‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 424 sur 741 · RU DU AS · texte numérisé non relu

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niliesses. N'ayant ni enfant ni parents, elle acheta un l'ilit gardon de sept ans, nommé Cubricus ou Corbicius, i|u elle affranchit et adopta. Cinq ans après, elle mourut laissant à son fils adoptif la fortune et les livres de Scytliien et de Buddas. Cubricus se fit nommer Manès et répandit avec succès en Perse les erreurs de ses prédécesseurs et le dualisme. Il prétendait avoir composé lui-même les livres écrits par Buddas.

Quelques critiques du XYili» siècle, tels que Isaac de Beausobre, Histoire critique de Manichée et du manichi'isn,.'. IT'.l. I, 1. p. 54-55, après Hyde et Bochart, coiisi.ii Mil .|iH I. - .lires des anciens écrivains ecclésiastic|ih - -lii I CM liMillio et Manès coïncident en plusieurs poiiiN, .n.iiLiil il ija proposé l'identification de ces deux personnages. Des critiques du xix" siècle, s'appuyant sur des documents syriaques et arabes, ont donné à cette identification une base plus certaine. Par une série de déductions qu'il serait trop long de reproduire, ils ont ilémontré ((ue TepégtvOo; des textes grecs n'était pas un nom propre, mais simplement la transcription grecque du qualificatif araméen tarbilhà, l'élève, le disciple. Le Fihrist al'ûlum, 1. IX, 1, terminé en 988 et édité par Flùgel, Leipzig, 1871, t. I, p. 327-338, dit que Manès a été en religion rubbija, le disciple, de son père. Les Grecs ont pris TEpiêivSoç pour un nom propre et en ont fait le nom d'un personnage intermédiaire entre Scythien et Manès. Il faut donc supprimer Térébinthe ou Buddas et reconnaître en lui Manès lui-même. Quant à Scythien, qui a été pris aussi pour un nom propre, c'est un nom d'origine, e.r Scijlhia quidam, et il faut identifier le perâonnage qu'il désigne avec le propre père de Manès, nommé Fâtak en arabe, IIïTi/.to; en grec et Patik en syriaque. Par conséquent, Buddas, ou Baddos, Bai^n;, ne difïère pas de Manès. Il a eu le Scythe Fâtak pour père selon la nature et pour maître en doctrine. Voir Manès.

Actu disputaliCDiis S. Archelai cum Manete, n. 51-53. P. G.. t. X. col. 1517-1520; S. Cyrille de Jérusalem, Catech., vi, n. 22-24, P. G., t. xxxni, col.' 576-580; S. Épiphane, Hier., lxvi, n. 1-3, P. G., t. XLii, col. 29-36; Théodoret, Hœr. fab., I, 26, P. G., t. Lxxxiii, col. 377-381; Socrate, H. E., i, 22, P. G., t. Lxvn, col. 136-137; Photius, Contra manichxos, 1. I, n. 12, P. G., t. cil, col. 32-37; Pierre de Sicile, Hist. manicluporum , n. 11, 12, P. G., t. civ, col. 1257-1260; K. Kessler, Mani. Forschutif/en iiber die manichàische Religion, Berlin, 1889, t. i, p. 21-86 (voir dans l'introduction de cet ouvrage, p. xxm-xxv, d'autres travaux du même historien sur se sujet); Id., Mani, Manichàer, dans Realencyclopàdie fur protestantische Théologie und Kirche, 3' édit., Leipzig, 1903, t. xn, p. 199-202.

E. Mangenot.

BUFFIER Claude. — I. Vie. II. Ouvrages.

I. Vie. — Né à Varsovie, de parents français, le 25 mai 1661, il fut élevé en Normandie, où sa famille était venue se fixer, et naturalisé Français. Aussi avait-il coutume de dire, en souriant, qu'il lui en -avait coûté cinq cents livres pour se faire Normand. Il acheva ses études au collège des jésuites à Rouen et entra au noviciat de la Compagnie de Jésus le 9 septembre 1679. Après avoir enseigné très brillamment la grammaire et les belles-lettres au collège Louis-le-Grand, à Paris, il fut pourvu d'une chaire de théologie à Rouen. Jacques- Nicolas Colbert, alors archevêque de cette ville, ayant recommandé à son clergé différents ouvrages suspects de jansénisme ou de gallicanisme, comme la Morale de Grenoble, le Rituel d'Alellt, les Résolutions de M. de Sainte-Beuve, la Somme de M. de Merbes. et plus expressément la Théologie dogmatique et morale de Noël Alexandre, le P. Buflier publia aussitôt un opuscule destiné à susciter de vives polémiques, sous ce titre : Difficulté: proposées à M. l'archevêque de Rouen par un ecclésiastique de son diocèse sur divers endroits des livres, et surtout de la Théologie dogmatique du P.* Alexandre, dont il recommande la lecture à ses curez, in-J2, s. 1., 1696. Le P. Alexandre répondit par

ses Eclaircissements des prétendues difficuUezproposées à Monseigneur l'archevesque sur plusieurs points importants de la morale de .résus-Chrisl, s. !.. 1696. Colbert, de son côté, exi.Li- ut iiiM i.iiM.tiiMii i|ii.' iiiirii.-ise refusait à fournir . i\.i II .' n il; 1 .liiférend. Par une Lt'/(/ 1 , 1/ chevesque de Rouen an .,<i;, / ,/(!/, hhrll,: pahlir ilaus son diocèse, intitulé : Dif/icuUez proposées, etc., in-i», Rouen, 1697, la brochure du P. Buffier fut condamnée et l'auteur envoyé à Quimper-Corenlin par ordre du P. Guillaume Ayrault, provincial de France.

Cette dernière mesure n'impliquait nullement condamnation. Au reste, pour éclairer ce point d'iiistoire assez mal exposé par les derniei-s biographes du P. Buffier, voici les principales propositions extraites de la Théologie dogmatique du P. Alexandre et soumises par le professeur do Rouen à une critique courtoise, mais soliili m ni tii-lii'i : « C'est un péché mortel que de reer\' i ' i i m indignement, » c'est-à-dire, comme

rex|ili i Il' P. Alexandre, sans être en état

de yiii ' . l 'i' ' ■''•ii>i'-> '• V, c. III, a. 14, reg. 21. « C'est un péclié mortel à tout ecclésiastique de jouer ou de voir jouer aux dés, aux cartes, ou à tout autre jeu que ce puisse être. » Ibid., t. v, c. v, reg. 4. « Pour que le péché nous .soit imputé, il n'est pas nécessaire que nous ayons fait attention qu'il y avait du mal en ce que nous faisions. » Ibid., t. vu, c. iv, a. 1, reg. 65. a C'est un péché mortel que d'assister à la messe les jours de dimanche ou de fête, lorsqu'on a de l'attache à quelque péché mortel. » Ibid., t. ix, c. v, a. 5, reg. 9. Buffier défendait aussi le probabilisme incriminé par Alexandre et relevait des propositions comme celle-ci : « C'est une opiniâtreté criminelle et un péché mortel que de préférer à une opinion vraie et plus probable celle qui est fausse ou moins probable et de la suivre dans la pratique. Car c'est s'appuyer sur son propre jugement sans vouloir croire le meilleur avis. » Ibid., t. vu, c. v, a. 18, reg. 6. Tandis que le grand public prenait vivement parti dans la querelle, même le public féminin, mmrnp nn h^ voit par la très curieuse Lettre d'une ilnmr il,- ./.. '(',/,>' à une autre dame sçavante, au sujet ('s ih/ jt, f:li,\-i proposées à M. l'archevêque de Rouen, in-S'. Mon^, Hi!l7. le P. Buffier obtenait de ses supérieurs l'autori.sation de faire le voyage de Rome et de plaider sa cause devant les tribunaux ecclésiastiques. Il n'eut pas de peine à se justifier pleinement et, après un séjour de quatre mois, il revint à Paris, où il fut associé au Journal de Trévoux, de 1701 à 1731.

Le P. Buffier était un liomini' spirituel et bon, très apprécié dans le momli- pili • i - r, ini II mut de défaillance naturelleetdiin I „i 1 i| ,1 I I7iiiail737, à l'âge de soixante-dix--' |il m-. ■ li i pniilion d'un écrivain habile, élégaul, Iliu dViuditiuii lI d esprit.

II. Ouvrages. — Outre un certain nombre d'articles publiés dans les Mémoires de Trévoux, le P. Buffier a laissé près de cinquante ouvrages sur des sujets ascétiques, philosophiques, historiques, littéraires et artistiques. Il convient de mentionner spécialement et par ordre de matières :

1» Ouvrages de religion et de piété. — Exposition des preuves les plus sensibles de la vraie religion, in-12, Paris, 1732, insérée au t. ix des Démonstrations évangétiques de Migne, Paris, 1844; Addition au traité du P. Buffier sur les preuves les plus sensibles de la religion, dans les Mémoires de Trévoux, 1732, p. 957-972; Réflexions chrétiennes pour les jeunes gens qui entrent dans le monde, in-12. Pnris. I70S. ouvrage attribué à

tort au P. Bretonneau ['■< -m i ■ ■ -I, Bibliothèque de

la C" de Jésus, t. Ii, oi d i , ir: consolantes du christianisnte pour toi'>i ■' - - " ^ <ii' mnii, in-16, Paris, 1710; 2e édit., in-16, Pans. 171» : 4 edit., in-24, Paris, 1718; 5" édit., in-12, Namur, 1764; Le véritable esprit et le saint emploi des fêles solennelles de l'Église, in-12,

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