CANTACUZÈNE
trice Anne de Savoie, mère de Jean, Tliéodore et Manuel Paléologue ; mais accusé par le grand-amiral Apocauque et le patriarche Jean Calécas (iaS4-1347). il dut quitter la cour; s'étant alors révolté, il se fit couronner empereur en Tlirace, à Dimotice, en Irlil, par Lazare, patriarche de Jérusalem, et pendant cinq ans soutint une guerre contre la régente et son fils Jean. Enfln, grâce à l'alliance des Turcs, il s'empara de Constantinople, en janvier 1347, se réconcilia avec Jean Paléologue, lui fit épouser sa fille Hélène, fut de nouveau couronné empereur (mai 1347) et gouverna désormais l'Orient de concert avec son gendre.
Par la sagesse de son administration et] l'élévation de son caractère, il semble avoir vraiment mérité d'être compté parmi les hommes d'État les plus capables de cet empire byzantin déjà si divisé et si décadent : il en augmenta le trésor, fit des conquêtes sur les Serbes, s'interposa en faveur des clirétiens de Syrie auprès du sultan d'Egypte qui leur permit le pèlerinage de Jérusalem, négocia avec le pape en vue d'une croisade contre les Turcs, mais il échoua, sans doute à cause de son zèle pour l'hérésie des palamites ou hésychastes. D'ailleurs il eut de nouveau à combattre contre son gendre et collègue Jean Paléologue. et appela à son aide les Turcs dont il avait marié le clid (iikli:iii iivec sa propre fille Théodora. Paléologur. ivinV :i\, r -a mère à Salonique,
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fin de dé-
cembre 1354. Alors fatiguu de ces luttes et de ces discordes, sans attendre les secours que son fils Mathieu avait été lui chercher en Thrace, Cantacuzène abdiqua. Il se fit moine au couvent de Saint-Georges de Mangane à Constantinople,135ô, sous le nom de Joseph, ou Joasaph Christodule (serviteflr du Christ), tandis que sa femme, l'impératrice Irène, entrait sous le nom d'Eugénie au couvent do S.iinle-Mnrthf. Leur fils Mathieu s'était fait couronni-r rii]|Miviir ;, Siinl.-Sùpliie et continuait la guerre conlic r.il. oImliii.. m-ii^ ilii l'ond de son monastère, son père lui pfrsu:i(la d alMliquer à son tour, ce qu'il fit pour devenir désormais le meilleur ami 'de l'empereur. Jean Cantacuzène resta lui-même son conseiller le plus influent; il vivait encore en 137.Ô, comme l'indique une lettre du pape rir/pnirr XI où il est dit que Jean reconnaît la priiiKini- .1.- i lil'rs romains. Il consacra les
loisirs de sa ir h iii< a , poser de nombreux écrits,
dont plusieurs uni ^ !.■ /dil. ?.
■l\Histonanim libri quatuor. — C'est une histoire de l'empire byzantin depuis 1320 à 1357; pleine d'éloquentes harangues, elle est surtout une longue apologie des actions de l'auteur, et on peut lui opposer le témoignage souvent contraire d'un contemporain, son adversaire en matière religieuse, Nicéphore Grégoras, dans son Histoire hijzanline. L'ex-empereur y raconte en détail la queri'lli- UHaal(i;,ii|nr il..-~ palaunlrs qui divisait alors le ck'ri;''-nv \"oii r,.l. 'ii 17- lus. ri lli ~\c.iiastes. Un synode réuni a s,,,|||,.^,,|,j||,. ,(,, Ciii-iaiitiiiople en 1341 sous Andruuic 111, appioma l'jlaui.iï et condamna son adversaire, Barlaaiii; un deuxième synode blâma les nouvelles attaques de Barlaam; mais dans un troisième, en 1347, le patriarche Jean Calécas d'Apri condamna les palamites. Le nouvel empereur Cantacuzène, qui était leur partisan, fit déposer le patriarche et nommer à sa place Isidore, ami de Palamas. Ce dernier fut lui-même promu archevêque de Thessalonique. Tous deux furent d'ailleurs déposés la même année dans un quatrième synode tenu à Constantinople par les évêques orthodoxes. Pourtant, grâce à l'empereur, Isidore resta patriarche, et son successeur Calliste, favorable aux palamites, condamna leurs adversaires dans un cinquième synode; en sa qualité d'empereur et de théologien, Cantacuzène présida ce concile de l'Église grecque qui proclama comme article de foi la lumière incréée du Thabor, 1351.
Le manuscrit des Histoires fut trouvé par Jacques Pontanus dans la bibliothèque de Bavière, tradmt pai- lui en latin et annoté ;
il fut édité par Gretser en latin seul, in-fol., Ingolstadt, 1603. Le texte grec avec la traduction latine fut publié ensuite d'après un manuscrit du chancelier Séguier, 3 in-fol., Paris, 1645, dans la Collection byzantine : puis en 1729 dans le Corpus script, byzaiitinorum, Venise, t. xui; enfin P. G., t. clui, cliv, col. 9-370; une traduction française fut faite par le président Cousin : Histoire de Constu»tiuople, t. vu.
S" Pro christiana religione contra sectam mahometicam apologix quatuor. — Cet ouvrage fut composé pour Achéménide, homme noble et riche de ses amis, qui autrefois mahométan, puis converti au christianisme, était devenu, comme l'empereur, moine, sous le nom de Meletius. Un Perse musulman d'Ispahan, Sampsatés, l'avait sollicité de revenir à sa religion primitive. Pour fortifier Achéménide contre ces sollicitations et pour l'instruire de sa nouvelle religion, l'ex-empereur composa ces quatre apologies. Il veut y prouver que l'hérésie des Sarrasins n'est d'accord ni avec la vérité ni avec elle-même. S'il démontre la divinité du christianisme par le témoignage de Moïse, des prophètes et de l'Évangile, c'est que ces témoignages sont reçus comme sacrés par les Sarrasins eux-mêmes. Or, ils peuvent être dirigés également contre les Juifs, qui ont bien des points communs avec les mahométans : gouvernement, polygamie, circoncision, divorce, etc. Cantacuzène voitj même dans la loi de Mahomet une corruption du ju-j daïsme. La première apologie montre que le Christ est^ Fils de Dieu, Dieu vrai et parfait, et qu'étant Dieu, il se fit homme. La deuxième expose comment le Fils, Verbe de Dieu, Dieu lui-même devenu homme pour le salut des hommes, subit la mort de la croix, ressuscita et monta au ciel. Ce ne fut pas comme Dieu, mais comme homme qu'il souffrit ; il jugera le monde entier. La troisième raconte qu'après l'ascension du Seigneur, les apôtres ont évangélisé toute la terre, et prouvé leur foi par des miracles. Il y est aussi question de la Vierge mère de Dieu, du jugement du Christ, de la croix, des images. La quatrième dévoile le perfide enseignement de Mahomet, prouve que la Loi et l'Ancien Testament n'ont pas été supprimés par le Christ, et que l'Évangile a complété la Loi.
3» Contra Mahometen oraliones quatuor. — Le premier discours explique comment Mahomet, dans ses accès d'épilepsie, prétendit avoir été visité par l'archange Gabriel, et écrivit le Coran; il y reconnut la sainteté des livres de Moïse, des Psaumes, des Prophètes et surtout de l'Évangile, et adopta l'hérésie des nestoriens. Il a promulgué sa loi non par des miracles, mais par le glaive; il interdit toute discussion avec les chrétiens. D'après le deuxième discours, Mahomet ne reconnaît pas pour ses disciples les hommes qui n'accomplissent pas les prescriptions des livres sacrés. Il divise ses sectateurs en 73 catégories, dont une seule sera sauvée; Cantacuzène expose quelques-unes des doctrines de Mahomet. Le troisième discours réfute Mahomet, qui niait la 'possibilité de l'incarnation du Fils de Dieu. Selon lui le Christ est le Verbe, l'âme, l'esprit de Dieu, mais non son Fils incarné; c'est, comme l'a prétendu Nestorius, un pur homme, meilleur seulement que les autres; ce n'est pas lui. mais un Christ supposé, qui a été crucifié; il est monté au ciel et à la fin du monde, il tuera l'Antéchrist, puis mourra à son tour. Le quatrième discours expose d'autres doctrines de Mahomet. De ce qu'il a avoué que Dieu seul peut interpréter le Coran, Cantacuzène conclut que ce livre n'a aucune utilité.
Ces Apologix et ces Orationes ont été publiées en latin par Rodolphe Gaultier, sous ce titre : Asserlio contra fidem mohammeticam, in-fol., Bâle, 1543. Le texte grec est dans P. G., t. cliv, col. 371-692.
4» Tomus contra Barlaam et Acyndinum, auctore Christodulo monacho. — Cet ouvrage de Cantacuzène en faveur des palamites fut inconnu de Fabricius et publié