‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 702 sur 741 · C. Toussaint · texte numérisé non relu

C. Toussaint

CHATZINZARIENS ou CHAZINZARIENS, hérétiques arméniens du vu» siècle, ainsi dénommés, dit NicéphoreCalliste, H.E.,\. XVIII, c. liv, P. G., t. CXLVII, col. 441 sq., du mot arménien Chatch, Xitijou;, qui signifie ccoia;. On les appelle également stavroldtres, parce que, de toutes les images, ils n'auraient adoré et vénéré que la croix; ils seraient donc une secte d'iconoclastes. Le méine historien grec prétend que, à la différence de leurs compatriotes, ils reconnaissaient deux natures en Jésus-Christ comme les orthodoxes, mais qu'ils s'écartaient de ces derniers en ce qu'ils semblaient affirmer deux personnes en Notre-Seigneur, dont l'une aurait souffert sur la croix au moment de la passion, tandis que l'autre se tenait à l'écart et contemplait ses souffrances. Ils prétendaient tenir cette impiétide saint Grégoire l'Illuminateur, l'apôtre de l'Arménie, alors qu'ils en seraient réellement redevables à un certain Sergius. Nicéphore Calliste leur reproche encore d'autres particularités liturgiques, à propos desquelles sa haine native de grec l'a certainement induit en erreur, comme l'usage exclusif du pain azyme à la messe, le non-mélange de l'eau avec le vin et surtout le fameux ipTÏiêoJpiov, ou aratchavorat:, jeune hebdomadaire qui s'observe une- semaine avant l'ouverture du grand carême, en mémoire du jeûne des Ninivites. Voir AR.MÉNIE, t. I, col. 1963. A ce propos, Nicéphore Calliste raconte une légende qui a cours chez les Grecs pour expliquer l'institution de ce jeune et qui n'a d'autre but que de jeter le ridicule et le discrédit sur une pratique parfaitement admissible.

S. Vailiié.'

CHAURAND Honoré, né àValensole (Basses-Alpes i, le 16 février 1615, entra dans la Compagnie de Jésus ie 29 septembre 1636. Il exerça, durant cinquante ans, un apostolat très fructueux dans plus de quatre-vingt-dix diocèses. Infatigable aux travaux du ministère sacré, son zèle lui fît encore entreprendre une longue et difficile campagne contre la mendicité. Grâce aux largesses des populations remuées par ses prédications, et avec l'appui de l'autorité royale, il ne fonda pas moins de cent vingt-six maisons de charité, où les vagabonds étaient renfermés, instruits et habitués au travail, et d'où les autres pauvres recevaient des secours à domicile. Les heureux effets de ces établissements pour la suppression de la mendicité et pour l'assistance rationnelle, et le rare talent

CHAURAXD — CHEFFONTAINES

<|iie montrait le P. Cliaurand à les organiser, faisaient quo les évêques et les gouverneurs et intendants de provinces recherchaient à l'envi ses services. Le pape Innocent XII lui-même l'appela à Rome, alin d'établir un hospice de ce genre dans le palais de Latran, et il If reçut plus de cinquante fois en audience pour s'entretenir avec lui de ce sujet. L'organisation de cette ouvre par le P. Chaurand à Avignon et dans le Comtat- Venaissin a été racontée en détail par le P. deCamaret, <lans Ptochotrophiorum in Avenionensi urbe toloque Venascino coniilatu excell. D. abbatis Nicolini, Aven, pfolcgati, cura institutonim brevis narratio lalina, Avignon, 1684; traduit en français et publié par le P. Carayon, dans ses Din'i'iin'iilx ii>,',liis sur la Compagnie de Jésus, Paris, ISTi Issc. i wiii, p. 309-439; cf. M. Chossat, S. J., J.i's /.^. - , . r Arojnon, Avignon, 1896, p. 462-470. Le P. llonui. Ch.iui.ind mourut, chargé <l"ans et de mérites, dans la maison du noviciat d'Avignon, le 18 novembre 1697. En dehors de quelques extraits de ses discours de mission relatifs au protestantisme, qui ont été recueillis et publiés par des auditeurs, sous le titre de Passages de controverse, il n'a paru sous le nom du P. Chaurand que de petits ouvrages qu'il distribuait dans ses missions, tels que : Avis trèsiniportans pour les confesseurs et pour les pénilens, touchant le sacrement de pénitence, in-16; Accusation correcte du vrai pénitent, où l'on enseigne la manière gu'ilfaut éviter, et celle qu'il faut suivre en déclarant ses péchés au sacrement de la confession, réimprimé, in-12, Troyes, 1724; Epinal. .\jouter : Copie d'une lettre <lu P. Honoré Chaurand de la Compagnie de Jésus, écrite de Venues (Vannes, Morbihan), le premier jour de février de l'an lOS'i, au R. Père Galien de la même Compagnie, provincial en la province de Lyon, touchant la maison des retraites establies à Venues, publiée dans les Documents du P. Carayon, t. xxiii.

De Backer-Sommervogel, Bibliothèque de la C" de Jésus, t. II, col. H01-H02; Annales du collège royal Bourbon d'Aix, publiées par l'abbé E. Jléchin, Marseille, 1890-1893, t. n, p. 123- 127; Ch. Joret, Le P. Gueuarre et les bureaux de charité au Ai-H- siècle, Toulouse, 1889 (le P. Guevarre fut l'élève et l'auxiliaire du P. Chaurand).

.1. Brlcker.

CHAVASSE Balthasar, théologien moraliste et polémiste, né en 1551 aux Échelles (Savoie), entra dans la Compagnie de Jésus en 1580. A peine âgé de vingt et un ans, il enseigna la philosophie à l'université de Pontà-Mousson, puis, de 1595 à 1600, la théologie morale. Dans la vue, parait-il, de publier plus facilement un ouvrage Des caractères de la vraie religion, il demanda et obtint, peu après 1603, de passer parmi les jésuites de Bavière. Il employa le reste de ses années principalement à Porrentruy (Suisse), dans le ministère de la prédication et la composition des œuvres de controverse. Il mourut dans cette ville le 20 septembre 1634. On a de lui : De notis certissimis verœ religionis libri qualuor, in quibus quoad easdem tam Mahumetani, quam Europxi novatores in comparationem cum catholicis adducuntur, in-4», Ingolstadt, 1611 ; Professio verse et ortltodoxse fidei, additis commentariis in qtàbus plana accurataque ejusdem profertur ratio, et evangelicis respondetur illam impugnantibus, in-4», Ingolstadt, 1613; Antidote de la confession de foy des J^glises prétendues réformées de France, in-12, Lyon, 1616; De vera perfectaque prudentiaseudeperfecto virtutumusu, 2 in-S», Ingolstadt, 1620.

Sotwel, Bibliotheca scriptorum Soc. Jesu, p. 99 ; L'université de Pont-ii-Mousso», histoire extraite des manuscrits du P. Nie. Abrara, publiée par le P. Carayon, Paris, 1870, p. 159, 331-333; De Backer et Sommervogel, Bibliothèque de la C" de Jésu3, t. II, col. 1105-1106; Hurler, Nomenclator, t. i, p. 283.

H. DlTOUQUET.

CHAVES (Thomas de), dominicain espagnol. Ht profession à Salamanque, le 2 février 1524. Il fréquenta les

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Venise.

Quétif-Echai-d, Scriptores

leçons de François de Victoria, puis professa la théologie à Salamanque. Il se montra toujours très fidèle disciple de Viclnrin. .t rnnm-nt ,'i SalniM.rHiiio vers 1565. On a de .lui ■- ,,■ .- .,,,,,/, / i.siaie.c

doctrinaR. P. 1 I ■ \ ^ ' - pried'i-

caloruni primai n .,■/',. cj;. ,i/,w,/ s.r 'n.n.iicenses, avant 1546. Cet ouvrage fui revu el approuvé par Victoria lui-même. Chaves en publia une autre édition augindique : accesserunt multee •.■rr-!-.,)-in; ilt'cretis prseser- ■Ifxiderabantur, I I I , in-12, Venise, :.n; i.-.'i'i, icki; Tours, 1629; ■>75.; in-8", 1580.

dinis priedicatorum, t. ii, p. 192.

R. COULON

CHEFFONTAINES (Christophe de), en breton Pen-

fentenyou, en latin a Capitc fontium, était le second (ils de Jean de Penfenlenyou, seigneur de Kaermoruz et autres lieux, et d'Ainetle de Costquid, dame de Kaervegnes, qui habitaient près de Saint-Pol-de-Léon. Jeune encore, il entra chez les frères mineurs de l'observance, au couvent de Cuburien près Morlaix. Une fois promu au sacerdoce, il devint bien vite prédicateur célèbre, et dans la dédicace.d'un de ses livres, il rappelle le carême qu'il prêchait en 1571 à Saint-Eustache à Paris. La prédication à cette époque devenait comme nécessairement une occasion de controverse avec les protestants. Pour les combattre, le p. Christophe ne reculait pas devant les nouveautés et même les témérités, et l'on dit que dès lors sa doctrine avait paru suspecte. Néanmoins, après avoir rempli diverses charges dans sa province religieuse de Bretagne, il fut élu ministre général de son ordre par le chapitre réuni à Rome en 1571. Suivant la bulle Pastoralis officii publiée cette même année par saint Pie V, il gouverna pendant huit ans, consacrés en grande partie à la visite des couvents de son ordre en différents pays. Il semblerait que sa nationalité lui aurait attiré quelques difficultés dans son administration; on raconte qu'il aurait voulu convoquer le chapitre général à Paris, mais que par crainte de voir uu autre Français lui succéder, on lit en sorte que la réunion eut lieu à Rome. Dès avant l'expiration de sa charge, il était question de l'élever à l'épiscopat, ce qui arriva en 1578. Cheffontaines fut créé archevêque de Césarée et donné pour auxiliaire au cardinal de Pellevé, archevêque de Sens. Comme on le verra par la liste de ses ouvrages, l'évêque de Césarée continuait à écrire; on rapporte que pendant de longues années, il passait chaque jour onze heures au travail; mais la nouveauté de ses opinions le fit appeler à Rome en 1586, pour y demeurer à la disposition du Saint- Office. Trois de ses livres furent alors absolument condamnés et les autres interdits donec expurgentur. C'est de là sans doute que provient l'obscurité qui entoure ses dernières années. Cheffontaines [mourut à Rome, le 26 mai 1595, âgé de 63 ans, au couvent de Saint-Pierre in Monlorio, où aucun monument ne conserve sa mémoire.

Il semblerait que les bibliographes aient embrouillé à dessein l'indication des ouvrages du P. Christophe. On trouve dans ses écrits des qualités peu communes, la facilité du style jointe à l'érudition et une vigueur d'argumentation appuyée sur une science profonde ; malheureusement il tomba ou du moins côtoya de trop près l'erreur en voulant la combattre. La plupart de ses livres, rédigés en français, furent traduits par lui-même en latin : Ghrestienne confutation du poinct d'honneur sur lequel la noblesse fonde aujourd'huy ses querelles et mononiachies, déduicte en un traité de quatre chapitres et outre ce en trois dialogues ensuivants, in-8», Paris, 1568, 1571, 1579, 1586; en latin : Confutatio puncii queni vacant honoris..., in-8», Cologne, 1585;

CHEFFOXTAINES — CHEMNITZ

Deffence de la foi de nos ancestres, contenant quinze cltapilres où sont déclarez les stratagimies et ruses des hérétiques de nostre temps, inS", Paris, 1570; en latin : Fidei majorum nostrorum dpfensio qua hœreticorum sœculi nostri astus et stratagemniata delegunlur, in-S", Anvers, 1575; V.iii~r, I.'SI ; Deffence de la foi de mis ancestres oii hi /.,.v,,,,, ,.,//a du corps de N.-S. est prouvée par pin. J. ■.:.'/ >■<••.. ,,is, in-8", Paris, 1571, 1586; en latin : Defi-nsn^nis /i,l,', majorum nostrorum liber 11, in quo verilas corporis Christi in eucharistix sacramento plusquam 350 rationibus demonstratur et probalur, in-8», Rome. 1576. Ce volume ne contient la traduction que de \:i pv.iviii'vf- ncUr,,-, : ]■■■ li-r, ,'tnit tlivisé en dix actions ,-\ l'nilinr |.i-.iiih M n; n pour plus tard: elle parut .1 idlM^jnc l'ii l'iS" ni,, n- un

titre presque idciili^pic : i(iiitrl',ii> nii. h mIih ij,.ii ne donne qui' liuil i.ilinu- /),/,,,..,. pi/jirlit:rvirgi)iitalis B. V. Mt!,i,i ,1, s. ]n-.,i>ln ,;i(.v ,vpo??si, in-8», Lyon,

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iiyi forma consa-ip-

'i'irqii-ntaris.\n\eTS,

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u-,1-' (lins ce livre;

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1 ,i,,i f,'iilr pour vider

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tus, sire jtrifiniyitalnr liOn /lerpcttui

1575. dans lequel il explique pour(|

l'opinion commune en expliquant

l'Écriture, dans la Defciisin vir,

certaines expression- ilijiii il .i f.iit

Héponse familière " imr ,'j<!i ,;■ , mi

et le mérite des bainn/s m wn /</.s jw

une couverture d'acciiid furl auée f,

tous les différents et coiitroverses

chrétiens touchant les dites matiii-

en latin : De libero arbitrio et mmti^ /"./,.,,,,,,, opc-

rum assertio failinlii-n. iii-S-. Aii\r]-. l.'.T.'., ll<nrie

1576; Comp.'n.ll,,,,. /.,. r:!,.,, ..,-„, n ir.,,, , .»»,

et religiosai 11,11 siih emm,: , m-n tirrnlnn,! ,irr ,iuii et aliorum fralrum iHe,ulicanliu»t, in-«'. Paris, 1578, réédition complétée du livre de Casarubios; Apologie de la confrérie des pénitens érigée et instituée en la ville de Paris par Henri III, in-S", Paris, IS.'vî.

Les trois ouvrages de Clirlldiil.nui - il.-iliiui.'nt condamnés et insérés dans IA]iii'IhIi -, ■ / / '. k-

(îHHs sont les suivants : A'or.r i//"~/ .' ,■/(;)■

fidei adversus impios, liberimus, athcu... iinati r,,f et omne gemts infidèles... epitome. Adjeclte sunl iliuv de B. V. conciones quibus per quas notas lecr religionis a falsse professoribus dignosci queant.... in-8''. Paris, 1583; Yarii tractatus et disputationes de necessaria correctione theologiœ scholasticœ, in-8". Paris, 1586; De miisœ Christi ordine et ritu. L'auteur enseignait que les paroles de la consécration : Hoc est corpus meiim, ne suffisent pas seules à opérer la transsubstantiation. Il avait déjà ébauché cette doctrine en chaire et dans un traité : De la vertu des paroles par lesquelles se fait la consécration, in-8», Paris, 1585. On lui attribue aussi une Dissei-tatio de prophetia Jacob : Non auferetur..., in-8», Lyon, 1578; Disputatio de eo quod est utile et necessarivm..., Paris, 1586, 1587. Aujourd'hui, tous ces ouvrages ont été effacés de l'Index.

Moreri, Dictionnaire historique, Paris, 1744, t. lu ; 'Wadding, Scriptores ord. minorum, Rome, 1650; Sbaralea, Supplementmn et correctio ad scriptores ord. minorum, Rome, 1800; Michaud, Biographie universelle ; Hurler, Nomenclator, t. i, p. 61, et Add., p. x.

P. Edouard d'Alencon.

CHEMINAIS DE MONTAIGU Timoléon, né à Paris le 3 janvier 1652, entra dans la Compagnie de •lésus le 25 septembre 1667 et mourut à Paris le 15 septembre 1689. Il fournit une courte, mais brillante carrière comme prédicateur. Il avait le don de toucher les cœurs par une sorte d'onction particulière, que secondait bien la douceur de son débit. Mais il est loin d'avoir la richesse de doctrine et l'éloquente logique de son contemporain et confrère Bourdaloue. Les sermons du P. Cheminais n'ont été publiés qu'après sa mort et par les soins du P. Bretonneau, le même qui

publia aussi les sermons du P. Giroust et ensuite ceux de Bourdaloue. Il n'en parut d'abord que 2 in-12, Paris. 1690; un 3« suivit en 1692; deux autres volumes furent ajoutés en 1729. Ces cinq volumes ont été plusieurs fois réimprimés. L'abbé Migne les a reproduits dans ses Orateurs sacrés, Montrouge, 1845, t. xii. Il a été fait de ces sermons des traductions, complètes ou partielles, en allemand, en hollandais, en italien. On a encore : Sentiments de piété par le P. Cheminais, Paris, 1691, publication également due au P. Bretonneau et dont il y a aussi plusieurs rééditions, ainsi que des traductions allemandes, llamandes et italiennes. De plus, le P. Bretonneau a inséré dans l'Avertissement du t. iv des Sermotis, édité en 1729, des extraits d'un écrit composé par le P. Cheminais, sur « une nouvelle manière de prêcher » qu'il aurait voulu voir introduite dans la chaire : les orateurs chrétiens devaient donner davantage « au pathétique »,et « non seulement persuader, mais toucher », etc.

De Backer-Sommervogel, Bibliothèque de la C'' de Jésus, t. II, col. 1107-1111 ; Notice sur le P. Cheminais dans V Avertissement du t. I de ses Sei'nwns publiés par le P. Bretonneau. Voir aussi l'article sm- un recueil manuscrit des Sermons de Cheminais, dans la Revue Bourdaloue, n. 2, 1- avril 1902, p. 120-127. J. Bbicker.

CHEMNITZ (CHEMNITZIUS, KEMNITZ) Martin, célèbre théologien luthérien, né le 9 novembre 1522 à Treuenbritzen dans la Marche de Brandebourg, mort à Brunswick le 8 avril 1586. — I. Vie. II. Écrits.

I. Vie. — Fils d'un pauvre drapier, il vécut d'abord dans la misère, mais grâce à un parent de Magdebourg, devint étudiant dans cette ville (1539-1542), ensuite à Francfort-sur-l'Oder, enfin dès 1545 à Wittemberg. Il y apprit les langues, les mathématiques, l'astronomie. Après la guerre de Smalkalde, 1547, il vint à Kœnigsberg, dont la nouvelle université avait comme recteur son cousin Georges Sabinus (Schûler), gendre de Mélanchthon. Il y publia ses Prsedictiones astrologicee et fut reçu docteur; en même temps, il dirigeait les études de jeunes nobles polonais. En 1549, il suivit Sabinus à Wittemberg et y entra en rapport suivis avec Mélanchthon.dontil étudia avec soin les ioci commîmes, l'année suivante le duc Albert de Prusse, qui appréciait fort sa science astronomique, le nomma son bibliothécaire à Kœnigsberg. Grâce à cette situation, il se perfectionna dans l'étude du dogme et de la patristique.

Luther était mort depuis 1546 et sa doctrine sur la justification était alors attaquée par Osiander; Chemnitz trouva que celui-ci se rapprochait trop du catholicisme, et se signala bientôt parmi ses adversaires. Mais le parti des osiandristes prévalut d'abord, et Chemnitz dut quitter la ville (1553); toutefois le duc, qui lui restait favorable, le pourvut d'une pension.

De retour à Wittemberg, il y rentra en relations plus étroites encore avec Mélanchthon, et l'accompagna en 1554 au convent de Naumbourg. Enfin, il fut appelé à Brunswick comme coadjuleur du surintendant Joachim Môrlin et nommé prédicateur à Saint-Gilles; il se mari» en 1555 avec Anna Jeger. L'an 1567, il succéda à Morlin comme surintendant de Brunswick. C'est là qu'il vécut désormais et composala plupart de ses écrits théologiques, qui lui valurent bientôt dans toute l'Allemagne protestante la réputation d'un profond théologien; de toute part on sollicitait de lui des avis, des consultations dogmatiques; il dut assister à de nombreux colloques, afin d'établir des « concordes » entre les réformés; ainsi il mérita la faveur des princes luthériens, Frédéric II de Danemark, Louis du Palatinat, Auguste de Sase, Jules de Brunswick. En somme, il eut un rcjle prépondérant dans les affaires religieuses et même politiques de l'Allemagne et contribua plus que tout autre à l'organisation et à l'affermissement de la Réforme en ce pays.

Ainsi, en 1566, il fut rappelé à Kœnigsberg pour réfuter définitivement la doctrine d'Osiander, et de concert

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