‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 416 sur 741 · L. Lœvenbruck · texte numérisé non relu

L. Lœvenbruck

BRUNON D'ASTI ou DE SEGND (Saint), 1 un des plus énergiques champions de la liberté de l'Église dans la querelle des investitures en même temps que l'un des esprits les plus cultivés de sou siècle, l'émule par la fermeté du caractère comme par la science des Yves de Chartres, des Anselme de Cantorbéry, des Anselme de Lucques, était originaire probablement d'Asti en Piémont, vers l'an lOit ou 1048, et de noble naissance. Le soin de son éducation fut confié aux bénédictins du monastère de Saint-Perpet, dans les environs d'Asti; après quoi Bruuon acheva ses études à Bologne avec un particulier éclat. Chanoine régulier d'abord dans sa ville natale, puis peut-être à Sienne, il se rendit ensuite à Rome et y acquit promptement une réputation telle qu'on le chargea d'argumenter, devant le concile qui s'ouvrit au Latran le 11 février 1079, contre Bérenger de Tours. La conséquence de la discussion fut à la fois que Bérenger rétracta ses erreurs et que Brunon, l'année suivante, monta sur le siège épiscopal de Segni, dans le pays des Volsques. Il avait refusé, a-t-on dit, par humilité le chapeau de cardinal. Sur le siège de Segni. Brunon sera le confident, le conseiller. lr> l«i i~ i1i<,iî ,]•- -lint Grégoire Vil IM iiii 11 et Pascal II.

' ■ n 11 à ce concile ji! 'III. re croisade; et, ge, il présidera en 1106 des conciles en France-, travaillera en 1110 à la réforme de la Sicile, interviendra ici et là comme arbitre dans une foule de confiits locaux. En 1105, pour accomplir le vœu qu'il avait fait dans une maladie d'embrasser la vie monastique, Brunon était entré au Mont-Cassin et, dès 1108, il en était devenu l'abbé, sans se démettre toutefois, à la faveur d'un induit de Pascal II, de son évêché de Segni. Mais, en 1111, on voit Brunon, grégorien déterminé, marcher à la tête des cardinaux et des évèques qui protestent violemment contre les concessions extorquées à Pascal II par l'empereur Henri V, et, dans une lettre au souverain pontife, il s'oublie jusqu'à taxer le pape d'hérésie. Pascal II, afin d'amoindrir, sinon de ruiner l'infiuence de cet adversaire, se ressouvint à propos du canon 12^ du concile de Clermont, et, en ôtant à Brunon l'abbaye du Mont-Cassin, lui enjoignit de se retirer dans son diocèse, qui aussi bien l'avait redemandé maintes fois et soupirail après son retour. Brunon vécut encore douze ans à Segni, remplissant avec un zèle exemplaire toiis les devoirs de sa charge, sans plus intervenir de sa personne, sous Calixte II, son ami, dans la querelle des investitures. 11 mourut en odeur de sainteté le 18 juillet 1123, et fut canonisé en 1183 par le pape Lucius III.

et de ses successeurs, W Ainsi, en 1095, il accoi, de Clermont où fut ;iccl titre de légat du

Page 1