S. AUTORE
CANTIQUE DES CANTIQUES (hébreu : Sh- haS- Sirhu ; Septante : 'X(j\i.3. i.(7\i.i-M'i ; Vulgate : Canticum canticoruiu), un des livres de l'Ancien Testament. Cette forme hébraïque de superlatif signifie « Cantique par excellence ». Cf., pour locutions similaires, Ps. XLix, 1; Ps. cxxxv, 3; I Tim., vi, 15. — I. Unité. II. Authenticité. III. Division. IV. Interprétation. V. Objet.
I. Unité. — Pour Richard Simon, Histoire crilique du Vieux Testament, 1685, 1. I, c. iv, p. 30, le litre signifierait « Livre de cantiques », ce qui supposerait que le Cantique n'est qu'un recueil de morceaux détachés, et mis en ordre, comme les Psaumes et les Proverbes. Cette opinion a été soutenue par Ilerder, Paulus, Eichhorn, Wellhausen et Reuss. Ce dernier, La Bible, Poésie lyrique, le Cantique, Paris, 1879, p. 51, déclare que le Cantique « est un recueil de petits poèmes lyriques », qui se « compose d'un certain nombre de morceaux détachés ». — Quoique le livre présente une assez grande variété de forme et de strophique, il est cependant marqué du sceau de l'unité. Les principales raisons en faveur de cette unité sont les suivantes : 1° Les mêmes personnages sont en scène dans tout le
DICT. DE THÉOL. CATHOL
Cantique : un époux qui est roi de Jérusalem, Cant., I, 3 (héb.); m, 7, 11; viii, 11; une jeune épouse, qui est vierge, et qui a sa mère, ses frères, sa vigne, Cant., i, 5; II, 15; m, 4; vi, 8; viil, 2, 8, 12, 13, et qui est l'objet de l'amour de l'époux, Cant., ii, 6, 16; m, 4; vi, 2, 8; VII, 10; un groupe de jeunes filles de Jérusalem. Cant., I, 4; ii, 7; m, 5; v, 8, 16; Vlll, 4. - 2» Les mêmes locutions caractéristiques se retrouvent partout : l'époux est comparé à un faon de biche, Cant., Il, 6, 17; VIII, 14; il habite au milieu des lis, Cant., il, 16; iv, 5; VI, 2; les filles de Jérusalem sont adjurées dans les mêmes termes, Cant., il, 7; m, 5; viii, 4; l'épouse est appelée la plus belle de toutes les femmes, Cant., I, 8 (héb.); v, 9; vi, 1 (Vulgate. v, 17); les formes interrogatives sont identiques, Cant., m, 6; vi, 9; viii, 5; le relatif apocope Se (w) est seul employé dans le poème.
II. Authenticité. — Elle a éti- nier par qncbincs auteurs; ainsi lln-cniiiiillci-, N. /(-/.. r .,, /.,,;,,... s/, .i ./ Canticum, L'-i|i/i^. |s:;ii, p. -::.:• i i. i ■, n. / - . --/
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titre est conliruié par celle donme que S.lIouiom (■tait poète. III Reg., v, 12. — 2» Par les particularités caractéristiques du livre : 1. Salomon y est nommé cinq fois, I, 4; m, 7, 9, il; viii, 11 (héb.), et deux fois avec le litre de roi, m, 9, 11. Il y est question d'un roi, l, 3, 11 ; VII, 5, et de reine, vi, 7, 8. — 2. L'auteur a dû vivre avant le schisme pour parler comme il le fait de certaines localités, Jérusalem, Thersa, Cant., vi, 4 (héb.), Galaad, le Carmel, le Liban, l'Hermon; on voit que ces localités font partie d'un même royaume, ce qui ne fut plus vrai ipiés Salomon. — 3. Le bien-aimé est comparé à un couri. I (le la ravalerie du pharaon, Cant., i, 8; cela se com- |nvnil il. 111^ la houche de Salomon, fortement épris de la eavalei-iii i ;;yptienne; cf. III Reg., x, 28. — 4. L'auteur a de vastes connaissances en histoire naturelle ce qui convient fort bien à Salomon; cf. III Reg., iv, 33. — 5. Enfin l'auteur décrit avec tant d'exactitude les choses de l'époque salomonienne, qu'il est difficile de supposer qu'il n'en soit pas le contemporain. Cf. De Wette, Einleitung, 7" édit., p. 372; Frz. Delitzsch, Hohes Lied, in-8°, Leipzig, 1875, p. 12. — 3» Par la tradition chrétienne. Cf. S. Ambroise, Com. in Cant., l,i, P. L., t. xv, col. 1853; S. Jérôme, Epist., lui, ad Paid., P. L.,t. xxii, col. 547; Théodoret, In Cant., P. G., t. Lxxxi, col. 30; S. Grégoire de Nysse, In Cant., i, \, P. G., t. xuv, col. 765.
//. RÈPOSSES AUX OBJECTIONS. — Les adversaires de l'authenticité salomonienne objectent : 1» Les aramaïsmes que contient l'ouvrage; on en cite six : berot, Cant., I, 17; kifê^, ii, 8; kûtél, ii, 9; setâv, ii, 11; tinêf, V, 3; lâki pour làk, ii, 13. Mais cette objection n'est pas solide, car, comme Israël a eu beaucoup de relations avec les peuples voisins du temps de Salomon, il a pu leur emprunter quelques mots. — 2" D'autres expressions telles que : pardês, Cant., iv, 13, identique au zend pairidaeza, « jardin fermé; » 'appiryôn, Cant., m, 9, identique à l'indien paryang, devenu en grec çopeïov, « litière. » Mais Salomon, qui avait eu beaucoup de relations avec les peuples étrangers, a pu leur emprunter quelques usages, et par conséquent les mots pour les désigner. — 3° Certains usages grecs : l'usage. II. - 53