‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 381 sur 741 · C. Toussaint · texte numérisé non relu

C. Toussaint

BOUQUILLON Thomas, né à Warneton (Belgique), le 16 mai lSi2, mort à Bruxelles le 5 novembre 1902. Sa vie fut celle d'un prêtre aussi pieux et modeste qu'épris de forte science et de labeur intellectuel ininterrompu. .\près de brillantes études au collège Saint-Louis de Menin. au petit séminaire de Boulers et au grand séminaire de Bruges, il fut envoyé au collège Capranica, à Rome. En 1867, l'université grégorienne lui conférait le grade de docteur en théologie. A la fin de la même année, nous le retrouvons au séminaire de Bruges, comme professeur de théologie morale. Désormais "son

activité littéraire est orientée vers cette partie des disciplines ecclésiastiques, et elle ne s'en détournera plus. De 1877 à 1885, c'est aux étudiants en théologie de l'université catholique de Lille qu'il expose les principes de sa science préférée. Après quatre ans d'un repos très occupé et très fructueux chez les moines bénédictins de l'abbaye de Maredsous, il consentit, en 1889, à aller reprendre, dans l'université naissante de Washington, ses fonctions de professeur. II les y a continuées jusque peu de mois avant sa mort.

Bouquillon était un travailleur infatigable et consciencieux, un maître d'une habileté consommée. Chez lui, la science s'unissait à une simplicité et une aménité remarquables. Sa parole, ni très vive ni très colorée, mais d'une lucidité parfaite, rendait à souhait des idées claires et toujours bien agencées. Sa mémoire émerveillait tous ceux qui recouraient à lui pour quelque renseignement; elle se révélait surtout par l'étendue et la variété de ses connaissances bibliographiques. Il prit une part très active à l'organisation de la faculté de théologie de Washington, de sa bibliothèque en particulier. Outre les volumes sortis de sa plume féconde, on lui doit des réimpressions, avec notes historiques et critiques, de plusieurs excellents ouvrages, un grand nombre d'études et d'articles de polémique dans divers périodiques, et quelques tracts sur des sujets d'actualité. Ceux qu'il publia, en 1891 et 1892, sur la question de l'éducation eurent un grand retentissement, en Europe comme en Amérique. L'auteur fut, à ce propos, accusé de libéralisme et de statolàtrie. Celait à tort, serablet-il; car, s'il revendiquait pour l'État certains droits en matière d'enseignement, même celui d'exiger un minimum d'instruction, il le faisait en se plaçant à un point de vue purement doctrinal et théorique; il ajoutait que, souvent, « pour des raisons d'opportunité, » une « loi d'obligation » devrait être repoussée comme inutile, ou inefficace, ou moins équitable, ou dangereuse, ou tout ù fait pernicieuse. Cette thèse, conforme aux principes défendus, dans l'École, par saint Thomas, Cajetan, Suarez, et, à notre époque, par Taparelli.Manning,M. Périn, se complète nattirrllfniint pnr l'aftirnintion nette et forme des droits parullr I - ! ' i ' " inilion contenue

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ment à la loi du -."ini'r-, /^n.'m. i , .><rignement primaire, dont Bouquillon avait étr- le n-dacteur.

Voici les principaux ouvrages de Thomas Bouquillon : Theologia >noralis fundamentalis, 3« édit., in-8», 1903; De virtutibus theologicis, 2» édit., in-S", 1890; De virtute religionis, 2 in-8", 1880. Il a de plus laissé en manuscrit trois autres traités ; De eucharislia ; De jure et justitia; De pœnitentia. Ses articles critiques, théologiques ou historiques ont paru, en latin, en fran(,'ais ou en anglais, dans la Revue des sciences ecclésiastiques, dans la Nouvelle revue théologique, dans la Revue bénédictine, dans VAmerican catholic quarterly review, dans le Catholic university bulletin, etc. Parmi les réimpressions entreprises sous sa direction, on distingue : De magniludine Ecclesise romanse, par Stapleton; Dies sacerdotalis, par Dirckinck; L'excellence de la très sainte eucharistie, par Louis de Grenade; Synopsis cursus tlieologise, par Platel ; L'année sainte, par le P. J. Corel. Il a donné encore, avec des notes marginales, les deux premiers volumes des Leonis papseXIll aUocutiones , épis toise, constitutiones aliaque acta prœcipua, 6 in-8», Bruges.

Pour plus de détails, voir une notice biograpliique par M. N. Rommel : T/iomas Bouquillon, Bruges, 1903; Maître Thomas Bouquillon, dans la Revue bénédictine, janvier 19Û3, p. 2-fi.

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