‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 457 sur 741 · BUSÉE, BUSAEUS (lalii.i l i · texte numérisé non relu

BUSÉE, BUSAEUS (lalii.i l i

lié à Nimègue en 1547, compaliidlc t-l |i.'iii-iiii- iMifni du B. Pierre Canisius, entra dans la Compagnie de Jésus le 1" juillet l.">63, étudia la théologie au Collège romain et l'enseigna ensuite avec succès pendant 22 ans, à Mayence, où il exerça en même temps un ministère fructueux parmi les haljil;iiil<. Il ni.inrnl pieusement dans cette ville, le 30 mai liill. S'^ |.nl.lications relatives à la théologie sont, poui' l.i iiliiij.ul, dirigées contre les erreurs des protestants uijiquilaires concernant la personne du Christ : on remarque dans sa polémique un ton de douceur rare à cette époque. Mais le P. Jean Bus('p est connu et lu jusqu'aujourd'hui surtout coiiiiii.- iriiMiiii :i^r, ih|ii, . <;)uti-e un grand nombre de irailiiriiMii-, -Mil Miin.iLr capital en ce genre est VEnc/iinilifiii inttrinii iiiril iluliuniini, qui, publié pour la preuiièrr lois à iMayence, ru KiOI'i, a m d'innombrables éditions en dill'érents jiaxs <l a ri:- iiadiiit en plusieurs langues. On a goûté au>-i mui \\-j..j-.:'ri, hoc est, Arca medica... adversu.:: oiiimi ni::,!,,. s. in-4», Mayence, 1608; Sull Vnnhimi m , hnsl lunanm, virlvtum, in-i", Max.n, -■. I(;l0, ,.|r. il a , ::a|,a,i,.|it édité

Pierre de Bluis. Ir> I i/a iniiiaiinniiii piuiii/iciim d'Anastase le Bibliolliécairc, les lettres d llincmar, les œuvTes spirituelles de Jean de ïritheim, etc.

Jean

De Backer et Sommervogel, Bibliothèque de la O' de Jésus, t. il, col. 416-439; Hurter, Nomcnclator, t. i, p. 160-161; R. Bauer, dans le liirclienle.rikon, t. il, col. 1548-1549.

Jos. Bricker.

3. BUSÉE, BUSAEUS (Buys) Pierre, frère des précédents, naquit à Nimègue en 1540 et entra en 1561 au noviciat de la Compagnie de Jésus, à Cologne. Il y fiil nommé maitre des novices, en 1567, et chargé en même temps d'expliquer le catéchisme aux élèves des classes sii]i. , iMun - du nillr^r. C'est alors qu'il conçut le desMMi il .,|..ui<'i au r.iiHl raléchisme de Canisius le texlecMn,|M I li, 1- i,i..uu,i,, - indiqués par l'auteur. Les riches luiaiulla, lia., cK 1 umvursité, du chapitre delà

cathédrale el des couvents de Cologne, surtout de la Chartreuse, lui permirent de remplir celle tache avec les meilleures ressources qu'on possédi'it à l'époque. Encouragé par le B. Canisius lui-même, qui profita de l'occasion pour perfectionner son propre texte, parfois d'après les observations de Busée, et secondé par des imprimeurs célèbres pour leur science et la correction scrupuleuse de leur travail, le P. Busée put faire paraître son premier volume :'i Cologne, en 1569. Voici le titre exact de ce volume : AhII plurx et sancloruni Falrani . :/H christiatiœ doctnris Pplri dm.

JeSU cihnfl,.,-. ,1 ,/.",:;■ /-, ,,,, ^ ,,;

liter (-/:

in-4», ("ni"- Il •. I..i/,M, , r i, i .-

le but ilr - 1111 .1^1 , .jiN . -: I

ii sacrée Scrinmia dûclrinx lor/i Societatis fontibus fideliscriptx suni, [ii-éface, expose cr l'accord du icii'iine Église, que

les réformateurs ont prétendu rétablir. La publication fut terminée, en 1570, avec quatre volumes, munis de tables di-laillépî cl compivnnnl plu? de 2500 pages. Elle eut un iaiiil -iir, 1-, i|iii II r. .-iia plusieurs rééditions. Il- lâTI. Il- AI. Il- il- \iiii-r firent au catéchisme ilr Caiii-iiis, i|,'M.|ii|ipi> |.ai l;ii-i'f, l'honneur de le reproduiie par leurs presses fameuses dans le monde entier et contribuèrent ainsi puissamment à sa difi'usion ; mais le 4« volume manque, on ne sait pourquoi, iipres-^ion. Kn I.â77. parut encore à Cologne ni à la disposition et

dans cet

une édilhui. piil augmeiil. I' i|iiaiii du P. .lean lia-,., concours de Can

Tue

s textes, par les u-erlandais, et avec le longue lettre-dédicace de

celui-ci à l'évèque de Wurzbourg ouvre l'imposant volume in-fol. qui représente cette édition. Elle se dis-

linpne aussi par un nniivraii tilro : Opiis catechislicuni

nirr il,- Sininii:! ilnrlnmr rhri^l,(lll:r II. Pétri CanisH lhr,,l,.,ji S. .1. }:i:i-rhiris ,Jiri,i:r S,,i pi iirœ teStimonitS, ,si/»r/.iri.,ii./,ia l;:lr,n,i >^r„U-ii 1 1 ,.< s, ■Juin ilhistraium opéra II. frhi I:, ,>..,, .\,.r,n„,n<p. .-pis, !,-,,, S,„ielalis

IheoloiJI. niiii, ,','<.' i.rii, ><,,,, .1, rrs^,,,,,,- nnr.i hniiple-

lalu

P. P. EusLC a\ait vW appck' a Niluiiu poui lUlLipréter l'Écriture sainte à l'université et enseigner l'hébreu au collège des jésuites. Quand le P. Claude Aquaviva, général de la Compagnie, nomma, en 15SI, une commisnations ri rliai ;^i- . I ■ ■! ,i 1 u u i a un 1 i I ul ^. Il rai des

études |"'ui l.iiii riinliM. il \ lit luii.i |'i,ii, liiisée, qui dut eu coiiséqiK'Uci' mj rLiuIn' a lluiiu'. lie luloiir à Vienne et chargé de la direction du collège des nobles, il ne tarda pas à être enlevé par une mort prématurée, à peine âgé de 'i7 ans, le 12 avril 1587.

De BiH 1.. I . ~ 11,11,. I \,,^el. Bibliothèque de la C" de Jésus, t. Il, Col. 1' Il . Il I n~\,erget, S. 3., Entstehting und erste Eiiliuk-LI" '. :s,iien des S. Petrus Canisius, Fri-

l)ourg-cii-l.;i. .- i.i |.-'';, |, i;-n-148.

Jos. Brucker.

BUSENBAUM Hermann, théologien moraliste,naquil en 1600, à Xottelen iWestphalie), et entra dans la Compagnie de Jésus en 1619. 11 enseigna les humanités, la philosophie et la théologie, tant dogmatique que morale, el gouverna comme recteur les collèges de Munster et de Hildesheim. C'est en remplissant pour la seconde fois cette

charge à Munster c|ii il i mil. le 31 janvier 1668. Les

témoins de sa vie l..ih ni -iii iilii i (inent sa piété, en même temps que son lai. ni d . u. ilm. i . sa prudence et sa dextérité dans la cuiuluii' h - hiu'^. la pénétration de son coup d'oeil, d'où ii.ii--,ii. ni i li Lus la promptitude et la sûreté de ses ilni-uui- 11. i un il-Chrislophe de Galen, prince-évèque de lluii-li i . ra\.iil pris pour son confesseur et son conseiller, el le P. Busenbaum aida beaucoup ce grand prélat à faire relleurir dans son diocèse la vie chrétienne, au sortir de la terrible crise excitée par les anabaptistes. Le nom de Busenbaum doit une célébrité

iUSENBAUM — BUY, BHUIS

retentissante à un petit livre, qui a été honoré et vilipendé comme peu d'anlrps le furent jamais. Il s'agit do la MeduHa

theologilV niomli't fnrili n,- f„,r<^Vii-un )iirtlliirln )-l't<nl-

concinnnlii. /-,/■,.,/, ■im-. i^nli--.

in-12, MiiiishL ir,.: \<.:,<< , .,,„,,,. ih,n.. le lur,-.

'■<■ ii''~l !'■'- "" '"'"^ ili-.-ni.i- .1. Il I..,;!,. riioralc.

soinm.uic des pi iaci|iL'.s ri .lu ^uii ni .Ic-i principaux

moralistes. La clarté et la [hi. i-hui .h rr manuel de casuistique lui valurent un.' v..ii. ii.iin.i.^... Il eut, du vivant même de l'autour, 'ill . .hi i.ii- ni i ivjliséront les

la Mrdulla, , le P. (-.lande

1, comme contenant uue doctrine attenito et à la sûreté des rois. La proposires arrêts est la suivante : Ad defim-

niwjiia incoiinniitla, m li, n,i. [.. Ill, Ir. IV, c. I, dub. 'd. Disons en passant i|n. 1.^ :ini.iirs ilo pamphlets, anciens ou modernes, en oil.ml .-.■II.' |.i..|..)sition, omettent souvent la limitation do la llii, liisi furb'.... qui n'est pourtant pas sans iiiiportanco. .Uoc ou sans i .■sliicli..n, la proposition a élo suiilouue l.jugtomps av.inl l!iisi'nljaum par des thoologions très ostiinos, tels que saint Anloiiin, derson, les dominicains Sylvestre de Prieras et Dominique Soto, et beaucoup d'autres. D. Soto assure que c'est l'opinion de saint Thomas; le docteur angélique dit au moins qu'on peut essayer de se tioiistrnin'. imMiio

par la force, à une condamnation à m. ni, |.i

contre les règles de la justice : El (.'.... si, ni h.fi rrsislciv latronibus, ita lied vosislei-f m inh r.i^n m.ihs princ'ijnhus; nisi forte pro/ih-r s.;:ii,l,iln,.i nh: ,,,hiiii, cuin ex hoc aliqua gracis Iml^iin, ///,/.■,./..,. .Skxi. tlieoL, lb< II", q. LXix, a. 4. I.. i i-.i i-i.' i :..ii. m.. .I.l.'ml

propos,

Voici ce qu'on lit à ce sujet dar inlitulé : Extraits des assertions, in-4». Paris, 171)5, t. iv, p. i,xi!

a été ol'lisus presque

mis ..III r;iii Liiii .1.' I.niii il. .puis Imii .ins. Ils tinrent l'aiin.-..- sui\:iiilo une congrégation provinciale à Paris; il y fut résolu qu'on demanderoit au P. général que celte proposition fut retranchée du livre de Dusenbaum. La demande étoit conçue en ces termes : Postulat Provincia Franciie ut deleatur quam primum in Medulla théologie moralis Patris Busenbaum de novo excusa LiKjduni anno i6G8, quod ait, 1. III, tr. IV, c. i, de hiniiiviilio, dub. 3, licere ad defensioneni vitœ se tiieri .((/.. iiriisione contra ipsuni parenteni, abbaleni, prinriprni. Le registre où cette demande est consignée était à la maison professe de Paris; les évèques nommés par le roi pour examiner l'Institut, l'ont vu. Le généi-al Paul Oliva qui avait déjà prévenu le Posliilalum des jésuites de France, leur fit la réponse suivante le

14 janvier 1670 : Ea de re jam alias nioniti, stalini autori scnpsimus quinla angusti 100\?, et derimi se-

II ne fut pas aisé d'engager les libraires à mettre des cartons dans les éditions antérieures à celte réponse... Mais si cette proposition se trouve encore dans quelques éditions postérieures, ce n'est pas aux jésuites qu'il faut s'en prendre... Au reste les éditions où la proposition ne se trouve pas, sont en grand nombre : on a sous les yeux six éditions de Lyon faites en 1671, 1672, 1676, 1682, 1686, 1690, une de Venise de 1679, deux de Padoue de 1708 et de 1713, où elle ne se rencontre plus. » Les persécutions que la Compagnie do .Tésus avait ou à soufl'rir on l'innr.' :'i .-.lu-.. .I.'- .1." ii m.s .pi'. .il lui prêtait conoi'i II. Ill I.. /./,■..,.,. .-■. lu-ini-ni ...ipL^nirnl

l'action dos p-mi.-, ii , .,- . i .lu r . i,. i .1 i iin , ;

la propos ili... 11 non losl.j [..i- m. nu- ...■ .|ii ullo ol.iit avant ce désaveu, peut-être inopportune, peut-être singulière pour les cas qu'elle suppose et qu'on pouvait passer sous silence, suscoptihlo do mauvaise intorpré-

Kirclu'iilextliuH, t. il, col. lôôl, pas plus (|iio Itill.l, Aufliebung des Jesuitenoi-dcns, Mayence, 18'm, p. :!(i:i, rien de dangoroux on soi, mais simplomont l'appliciliou d'un prinoi|i.. ^.'n.'i.il :. un .,.- p.uli.ui:,! l.'.pi,, 1,. droit naliiivl ■' ■ : p, . , :- , , i ,, .,,, ,i .,,;,! .■,. .• 1:,

force pour .'.v. i-. . i i - n.li ■ ii..[<iii ■ u,! i .t ,. ivs-

seur; et s'il . -i i. .-.— .m- p. .m -...r,. t -. ... .J.' i.i.'il'agresseur, cet liomicido ncst point coupable... Quand Busenbaum maintient cette conclusion de droit naturel, il a pour lui presque tous los moralistes, par exemple

1' Il

(IV, i

l''S"l : ■ .; I . I. I . p. I ::\':' t\ : ■ ||>l, |.,lirS COUlre UX

M.;hi:i.i, .,,,.1 .■.11- ~ i.i.i.M - .pi ,.ii i'\f\,-. s.iii contre le proljabilisnjo, soit contre la inorale de saint Alphonse de Liguori, soit contre la morale catholique en général : il n'y a pas lieu de les examiner ici. Il faut ajouter seulement que Busenbaum, qui écrivait avant les décrets d'Alexandre VII et d'Innocent XI contre la « morale relâchée », avait laissé passer comme acceptables, sur l'autorité de leurs auteurs, un très petit nombre de solutions qui ont été atteintes par les censures papales. Dans les éditions postérieures à ces décrets, les propositions condamnées sont indiquées en appendice ou dans le texte même du volume.

De Backer et Sommervogel, Bibliothèque de la C- de Jésus, t. u. col. 444-455 ; Hurter, A'ompno^ifor, t. ii, cnl. 259-260 ; Kirchentexi- Icon, t. n, col. 1553-lf.r.r.: }:.■,:,,,<,■ n,i lii<re int. Extraits des assertions, toc. cil., ei \' ^•— . i i ••iiion du défi, hazardé par fauteur d'un UIhH ■ !: ,'i'f aux apologies des

jésuites, in-V2. Avigntni - IT.J ; : j

.los. EntiCKER.

BUY, BHUIS, ou BUHY Félix, carme, né à Lyon vers 1637. Son père était un riche négociant. Il entra tout jeune au couvent des carmes de Chalon-sur- Saône. A vingt-deux ans, ayant terminé ses cours de philosophie et de théologie, il soutenait ses thèses publiques sur la théologie tout entière, aux applaudissements de tniis s.. s .iii.lili'iirs. Plus tard il conquit le grade de do.i.in . 1 \'' ..I. mie de Valence en Dauphiné. Il vint aloi~ . r .t i- . i .1 -iroux de devenir docteur en Sorbonno, il s., pi. -^,111,1 |iour être admis au cours pré-

BUY, BHUIS — BUZETTI

paratoire au baccalauréat, mais il prononça devant ses mailres un si brillant discours qu'il Tut dispensé du cours qu'il aurail iln ~\i\w' ■ 1 ihm, Ijhm- luoliflicr. Sur ces entrefaites. U j1!< i. t l ^Im.. dr prieur (l'abord au conxmi ,1' 1 mi . n, |.in i .'liii .le Lyon. De retour à Pari- il in.i'.i.i ,1 -nKii -,i luriirr. ijiiand

te 4 décembre lOSl, le pruinitr ili -. il il tiiidit en

soutenance publique les proposiliun- <|iii lui ut celles de la Déclaration du clergé de Friun > . -,i lin -< lit prand

bruit à Paris communia le sentence du royale et les Paris V . niip;

Ml|i-

nvoyant le P. Félix Bluiis en sa pro\iiK< riii-i- iiis années après, celui-ci revint à Paris. Il n siiii ,. [Ululant sous le coup des censures prononcéi- cuiilrt- lui, à l'exception de celle qui lui interdisait la prédication. Il se remit donc à précber, et il donnait une station de carême dans un liourg des environs de Paris, quand il fut atteint de pleurésie; il en mourut en 1687. Il a écrit : 1» Un livre sur la confrérie du Saint-Scapulaire ; l' Histoire

en abrégé des i/uatre conciles généraux, 3 Paris.

Cesme de Villiers, Bibliotlieca

'leUtana, Orléans, 1752

P. Etienne.

BUZETTI Vincent-Benoit-, théologien italien, né à Plaisance, le 29 avril 1777, mort le li décembre 1824. Il fit ses éludes au collège Alberoni, et fut professeur de philosophie et de théologie an séminaire de sa ville iiritriln: il devint aussi chrinc-iiv' tli'Mlrpal de la cathéilr.ili'. H commença sa (mmi - > ili^iue en adres-

-ini ipirlques observation I i . i~ sur certains

|ii--^.- dt-VEssai sur l,,^^i>jlr ,■,, mntière de rc-

' ' I 1111.11- liiii ci.nipte de ses observations. Ses

' ' Il 1/ ■irc sur le concile de 18H; Le

/' . Vennemi de la société, de la

j:mo. I81'i; Courte réfutation

des raisons de Jns condamné par l'i futation de Vidéo,

Hœfer, Nouvelle t. vn, col. 927.

faveur dti serment niions théologales : Ré

illnc.

CABADOS Y MAG), ivligieiu ospni;nol .le lordro de Notre-Dame de la Merci, mort le 25 septembre 1797, fut professeur à l'Académie de Valence el pul)lia Instiluliones théologies: in usum tironum, 4 in-i", Valence, 178i.

Hurler, XomencUitoi- literarius, Insprucli, 1895, t. m, col. 257. B. HEURïKnr/.K.

CABALE. — 1. Travaux sur la cabale. II. Nature, objet. niiMbode, bisloire. III. Principau.x documents. IV. Doctrine. V. Critique.

1. Trav.\i X SUR LA CABALE. — L'existencc de la cabale n'a été connue qu'à la iln du xiiF siècle, par la publication du Zohar; mais, pour diverses raisons, sa vraie nature et son objet propre sont restés très longtemps ignorés. Dès son apparition, en effet, elle excita l'étonnement et l'admiration de la plupart des favant.s de l'époque, chrétiens ou juifs, et fut très diversement appréciée. Aux yeux des uns, elle passa pour une science extraordinaire sinon supérieure à tous les systèmes philosophiques connus; car, par certains cotés, elle rappelait les plus hautes spéculations de l'Orient, de la Grèce et d'Alexandi-ie. Aux yeux des autres, elle avait dû jouer un rôle dans l'introduction du christianisme dans le monde, et elle conservait encore assez d'eflicacité pour faciliter à la raison l'acceptation de la foi. Beaucoup n'y virent qu'un jeu propre à amuser ou une source d'exploitation de la crédulité publique. Cette diversité d'appréciations provenait d'un examen trop rapide et trop superficiel ou de vues intéressées et apologétiques. Et c'est faute de n'avoir pas soumis tous les documents à une étude approfondie, objective et critique, qu'on ne parvint pas à saisir ce qu'elle est en réalité el qu'on n'en retint pour des siècles qu'une notion incomplète et erronée.

Le premier qui signala l'existence de la cabale à l'Europe chrétienne, R. LuUe (f 1315), la salua comme une espèce de révélation divine, la prit pour la clé des sciences occultes et la crut destinée à rendre les plus grands services à la cause catholique. Ars magna, Valence, 1.515; De amlilii kabbalistico, Paris, 1578. Ce dernier sentiment fut partagé par Marsile Ficin (f 1495) qui, au début de la Renaissance, se sentit attiré par les idées platoniciennes et néoplatoniciennes qu'elle renferme, et par Pic de la Mirandole (f 1494) qui, rêvant d'un accord parfait à établir entre la philosophie et la révélation, crut son rêve réalisé par cette science nouvelle. Conclusiones cabalisticie, Rome, 1486. Pour Jean Reuchlin (j 1522), elle forme avec le pythagorisme la source où les anciens docteurs avaient puisé la sagesse ; car il découvre une étroite filiation entre ses doctrines et l'enseignement de Pythagore, De arte cabalistica, Haguenau, 1517 , et il prétend que toute philosophie religieuse procède des livres hébreux. De verbo mirifico, Bàle, 1494. Le juif converti Paul Ricci soutient dans son Isagoge in cabbalislariim erudiliones et introdtictoria theoremata cabbatislica, que la cabale, existant déjà du temps de Notre-Seigneur, prépara la voie au christianisme naissant; il la prone dans son De agricultura cx-

testi comme un excellent insir injicnl ih- cuiivcrsion pot\r ses anciens coreligioniun . - i i M - ■ ii<.i, ,|,. il.nidutrer aux lalmudisles que ton i ! .ir hi nn^ m' trouvent dans l'Ancien Tr>i,i!i. m I n ini, plu i, urs juifs attribuèrent leur conver.siuu .iu\ i. ,.l..liui]> ,K- l.i cabale. Ce qui contribua encore à égarer l'opinion, ce fut le travail des cabalistes modernes qui, attachés à la lettre beaucoup plus qu'au fond delà doctrine. sesor\irout de la Cil. il.- |l.Ml,■,.|.^,.^|,.u^- ,,r,.|.r. - ll„-nr„'.. I ',■, rl,,^,.., àpariM ^ . î. <r ^ i. ... ,1,.-. 1,,,,,!,. , ,.,,

Palrslll:. . ; un. j.., >' .. I ,1 : , : ,,„lr, |.,u l-,,,;r

Luria jLuiiii.. ^.i l.,j.i..,, A,. .1, l.u,.... ,, ni ,!.■ plus ,u plus les spéculations de pure mélaplijsiciue au profit d'une thaumaturgie fantastique et puérile. Ces deux chefs d'école furent, par leurs rêveries, « la source d'une nouvelle littérature cabalistique encore plus riche en apocryphes et en ténébreuses divagations que l'école du XIII' siècle. La cabale, comme un poison subtil, se glissa dans les veines du judaïsme et l'infecta tout entier. » Th. Reinach, Histoire des Israélites, Paris, 188i, p. 221. Cordovero et Luria exercèrent une influence aussi considérable que néfaste dans les divers domaines de la théologie, de la philosophie, des sciences occultes et du mysticisme; ils accaparèrent l'attention du monde savant. Et trop souvent c'est à travers leurs œuvres que les catholiques, comme les juifs, apprirent à connaître et se mirent à juger la cabale, au lieu de recourir à un examen direct des documents et de consulter les cabalistes primitifs, particulièrement ceux qui voul de Saadia ben Josepli (t942) à Nachmanide ly |-2T(l . An--i. à côté d'aperçus curieux et de rappro.li, m ni- Hu^,cstifs, combien d'appréciations, de juyrni. n'-, ,l h . [..iilirses, divergents ou contradictoires, au uiiliiu i1ls'|uc1s on cherche vainement la réponse à la question de savoir ce qu'était réellement la cabale !

D'un autre coté, par les combinaisons bizarres de nonilir- - . i il. Il'r.s qu'oll're parfois la cabale, les illuiniii ims. les théosophes, les partisans

de l'ocr!,. Il, ! ,.l> lièrent comme une mine. Agrippa de Nil!' Iiiiin vl''o.'ii y puisa pour son De occulta jiliikisophia, Anvers et Paris, 1533. L'alchimiste Paracelse (71541) l'introduisit dans le domaine de la médecine et l'appliqua, concurremment avec l'astrologie, à l'étude de la physiologie humaine. Jacob Boehme (tl624), Robert Fludd (tl637) et Van Helmont (tl644) en firent le point d'appui de leur théosophie.

Des efforts cependant avaient été tentés pour pénétrer le secret de la cabale. Pistorius (flGOS), par exemple, entreprit une vaste enquête sur les œuvres des cabalistes; malheureusement il la laissa inachevée. Son Artis cabalisticie... scriptoruni, Bàle, 1587, renfermait certaines œuvres de cabalistes modernes, telles que le De agncuUma... de Ricci, p. 1-195; le De arte cabalistica et le De verbo mirifico de Reuchlin, p. 609-730, 873-979; un commentaire des thèses de Pic de la Mirandole sous ce litre : Archangeli minoritie intei-pretationes in selectiora cabalisticarnm dogniata ex commentàtionibiis Pici Mirandtdani excerpta, p. 735-868.

CABALE

Il avait toutefois inséré la Iradiiction latine de l'un de documents primitifs, le Seplier lezirali, p. 869-872. Le jésuite Kircher (■}- 1680), dans une œuvre considérable mais peu crilique, VŒcliptis xgyptiaciis, Rome, 1652-165i, crut que la cabale se réduisait à une simple combinaison i\r ihiiilin - - l Je lettres. Un autre travail aussi érudit I I ii ique fut la AobboM

denudataseu doctrii. / ' . - i ranscendentalis et meiaphysica atque (/.m/m,!, -j ih-I'ùI., t. I, Sulzbach, 1677; t. II, Francfort, 1681, de Knorr de Rosenroth (tl689). Ce dernier, bien quinlluencé par un but apologétique, avait ajouté aux traités des cabalistes modernes troi- .!,-■= plu, niirirn^ fiM^niriit^ fin Zoli.ir. et, à défaut dr 1- ..h- , ..u,;.]^-',-. hr,,,],,,.,,, aiAh.uK il .les analvses di'l.iill' M- ■ .'.ni un i.im^im- 1 miv, iummI il fallait remonlei .<u\ sum-e^ s el ennMillei- les .locuments originaux. Les lextes existaient; ils avaient été publiés; ils furent même successivement traduits en latin. Postel, au xvi» siècle, avait donné la traduction du Sepher, Abrahanii patriarcliso Hber lezirali, Paris, 155'2, et Voysin, au xyii», celle du Zohar avec des commentaires : Dispulalio cahalistica ... adjectis coninientariis ex Zohar, Paris, 1685.

L'enquête pouvait donc être tentée ; commencée à la fin du .wiF siècle, elle a été poursuivie jusqu'à nos jours, soulevant un grand nombre de problèmes d'ordre pbilo<;npliiqiie et religieux, qui ont été tour à tour disculés. hrs Li lin liu xviF siècle, Wachter s'inscrivit en l'an\ eMiiiiM Imv prétendues affinités qui existeraienl enliM I., ,,iI,,,1m ,1 le cljrislianisriie. Un abîme,

dis.i

d'a^uu' pui.,e .-ou .-v-Lelue. De, .S/„„,.;/i„m5 iiit JudetUhum, Amsterdam, 1699. Poussant plus loin ses recherches, il crut s'être mépris et en rejeta la cause sur l'œuvre des cabalistes modernes et déclara la cabale une tradition ancienne, digne de respect. Eliici- 'laritis cahalislicus, Rome, 1706. A la suite de Rœhme, on vit Schelling, Hegel, Schlegel, en Allemagne, Rordage, en Angleterre, et, plus récemment, Saint-Martin, en France, s'intéresser à la cabale, à propos de théosophie. C'est surtout le côté philosophique qui attira l'attention. En Allemagne, en particulier, on considéra la cabale comme la science capable de concilier la raison et la foi, la philosophie et la théologie. Au xix= siècle, on serra encore de plus près l'examen des divers problèmes qu'elle soulève. Tandis queFreysladt, Kabbalismvs und Panlheismus, Kœnigsberg, 1832, niait tout rapprochement entre la cabale el le panthéisme, Tholuck, partant de ce fait que la doctrine de l'émanation avait été connue des Arabes en même temps que la philosophie d'Arislote, Commenlatio de vi quam grxca philosophia in theologiani tiim Mahumedorum tum Judmoruni exercuerit, Hambourg, 1835. cl remarquant une certaine parenté entre quelques iihe^ r.il,:ili-iiques et le

mysticisme arabe, fit de eelni . i l.i - mm ,le celles-là.

De ortu cabbalie, Hambouii;, l-:;7 i M-t misi que peu à peu le terrain se déblayait et que s accusaient des traits de ressemblance ou des points de divergence entre la cabale et les divers systèmes de la philosophie ancienne. Le moment arriva où l'on put enfin décider, en connaissance de cause, si elle était une œuvre originale ou composite, si elle formait un système lié ou une juxtaposition d'éléments hétérogènes, s'il fallait la tenir pour un effort de haute spéculation métaphysique ou pour une doctrine inférieure à l'usage des amateurs de combinaisons, des théosophes et des occultistes. Franck eoniribua pour une large part à la solution de <'ê^ ili\Mi-M> i|iu-lions par son ouvrage, La kabbale, '''"'- l~-'M, -J c ihi., 1889, qui est une œuvre crilique

'1 '•'■" -L iMniiii(|iie. Ses conclusions n'ont pas été

inlinii .\, y.a L .Valrasch lia-Zoliar, de Joël, 'ou Die

Religionsphilosopliie des Soliar und ilir Verhâltnis zur allgemeinen jïtdisclien Théologie (éclaircissements critiques sur la Kabbale de JL Franck), in-8», Leipzig, 1849. Ces deux derniers ouvrages, les plus remarquables parus sur la matière, ont eu le tort d'embrasser tout le mysticisme juif, alors qu'il importait surtout de préciser le moment où ce mysticisme prend le nom de cabale, pour le définir exactement. C'est à ce point de vue délimité que s'est placé JI. Karppe dans sa thèse de doctorat es lettres : Étude sur les origines el la nature du Zohar, Paris, 1901 ; el c'est le résultat de celle enquête que nous allons essayer de consigner ici.

II. Nature, objet, méthode, histoire de la cabale. — Etymologiquement, cabale, r.Szp, vient de bzp, et

signifie réception, par extension tradition. Ce terme fut primitivement employé pour désigner l'enseignement oral par opposition à la loi écrite. Le Pentaleuque, en elfet, était censé ne pas renfermer dans sa totalité, ou du moins d'une manière suffisamment explicite, la loi divine : d'où la nécessité soit de le compléter, soit de l'expliquer par une interprétation judicieuse et autorisée, empruntée aux explications que Moïse avait dû recevoir sur le Sinaï, dans ses entreliens avec Dieu, et transmettre de vive voix aux anciens, explications qui de ceux-ci seraient passées aux prophètes, et des prophètes aux membres de la Grande Synagogue.

Ainsi comprise, la cabale venait au secours de la loi écrite, s'appuyait toujours sur le texte biblique et passait pour une interprétation légitime de la Thora. Pour résoudre ensuite les problèmes nouveaux et répondre aux questions qui ne cessaient de se poser, on continua à invoquer le texte sacré, car c'était un gage indispensable d'orthodoxie; mais on en vint peu à peu à le solliciter; on se contenta de rapprochements littéraux el on étaya des prescriptions qui avaient bien l'air de reposer sur la lettre, mais qui cadrèrent de moins en moins avec l'esprit de la Bible. Du reste, à défaut de texte scripturaire, on avait la ressource de faire appel aux secrets confiés par Dieu à Moïse, à la tradition orale, à la cabale. La méthode n'était pas sans danger. Exploitée d'abord par les rédacteurs du Talmud, puis par les Amoraïm, porte-parole ou interprètes de la Mischna, el les Seboraïm, ceux qui font des suppositions, elle donna lieu à de tels abus qu'elle suscita pendant des siècles les réclamations des caraïtes. Mais ceux-ci eurent beau rejeter tout commentaire qui ne s'appuyait pas formellement sur la Bible, leur opposition n'enraya pas le mouvement. C'est ainsi qu'à côté de la Mischna, code officiel rédigé par Juda le Saint, d'où on avait soigneusement écarté tout ce qui ne cadrait pas avec la doctrine juive, les Beraïtot recueillirent diverses conceptions que leur caractère non officiel avait fait rejeter. De même, à côté des questions juridiques, ou Halachah, la Haggadah, ou traité des questions morales, servit d'asile à tout ce qui n'avait pu trouver place ailleurs et devint un mélange incohérent de toutes les philosophies et de toutes les sciences. Enfin les Midraschim augmentèrent encore de nouveaux matériaux celte œuvre composite, sans y mettre ni plus d'ordre ni plus de méthode. C'est vraisemblablement sous l'inlluence des esséniens que les auteurs du Talmud accueillirent certaines conceptions étrangères. Leur spéculation roulait en particulier sur des questions cosmogoniques, à l'occasion des premières pages de la Genèse, et sur des questions métaphysiques, à l'occasion de la vision d'Ézéchiel. Et déjà la métaphysique de l'essence divine et la doctrine de l'émanation sont entrevues ; l'angélologie, la théurgie, l'arithmologie y sont même développées quelque peu : c'est comme le germe informe, l'ébauche hésitante, l'esquisse de ce qui aura son développement dans le Zohar. Or, après la clôture du Talmud, du temps des Gaonim, les chefs spirituels des académies de

CABALE

Soura et de Poumliédila en Babylonie, la spéculation i SI' porle de préférence sur des questions d'ordre infé-

lions juives, soit que, sous pliilûSopl;i(|iic (pii se ])rodiii

luence du mouvement

lion remplace la raison; les lois de la

■connues; on se perd dans de vagues I

on fait une place importante à la

llu uri;i>'. .1 1.1 lliaumaturfrii' fl 'i tr après' elles. Le Livre ,ni.„<>.l détenteur des mystères c. i -:. sert de cadre aux fantaisir~ .^. li i aux notions de roccuHisine. I.c > anthropomorphisme exa};éré, tu sous la forme d'un honime aux | tontes l'xarleinent mesurées, ce q il (Irv liiiil' ni^ inaccessibles. Le -iiihl- il ]M iiis palais) vantent l/,,i.i'.,,. ,1., ruent les palais. |

lé comme le l'crets divins,

sence et le principe de tout, sont la source de docliiiies mystérieuses et constituent les types qui ont servi à lu construction de l'univers. En méine temps une place est faite à l'ascétisme et li lui -.Mirllr luiail, qui est appelée à jouer un réli -i uni', i imi , Ki.l, . isf le régne de l'imaginalioii el .li l,i linin^h i|iii -. p.irenl des métaphores et des iiu.vis il.- I.i lliM.j. - .diritent aussi sous l'autorité de l'Ki liluri^ mais servent à introduire des idées complètement étrangères à l'esprit juif. Or, parallèlement à ee mouvement de spéculation,

déjà beaucoup Iim|i lil i'', t I 'Hii m .■. <\r ^e ].riiiluiiv

pour suppléer :i lu. n. 1:1 -.ii pi. Iini

un autre, plus lil.i : li,- ,- •■ ill ml .,u\ hI.t-

du dehors et ooiiiiililiiiM ni n. i I Lm ,iii^-i, p.iiii'

ne pas éveiller le soupçon dos crujants, s'appuie sur le texte scripturaire; lui aussi se réclame de la tradition orale, de la cabale. Mais, à l'enrontre de la tradition

<iuasi ofllriiH

posséil, , , I

iil^

ment dile. Celle-ci atteint son apogée au xiii" siècle; alors paraissent les grands cabalistes. La liible, loin

d'èlre ri'pudiée, p.isse toujours ostensiblement pour être

Il ^oni.i .1,. l:i M 1 ih: riiii|i,irtiiiit. c'est de l'y savoir II. lu II'. I II l.~ i,ilniii.li-t,~ ri .iiiii-cs interprètes avaient i.iiiiiniriii ,.--,i\,. il,. 1,, .i.riiiuiir sous l'écorce de la

l'iii" il- II- |i 1 Ml |i.i- 1.1 i-l.' du u.v.léro, ils ne

l'i'iiii.n-- m ||..- 1.1 M. lin .mL.iI.., Cnlln m, ,1 , -l-vrai,

l-i. Il i|ih' i.iniiiil.iiil .iii\ .iLi- I.-- |.lii- ivi ii|i.-, ii'iivait

|lnn,,n ,11.. .1 11,1 l,n~ ii.hl I I I llllll..-: nlln était

I n.. - - M.' n . : ni 'i in-ini-. .|ii.. il, m- In |.|iu |iri.,fond -n. li'l \i,i,^ 1..- . .in.ill-:. - ihl Mil' M.., /In 1.1 |,n.~,.,l,-lient, ' 1 ■: :-[ .1 .nlln i|U il.- . l.llLlU icdcuihlrs lie Inur .-.cience.

.Vssurément leur .science ne cadrait guère avec l'enseignement reçu ou traditionnel; mais plus ils s'en écartaient, plus ils en appelaient à la Iradition, à la leur; plus ils innovaienl. plii^ il- in\iii|ii:iinMt r,iiilii|nil.-: plus ils méconnaissairiii l.-|iiii .I-. I.i liilli-. |ilii- il- -..réclamaient de sa Inlll.' . 1111 iliniii.' |i.n' .|iii.|. I.iiil-S de force et par quelln- ...imIuii.u-.iii- .uid.ii i.ju,-lî. Kntre leurs mains, la méthode, déjà employée par les talmudistes, ne devait plus connaître de frein, et le résultat de leurs travaux allait être quelque chose de mons-

|i m- ICcole d'Isaac l'Aveugle, la première en date à lit. I iioque, bien des extravagances, rehitives aux praii'limi iicculles, se mêlent à la spéculation; du moins, grâce à la philosophie de Platon et au néoplatonisme, la métaphysique domine. C'est le Seplier lezirali qui sert de thème, comme on le voit dans le trniti- de VÉiiia-

.,n/;nn.ln /,',,/,i,-n| jn Z,/ r ,■,•,/, ■ Vi , < I ,. U l , ~ , . . I / i , I ' n i |. ■ DieU

de la siii 11. I .iliii. , lU ont la clé de tout, la réponse

à tous In- I rnl I -, m. lis ils s'entourent du plus grand

secret. I,. m -.u-ii. il- ne le communiquent que de vive voix, à lori-iili- lins laivs initiés, dont l'intelligence, le savoir et surtout la discrétion oflïent pleine sécurité; car, disaient-ils, la révélation de leur doctrine est redoutable. N'est-il pas raconté, en ellet, que sur quatre rabbins qui voulurent pénétrer « dans le jardin des délices 3, un seul sortit indemne, les autres ayant perdu, le premier la vie, le second la raison, le troisième la foi'.' C'est précisément à cet enseignement ésotérique que s'applique le nom de cabale, et c'est de lui qu'il s'agit dans cet article.

Sans doute l'Ancien Testament est muet sur l'existence d'un tel enseignement; mais, dès le iii« siècle avant .lésus-ChrisI et jusqu'à la fin du II» siècle de l'ère chrétienne, cost-.i-dire jusqu'à Juda le Saint, les Thannaïm le signalent; la ilischna précise qu'il avait en particulier pour objet l'explication approfondie de la Genèse et de la Mercaba. Philon atteste que, de son temps, certains juifs avaient un enseignement é.sotorique. Th. Reinach, op. cit., p. I2i. L'ésotérisme existe également sous les Seboraïra et les Gaonim, et c'est parmi ces docteurs qu'on est en droit de ranger les auteurs, les adeptes et les propagateurs de la cabale. Nul doute également qu'on n'en rencontre du w au xii« siècle, à cette époque où les grands théologiens juifs relèvent le niveau des études. L'Égyptien Saadia (f 945), les Espagnols Ibn Gabirol (t 1070), Juda Halévy (f 1146), Ibn Esra (f 1167) et Maimonide (f 1204) sont-ils réellement des cabalistes '? On ne saurait l'aflirmer sur preuves. Toujours est-il que, soit qu'ils se contentent de comnienter les tradi-

rinliiii; on en fait un principe d'émanation et on explique son action sur le monde au moyen des Sephirolh, dont on ne précise ni la nature, ni le rôle. L'iniluence panthéistique parait indéniable.

A son tour Nachmanide (f 1270) apporte à la cabale l'autorité de son nom et le prestige de sa science; il la légitime en quelque sorte auprès des juifs orthodoxes; car plus étroitement que personne il la rattache au texte sacré, dont il respecte le sens littéral. En réalité il transfigure la Bible par la théosophie; il traite des questions étrangères à la métaphysique, relatives à la chiromancie, à la physiognomonie, à l'astrologie, à la nécromancie, à la magie; c'est un ancêtre dont se réclameront volontiers les futurs partisans de la théurgie.

Les questions d'ordre pratique tendent de plus en plus à accaparer l'attention des cabalistes, au détriment de la philosophie. Éléasar de Worms leur accorde déjà une place prépondérante. Tout d'abord, il est vrai, il mêle de la manière la plus fantaisiste et la moins critique les grossiers anthropomorphismes du Schiiir Komali, les visions et l'angélologie des HéchaloLh, aux idées parfois élevées de Saadia. Mais, au sujet de l'En Soph et des Sephiroth, il abandonne l'explication donnée par l'école d'Isaac, pour lui substituer, en les exagérant, les procédés chers aux talmudistes et préconisés par Ibn Esra. La notaricon, la guématrie, le ziruf reparaissent et se prêtent aux combinaisons les plus capricieuses. Une imporl.ince capitale est attribuée à la forme, au nom. ;i I. ..ilmii uiiuH-rique des lettres de l'alphabet ainsi i\n m, -i.m - j,. la numération. Grâce à ces procédés et .< mi ,11 ^. i i-mn outré, le texte de la Bible se prête aux in.nl.iiiuns Ina plus inattendues. On

CABALE

(les mots avec les lettres de

1 coiiil.iine artificiellement le

divers noms de chiffres et les ilint de moyens 1 icliesse, le saiiN sur les éléiiUl. est devenu

rKspaiinol Aluilalia, la cali à la folie. Ce mystique eN ne craint pas d'appliquer à 11 représente Dieu sous la et entre ilans ih -; d.'lails I du culte |ili:illh|iir, l'Iii- I ciers il (■ludir l.i n.ilmr r\ par là un point de coulai tend même découvrir en e particulier celui de la Tri ll.n Ksra, Naclimanide et I

nom et créé le monde. Un, c'est l'esprit de Dieu, la sagesse éternelle, identique au verbe ou à la parole; Deiicc, c'est le souffle qui vient de l'esprit, l'air ou le signe matériel de la pensée et de la parole; 2'rois, c'est l'eau qui vient du souffle ou de l'air et qui, sous une forme épaissie, condensée, sert à former la terre, les ténèbres, les éléments grossiers du monde: Quatre, c'est le feu qui vient de la partie subtile el transparente de l'eau, et constitue le trône, les roues célestes ou globes d. r. >|jace. les séraphins et les anges, les palais de Dieu; '1 ./, s,.,-. Sept, Huit, Neuf, Dix représentent les |ii Ml I |i(.iuts cardinaux et les deux pôles.

I.i - \liigt-deux lettres, signes nécessaires pour l'expression de la pensée et de la parole, procèdent de l'esprit, auquel elles servent d'intermédiaire ou de canal pour se manifester. Elles se résolvent dans un élément mnti'rifl rt =r trouvi'vil à l.i limilc (|iii -.('iiari' le monde iiililliTiip 1 du ].• \,\i\~.i,n,r. Ijnr inr-

ipri

Dieu pour iM' rnii' |ilii~ i|MiiM ,n(

tion m\sli.|ni'. 1 in-pir, piM|.|i

Dieu, soni le ii'snll.il ilunc siinjil.

niétique. Pour mieux réussir, il i l'ascèse; il faut s'enfermer dans la monde, affranchir son esprit des s vêtu de blanc, recueillir son âme.

puissance intérieure sur un point, prononcer les lettres des noms d voulu, avec des modulations détei clinaisons de corps |iiV( i-- -, jn-ini troublé et le co'ui . mlnj-. K n |i|ii C'est à la fin .lu mm -i-.h' .|n, p„l,li:„„ I,. /„/„.,■, I, unu.-u.

I esprit soit p. 30i.

e Léon, en

ine idée exacte de la doctrine

lll.l'IMX,:

M MA DOCUMENTS. — 1» Le Seplier lezirah

qui onl [m

rJr 1, ,„,hl,r;Mni,, ,1,1 /„;„„■, le Seplwr

lezirah. M.i

1,.,,, , i:,Mj, ii,„l. I,,i,i,r ,1,' l'ostel, Paris,

1552; de l;ii

,i,^,M. Al, 1-1, r,!. ,1,1, llli-2. a droit à une men-

tion spéciale

, non seulement à cause de sa singularité.

mais surtout à cause de l'inlluence qu'il a exercée sur certaines conceptions de la cabale. C'est un petit traité sans titre, sans nom d'auteur, d'à peine trois ou quatre pages, rédigé en un hébreu mêlé do l, i,,,, - ,l,:,l,l;,i,|,i,-i. ov'i l'on chercherait vainement le muii,,li -■ i,i<,l ,■,,,],,, ml, au grec, au latin ou à l'arabe. D'oiiLin, ii,- ,,,,, i, ,ii,i .

mais difficile à préciser. Saadia I,- i, :,i l,)i ,i,i,i

l'un des plus anciens dociiments cl, l.-piM h ,,ii. il

est certainement antérieur au ix' m, , 1, . , n \L',li,,i,l. en 8-29. scinblo y faire allusion dan^ ,11,, l lliv ,, I ,,i,i>

car

,'to aucur

sL'Utencieuses et énig- ,'nologue, dans lequel

Il manière dont il a li à la croyance du vrai

résumé : Tout se ramène aux dix premiers lit est exprimé par la parole, c'est-à-dire par

pii,,l,'i,,|,- il I :,,il,,!,,ii,\ 1,1,', ri,i\,'r; dans le corps lMM,i,,iii, 1,- ii,,i^ |i,ii'[i,- : I., l,'l,', le cœur, l'estomac. Ih' 1,1, 'i,,,' I, - -,|,i ,i,>,,i>lrx ,1.-1^11, Mil les sept planètes ,1,1 r\,'\. li - .-i'|,| |,,,ii- ,|i' I,, -i'i,i,,]ii,i, les sept portes du ,iii'l,- 11, il- 1,,, !,■- il -i|,i ,li,,ilili - r,.,nt dix, nombre qui i,,|,|iilli li - ili-. iii.in- ,li' hiii, ,1 l,is dix Sephii-oth. De i,,.'i,ii' ,i,,iiii' 1,- , I. .,!/■■ M,,,/,/, 'S marquent les douze si^iji-!. du /,,,li.,i]ii', 1, - ,li,ii/,' iiiuis de l'année, les douze membres un ,,lh ]|,iii- ,lii cjrps. Dix et douze font vingtdeux, la suii,i I, I ni, I ,i, le résumé de tout. Mais que

l'on coni-i,l, I, I iiiii\i ,-. li- leinps ou l'homme, tout se rain,iii,i ;, I uni! ' i ! i.v l,,iir, l'univers, le temps et l'li,,i,in,, -il i li' i I iniii |,;ir excellence, à Dieu.

1,1,1, ■ |iiii,i li 'il Miiiii r ,li' 1,1s symboles? C'est ce «inil ,-1 .hlih ,li ,1, -liiiii, l.iiil I,, pensée du rédacteur ->• ,l,r,ili,' -iiii- li' Kiii^a^,' ,ni^njatique. Le rôle des Miiinlii,'- i',i|,|i,'ll,' ,|n,'l,|n,' 11,11 I,' pythagorisme; celui

,1,'- li'ili, s iiiii |,,'ii-i'i' .111 -\-l,' ilu gnostique Marcos,

doîil pii'li' -,iiiil Inii,','. mil- il t\'\ a là que de vagues anal, i, h- M lin, II- ,|,i,' 1 1 .m, k |,r,'lend que le Sepher

'1,'/M.ili ,,l hi III |i,mili, i-iii,', \1. Karppe affirme qu'il

nVn ,'.iiMii'iii i'i- L, iiiiiimh,.' Iiacc. Op. fi*., p. 162.

■J /.. /i'',,,, ',,, //, /, ,/,' la lumière. — Le Zoliar ou l.ir, r ,ir 1,1 /,,,,,,< , , . III r,,l,. Crémone, 1558; in-4», Mantoii,', I ,V)S- 1 .',1 ,1 1 l,'iliiii,ii d'Amsterdam reproduit celle de Mantoue avec sa pagination; c'est celle que nous citerons ici), est le code de la cabale, la bible des cabalistes. Le mot Zohar parait pour la première fois à la fin du xiii'- siècle et sert à désigner une collection de IVaLin. ni- ,1 liiiiii. II"-. ,1,' dialogues, de dissertations, ,,ii--i ,li--i niM.Mili - ,li liiiiil que de forme, qui accusent ,1, - i ],i„|iii- .1 ,1, s I, ,laclious différentes, d'où l'impos- -iliiliii il,' I allribuer, dans son entier, à Simon ben .1," liiii, l'auteur de deux morceaux connus sous le nom ,i,' l'.r.iiiili' et Petite assemblée. Simon vivait, en effet, an II sii'i-le. et le Zohar contient un grand nombre ,1 ,,1Imsi,,îi- à il, s fiiis p.isi.'.ri.'urs. Son éditeur respon- -;il,l,' l'si \l,,i-,' ,1,' I,, ,111, Ci'lni li s'est-il contenté de l'ail',' ii'iiM,' ,1,' ,',,iii|iil,iliMii', ,,ii l,ien, à côté ]de fragiiii'iii il'i.i ■■■i^'.iiM-, a-i-il m-i l'i' ,1,'- m, ii'r, 'aux entiers ili' i i i|' ' i"ii. '1 li'-,|ii,'l- ' 1. ,1 il ,,,'luel de nos

c ..il.'- I i"im,'l |,.,-,l,' h ., 11, Imt ,', 'S questions.

., I.iil a la fois œuvre

Miiisi-

(le coiupUalfur el a auteur.

Quoi qu'il en soit, le Zohar est le point d'aboutissement de la littérature cabalistique et comme le précipité d'idées et de doctrines éparses, incohérentes, hétérogènes et hétérodoxes, depuis longtemps en circulation parmi certains docteurs juifs. Il se donne pour la science par excellence qui, dans le texte de la Bible et

CABALE

L'i-Ace I fond.

lliiide sans consistance, incapable d'être

itro qnplronqno. pnr suite d'iHrp repn'senli'

livus uu non. Au yii: du capric ciation des idées, il mêle, dans lilr, (( dos jeux d'iiomophonii

soi, n'entre dans aucun nom. Le moins imparfait des termes qu'on puisse employer, c'est le Sans fin, l'Indéfini ou En Sopli, c'rst-à-diro relui qui n'a pas de

.^;ouie, di.

ios à l'astr ciur ordinair slilions loucli inancie, la |i uabl.'s de lli;

phjsiqu

d'élhiquc, il des don l'astrologie, à l'alchimie.

e, à des jeux .1 n'ont dans nos I > ■xpression... Là m

; Pl ail = =;i Ir« rl.ir

manileslalion

de Dieu, 11, p. 12 0'; car pour exprimer

Dieu avant sa

manifestation on n'a pas et, en réalité, on

ne peut pas

voir de terme : il est l'inexprimable, le

iii\-^lires, 1 inconnu des inconnus, m,

- iil lei'me qui lui conviendrait serait

1 'III ' II, p. 105.

\:,ii .1, ,1

lu- M se manifeste, il devient accessible.

■ <'iiii.ii ' .<i 1

il 1- Ml .h.' imé; et le nom qu'on lui

'l'IMI" - i|i]<ll

ii. ,1 ,li,H|iP> Mi.inifeslalion ou extériori-

1 11' 1, 1 II ^npli, le .Ayin, se manifeste,

,,,' |,' 'jJ.s ',

Cil, M ,[< ,' II. - , ,, 1., (■ ..,1,,-. 1 1

soin el vendues au même prix, ou mm ni' 1- |" i l< l.^ plus pures ont souvent les écrins les [ilu i ■ i- i ri

où, malheureusement, plus souveni r i . il. , i .^

d"or ne contiennent que poussière et ceiuli.-.?. ■■ Iv.iippe, np. cit., p. :3i!)-3:i(l.

Ce document éliange comprend : le Zobar propre-

.S-,7V,( Lh-.„u:la. 1.1 i:i;,H.I.' ,issr„il>tr,: Lira liabba, el la l'clilf iisst'inbli'C, Idra /iilii : c'est un groupe nellcmcnl anllLioiioiiior|ilii(|iie. où le leime Kn Sopli ne

/vOJiXî/f; enSIlilr le Ml/sh'j,: <lrs ,,i;;s/ 1. /■ , s

qui reproduisuiil ce i|u'uii liou\e d.in.^ Ii .- IJ, . !,,il,.,! ii du lemps des Gaonini : le Pasicur fidèle, qui interprète la partie législative du Pentateuque, imite la manière d'Esra et de Nachmanide, dégage un sens mystique de chaque précepte de la Bible et même de chaque prescription du Talmud; puis l.cs Diijsli-ri-s di- lu Thora, qui, avec les ilaliulin et le Tosefla, s'appliquent particulièrement à la question des Hephiroth et rendent sensible la doctrine de l'émanation par des comparaisons empruntées en général au rayonnement de la lumière; enfin le Midrasch occulte, dont l'allégorisme rappelle celui de Philon.

IV. Doctrine. — Dans l'examen de la cabale, et, en particulier du Zobar, nous laissons de côté tout ce qui touche à la physique, à la physiognomonie, à la chiromancie, à l'astrologie, à l'alchimie, à la magie, à la sorcellerie, etc., c'est-à-dire à tout ce qui a servi d'aliment aux illuminés, aux théosophes et aux théurges, [lour ne nous en tenir qu'à ce qui ofl're un intérêt plus 1 élevé et peut être regardé comme faisant partie d'un -}-lème religieux ou philosophique, sans toutefois nous llaller de trouver l'unité dans ce dédale d'éléments hétéroclites ou de concilier entres elles certaines idées juxlaposées mais irréductibles.

I» Dieu; les Se2Mrol>i. — Dieu peut être considéré en soi ou dans .sa manifestation. En soi, avant toute manifestation. Dieu est un être indéfini, vague, invisible, inaccessible, sans attribution précise, semblable à une mer sans rivages, il, p. 4-2 a, 43 a, à un abime sans

eonslilue un mode spécial de revelalion ou de nolnie.ilion de l'Kn Soph et permet de le nommer. Ces noms ne sont autres que ceux dont se sert la Bible pour désigner Hien. Ainsi KIninh. je suis, correspond à la

Couroi , Ke/e/- i:i,>i,(i, ,1 II s,i, -,'.le tétragramme à

rinlelliLi lie,- , I ,, I., 1,1 ,,., //,/,,,, ,, la .Justice, 5<-/iat/-

dai, Kl. .-le.. .,.r, .iilir- -, ,1 Ik

terminé au ceiin . i. il. I,i imi- -.me. ,i I n i- ' I n ,1 .mii , termes, comuniii ,lr\eiii-il il m, ni .--il. I' i, . . -ill..

d'inconnaissable Cuuu.llss.iljle .' Lsl-ee eu ieitu il une

loi inhérente à sa nature, d'une nécessité intrinsèque ou d'une détermination libre? Le Zohar attribue les manifest;ilioiis de Pieu à une concentr,ilion de luimême, à une ( ..iel. ii-.ili.n .1.' -.m .li.., il .mire part,

il enseigne .■in-i I .'i. n. Lui .n ,i\,iiii -ein de la

placer sous la il. p. ml m. ■ .l. i \ .iLnl. . I .lui- le temps. Mais que ce .^ull p.u mu euiiei nlnlioii uu par une émanation volont;iire, comment Dieu, qui n'est pas, peut-il vouloir? Et d'où vient alors à ce non-être le pouvoir de se concentrer ou de se développer? Cette double question est sans réponse. Dieu donc se concentre. Il se concentre d'abord dans un point, i, p. 2, la Couronne ou Diadème, le plus haut degré de la concentration divine et comme le premier pas du processus divin vers sa réalisation ou manifestation extérieure. Dans ce point, l'En Soph cesse d'être l'indéterminé, le Ayin cesse d'être le non-être; on a dès lors quelque chose de plus positif ou, mieux, il m. .in- n.'i^alif, car la Couronne se distingue à [» n .1 l I n S. .pli, h, p. 42 6,- m, p. 258 6, et est pm in.ii.ii ,. . .■ ipii suit presque aussi inaccessible qu.' I I n >.'[']: hii-inéme. Le Zohar l'appelle un point initial, un point pur, la lettre iod, 1, p. 16 b, l'air primordial qui s'étend en tous sens, ibid., la source première d'où sortent toutes les eaux, ii, p. 42 b, la lumière primordiale qui envoie partout des rayons, m, p. 288 a, la couleur blanche qui renferme toutes les autres couleurs : autant d'expressions, empruntées à divers systèmes; c'est ce que l'on pourrait désigner, semble-t-il, par le terme philosophique de substance première. Or ce point initial devient un centre; ce foyer de lumière rayonne comme un llambeau en cercles concentriques, au nombre de neuf. Le premier cercle limite et enveloppe le point central et sert de noyau au second cercle; celui-ci limite et enveloppe le premier en même temps qu'il sert de centre au troi-

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