L. Lœvenbruck
BOUVIER Jean-Baptiste (Ms'), évêque du Mans (1834-1854), théologien, né le 16 janvier 1783 à Saint- Charles-la-Forêt (Mayenne), professeur de philosophie au collège de Chàteau-Gonlier (1808), appelé au grand séminair? du Mans (1811) où il fut d'abord professeur de philosophie et, peu après, de théologie morale, puis supérieur (1819), et enfin vicaire général (1820) jusqu'au moment de son élévation sur le siège du Mans (1834) ; mort à Rome le 28 décembre 1854.
Par l'intluence intellectuelle considérable qu'il a exercée sur le clergé de son temps, grâce à la diffusion dans presque tous les séminaires de France, des quinze éditions de ses Institutiones théologien, M3"' Bouvier mérite une place à part, et une place d'honneur, dans l'histoire de la théologie au xix' siècle. Sa théologie
a eu la rare fortune d'être le premier, et, pendant longtemps, l'unique manuel qui convint à la période de transition (1830-1870) caractérisée par l'agonie des deux erreurs, gallicane et janséniste, et par l'aurore des justes restaurations dans tous les ordres de la vie ecclésiastique : philosophie, théologie, droit, histoire, liturgie, etc.
Publiée d'abord par traités séparés, 13 vof., 1818-1833, la théologie de Ma' Bouvier ne parut qu'en 1834 en première édition complète, avec la distribution en 6 volumes qu'elle a toujours gardée depuis. Au coui's des rééditions ,|u il i n :uait lui-même préparées jusqu'en 1852, I, mil 111 s, i.,i[ (onstamment appliqué à améliorer son tr.u.iil. >,iii- luutrl'ois l'expurger assez des traces de gallicanisme qui lui valurent dans l'opinion publique, vers 1850. des critiques suscitées par le développement progressif des idées ultramontaines. Plus gallican d'esprit que de cœur, et par vitesse acquise d'éducation première plus que par conviction personnelle, M'Jf Bouvier accepta très volontiers de faire reviser sa théologie à Rome, sous les yeux de Pie IX. l'ne nouvelle édition, la huitième, parut en IS.":^. m "iili '-^ rl'nprès les indications des correelriiis i. m un l'ii, i ni enfin, après la mort du savant .1 -.iiiii m tisseurs du sémi-
naire du Mans tinnl iiin nnii .- H. i . , i-ion de son œuvre, qui élimina encore un lion nomlne d'imperfections échappées à la correction trop hâtive de 1853.
Les variations successives et profondes qu'ont subies les Inslilvfinnr-; I liritlnrf,r:v nMipenl If critique d'histoire à se mrin:iri II 1 .: .n : ;; i < riiii.iii d'ensemble que mérite cl .himi.. , . .. I i - i ■ [. imlii. il.-. 1853, dans plus de soix.inl.. s.hiiii m - li m. n- l'niir .-n porter un jugement équitalile, il convient d y considérer à part le dogme, la morale et les qualités pratiques du manuel.
Pour la partie dogmatique, au moins en ce qui concerne les premières éditions, il y a lieu de ne pas admirer, sans de sérieuses réserves, l'orthodoxie générale de l'auteur. Aussi peu gallican que possible, tout près même de ne l'être plus du tout. Mur Bouvier l'a été cependant, comme l'était communément l'élite intellectuelle ecclésiastique de son époque. On doit attribuer aussi à la mode du temps les inspirations cartésiennes dont son esprit était préoccupé, ainsi qu'en témoignent expressément, par ailleurs, ses publications philosophiques. Ces erreurs ou défauts de rédaction ont à peu près disparu à partir de 1853.
Au point de vue de la morale, l'œuvre de l'évêque du Mans était, au contraire, et est restée tout à fait remarquable. Elle prend nettement position contre le jansénisme; elle introduit les doctrines de saint Alphonse de Liguori dans l'enseignement, et si cette réaction, aussi méritoire que courageuse, contre les sévérités de Collet et d'autres innombrables manuels de casuistique plus ou moins issus de la même source, n'atteint pas du premier coup, et sur tous les détails, la perfection de nos théologies morales actuelles, on doit dire cependant que Mof Bouvier en a été, avec le cardinal Gousset. parmi les théologiens français, le plus puissant initiateur.
Reste à parler des qualités pratiques du manuel fameux. On a blâmé, comme œuvre de confusion indigeste, l'amoncellement, en 6 volumes, d'une foule de connaissances (histoire, liturgie, droit canonique, droit civil, etc.) qui n'ont qu'un rapport indirect avec la théologie proprement dite. Pour l'heure présente, où l'on peut diviser et spécifier utilement les diverses parties de la science ecclésiastique, la critique serait fondée. Elle l'est beaucoup moins si l'on se reporte à quatrevingts ans en arrière, au temps où il fallait, sans grandes ressources pratiques de travail, dans la pénurie des hommes, des idées et des choses, en présence de besoins sociaux urgents et d'ordre moins spéculatif que pratique, infuser en trois ans aux jeunes clercs la somme strictement indispensable de notions que réclamait alors le
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caractère plus exclusivement pastoral du saint ininistére dans les paroisses.
En somme, malgré des défauts que le recul de l'histoire et l'évolution des idées nous montrent aujourd'hui sous des couleurs trop accentuées par l'ambiance intellectuelle où nous vivons, les Iiislitiitiones theologicx resteront une grande œuvre dans l'histoire contemporaine de la théologie, où elles marquent une étape caractéristique du mouvement de progrès continu qui a fait sortir l'éducation cléricale, en France, des erreurs et inerties du lendemain de la Hc'volution. pour l'amener aux resplendissantes nslaiii. liions ilc l.i lin du XIX" siècle.
Voici la lisli- lies i.inraL;c~ ilr Mj' Bouvier : 1" InstiiHliunt's l/ir.,1, .,,„:■,■ iul nsinn srni nianoritm, 6 in-12, 1.-) éditions : \KV,. ISilli. ISiKi. ISII. 1844, 18i6, -1850,
I8:.;i(8'i. \)<:<r<. \km ism. \i«;:,. isus. 1873, 1880; 2» /n-
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iivicr, d'ailleurs peu philomontre cartésien comme les petits manuels de phi-
M-age, sous le même l«26; :>« Dissertatio in-12, 17 éditions iqiit'
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l'école inriino-h mil' sophe par i. n,|.. ,,,,,
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losophieà I u>.i|.;i- .lr~ la plnlosôjiliif', ■> III dogmatique et pinii.
et du jubilé, â l'iisn^i lions (1826-1855); un titre, « l'usage ilis in sexUim Décalai (1827-1864): 6° Pré,:
jugements ecclésiastiiiucs. plaquette in-8", 1852; 7» plusieurs brochures polémiques à propos de la Petite Eglise ; 8» Catéchisme à l'usage du ilincès,' ilu Mans, in-12, 1838; 9» Statuta diœcesis (.V„.,„„r,i, •„,,>, in-8», 1852; lO" enfin une collection con~icli i ill- i l.filres pastolales, dont plusieurs sont de \i liiiMr- luitis de théologie, comme, par exemple, 1'Ih.-,Ii hcIkih tuaclatnt les reliques de la vraie croix et des saints (2 août 1845) et la Lettre circulaire sur les tables tom-nantes et parlantes (14 février 1854). Tous les ouvrages de Ma' Bouvier ont été publiés au Mans, sauf les derniers tirages de la Théologie, de la Philosophie et de la Dissertatio, ((ui ont été édités à Paris.
M'- Sébaux, Vie de M'- Jean-Baptiste Bouvier, l'aiis, 18H9; F. Pichon, Essai liistoriqtie sur les séminaires du Mans, Le Mans, 1879: Chevereau, Les dernieis instants de M>' J.-B. Bouvier, Le Mans, -1855; Desportes, Bibliographie du Maine, Le Mans, 1844; L'ami des lois, n. du 16 juillet 1832; Annales de la philosophie chrétienne, t. iv, p. 71, 231; la Province du Maine, a. de février 1904 et sq.
F. Deshaves.
BOVERIUS, capucin, en religion Zacharie de Saluées, du nom de sa ville natale, éWit fils de Mathieu Bovier. dauphinois, vice-sénéchal du marquisat de Saluées, pour la France. Né en 1568, il reçut au baptême le nom de Jean-Baptiste ; son éducation fut très soignée ; il possédait fort bien les lettres latines et grecques, et venait d'être nommé docteur en droit quand moui'ut son père (1585). Il résolut peu après de se faire capucin et, reçu au noviciat d'Alexandrie, il y fit profession le 9 juin 15&1. La science et les autres qualités du P. Zacharie le désignaient pour prendre part aux missions que la province de Piémont entretenait alors dans les régions envahies par le protestantisme ; en 1601 nous le voyons à Thonon, au moment du grand jubilé, et dans la vallée de Suse en 1602, 1603 et 1612. A Thonon, dans la Sainte-Maison, il conçut le projet du grand ouvrage qu'il achevait dix ans plus tard et publiait sous le titre : Demonstrationes syntboloruni verse et falsse religionis, adversus prxcipuos ac vigentes catholicse religionis hostes, atheistas, judseos, hxreticos, prxsertim luthe-
ranos et calvinistas, 2 in-fol., Lyon, 1617. Roccaberti. Bibl. pontif. maxima, t. xx, p. 478-597, reproduit la partie du III» livre du tome ii relative au souverain pontife. Hurter fait remarquer que cet ouvrage a été censuré in nonnullis par l'Inquisition, ce qui n'empêcha pas l'auteur d'être dans la suite consulteur de ce suprême tribunal. Boverius était venu à Lyon pour surveiller l'impression de son œuvre; les religieux de cette province voulurent tirer parti de sa présence et lui offrirent une chaire de lecteur en théologie : nous le trouvons à Dijon avec ce titre en K'.l^ \ . -ili m.' li^ine
Marc-Antoine de Dominis, ai iK ; [ i..
venait de publier les quatre |ii I I I i : l iii.'
De republica ecclesiastica, \\\-\ \ , I-imIiv l'IT ^.ms tarder, le P. Zacharie entreprit de le réfuter et lit imprimer la Parœnesis catholica ad M. A. de Dominis..., in-12, Lyon, 1618. Dans ce volume, toutefois, il ne donnait que le commencement de sa réfutation qu'il publia trois ans après : Censura parienetica in i/uatuor libros de republica ecclesiastiea M. A. de Ijominis..., in-fol.. Milan, 1621. A la fin de cet ouvrage se trouve la Censura in tractatum de légitima cardinalium creatione, dont quelques bibliographes font à tort un volume paru en 1622. Entre temps, Boverius é'tail rentré dans sa province de Piémont qui lui avait -..nfi'! ' I. rl,,n^, ,1, ,1,'- (initeur et de gardien du coii\' il l \l h l , r,,, - ,; ^ resta peu de temps, car le j:. Il I : I : mIi i j.ir i,,ii près de lui en qualité de cun-nli. m . i ,i r, iiii- n |,. suivait en Espagne. A la mémo ■'■pdiiin- s.> trouvait à la cour de Madrid le futur roi d'Angleterre Charles I'', alors prince de Galles. Le roi d'Espagne, dont il voulait épouser la sœur, souhaitait la conversion du prince; dans ce but on lui ménagea de se rencontrer avec Boverius, mais Buckingham, son gouverneur, coupa court à ces entreliens; alors le P. Zacharie, pour achever ce qu'il espérait avoir commencé, écrivit son Orthodoxa consultalio de ratione verse fidei et religionis amplectendse ad Ser. Carolum Wallise principeni..., in-4'>, Madrid, 1623; in-8", Cologne, 1626. Elle fut rééditée à Rome, 1635, par ordre du cardinal Antoine Barberini, in communem omnium verse religionis studiosoiiim gratiam et ulilitatem. Malgré ses fréquents voyages et pour répondre à un désir de son supérieur, Boverius composa un Directorium fort judicialis pro regularibus, in-4", Turin, 1624, ainsi qu'un rituel pour son ordre : De sacris ritibus juxta Romanam regulam usui Fr. Min. S. Franc, qui vidgo capuccini nuncupantur accomodatis, in-4'', Naples, 1626. Pendant l'impression de cet ouvrage, Boverius accompagnait en qualité de théologien le cardinal François Barberini, neveu d'Urbain VIII, dans sa légation en France et en Espagne (1625-1626). Peu après son retour il recevait la charge de composer les chroniques de son ordre. Le P. Zacharie se mit à l'œuvre et le premier volume était achevé en 1629; il parut sous le litre : Annalium seu sacrarum historiarum ordinis minorum S. Francisa qui capuccini nuncupantur t07iius primus, in-fol., Lyon, 1632. Il aurait voulu laisser là ce travail pour prendre part à la mission que la province de Paris entretenait auprès de la reine d'Angleterre, femme de Charles 1"; déjà la Propagande avait donné son consentement (31 mai 1632), mais les supérieurs obtinrent de le garder pour achever les Annales. Boverius écrivit donc le second volume, imprimé à Lyon en 1639, mais il n'en vit pas l'apparition : il était mort à Gènes, le 31 mars 1638; il était pour la seconde fois définiteur général de l'ordre. Une dissertation De vera habitus forma a Seraphico B. P. Francisco instituta, extraite du premier volume des Annales, fut rééditée à Cologne, 1640, in- 12. On trouve des exemplaires avec la date de 1643, 1656.
Francesco da Sestri, Vita del P. Zaccaria Boverio, Gênes. 1064; Matliias Ferrerius a Caballario Majori, Rationarium chronographicum missionis evangelicx... in Gallia Cisatpina, Tu-
BOVERIUS — BOZIUS
rin, 1669; Bernard de Bologne, Bibliotheca scriptorum 0. M. capuccinorum, Venise, 1747; Hurter, Nomenclator, Inspruck, 1892, t. I, p. 28i.
P. EDOUARD d'Alenfon.
1. BOYER Pierre, oratorien, né à Ariane en 1677. mort en prison à Vincennes en 1755. Très opposé à la bulle Vtiigeniliis, il publia un grand nombre d'écrits polémiques, dont les plus connus sont les Gémissements d'une âme vh-ement touchée de la destruction de Port- Royal, 1710, et le Parallèle de la doctrine des jiayens avec celle des jésuites, 1731.
Supplément au nocrologe des défenseurs de la vérité; Ingold, Supplément.
A. I.NGOLD.
2. BOYER Pierre-Denis, théologien et prédicateur, né le 19 octobre 1766, à Séverac-l'Église, village du canton de Laissac, au diocèse de Rodez, mort à Paris le 2i avril 1S42. Ses premières études, il les fit au collège de Rodez, en même temps que M. Frayssinous, son cousin ; ils eurent pour professeur de belles-lettres l'abbé Girard, •auteur de Préceptes de rhétorique, qui se glorifiait plus lard d'avoir formé de tels élèves. En venant à Paris, ^râce à l'une de ces nombreuses distractions qui ont fait une certaine célébrité au nom de M. Boyer, au lieu •d'entrer aux robertins où on l'avait envoyé pour étudier la théologie, il vint à la communauté de Laon, qui •dépendait du reste de .Saint-Sulpice comme les robertins. Il y reçut, durant le cours de ses études, la tonsure, 28 mai 1785. et les autres ordres jusqu'à la prêtrise, le 28 décembre 1798, à la dernière ordination publique faite à Paris avant la Révolution. Il se relira alors avec M. Frayssinous dans les montagnes du Rouergue, et après avoir e.xercé le ministère dans la petite paroisse ■de Curières, il trouva un refuge dans sa famille durant les jours de la Terreur, pendant lesquels il fut plusieurs fois arrêté comme prêtre et relâché grâce à des inlluences locales. Quand, aprèj la Terreur, M. Emery rétablit le séminaire .Saint-Sulpice dans une maison de la rue Saint-Jacques, appelée la Vache noire (au n» 218 actuel), il confia à M. Boyer la chaire de philosophie, puis celle de théologie dogmatique, lorsque M. Frayssinous la quitta pour se donner tout entier à ses conférences. Pendant la suppression de la Compagnie par Napoléon, il prêcha des missions à Montpellier, 1812, à Lyon, 1813, ■avec grand succès. \ la rentrée des sulpiciens en 181-i, il fut chargé de la théologie morale jusqu'en 1818. Depuis, son temps fut partagé entre la composition de nombreux ouvrages et le ministère des retraites ecclésiastiques. Presque tous les diocèses de France entendirent sa parole apostolique et quelques-uns jusqu'à six fois. En 18il, il put réaliser le grand désir qu'il avait de voir Rome et le pape, auquel il offrit ses ouvrages, et il alla faire une profonde retraite de neuf jours ■;t Lorette pour obtenir la grâce dune sainte mort. A son retour en France il prêcha encore quelques retraites et s'éteignit avec une foi simple et sereine après sept jours de maladie le 24 avril 18i2, âgé de 75 ans et demi.
Voici la liste de ses œuvres. Il publia d'abord, sous le nom de Joseph de Lapanouse, un opuscule intitulé : Le duel jugé au tribunal de r honneur et de la raison, in-8", Paris, 1802. Vinrent plus tard, avec quelques écrits se rapportant plutôt au droit canon, les ouvrages suivants : Examen du pouvoir législatif de l'Église sur le mariage, où l'on relève quelques-unes des erreurs du livre (de Tabaraud) intitulé : Principes sur la distinction du contrat et du sacrement de mariage, in-S», Paris, 1817, accompagné d'une Dissertation sur la réception du concile de Trente dans l'Église dej'rance, qui a été réimprimée avec Y Histoire du concile de Trente, de Pallavicini, dans l'édition de Migne, 18ii, 1. 1, col. 467- 'i^; Antidote contre les aphorismes de M. F. D. L. M. (Félicité de la Mennais), par un professeur de théologie, directeur de séminaire, in-8», Paris, 1826; Eocamen de
la doctrine de M. de la Mennais, considérée sous le triple rapport de la philosophie, de la théologie et de la politique, in-8», Paris, 1834; Défense de l'enseignement des écoles catholiques, in-8», Paris, 1835; Défense de l'ordre social contre le carbonarisme moderne, in-8», Paris, Impartie, 1835; 2« partie, 1837 ; .De/"e«se de l'Église de France contre les attaques de l'auteur (l'abbé Pages) de la Dissertation sur le prêt à intérêt, in-8°, Paris, 1839, dont une partie se trouve dans Theologise cursus complelus, de Migne, t. xvi, col. 1089-1110, sous le titre : Apologie du Saint-Office dans les décisions sur le prêt à intérêt; Lettre de l'auteur de la Défense de l'Église contre M. Pages, à un théologien de province, in-8°, Paris, 1839, reproduite dans Migne, Theologix cursus complelus, t. xvi, col. 1109-1124; Défense de l'Église catholique contre l'hérésie constitutionnelle qui soumet la religion au magistrat, renouvelée dans ces derniers temps, in-S», Paris, 1840; Discours pour les retraites ecclésiastiques, avec une notice sur sa vie et ses écrits, 2 in-8», Paris, 1843; réimprimés par Migne dans sa Collection des orateurs sacrés, t. Lxxvili, col. 9-418.
L. Bertrand, Bibliothèque sulpicienne, 1900, t. n, p. 140-149; P'abbé Dassance,] Notice sur la vie et les écrits de M. Boyer, en tète des Discours pour les retraites ecclésiastiques, et dans Migne. t. Lxxvni; L'ami de la relifiioii, n- des 9, 14,19, 26 juillet lM-2: Biographies aL'eyronnaises .L'abbé Boyer, in-8', 1866, p. 61-75, pai' M. B. Lunet; Vie de M. Frayssinotts, éuêque d'Hermopolis, 2 in-8-, Pai'is, 1844, dans laquelle le baron Henrion fait pai'allèlement celle de M. Boyer^
E. Levesqie.
BOYVIN Jean-Gabriel, franciscain de l'étroite observance, né à Vire, et lecteur deux fois jubilaire, consacra sa vie à l'enseignement de ses frères en religion. Scotiste fervent, il donna d'abord au public la Theologia Scoti a prolixitate et subtilitas ejus ab obscuritate libéra et rindicata..., 4 in-12, Paris, 1664. En dix ans, écrit l'éditeur, cet ouvrage eut quatre éditions; la cinquième porte la date de 1682, Paris. On trouve les mêmes exemplaires avec la mention de 6« édit., Paris, 1688. On rencontre aussi des éditions de Venise, 1690, 1698, 1711.11 fit aussi, dit Moreri, imprimer la même théologie en 2 in-fol. qui n'eurent pas le même succès que les petits, Paris, 1674. Pour répondre à un désir que lui manifestaient ses confrères, il prépara pour l'impression la Philosophia Scoti a proli,vitate et subtilitas ejus ab osbcuritate libéra et rindicata, qui parut à Paris, 4 in-12, 1681. Toutefois l'auteur était mort avant l'apparition de cet ouvrage, coiTirae il résulte de l'approbation du général de l'ordre donnée le 24 août 1680.
Moreri, Dictionnaire historique, 19' édit., Paris, 1743; Hurter, Nomenclator, t. H, coi. 314.
P. Edouard d'.Uençon.
BOZIUS Thomas, oratorien italien, né à Gubbio en 1548, mort à Rome le 9 décembre 1610, fut un des premiers compagnons de saint Philippe de Néri, dont il imita les vertus, refusant comme lui les dignités que lui offrit Paul V. L'un des plus savants hommes de son temps. On a de lui : De signis Ecclesix l. XXIV, 2 in-fol., Rome, 1591-1592; Cologne, 1593,1602, 1624, 1626; Lyon, 1795; De imperio virtutis hoc est imperium pendere a veris et non simulatis virtutibus, in-4», Rome, 1593; Cologne, 1594, 1601 ; De antiquo et novo Italiee statu l. IV, Cologne, 1595, 1691; Rome, 1596; De jure status, sive de jure naturali et divine ecclesiasticss libertatis et potestatis l. VI, Cologne, 1594, 1599, 1600, 1630 ; Rome, 1599, et en abrégé, 1660; De ruinis gentiuni et regnoi'um adversus impios polit'icos l. VIll, Rome, 1596; Cologne, 1598; ces derniers ouvrages sont écrits contre Machiavel ; Annales antiquitalum ab orbe condito usque adan. 202i secundum supputationcm Hebrœoruni, 2 in-S», Rome et Cologne, 1637; cet ouvrage, qui devait avoir dix volumes, fut édité par son frère François, aussi philippin, mort en 1645, auteur de quelques
BOZIUS — BREF
■ luvrages historiques, notamment ilc De leinporali Ecdesise monarchia, Rome, 1601 ; Cologne, 1602, réfuté par G. Barclay dans son Traité de la puissance du pape, I6H.
Villarosa, Mcmurie <leg!i scriltori Filippini, Naples, 1846, 1. 1,
BRADWARDIN. Vc
A. Ingold.
lAS nE Bradwardin'
BRALION (Nicolas de), oratorien, de Chars près l'ontoise, né vers IGOO, mort en 1672, résida longtemps à Rome à Saint-Louis-des-Français dont la direction (Hait confiée aux oratoriens. Il profita de son séjour dans la Ville éternelle pour explorer les archives du Vatican et publia : PalHuni archiépiscopale... Accedunt cl prinium prodeunt ritus et foiina benediclionis ipsius, ex antiquo maniiscripto basiUcœ valicanse, in-8», Paris, 1648; Csercmoniale caiwnicorum seu iHStitutiones practicac sacrorum S. R. E. rituuni, pro collegiatis aut aliis ecclesiis quse ad instar illarum (leserviunt juxla rituni romanum atqite adeo pro ipsis calhedralibus , absente episcopo..., in-8", Paris, 1657. On lui doit encore quelques autres ouvrages historiques et plusieurs traductions.
Ingold, Biblio<jraphie oratorienne, p. 27.
A. Ingold.
BRAULIO,« la meilleure plume de l'épiscopat espagnol » après saint Isidore de Séville, succéda, en 631. à l'un de ses frères sur le siège de Saragosse. Étroite- Mii'iit lii' avor ^,^illl Isidore, il lui inspira la pensée il.ciii'' -rs l.'h/niuln.iirx. en corrigea le manuscrit à la piniv ,lr I. nu, 1111. divisa lui-même l'ouvrage en xinyt li\rLS el vu lut, m Ion toute apparence, le premier éditeur. Au Uc viiis illustribus il joignit, après la mort de saint Isidore, le catalogue des œuvres de son ami, avec un éloge enthinisiaslc de son érudition et de son rôle providentiel. /■, in. ,;/,,,'-.,,,„, D. hidori, P. L., t. LX.vxi, col. Ki-IT I ; , ,1 -Il i>.-se prit part, en 633, au IVs cou. I ' I l ' l ; in aux deux conciles d'une importaiiL' nuiimliL lLiiu= dans cette ville en 636 et en 638. Le pape llunorius I" s'étant élevé contre la prétendue mollesse des évêques d'Espagne dans la question juive et les ayant traités de « chiens muets », niih'x iiuiti, ce fut Braulio que le concile de 638 char- ^.1 i|.' répondre à la lettre du souverain pontife; la 1. ji. 111-, est un modèle de franchise et d'habileté. Braulio, ilc\enu aveugle sur la fin de sa vie, mourut vers l'an 651 et fut inhumé dans la vieille église de Notre-Dame del Pilar; on y a retrouvé son tombeau en 1290. Baronius dans son Martyrologe et les bollandistes placent la fête de saint Braulio, celui-là le 26 mars, ceux-ci le 18 mars; elle se célèbre en Espagne à cette dernière date sous le rite double.
Braulio nous a laissé : 1° une Vie de saint Émilienj que Mabillon a publiée dans les Acta sanct. 0. S. B.^ t. I. p. 205-215; cf. P. L., t. Lxxx, col. 699-714; 2» des Lettres, P. L., ibid., col. 649-700.
1° La Vie de saint Émilien, San Millande la Cogolla, CucuUatus, dédiée par l'auteur à son « frère et seigneur » Fronimius, et partagée en trente chapitres, est remplie, comme toute l'hagiographie de l'époque, du récit des miracles de son héros; après quoi vient, par manière d'appendice, un hymne en l'honneur d'Émilien. Plus d'un critique attribue aussi à Braulio les Actes des dix-huit martyrs exécutés à Saragosse par ordre du gouverneur Dacien. P. L., ibid., col. 715-720.
2» On a découvert, au xviiis siècle, dans la ville de Léon un recueil de quarante-quatre lettres, que l'antiquité n'avait pas mentionné. Ces lettres, qui parurent pour la première fois en 1775 dans VEspaiia sagrada de Florez, t. x.\x, sont une mine précieuse pour l'histoire de l'Espagne au temps des Visigolhs. Elles nous ont rendu, Episl., i-viii, la correspondance de Braulio et
de saint Isidore, dont nous n'avions [m'oéikTiiiurnl que des lambeaux. Avec la lettre si imporluii. m [i i[" llunorius, Ê^jist., xxi, on remarque en oui: I I \\v. XXVI, adressées à un abbé du nom dl 1,1 h ,, i l ,l,,lé apparemment, et qui font voir que I'oum.i^i il Api lui^ms sur l'Apocalypse de saint Jean avait déjà disparu, du moins à Saragosse, la lettre xxxvil, dans laquelle Braulio et l'évêque Eutrope, au nom de tous les prêtres, diacres, simples fidèles, prient le roi ChindaswinlU d'a.ssocier son fils Receswinth au trône; la lettre xi.iv, enfin, où Braulio répond à une question de saint Fructuosus, le futur évêque de Braga, sur quehiues difficultés de l'Ancien Testament et témoigne de son propre génie.
Antonio, Bibliotheca vêtus Hispana. t. i. p :i7'i sc|. ; P h..
t. LXXX, col. 639-648; D. CeiUier, Histoire ;; ,', ,,- anirurs.
sacrés et ecclésiastiques, 2' édit., Paris. I-,- -i i "i,i-7.:\;. P.Gains,ICirchengeschichtevonSpan(<H< n , i , i , ' .1, fu,
sanclorum. martii t. il, p. 635-638; nurtci-,.\, , ,',,'. , , ,;• clit,.,
Inspruck, 1903, t. i, col. 613-614.
P. Godet.
BRAVO Marc-Antoine, théologien espagnol, originaire de Cordoue, a donné un recueil de plusieurs questions sur les bénéfices et les bénéficiers, sous ce titre : E.ccitaloria beneficiarioruni de opinionibus iin-^ probirbilihus, in-8^', Rome. C'est un traité complet et original dans cette matière autrefois si importante et si épineuse des bénéfices ecclésiastiques. On ne connaît, sur l'auteur, que la date de sa mort qui arriva l'an 1674.
Journal des savants, i" édit., année 1676, p. 8; Hurler, A'omenclator Uterariiis, Inspruck, 1893, t. II, col. 288; Ricliard 0,1, Giraud, Bibliothèque sacrée, Paris, 1822, t. v, p. 263.