acte devrait rester impun
Pour la justification, une seule condition est à la fois nécessaire et suffisante, la détestation par le pécheur de toutes ses fautes mortelles, mais détestation motivée par la pensée que Dieu est sa fin dernière. Cet acte n'est pas tant une disposition à la grâce que sa réception : aussitôt qu'il est produit. Ihomine n'est plus condamné
à la mort éternelle, la grâce est donnée. Et c'est pour ce motif que jamais nous n'aiiuous Dieu souverainement et pour lui-mérnc san- p,.ss.'.li !■ la charité. Au contraire, l'attrition ne poiil p..- jasiin. 1, même dans le sacrement de pénitence. L. IV. .li-i. X\l. .j. i, 11.
Ainsi, de conr/run, en vertu de la libéralité de Dieu, l'homme mérite par sa lionne volonté la première grâce et par la contrition parfaite, la justification. De condigno, en rigueur de justice, celui qui a la charité mérite, par les actes libres et vertueux qu'il produit sous son influence, un accroissement de sainteté et le ciel. L. Il, dist. XXVII.
Biel est d'avis que, pour savoir avec une certitude absolue s'il est en état de grâce, l'homme a besoin d'une révélation spéciale. L. II, dist. XXVIl.
8. Foi. — La foi est la connaissance certaine des vérités religieuses que Dieu a révélées. La répétition de l'acte de croire produit la foi acquise; la libéralité divine met gratuitement chez le juste la foi infuse ou surnaturelle. Seule, la révélation établit que celte dernière est nécessaire, elle a pour effet d'ajouter à la perfection de notre âme et de nos actes. Mais elle ne suffit pas. Vague tendance à croire, c'est par la foi acquise qu'elle est dirigée vers une vérité déterminée. La vertu infuse et la science peuvent donc coexister; mais on ne saurait, en même temps, adhérer à une proposition par la foi acquise et l'accepter en vertu d'une démonstration. La tendance surnaturelle disparait seulement lorsque Dieu l'annihile, ce qu'il fait, non pas toutes les fois que nous péchons, mais quand, par une erreur coupable, nous rejetons volontairement une vérité révélée.
Il est une autre distinction sur laquelle Biel s'étend longuement : la foi est explicite ou implicite. Mais cette dernière, qui devait être, peu après, si violemment attaquée, n'est pas un simple blanc-seing accordé par le laïque au prêtre, pour le plus grand profit de la hiérarchie : d'abord, par définition, elle présuppose la foi explicite à plusieurs vérités, puis elle n'est pas seulement la vertu des simples, nul chrétien ne peut avoir la prétention de connaître dans leur teneur toutes les vérités révélées: enfin. Biel énumère un grand nombre .II' .I..ÇI11.S .{II.' 1..111 liil.'le l'st tenu d'accepter. Op. cit., I. III. .Ii-l. Wlll. WIV. .\XV.
;i. .s.,, ,,,,.,,, /s , /. ;/.'//. '/'II/. — Les sacrements produisent l.i 11. ' ;. '/., 1. IV, dist. I, q.i; car Dieu a
librei.i i .1 m' il l.i donnera lorsqu'ils seront admi-
nislr. - I 1 li - IIS seulement qu'ils sont dits cause de la iji ..' \ii I. -I.', ajoute Biel, ne pourrait-on pas affirmer que telle est toujours l'efficacité des causes secondes ; c'est Dieu qui produit, et immédiatement, leur effet, mais il a décidé de ne le faire qu'au moment où elles pa-eiil .'i l'act,'. Ibid.
La l:i .. i s.i'i .111, ntelle ne dill'ère pas de la grâce sanctifiante m .1- 'II. 1 |)..nr but la guérison du péché ou l'accroiss. m. ni .1. 1:. justice déjà reçue. Elle est accordée plus ou ni. .in- ..l...ii.lainiiient au gré de la volonté de Dieu et dan- an. m. -ni.' proportionnée aux saintes dispositions du -ii].! I. I\. .list. II, q. i; dist. IV, q. II. Quant nii .^n .. i- 1 - . 1 un. iilcl, son existence n'est pas déiii.nii I I 11' ■ 1.1. me par la révélation, elle
n'est .jii : 1 i 1. . Il .si pas par lui, mais parla voloiil. ii"-ii.\. .1' Inu .pie s'explique principalement l'impossiliilit.'. de n'it.'ier le baptême, la confirmation et l'ordre. Au reste, tout ce qu'on dit du caractère est en grande partie arbitraire. L. IV, dist. VI, q. II.
10. Baptême. — Biel donne très exactement la doctrine traditionnelle. A noter seulement ces deux affirmations : La miséricorde divine dispose de moyens que nous ignorons pour sauver le petit être qui meurt dans le sein de sa mère et à qui il est impossible d'accorder le sacrement. Op. cit., 1. IV, dist. IV, q. 11. Lorsque le baptême conféré à l'enfant n'est pas valide, on peut croire pieusement que le souverain prêtre trou\e le
du
Ib,:
11. Eucharistie. — Sur la présence réelle, la transsuhstantiation, la communion sous les deux espèces, l'adoralion due à la sainte hostie, Riel professe la plus pure doctrine. Il décrit avec cmri[ilMi-::inr-i' 1.'* effets du sacrement. Sacr. can. mis., kii i \\\v, i wwi. fol. 136 sq.; Collect.,].n, dist. XIII, q. ii. Sm \. - ^pn -lions d'école, il s'allaclic d'ordinaire aux llir..ii. - il Uocam ou de Seul. -Minnil il ni' les admet qu'en faisant des réserves, liH I il hi ni , il II s expose sans oser conclure. Il admet Il ji! — II. Iiii- lètre sacramentel de l'étendue dont .lisu.- juuil daii, le ciel, mais les choses se passent comme si elle n'était pas sous les espèces : le corps eucharistique étant présent tout entier dans chaque partie de l'hostie. Collecl., 1. IV, dist. X. Quand le prêtre déplace les espèces, l'ànie du Christ ou Dieu imprime un mouvement semblable au corps du Seigneur, ihicl.; c'est encore l'activité divine qui produit immédiatement tous les effets qui paraissent être l'œuvre des accidents de la substance du pain disparue. L. IV, dist. XII, q. I.
L'eucharistie n'est pas seulement un sacrement, elle est un sacrifice. Sans doute, l'unique immolation parfaite de la nouvelle loi, c'est la mort sanglante du Christ. Néanmoins à la messe, par la consécration et la communion nous offrons un sacrilice, et cela pour deux raisons : d'abord, parce que ces deux rites représentent la passion et en sont If mémorial ; ensuite, parce qu'(/s produisent les niênies effets que la mort du Sauveur. A l'autel, même pn'lri- ■■[ hi.'iii.^ \iriiiii.. qu'un r,il\,iirr. el, comme la rédeiii|ihiiii. I,i mk--.' illi-r li- |, rlh-, accorde la paix, uriii .i Uiiii. i\hlriii ni ,i ,\,i\-,' , Immérités de la passion, rv-t surluul li' -,in^ ijui r>l un mémorial du Calvaire, le corps du Christ est plutôt un .symbole d'union, un souvenir de l'incarnation. Le vin consacré rappelle mieux la mort sanglante ; et ce qui rend plus vivant encore cette représentation du sacrilice du Calvaire, c'est que le sang est consacré isolément dans la coupe, de même qu'autrefois il a été séparé du corps du Sauveur. Sacr. can. mis., lect. i.ri, fol. 99; lecl. Lin, fol. 101 sq.; lect. LX.xxv, fol. 136 sq.
12. Pénitence. — Ce sacrement n'a pas pour effet de remettre les faute? mortelles : si le péch'nir se repeni di' liiii- -.'- |ii'. Il'- |.iir.i i|iii nii 11 i-l -.1 lin dernière,
il l'I'li' lii - Il iliii, .MI--II. t . - il m II i.iil pas, eût- il
r.-iliiiiMii. il 1 1 I ... -,.ii- h ml 1 il.-i.liiiiiiii. [,.i sacrement
t-'^' ■'■'«•■ in-liliii' 1 1- .li.iiii.r ,1 riii.iiinir un gage
assuré du pardon qu'il a déjà obtenu, pour lui remettre sa faute devant l'Église, pour lui accorder un accroissement de grâce sanriilinnte. enfin, pour lui obtenir, par l'imposilii.ii il. li ii-'niii in . Inii ili.iu ;ii in-
partielle d> I . | i In ^ ,.r ^^; \. ;ii il lui l.iill . lii'iii'r
expier. 1! riiii - 1 il .ii. . I II! 1 1 1. ;iiii|ii il.iii . I ,ili-.i|iilion par l:ii[iiill'- Il lu I !i I iliiLnr .m TmI, |,. i|ii,. ,|i.j:i Dieu l'a absous. Celle seiileiiee doit élre précédée de l'aveu des fautes. Instituée par .lésus-Christ et imposée par lui, sous peine de damnation, à tout adulle coupable de péché morlel, la confession intègre remet une partie I de la peine temporelle, a le mérite d'un acte d'obéis- | sance, instruit le fidèle et permet au prêtre de lui choisir util- s.ilisf.KlIon convenable. Ce dernii.'r acte est ordiri m. i,i. iii inri --ni . I ii. n. -m- iloute, aurait pu ne p:i- I I I I I Mil 111 lui II' ,1 il. I iilii qu'il ne remettrait pa^ Il I mil - III' il' in. 111 II I mil 11 iMi.ilion. l'arfois, l'acte dr cli.ii ili-, l.iMl il 1--.I inlensi', l'sl, a lui seul, celte satisfaction ; d'ordinaire, cependant, il n'en est pas ainsi. , i:„tlecl., dist. XIV, q. i; dist. XVI, q. I, Il ; dist. XVll, • l r; disl. XVIII, q. 1. '
liii'l professe la doctrine catholique sur les suffrages ■ II- les âmes du purgaloire el sur l'indulgence. Tout iliord, faute de preuve convaincante, il n'osait pas limer que celle dernière put élre appliquée aux dé-
funts; un texte de Sixie IV mil fin à son hésitation. Socr. can. mis., lect. Lvi, lvii, fol. 1()8 sq.
13. Morale. — La volonté souveraine de Dieu, telle est la règle première et unique de la moralité. L'n acte est juste s'il le veut. Collecl., I. I, dist. XLIII, q. i, etc. Ainsi, le mensonge ne serait pas un péché si Dieu abrogeait l'ordre de ne pas le commettre. L. II, dist. XXXVIII. Biel insiste sur la nécessité de la liberté, elle est la gloire de l'homme, la condition du mérite. L. Il, dist. XLIV. Il pense qu'il y a des actes indifférents, soit dans l'ordre naturel, soit dans l'ordre surnaturel. Cette distinction lui sert à établir, contre les augusliniens de l'époque, que toutes les œuvres des pécheurs ne .sont pas des fautes, toutes les vertus des philosophes des vices. L. II, dist. XLI.
Dans la solution des cas de conscience, Biel d'ordinaire ne se montre ni rigoriste, ni laxiste, mais fait preuve d'un grand bon sens. Il étudie avec une extrême .attention les plus graves problèmes sociaux et poliliques, le droit de propriété, la légitimité de la guerre, l'origine du pouvoir, les conditions de l'impôt vraiment juste, les devoirs des magistrats, la licéité du négoce, les avantages de la monnaie et les obligations de ceux qui la frappent, le taux du juste salaire, la question du prêta intérêt. L. IV, dist. XV, q. ii-xi. Ce n'est pas seulement en moraliste, mais aussi en économiste qu'il envisage ces sujets. Il ne manque pas une occasion de protester contre l'absolutisme. II flétrit en termes très énergiques la mainmise sur les épaves, les altérations de la monnaie, les impôts excessifs, mal répartis on insuffisam- 111, -lll limlivi'-, In- l'iMis ,i|nl-ir- iln lu-llrn, l,.< .illiinlns
.•., dn
intérêt. Koscber, GescInclUe der Salionalùkunoniik in I Deutschland, Munich, 1874, p. 21. sq.; .lanssen, L'Allemagne l'i la fin du moyen âge, Paris. 1877, p. 169- 170, 476.