‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 704 sur 741 · CHERBURY · texte numérisé non relu

CHERBURY

citer celle d'Andrada qui mourut en 1577 avant sa publication, parue à Lisbonne sous le titre : Defensio Tri-

il,-iilni:i- ji^l.'i tjtihique libris coi))pi'eli''nsn' lulro'stts cm'i" '• iii-oruii) et prœserlini MmliHi Cliem-

„,; . I i:i78; Cologne, 1580. ln;;..IM:Hll. l.'iO".

Ch.-u..ii:. iiiiMl lui-même réloquriicfft réi'uilition

lie cette i^ |iiii|iir ,1 \:iiiini publia aussi : Apologia concilii Trni,-nit,,i ,,<,ilrii Cliemititiioti ; Martin Gartner écrivil -.iJinHuiiins. , efonnatuscirca euc/iarisliani,

3» Écrits di Chemnitz parus après sa moit et d'unt, annde notoriété parmi les piotestants Loci llieulogici, m quibus Phtbppi Mclai I r) nn)\ 1 tiommuneSK mm theoJogicaimn peifp } l i , et quasi

Ditegiuiu doct} mx ch-i i^t i / / tlesia. Dei

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et des recueils de letties fuient également publiés

Chemnitz ne fut pas un noMteui brillant comme Luther, il se montra en somme peu original, plutôt conser\ateui point mt il aMit une immense érudition A cette epocjut de lioul'ies religieux si intenses, il paraît comme un lefoimiteui modtie, il confessa même parfois qui! \ i\ait du 1 itn dins le catholicisme Bien que disciplt (t imi di Mdinclitlion il fut en gênerai l'aïUei^iiK il s m oi \ptocd\inisme souvent il combattit son ' / II) Philippicuin, et demeura un des tl ] ittiches a la stricte doctrine

de Lutbi 1 nU toujours de concilier Us

doctrine- ni i it dans le but d'unir les re-

formes de 11 lî issi \lliiii^ne et il \ leussiten partie Les protestants le iej,aident donc avec raison comme un des principaux fondateurs du luthéranisme On disait Je lui Si Marlinus (Chemnitz) non fmsset, Mai tmus (Luther) vix stetisset C'est donc a juste titre qu'on le surnomma l'autre Martin, altei Marlinus (Lulhems)

J. Rehlmejer Det beiuhmten Stadt Efaunir} ?/ ;; Ai,,;, „.

histoiie, paît III, 1710, p 273 sq £; I I liai

M.RMerum 1 rancloi t, 1712 , Gasmer ' ; Il lut,

et obitu M Chemmtn 158S Fd Prp / i ,;ii

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L LŒ\r\Bnniv CHERBURY Edouard Herbert, premierlord, déiste anglais (1583-1648), mquit i Fvton on Severn, près de VVroxeter le 9 m u I ^ 1 si d'une ancienne fi-

mille dont il a lun I s gloires dans son

autobiogi ipbie \i indes a Oxford, il fut

marie a seize ans l usines et mena pen-

dant plusieurs années une vie studieuse et retirée dans son château de Montgomery. En 1608 ou 1609, il alla passer de longs mois en France où ses duels et ses galanteries le mirent à la mode; il fut alors présenté à Henri IV et à la reine Marguerite. En 1610, on le trouve comme volontaire au siège de Juliers ; à son retour après des aventures nombreuses, il fut, à l'en croire, l'objet des attentions de la reine Anne de Danemark, femme de Jacques I". En 1619, le roi Jacques l'envoya à Paris comme ambassadeur; son ambassade fut d'abord calme et il jouissait sans soucide la vie de Paris, lorsque, avant voulu empêcher Louis XIII de faire la guerre a ses sujets protestants, le connétable de Luynes se plaignit de lui a Tacques l", qui le rappela. Luynes étant mort en 1622 Herbert, qui n'avait pas reçu de remplai,ant re.,asm son poste. Les plaisirs de Paris, qu'il goûtait fort ne nuisaient pas à ses études; c'est pendant son ambassade en 1624. qu'il fit paraître à Paris, en latin, son traite De %ei itate; l'ouvrage eut une seconde édition pausienne en 1636, et une traduction française en 1639,

int I i\oii paru à Londres (1645 et 1649).

Il iil 1624 Jacques I«r le rappela de Paris, sans I 1111 I I motif; il semble qu'alors encore un trop .,iind zèle a servir les intérêts des protestants, surtout de 1 électeur Pilatin, gendre de Jacques 1=', ait mécontente Louis XIII qui demanda le rappel de l'ambassadeur Lorsqu il fut rentré en Angleterre, Jacques le lit pair d Irlande en érigeant pour lui en pairie sa terre de Castle Island mais le roi, se croyant quitte par là envers son ambassadeur, ne lui fit même pas payer ses appointements dus depuis plusieurs années, et le diplomate philosophe qui avait mené grande vie à Paris, fut lusqu a la mort harcelé par ses créanciers. Le 7 mai 1629, Charles I" le fit pair d'Angleterre et baron de Cherbury; trois ans plus t iid, il entrait au conseil des guerres.

Toujouis quémandeur et besoigneux, Cherbury composa pour s assurer la faveur du roi et de son toutpuissant favori Buckingham, une apologie de la désastreuse expédition de celui-ci à l'ile de Rhé (1630); il eut même le triste courage d'écrire dans le même but une vie d'Henri VIII qui n'est qu'un plat panégyrique. Dans son désir de se créer des appuis, il alla jusqu'à offrir à Pranzani, l'envoyé pontifical à la cour de Charles I", de soumettre à la censure romaine son De ventate.

Lorsque se produisit la rupture entre Charles l" et son parlement, Cherbury s'efforça de garder Une prudente neutralité. Pendant les années 1641 et 1642, il se tint retiri dans son château de Montgomery, uniquement occupé d'étude ; c'est alors qu'il composa les appendices de son traité De ventate, en même temps que son autobiographie, qu'il conduisit jusqu'à la fin de son ambassade en France, etun livre sur l'éducation.

En 1644, il refusa de paraître au parlement convoqué par Charles I" à Oxford, et ouvrit à Middleton, qui commandait dans son comté les troupes du parlement de Londres, les portes du château de Montgomery. A la suite de cet acte de trahison envers son souverain, il obtint du parlement de Londres, que sa maison de ville et sa bibliothèque ne fussent pas confisquées; il reçut même une pension de vingt livres par semaine et diverses charges qu'il n'eut pas le temps d'exercer. Les dernières années de sa vie se passèrent à Londres; il mit alors la dernière main à son De religione gentilium, qui parut en 1645, et à son histoire d'Henri VIII que. par une dernière palinodie, il voulut dédier à ce même Charles I" qu'il avait trahi. En 1647, il fit un dernier voyage à Paris, où il rendit visite à Gassendi. Le 2 août 1648, il mourut dans sa maison de Queen street à Londres ; peu d'instants avant sa mort il fit appeler Usher, primat d'Irlande, son ami, et lui demanda la communion, déclarant « qu'elle pouvait lui faire du bien et ne lui ferait pas de mal ,>. Usher ne trouva pas ces dispositions suffisantes et refusa le .sacrement.

CIIERBURY

CIIKRUBIN DE MAURIENNE

Les théories philosophiques de Cherbury sont exposées dans son Do vcritate, prout distinguitur a revelalione, a verishniU, a possibili et a falso. Cf. Sidney Lee, The aiitobiograpliy, p. xxxviii sq.

La vérité existe; elle est permanente et universelle, l'esprit humain est capable de la percevoir. Cet esprit peut élre considéré comme composé d'une infinité de « facultés » correspondant chacune à quelque objet. Lorsque cet objet vient en contact avec la faculté correspondante, cette faculté entre en activité, se conforme immédiatement à l'objet, et cette harmonieuse conformité de la faculté connaissante avec son objet, intelleclus cognocentis cum re cognila congruenlia, est « la vérité du concept », p. 9-47.

Toutes ces facultés mentales peuvent être divisées en quatre groupes auxquels Cherbury donne les noms de (< instinct naturel, sens interne, sens externe, raisonnement (discursus) ». De l'instinct naturel dérivent en l'homme ces premiers principes, ces notions communes, nolitiœ communes, qui existent en toute âme saine ; ces notions ne sont pas le produit de l'expérience ou de l'observation; elles ne sont pas acquises; elles nous viennent directement de Dieu, qui les a déposées dans l'âme humaine lors de sa création, p. 47-126.

Les trois autres classes de facultés sont soumises à la direction de cet instinct naturel; le sens interne distingue le bien du mal; le sens externe perçoit les objets extérieurs; le raisonnement, ou faculté raisonnante, compare et groupe les notions acquises par les autres facultés. C'est la plus trompeuse de nos puissances ; Cherbury la rend responsable de presque toutes nos erreurs, p. 126 sq. Cf. Rémusat, Lord Herbert de Cherbury, c. Il, III. Descartes, dans une lettre au P. Mersenne, appréciait ainsi le système : « Il (lord Herbert) veut qu'il y ait en nous autant de facultés qu'il y a de diversités à connaître, ce que je ne puis entendre autrement que comme si, à cause que la cire peut recevoir une infinité de figures, on disait qu'elle a en soi une infinité de facultés pour les recevoir; ce qui est vrai en ce senslà. Mais je ne vois point qu'on puisse tirer aucune utilité de cette manière de parler; et il me semble plutôt qu'elle peut nuire, en donnant sujet aux ignorants d'imaginer autant de diverses petites entités dans notre âme. » Rémnsat, op. cil., p. 232.

Le De causis erroriini parut en 16iô, comme appendice au De veritate. Il est destiné à le compléter, en énuméranl les principales causes d'erreurs qui arrêtent notre esprit dans sa recherche de la vérité; elles sont divisées d'après les quatre facultés principales que reconnaît l'auteur.

Le Religio laici, publié la même année, contient les principales idées religieuses de Cherbury. L'homme est naturellement religieux; cette religion, débarrassée de ses caractères accidentels, et réduite à ses vérités essentielles, consiste en cinq principes qui n'ont jamais été pour les hommes causes de divisions et de guerres : existence d'un Dieu providence ; obligation de l'honorer par un culte; la piété et la vertu sont le culte le plus digne de lui; les fautes doivent être expiées par le repentir; certitude dune justice divine qui, après la vie, récompensera chacun selon ses œuvres, p. 31. Ces principes dérivent de l'instinct naturel ; il n'est pas raisonnable d'en admettre d'autres ; tous les dogmes des diverses Églises, qu'elles prétendent révélés de Dieu, sont l'œuvre des prêtres qui les ont créés pour assurer par la crainte ou l'espoir leur iniluence sur les foules, p. 9 sq. Cherbury insiste sur cette influence pernicieuse du sacerdoce dans une conclusion violente intitulée : Ad sacerdoles de religione laici. Il observe d'ailleurs que la religion chrétienne est supérieure aux autres, parce qu'elle peut, plus facilement qu'elles, se ramener aux cinq vérités essentielles, et qu'elle les a mieux conservées dans les masses; mais elle fait injure à la pro-

vidence en prétendant jouir d'une révélation exclusive de Dieu.

Le De religione gentilium a pour but de montrer, sous toutes les erreurs des païens, la persévérance des cinq principes dans lesquels seuls consiste pour Cherbury la religion naturelle ; il le prouve en examinant successivement le culte rendu aux astres, aux éléments, aux héros divinisés.

Les ouvrages historiques de Cherbury ne parurent qu'après sa mort (1649 et 1656). .Son autobiographie fut éditée par Horace Walpole au xviiis siècle (1764). On conserve encore manuscrit un mémoire adressé par lui à Charles I" pour établir la suprématie royale sur l'Église.

I. ŒuvBES. — Les traités De veritate ; De causis errorum ; De religione laici, et quelques pièces de vers latins furent édités ensemble à Londres en 1656. Le De religione gentilium fut réédité à .■Vmsterdam en 1700. — Parmi les attaques faites conUre ces ouvrages on peut signaler : Musasus, Examen Cherburianisini, sive de luminis naturx insufflcientia ad salutem, contra E. Hérbertum de Cherbury, léna, 1675; C. Kortliolt, De tribus impostoribus (Cherbury, Hobbes et Spinoza), Keil, 1680.

II. Travaux. — H. Walpole, The life of Edward, lord Herbert of Cherbury, Strawherry, 1764 : Guttler, Hfrherl von Cherbury, Municfi, 1^!*7: TV'lItM^tt, [.'->ri) Ifoyt-.'.-t .j.. f I,.. ,.}.,, y>, <i,,

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s'arrête rautobiu5,r.ii,l.iu. ju-..iu <.]i lui*. . Vi^juivu... L^.. Lwics saints et la critique rationaliste, Paris, 188G, t. il, p. 4-7 ; article de Sidney Lee dans le Dictionary of national biography. Dans les articles Theism de \' Encyclopxdia britannica, et Deismus du KirchetilexikonelieldiRealenoyklopiidie fur prol. Theol., on trouvera de bonnes indications sui' les rapports des théories de Cherbury avec celles des déistes anglais du xviir siècle qui le ûi'ent oublier.

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