historia bibliolhecx Fabricianœ, Wolfenbiittel, 1718, t. ii, p. 103, lui décerne-t-il cet éloge ; Certe omnino laudanda videtur modeslia, qua Becanus in dispittalionibus suis utitur. Martin Becanus est un des théologiens qui ont le mieux défini les circonstances qui permettent ou même font un devoir aux souverains catholiques d'accorder la tolérance religieuse aux noncatholiques dans leurs États. Récemment sa loyauté a été mise en cause, à tort, au sujet d'une prétendue citation de Calvin concernant les jésuites, qu'on lit chez plu-
BECANUS