‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 290 sur 741 · troisième partie est cou-., nh.i. ni ,i l,i défense · texte numérisé non relu

troisième partie est cou-., nh.i. ni ,i l,i défense

de l'iiiliiillil.ilii... si^iuilùus encore parmi les manuscrits de la l;il.li..ili. i|ii, il,. Munich des Commentarii in //"■" II': n m ,.,,.1, ,., s. T/iomœ. Dilligen. 1623-1625(Catal. A/.S.S. Ial,„. M.Hiachii, t. I /;, n. 232i). et à la Dihlio-

thèque de Heidelberg un Traclaclus de peccalis et gratia, également manuscrit.

Sommervogel, Bibliothèque de la C" de Jésus, t. I, col. 1443 ; Hm-ler, Nomenclator, t. n, col. 303: Kropf, Historia provinciSB s. J. Germanix superioris, in-fol., Munich, 1746, t. V, n. 519, p. 226; n. 766 sq.jp. -153 sq.: Ménologe de la C" de Jésus. P. Bernard.

BIEL Gabriel, théologien allemand du x\' siècle. — I. Vie. II. Œuvres. III. Doctrine. IV. Influence.

I. Vie. — Né à Spire, vers 1425, Gabriel Biel fit ses études à Heidelberg et à Erfurt. Ayant obtenu le grade de licencié en théologie, il fut nommé vicaire et prédicateur à la cathédrale de Mayence. Ses talents d'orateur commencèrent sa réputation. Mais ce qui le mit surtout en relief, ce fut la part qu'il prit à une grave querelle politique et religieuse. Diether d'Ysenbourg, élu archevêque de Mayence, avait encouru l'excommunication pour sa résistance aux ordres du pape Pie II et s'était mis à la tête du parti antipontifical qui voulait constituer une Église nationale allemande. Pie II l'avait déposé et avait nommé archevêque de Mayence Adolphe de Nassau. La guerre mettait aux prises partisans et adversaires de Diether. Pastor, Histoire des papes depuis la fin du moyen âge, trad. franc, par Furcy-Raynaud, Paris, 1892, t. m, p. 154-157. Biel prit résolument la défense de la cause pontificale : à Mayence et dans le pays rhénan, il prêcha l'obéissance au pape. Attaqué pour son attitude, il riposta en composant un écrit qui établit les droits de Pie II et d'Adolphe de Nassau, Defensorium obedienliœ aposlolicœ ad Pium papam II destinatuni.

Cet ouvrage le désigna à l'attention reconnaissante du souverain pontife : le pape essaya d'attirer Biel à Rome afin de le récompenser. Trop modeste pour accepter, le prédicateur de Mayence préféra se retirer du monde el entra dans la fervente et studieuse congrégation des clercs de la vie commune de Windesheim. Mais Pie II n'était pas le seul qui eût remarqué Biel. Un des pai-tisans d'Adolphe de Nassau, le comte Eberhard de Wurtemberg, voulut l'avoir auprès de lui. Il le fit nommer d'abord membre, puis prévôt du chapitre qu'il avait fondé à Urach, sa résidence. Il l'investit de sa confiance, l'emmena à Rome, en compagnie de ses deux autres intimes conseillers Reuchlin et Jean Bergenhanns, 1482. Deux ans plus tard, Eberhard nomma Biel professeur de philosophie et de théologie à la faculté de Tubingue. Tandis qu'à ses côtés, Heynlin von Stein (Johannes à Lapide) et Conrad Summenhart, fidèles représentants de l'ancienne école, enseignaient le réalisme, Biel profes.sa avec éclat ce qu'on appelait alors la théologie moderne, le nominalisme d'Occam. Il contribua à assurer à l'université de Tubingue le bon renom dont elle jouit alors. Scolastique convaincu, il sut s'intéresser à la vie politique et sociale de son pays et n'entra pas en lutte avec les humanistes. Étroitement lié avec les savants de Bàle et de Strasbourg, notamment avec Pierre Schott et Geiler, estimé de ses élèves dont quelques-uns, comme Wendelin Steinbach, paraissent lui avoir voué un véritable culte d'amitié, il vit son style loué par les adversaires les plus déclarés de la scolastique. L'humaniste Henri Bebel le surnomma le roi des théologiens. En 1492, Eberhard lui donna une dernière marque de confiance en le faisant nommer prévôt du chapitre qu'il venait de fonder dans son séjour favori de Schônbuch. C'est là que Biel mourut, trois ans après, 1495.

II. Œuvres. — i" Lectura super canone missse in aima universitale Tuwingensi ordinarie lecta. Cet ouvrage a encore paru sous le titre : Sacri canonis missx expositio resolutissima, litteralis ac mistica. C'est un long commentaire doctrinal, moral, canonique, liturgique et ascétique sur les paroles et les rites de la messe. L'auteur pose et résout un grand nombre de questions de théologie ou de droit ecclésiasiique. L'ou-

BIEL

vrage fut Lclili', à l'insu de Biel, par les soins de son élève et ami Wendelin Steinbach en 1488, à Rutlingen. L'auteur se plaignit vivement de cette publication; son travail ne lui paraissait pas digne de l'impression, il le trouvait trop peu personnel, il déclarait avoir tout emprunté aux anciens maîtres; la Leclura, selon lui, n'était que la reproduction, avec quelques additions et retouches, des enseignements d'Eggeling de Brunswick, prédicateur de la cathédrale de Mayence. Cependant, la comparaison minutieuse de cet ouvrage avec le CollectOJ-iutn établit manifestement que Biel, dans son travail sur le canon de la messe, nous livre sa propre pensée. Cet écrit a obtenu, à bon droit, grand succès et a été souvent réédité ; Tubingue, 1499; Cologne, 1499; Bâle, 1510, 1515; Lyon, 1514, 1527, etc. Gaspard Ilaslach l'a enrichi d'une très bonne table. Il a paru deux résumés du Leclura de Biel : Epithoma expositionis canonis iitissiv, Tubingue, 1499; Spire, s. d.; et un abrégé plus court : E.cposUio brevis el interlinearis sacri canonis tnissx, s. 1. n. d. Hain, Repertorium , a. 3178-318:^.

2» Une série de sermons pour l'année ecclésiastique : Sennones de festivitatibus Chrisli; seitnones de festivitatibiis beatœ Mainic Virginis ; sermones de sanctis, s. 1. (Tubingue), 1499; Sermones dominicales de Icmpore, ■Tubingue, 1500. Hain. n.r!l8t-3ISô,On.n annexé à ce recueil plusieurs aii|i''iiili. - i',,,ti,;, /^ ^lUriiliam, sermones 7)iediiinalex : h < "i icmpore pastis ;

Quxstiodefui r ' ' I' , '""n'itimobedien-

tise apostoliin ,"i I' >< ^. /,,;y„i., Il ■irsiinalimiet ab eo approbatum. Ces sermons uni rW: rL-iinprimés plus tard à llaguenau, 1510; Bàle, 1519, 1520; Brixen, 1583. Destinés à un auditoire très cultivé, les sermons de Biel sont du plus haut intérêt pour l'historien et le rii.- I ,,i n S m

être indifférent aux abus de l'époque, le pi i h

moins à llageller le vice qu'à exposer la XI I :i i surtout de faire connaître, accepter et niniii li <i inn chrétienne. Aussi, les sermons de Biel sont de véritables disserlalions sur des sujets parfois très ardus. On y trouve, à côté de mouvements oratoires et d'élans d'une tendre piété, des exposés doctrinaux qui complètent et souvent expliquent les thèses du Colleclorium. L'auteur ne se contente pas d'invoquer les Pères : il cite .\ristole et les scolastiques. Tschackert est obligé d'avouer que Biel l'emporte sur les prédicateurs ses devanciers. Realencycl. fiïr protesl. Tlieol. ti. Kirclw, art. Biel, Leipzig, 1897, t. iit, p. 210. Janssen affirme que ses sermons, à l'égal de ceux de Henri Herp et de Geiler, .sont les plus remarquables de l'époque. V Allemagne à la lin du moyen âge, trad. franc,-.. Paris, 1887, p. 31.

3'! Sermo historialis passionis dominicie, Rutlingen, 1498; Mayence, 1509; Bàle, 1519; Haguenau, s. d. Hain, n. 3186.

i" Epilkonia pariler et colleclorium circa quatuor Sententiarum libros egregii viri magistri Gabrielis Biel sacrss theologia; licenciali bene tneriti. — L'ouvrage a été édité pour la première fois en 1501 par les soins de Wendelin Steinbach, à Tubingue. Hain, n.3187. Depuis, i! a élé plusieurs fois réimprimé : Bàle, 1512; Lyon, 1514, etc. C'est l'œuvre capitale de Biel, la seconde série de leçons qu'il donna à l'université de Tubingue. Suivant l'usage de l'époque, l'auteur commente le livre des Sentences, mais en prenant Occam pour guide. Chacun des quatre livres qui forment l'ouvrage se divise en distinctions, ;in di'lml d(S(|uclles se trouve un court

résumi' de la (I.hIiiii, ,1, l'i.ir, | iImuI. l'iiis Biel

pose une ou |il.i ). m - .|ii. i., n .jui. i. .ul. . -• subdi-

visLMil en Iriii- ,i I h. I- L. ihmiu. i r.,iili^ ni ilo notions

■ ■■■•■liiiiinaire.s . i;., „.,i,t ,1^ , .1. lunlioii.-,, ilu.-, Uislinctions

• rit très .subtiles, claires pourtant et toujours très

• s. Parfois aussi, Biel présente les diverses opi-

l'miscs sur le sujet, établit les prémisses de la

Celle-ci est exposée el prouvée dans un second

article qui, d'ordinaire, contient plusieurs conclusions. Enfin, un troisième article écarte les objections, soulève de nouveaux problèmes et complète la solution principale. L'dUivre de Biel est inachevée : le livre IV, dist. I- X.X^IIl, ne contient que les traités des sacrements eu général, du baptême, de la confirmation, de l'eucharistie, de la pénitence et une courte étude de l'extrême onction. Wendelin Steinbach a complété l'œuvre de son maître et a l'ait paraître un Supplet)tentum in XXVIl distinctiones ultimas Senlenliarum, Tubingue, 1520.

5» Traetatus de potestate et utilitate monelarum, imprimé d'abord à Oppenheim en 1516, et dans la suite plusieurs fois réédité. Hain, n. 3188. C'est une dissertation d'économie politique el de théologie morale sur la monnaie. Biel a aussi étudié cette question dans le Colleclorium, 1. IV, dist. XV, q. ix.

6» Traetatus artis grammalicie, s. I. n. d. (Spirej. Hain, n. 3189. — Linsenmann mentionne l'existence de lettres inédites conservées aux archives municipales de Dannstadt. Kirchenlc.rikon, art. Biel, Fribourg-en- Brlsgau, 1883, t. ti, col. 808.

111. Doctrine. — 1' Traits caractéristiques. — Biel déclare qu'il prend Occam pour maître, il veut s'attacher à lui sans mépriser les autres docteurs. Il se propose de l'abréger quand il étudiera les questions qui ont été longuement discutées par lui. Il consultera les autres maîtres sur les sujets (lu'l.riii n lii;.' de traiter ou

d'approfondir. .Mais il il- < ! i i dans ce cas, il

ne s'écartera pas de son il , itr.i d'accord avec

les principes d'Occani !• ~ r,,,,, hi-i. n- il.s autres écoles. Prohemiuni prologi, 1. I, dist. .\LVI11; I. II, prol. : I. III, dist. XV.

Biol a exécuté son programme. Sans doute, il connail. il 'il' ■ I ■"il. ni il -iiil les autres nominalistes, Pierre i \ : Il 1 I' Ji' m, Ilolkot, Henri de Oyta, Gré-

- 11 I '■■■ \ lis d'Oresme, Gerson. Il fait aussi

'I' 1 l'i'iiv ' mil iinu aux théologiens des diverses

éculu.s; nous iioiuiuerons ici seulement ceux qui sont le plus souvent cités par Biel : saint Anselme, Hugues et Richard de Saint-Violor, saint Bernard, Alexandre de Halés, saint Thomas, s:iinl Bonaventure, Henri de Gand, Duns Scot, Pierre dr Palude, Durand, Richard de Middletown, Thomas de Strasbourg. Il sait aussi être personnel et n'est pas un simple compilateur. Mais l'acceptation des thèses fondamentales du nominalisme donne à l'œuvre de Biel une puissante unité ; c'est en disciple d'Occam qu'il accueille, expose et prouve les thèses des autres mailres; et comme il le dit, s'il parait parfois contredire son guide, c'est pour rester fidèle à ses principes.

Et certes, jamais le nominalisme ne fut présenté dans une exposition plus claire. Sans doute, la lecture de Biel exige un elVort du lecteur moderne, peu préparé par son éducation théologique à le comprendre. Mais, il faut avouer aussi que l'amour de l'ordre et de la précision dont le professeur de Tubingue fait preuve, le soin minutieux qu'il met à tout définir, expliquer, distinguer, permettent de suivre aisément l'exposé de thèses souvent très subtiles et très compliquées.

Cet art de la composition s'unit à de précieuses qualités de fond. Biel a un esprit très judicieux, ses études de théologie morale en font foi, il a un sens pratique très affiné. H a fait, dans son Colleclorium, une place assez large aux problèmes de droit, de morale el d'économie politique, il a fréquenté et connaît bien les juristes et les casuistes; il sait mieux que beaucoup de théologiens de son temps et de son école, s'arrêter discrètement devant le mystère; il ne néglige pas de montrer les conséquences pratiques des doctrines, il approfondit avec une complaisance visible les problèmes de la théologie qui ont un rapport immédiat avec la conduite de la vie : tenliilion, ange gardien, prière pour les défunls, fruit du sacrifice, réparation du péché, elc

Ce qui caractérise surtout Biel, c'est la préoccupation tle rorthodoxie doctrinale. Sans doute, le Collectoriiim contient des thèses qui sont ou en opposition ou difficilement conciliables avec les affirmations des conciles de Trente et du Vatican. Mais, jamais le savant allemand n'a mis en doute ou nié une seule vérité tenue par ses contemporains pour définie par l'Église ou par le pape, riiel d'ailleurs était fait pour être catholique. Son robuste lion sens ne lui permet pas d'accepter les conclusions hasardées et singulières auxquelles ont abouti plusieurs occamistes : aiusi, il n'osera pas dire que Dieu aurait pu s'incarner dans un démon, prendre la nature d'une pierre ou d'un âne. Collect., 1. III, dist. I, q. ii. Son humilité et sa modestie presque excessives le prédisposaient à la soumission. Il écrit, à maintes reprises : « Je n'ose pas décider si cette conclusion est certaine, je me contente de l'exposer sans vouloir la défendre, ceci soit dit sous réserve du sentiment des anciens docteurs ou de maîtres plus compétents, avec une humble déférence, etc. » Jamais théologien ne fut plus disposé à douter de lui. S'il tient en haute estime l'avis des docteurs privés, à plus forte raison, fera-t-il grand cas des décisions de l'Église ou du pape. Elles exigent une adhésion entière et sans réserve. Biel soumet son enseignement au jugement de l'Église romaine et de tout chrétien pieux et bien pensant. Collect ., prologi -prohftu . : 1. II, proliem. Le nominalisme, au reste, commando cette attitude; d'après ce système, il faut d'autant plus s'appuyer sur la révélation dûment interprétée, qu'on peut moins compter sur la raison. Ce qui achève do maintenir Biel dans l'orthodoxie, c'est la distinction à laquelle il recourt sans cesse entre ce que Dieu a décidé en fait {potenlia ordinata) et ce qu'il aurait pu décréter (potentia absohita). Pour savnii r. .|iii ,-l. ce que le créateur a voulu, Biel ne recouii lih i. (|ii ,. l i iiHélation. Pour déterminer ce que Dieu lin I.: \.u lnn. il s'abandonne à la spéculation. Le calhnluiiu' ri.nl ce qui est, le nominaliste recherche ce qui pourrait être. Foi et raison ont leur domaine propre et ne se heurtent pas. Biel ne pouvait qu'élro orthodoxe.

Et c'est là ce qui fait l'importance de son œuvre. Le théologien de Tubingue est le meilleur représentant du nominalisme. Chez les autres partisans principaux du

système, la théorie est ou afl'adii tiques, ou unie à des conceplii encore compromise par des allini pape, par des paradoxes ou (Ii'> ••

ten:

qui

paraissent bonnes et présente orthodoxe. Si le nominalisme

thèses mys- -li Miennes, ou I I :iiitorité du li iiiminisme,

ili> derniers iiiliorches de

• \r.'3 de leur ~ piopositions

tout dans un lit pu être un

système catholique, c'est grâce à Biel qu'il le serait devenu.

Le théologien de Tubingue o-i i i--i nu iNs derniers représentants illustres de la scirm , i , h^jim^r du moyen âge, et comme il pratique un si .. • . Ii i li^nir, comme il CxpOM' liloli li'> idi'rs iraulini, mi p-iH lilr-' i|lli'U hli OU

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l'époque et il professe \ uilI m- ~. ni iiiiont avant Luther. Les écrits du théoloyi. n il. riiliiii.no nous permettent donc de savoir si rensiiL-nriiionl ralholique du temps méritait les attaques dont il fut l'objet et dans quelle mesure il les préparait.

2» Principaux points. — La doctrine de Biel étant celle de l'Église au xv« siècle, son système celui des nominalistes, il suffit de donner une idée générale de son enseignement, de signaler ses principales idées personnelles et de faire connaître sa pensée sur les problèmes agités au xv et au xvi» siècle.

1. Suurces de la connaissance religieuse : raison et révélation. L'autorité enseignante, le pape. — Il est des vérités théologiques dont l'homme prend connaissance et fait la preuve par sa seule raison. Co//ef(.,prol., q. i, 1. III, dist. XXIV. Le nombre en est fort restreint. Quand la raison est impuissante, il faut accepter l'autorité, recourir à la révélation, seconde source de connaissance. La parole de Dieu donne entière certitude, aussi ne peut-elle jamais être mise en doute ni rejetée. Une fois mise en présence du mystère, l'intelligence n'a qu'à se soumettre; toutefois, s'il est impossible au théologien de parler dignement de la vérité divine, il ne lui est pas interdit de se rendre raison de sa foi; au contraire, il se met par là en état de mieux la saisir, la défendre et l'expliquer. Op. cit., I. I, dist. I, q. v; dist. XIII, q. i; 1. III, dist. XXIV.

La révélation est contenue d'abord et surtout dans l'Écriture : inspirés et dictés par l'Esprit-Saint, tous les livres canoniques de l'Ancien et du Nouveau Testament contiennent, sans aucun mélange d'erreur, la parole de Dieu. On la trouve encore dans les traditions orales ou écrites venues des apôtres, on peut l'obtenir par des révélations privées. Enfin, est aussi parole de Dieu, la conclusion qu'on dégage de l'Écriture à l'aide d'un moyen terme fourni par la raison. Op. cit., 1. III, dist. XXV; dist. XXXVIII; 1. IV, dist. XIII, q. il.

Nous savons avec certitude qu'une proposition est révélée quand l'Eglise ou le pape le déclarent. Aussi, on na pas connu, dès l'origine, on ne connaît pas encore aujourd'hui toutes les vérités contenues dans la Bible ou la tradition. Il y a donc, en un certain sens, accroissement des vérités à croire : sans doute, l'Église ou le pape, en définissant, ne révèlent rien, mais ils nous font conna"ître que telle vérité est révélée. Avant cette décision, il était permis d'en douter ou de l'ignorer, on ne le peut plus ensuite, sous peine d'hérésie, l'Église étant, après l'Écriture, l'autorité la plus haute. Op. cit., 1. I, dist. XI, q. i; 1. III, dist. XXV; 1. IV, dist. XIII, q. K.

Les organes du magistère sont les conciles, op. cit., 1. I, dist. XI, q. I, et le pape. Très souvent, Biel emploie cette formule delerminatio Ecclesise aul papie, qui semble reconnaître même pouvoir au souverain pontife et à l'Église. Op. cit., 1. IV, dist. XIII, q. ii. Au reste, les protestants eux-mêmes conviennent aujourd'hui que Biel n'a jamais été antipapisle. TschSckert, loc. cit. Vicaire du Christ et successeur de Pierre, l'évêque de Rome a sur l'Église une primauté absolue et universelle, c'est à lui que les questions de foi doivent être soumises et tous les fidèles sont tenus d'accepter ses jugements. Il est aussi le chef suprême et c'est de son pouvoir que dérive médiatement ou immédiatement toute juridiction spirituelle, c'est par lui que sont dispensés tous les biens ecclésiastiques. Propre prêtre de chaque fidèle, supérieur au droit positif humain, il peut dispenser un chrétien d'une loi portée par un concile. Defensorium, n. 6; Sacr. can. mis., lect. xxiii, fùl. 32, 33; Collecl.. I. 1, dist. I, q. v; dist. XI, q. i; I, III. ili.t^ III, ,|. i: I, IV, (lisl. XV, q. vili; dist. XVII. i| I. II. \n^~i Uni |iriMuo pin rieurs thèses uniquement par iiin iliii-iuii ]iuiililir:iln, il modifie son enseignement sur les iadulgences pour le mettre d'accord avec une déclaration de Sixte IV, Sacr. can. mis., lect. LVII, fol. 114; il écrit : s'il est des personnes qui ne croient pas à la valeur des affirmations du concile de Bàle sur l'Immaculée Conception, du moins qu'elles acceptent l'enseignement du pape. Collect., 1. IV, dist. III, q. i.

Néanmoins, le pouvoir du souverain pontife n'est pas illimité comme celui du Christ. Contre l'Écriture, le droit naturel ou divin, le pape ne peut rien. Il ne doit user de son autorité que pour le bien de l'Église ou le .salut des fidèles. S'il accorde des dispenses injustifiées, son acte, valable devant l'Église militante, est nul au rc-

BIEL

gard de l'Kglisc du ciel. Homme, il est exposé à l'erreur et nous devons prier pour lui comme pour quelqu'un qui peut se tromper. Mais lant qu'il n'est pas établi avec certitude qu'il viole lÉcriture, le droit naturel ou divin, les fidèles sont tenus de lui obéir. Ses péchés ne lui enlèvent pas sa dignité de chef de l'Kglise; il ne la perdrait que si, tombé dans l'hérésie, il n'était plus membre de la société chrétienne. Defensorium, n. 8, 9; Sacr. can. mis., lect. xxiii, fol. 32, 33; Collect., 1. III, <list. X.\.\IX, q. I ; 1. IV, dist. XV, q. viii.

2. Anie eC Dieu. — La psychologie et la théodicée de Biel, qui ont une si grande influence sur son système théologique, sont nettement nominalistes. Voir de Wulf, Histoire de la philosophie médiévale, Louvain, 1900, p. 350-356; Ueberweg-Heinze, Grundriss der Geschichie der Philosophie, Berlin, 1898, t. ii, p. 307-310.

Signalons seulement quelques particularités et quelques thèses fondamentales. Pas de distinction entre l'essence et les facultés. Collect., 1. II, dist. XVI. On ne saurait démontrer par la raison et on apprend par la foi seulement que l'âme est imihatérielle, incorruptible et indivisible. ]bid.

Notre science de Dieu est assez courte. Dans le ciel, nous le connaîtrons par intuition. Ici-bas, nous recourons, pour parvenir à lui, au procédé de l'abstraction; mais ce procédé ne nous permet pas d'obtenir un concept de Dieu qui le désigne en lui-même d'une manière absolue et exclusive. Collect., prol., q. ii, vu, etc. La raison peut démontrer l'existence d'une cause première qui conserve le monde. Op. cit., 1. III, dist. XXIV. L'intelligence découvre aussi quelques-unes des perfections de Dieu : il est bon, vivant, sage, intelligent. Op. cit., prol.,q. I. Mais les attributs du Très Haut ne sont que des noms dilférents désignant une seule et même chose. Op. cit., 1. 1, dist. II, q. I, n. C'est la foi seule qui prouve l'unité, l'omniscience, la toute-puissance de l'être divin; seule, elle établit avec certitude que Dieu est la cause immédiate de tous les êtres, qu'il agit librement dans le monde et qu'il est la fin de l'univers. Op. cit., I. I, dist. II, q. x; dist. XXXV, q. n; dist. XLII; 1. II, dist. I, q. II, v.

Biel aflirme souvent que Dieu roagit, simul causal, est, avec la créature, la cause immédiate de tout ce qui se produit. Op. cit., 1. 1, dist. XLV. Toutefois, ce fait ne suflirait pas à établir qu'il est présent partout, pui.sque l'aclionàdistanceestpossible.Op. cit.,]. l,disl. XXXVlll. Mais la thèse la plus importante de la théologie de Biel, c'est son affirmation de l'Indépendance totale et absolue du vouloir divin. Le Très-Haut décrète ce qui lui plait. Ce qui est, n'existe que par son ordre, mais il aurait pu ne pas le vouloir. Il est donc libre de faire ce qui n'est pas juste; s'il le fait, l'acte devient juste. Sa volonté libre, telle est la règle de la moralité. Op. cit., I. I, dist. XLII; dist. XLIII, q. i.

3. Trinité. — Dans son traité de la trinité, Biel montre bien qu'il est un des tenants dece système nominalistc qui accorde une si grande place à la logique. La plupart des problèmes sont posés par lui en ces termes : Peut-on dire... Il se tient à égale distance de ceux qui, comme saint Thomas et Scot, invoquent la raison à l'appui des vérités révélées et des théologiens timides qui, comme Grégoire de Rimini, Oyia, Holkot, ne veulent pas perdre leur temps et leur peine en parlant longuement de la Trinité. L'affirmation à laquelle Biel revient toujours est la suivante : Kntre l'essence et la relation, il y a distinction formelle, autrement dit, essence et relation nous apparaissent comme une seule réalité, mais la foi nous apprend que tout ce qui est vrai de l'une ne l'est pas de l'autre. Collect., \. I, dist. II, q. xi; dist. V, -1. i; dist. X, q. i: dist. XI, q. i; dist. XXXIV.

4. Fin de l'homme, moyen d'y parvenir: la grâce et l'œuvre salutaire. Prédest'ination. — Dieu est notre lin dernière et ce qui rend cette destinée surnaturelh'.

cest que le créateur a décidé de nous permettre de l'atteindre par des secours entièrement gratuits surajoutés à ceux que nous tenons de notre constitution et de nos facultés. Collect., 1. I, dist. I, q. l; 1. II, dist. I. q. v; dist. XXIX.

Pour parvenir à cette fin, l'homme doit produire des actes tout à la fois vertueux et méritoires. Vertueux, ils le seront pourvu qu'ils aient un objet honnête, au témoignage de la conscience, et qu'ils soient librement produits dans les circonstances requises par la raison pour la moralité. Ils deviendront méritoires s'ils sont dirigés vers Dieu aimé pour lui-même et par conséquent s'ils sont produits sous l'influence de la charité ou grâce sanctifiante. Op. cit., I. II, dist. VII, XL, XLI; 1. III, dist. XVIII.

La grâce sanctifiante est donc le pouvoir de faire des œuvres que Dieu, par pure bonté, daigne tenir pour dignes de la vie éternelle. C'est à ce titre qu'elle nous rend agréables à lui. Elle est un don créé et intérieur et non pas la personne du Saint-Esprit; elle se confond du reste avec la vertu de charité. Tout cela résulte de la libre disposition de Dieu. C'est ce qui est, en fait (Biel dit : de potentia ordinata'j. Mais Dieu pourrait décider {potentia absoluta) qu'il en serait tout autrement, il pourrait sanctifier sans se servir d'un don créé, tenir pour méritoire de la vie éternelle un acte accompli sans la grâce, et par contre refuser la gloire à qui possède la vertu de charité. Et c'est ainsi que le mérite dépend de la pure libéralité de Dieu, c'est ainsi que nous sommes vraiment sanctifiés par sa volonté, ou suivant le langage de l'appropriation, par le Saint-Esprit. Op. cit., 1. I, dist. XIV, q. I, li; dist. XVII, q. i, m; I. II, dist. XXVI. XXIX; 1. III, dist. XXXIl.

Ce don surnaturel. Dieu ne le refuse à personne. Très souvent, Biel rappelle et applique le fameux principe : si quelqu'un fait ce qui est en son pouvoir, il recevra la grâce. Au reste, la théorie de la prédestination qu'il propose est significative. Expliquant la prescience des futurs libres, il l'avait fait dépendre de leur réalisation contingente, et il avait écrit : même si Dieu, par impossible, ne devait pas concourir à leur production, il saurait qu'ils doivent arriver librement. Op. cit., 1. I, dist. XXXVIII. Les thèses sur la prédestination sont la conclusion logique de cette affirmation. Les réprouvés sont damnés, parce que Dieu a prévu leurs fautes; les justes sont prédestinés parce que Dieu a prévu leurs mérites; du moins telle est la règle. Car, il est des saints à l'élection desquels on ne peut assigner d'autre motif que la volonté du Très-Haut : Biel cite la Vierge Marie, saint Paul, ceux qui ont été sanctifiés dans le sein de leur mère. A côté de ces affirmations, il est vrai, on en trouve d'autres qui rendent un son bien différent. Toute créature raisonnable prédestinée par Dieu peut être damnée : il a le droit absolu de refuser la gloire à qui a la grâce; si, sans raison, il fait choix de certains hommes, on ne peut l'accuser d'injustice, car il est libre, ne doit rien à personne et il n'y a pas à chercher les raisons de sa suprême volonté. Op. cit., I. I, dist. .'^XXIX. XL, XLVI.

ô. Étal primitif de l'homme et péché originel. — Adam possédait, avec la grâce sanctifiante, le don de justice ori'jinelle, qui réfrénait en lui la concupiscence. Op. cit., 1. II, dist. XXIX, XXX, q. i. Sa faute a passé à ses descendants. Elle n'est pas un simple châtiment : nous naissons pécheurs; mais elle n'est que l'absence en nous de la justice originelle, c'est-àdire de cette rectitude de la volonté qui préservait de la concupiscence et que l'homme était obligé de garder. Sur les conséquences du péché originel : perle de la grâce, etc., Biel propose l'enseignement traditionnel. Il est indulgent pour les enfants morts sans baptême : la mort ici-bas, la peine du dam, mais sans douleur, on l'autre vie, tel est leur châtiment. L. il dist. X.KX,

,|. 11 ; ilist. XXXI, XXXIII; 1. lY, dist. I, q. iv.

lUel est un 'des plus ardents défenseurs de l'Immaculée Conception, il insiste fortement sur cette thèse ; il croit aussi que Marie n'a jamais péché. L. III, dist. III, q. I, II.

6. Incamalion et >■.'<!■ '/./;,,, Ici comme dans le traité de la Trinité, Bi.lJ , ,i lisc tout son talent

de logicien ; mais il a l. i i n. pas poser ou de

ne pas résoudre beauo.ini .i. 4111 -ii^.ns indiscrètes qui tourmentaient un grand nombre de théologiens de l'époque. Il n'ose décider si Dieu pourrait prendre la nature de n'importe quel être. op. rit., 1. 111, dist. I, q. Il; il ignore même, si, Adiin nr- p/'chnnt pas, le Verbe se serait incarné. L. 111. di-i. 11. 11 n- croit pas d'ailleurs qu'on puisse démonini. I li\|iulhrsc de la chute une fois admise, la nécc--i^ .11 de la rédemption. L. III, disi \\ Il mérite du Christ n'a en sui (inniir mais que Dieu le tient pour iiiliiii. Iir n

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.' lusiicc : cil.- l'csl rri rul,.i|oute-t-il, ccple comme telle. L. III, dist. XIX;

— Mérité principalement par le I encore Mrc mrritp pnr l'homme, il

exige sa roojn'iniK-.

la faute consistai 1 il volonté que nous é sacrement, commue ginelle en celle de pos~ L'homme im^rile cetl'

Justifié, c'est destiné au cic

, \.- Im|iI.i,i.. : puisque ,li..ii .1. i . lerlilude de

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