‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 72 sur 741 · I. liiHiii; \i lin . - l;,iii / Iiiiiiiiuique, ou Vanez (les · texte numérisé non relu

I. liiHiii; \i lin . - l;,iii / Iiiiiiiiuique, ou Vanez (les

docuiii.il 1 r ml iii| iiMi.iment aussi, mais à

tort, lli.in . , M ii: ' y I .i.r 1528, à Médina del Campo iNiLilk Ck-uU. , d .li.iu Banez de Mondragon (Guipiizcoa), d'où le qualilicatif de Mondragonensis qu'il se donne en tète de ses ouvrages. Il vint, en 1543, âgé de 15 ans, faire ses études de philosophie à l'université de Salaiiiiiiiiii l'ii iri'ii'i. il prit l'habit dominicain au couveni .1 - i iinn de cette ville et y lit profession le 3 in. h 1 h 7 \| n ~ ..voir répété son cours d'arts libéraux i I.M7- l.'.ls , ijnii pour condisciple Bartliélemy de Médinu, il se livra à l'étude de la théologie (1548-1551) et eut pour maîtres Melchior Cano {1548- 1551), Diego de Chaves (1551) et Pierre de Sotomayor (1550-1551). Pendant les dix années scolaires suivantes (l.")51-1.561), il demeura attaché au couvent de Salamantpie où il remplit différents professorats. Il enseigna d'aliord la philosophie pendant l'année scolaire 1551- 1.t52, puis, sur la volonté de Dominique Soto, alors prieur du couvent, les arts libéraux. Quand son cours fut achevé, il reçut le titre de maître des étudiants et interpréta pendant cinq annérs l,i '<.■,,<.■-,, f ihri.hiçiiriue pour les religieux de cette m;(i-i' ; i:[!i m! nussi, à diverses reprises, des maîtres m ; . n i i-i-nis dans leurs chaires universitaires. Dr l'.m i ir.i;i;, il fut professeur au collège dominicain d'Avila, .•rigé en université. C'est pendant ce séjour, en 1562, que Dominique Baiiez prit la défense de la première fondation de sainte Thérèse dans cette ville, devint son confesseur pendant six années, et son principal conseil jusqu'à sa mort (1582). En ou vers 1.567, Banez occupe une chaire de théologie à l'université d'Alcala. 11 semble être revenu à Salamanque pendant les années 1572-1573. Durant les quatre années scolaires suivantes (1573-1577), il est professeur et régent au collège de Saint-Grégoire de Valladolid ,une sorte d'école normale supérieure, où les dominicains de Castille formaient leurs meilleurs sujets. A la fin de ce professorat, nommé déjà prieur de Toro, Baùez vint concourir à Salamanque pour l'obtention de la chaire universitaire dite de Durand, laissée vacante par Barthélémy de Médina, promu à la chaire de prime. Il en fut titulaire de 1577 à la fin de 1580. Au commencement de 1581, il remporta, par voie de concours, la première cliaire de théologie, devenue libre par la' mort de Barthélémy de Médina (30 décembre 1580). Ce fut au cours des vingt-quatre années, pendant lesquelles Dominique Banez occupa ce poste éminent, qu'il publia les ouvrages qui l'ont rendu célèbre et prit une part active aux disputes théologiques de son temps, spécialement à celles

ut nous dirons quelques mots. Il mourut à Médina I Campo, le 22 octobre 1604.

II. Œuvres tiiéologiques. — Scholastica commenta in /»» parteni angelici doctoris D. Thomx usque ' xexagesimam quarlani (juœslionem complectenlia, iii-l'ol., Salamanque, IbSi; Scholastica commentaria sujier cxteras 1" partis quœstiones, in-fol., Salamanque, 1588: Scholastica commentaria in II"" J/* qiiibus qux (((/ /idem, speni et charitatem spectant, clarissinw filicantw usque ad XLVi qusestionem, in-fol., Salanc|ue, 158't; Scholastica commentaria in IJ'"^ IJ^a I stione LVliadLXXVlH de jure et justifia decisiones, til., Salamanque, 1594. Ces quatre ouvrages ont été 'lités en tout ou en partie : Venise, 1586; Lvon, 1588; iiise, 1595, 1602, 1604; Douai, 1614, 1615;" Cologne, il'i. Relectio de mérita et augmenta charitatis anno MiiLXXXlx Salmanticse in vigilia pentecostes solemniter protiunciata, Salamanque, 1590, 1627; Apologia fra- Iriim prœdicatarum in provincia Hispanise sacrx ■ ' ■ ologisc professnrum, adversus novas quasdam asser- :i>'s cujusdam doctoris Ludavici Molinse mmcupati, iiiti, die XX novembris 1595 (Rome, Biblioth. .\nge- !. ms. R. 2-7): Libellus supplex démenti VIII oblati'H, 28 octob. 1597, édité dans Theodorus Eleutherius (Livin de Meyer), Historia caniroversiarum de divins gratise aucciliis (1715), t. I, p. 885. Le ms. original de Baùez est conservé à Rome, Bibl. .\ngelica, R. 2. 12, fol. 54-59. Responsio ad quinque qusestiows de ef/icacia divinte gratiee, Bibl. .\ngelica, ms. R. 1. 9. fol. 272; Respuesta contra una relacion compuesta por los padres de la compania de Jésus de Valladolid, Médina del Campo, ultimo de julio de 1602, ms. des dominicains d'Avila. .le possède au.ssi une copie de cet écrit.

111. Basez et sainte THÉRiiSE. — Deux ordres de faits ont spécialement concouru à rendre célèbre le nom de D. Bafiez : ses rapports avec sainte Thérèse et sa résistance aux doctrines nouvelles sur la prédestination et la grâce.

Le P. Baiiez fut confesseur ou directeur de sainte Thérèse depuis le commencement de la réforme du Carmel (1562) jusqu'à sa mort (1582). A en juger par les paroles de la sainte el celles de son directeur, Banez fut incontestablement le maître spirituel qui exerça l'action la plus profonde et la plus persévérante sur la grande mystique espagnole. Thérèse écrivait dans sa relation de 1575 : « Le père maître Dominique Banez, qui est actuellement régent au collège de Saint-Grégoire,à Valladolid, m'a confessée six ans, et j'ai toujours continué mes relations avec lui par lettres, chaque fois qu'il s'est présenté quelque difficulté... C'est avec lui que j'ai traité le plus longtemps et traite encore des affaires de mon àme. » Il est regrettable que presque toute la correspondance de la sainte et du P. Banez ait péri. On ne possède en eflet que quatre lettres de Thérèse à son directeur et une de ce dernier à son illustre pénitente. Mais le nom de Banez revient fréquemment dans les lettres et les écrits de Thérèse, ainsi que chez les historiens primitifs do las.'iinte et de sa réforme. Aucune direction ne semble s'être mieux identifiée avec les besoins elles aspirations de Thérè.se de .lésus que celle du P. Banez. Elle lui écrivait, au mois de mai 1574 : » Il ne faut point s'étonner de tout ce qu'on peut accomplir pour Dieu, quand l'all'ection que j'ai pour le père Domini<|ue est capable de me faire trouver bien ce qu'il trouve bien, et vouloir ce qu'il veut, .le ne sais jusqu'où ira cet enchantement, n lianez, dans sa déposition de 1591, lors des infornialions préparatoires au procès de canonisation, nous .1 r.iii CDiiiiriiin- Il i.iison principale de l'extrême con- I lli I' '!■ l.■susensadirection;etlesdécla- | I 11 sainte en plusieurs endroits de I 11 il Mil 1.-.; conditions requises chez un bon (lu. ri, m- cil' cunscirnce, confirment de tout point la dis-

position de son ancien confesseur. « Personne, dit Baùez, ne peut savoir mieux que moi les faveurs et les grâces spéciales que Notre-Seigneur a accordées à la mère Thérèse de Jésus. Je l'ai confessée nombre d'années et examinée en confession et hors de confession. J'ai fait sur son état d'importantes observations, me montrant avec elle ferme et rigoureux. Plus je l'humiliais et l'abaissais, plus elle s'attachait à prendre conseil de moi, s'estimant d'autant plus assurée qu'elle était plus déférente à son confesseur qu'elle tenait pour un homme instruit. Elle a toujours recherché le jugement des hommes les plus savants qu'elle rencontrait, spécialement dans l'ordre de Saint-Dominique. Elle me déclara, à plusieurs reprises, qu'elle se sentait l'esprit plus en repos quand elle consultait quelque grand lettré qui, sans être homme de beaucoup d'oraison etde spiritualité, était versé dans les sciences rationnelles et ecclésiastiques. 11 lui semblait, en effet, que les hommes spirituels, à raison de leur bonté et de leur inclination pour les personnes qui s'occupent de spiritualité et d'oraison, sont plus faciles à tromper que ceux qui, avec une discrétion ordinaire des esprits, jugent des choses d'après la raison et la loi, véritable moyen de discerner avec sécurité les esprits. Je tiens pour certain qu'une des raisons de sa persévérance à traiter avec moi et à prendre mon conseil, fut qu'elle me voyait livré A l'étude de la théologie et des sciences rationnelles, ayant passé ma vie à enseigner et àdiscuter.Ily aurait sur ce chapitre tant de particularités à signaler qu'elles seraient plutôt l'objet d'un nouveau livre que celui d'une déposition. S'il en était besoin, je pourrais composer moi-même un traité qui servirait à établir combien la voie suivie parla mère Thérèse de Jésus a été une voie sûre. »

IV. Banez ET les disputes sir la grâce. — La dogmatique luthéro-calvinienne produisit, par réaction, une modification doctrinale chez un certain nombre de théologiens catholiques, qui crurent pouvoir plus aisément combattre les nouvelles erreurs en se rejetant euxmêmes à l'opposite et en abandonnant les voies frayées par saint Augustin et saint Thomas sur les questions de la prédestination et de la grâce. Ce mouvement qui eut pour premiers initiateurs .Jacques Sadolet (1534), Albert Pighius el Ambroise Catliarin (1541), trouva, malgré la résistance des meilleurs esprits, un certain nombre d'adhérents, et deschocs véhéments se produisirent, surtout dans la seconde moitié du xvi« siècle, entre l'école de théologie traditionnelle et la nouvelle direction.

lo Ce fut du 20 au 27 janvier 1582, à l'occasion de soutenances de thèses, que le conllit éclata à l'université de Salamanque, un des cenires théologiques les plus célèbres de l'Europe. Ce premier liein'l, en Espagne, est particulièrement intéressant, parce que l'on possède maintenant, depuis peu, la plus grande partie des documents originaux des procès auxquels donna lieu cette affaire {La Ciudàd de Dios, 1896), et que les doctrines soutenues par les préniolinistes s'y présentent sans détour ni atténuation.

Dans une dispute publique tenue, le 20 janvier, sous la présidence du mercédaire François Zumel, un jésuite. Prudence de Montemayor, soutint riue le Christ n'était pas mort librement, et par suite n'avait pas mérité, s'il avait reçu de son Père le précepte de mourir. Baùez lit une instance en demandant ce qu'il en serait au cas où le Christ aurait reçu le précepte de son Père non seulement quant à la substance de l'acte de mourir, mais encore quant aux circonstances. Prudence déclara qu'il ne resterait plus alors ni liberté ni mérite. Un des maîtres de l'université, le célèbro augustin Louis de Léon, prit fait et cause pour le soutenant; et, la dispute s'établlssant entre les maîtres présents, on souleva, tour à tour, les qucstionsconnexes de la prédestination et delà justification. Ces discussions se poursuivirent dans une seconde, puis une troisième soutenance de thèses qui

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eut lieu le 27 janvier. Les maîtres et les étudiants se prononcèrent universellement contre les doctrines de Prudence de Montemayor et de Louis de Léon. Le scandale et l'ai^itation furent tels ,|m- !.• lii. ronymile Jean de SantaCruz crut devuir |.miI, i l,i ,']„.-,■ devant l'inquisition (.'> février), et jui iiil i -i il.iHsiliùn une liste de 16 propositions repré.M-nl.ail la doctrine défendue par Prudence de Montemayor et Louis de Léon. Il s'ensuivit un procès contre les inculpés. Louis de Léon déclara qu'il avait défendu (lispulalire et non asserlive la doc- Iriui' iiuiiiniii.r. Il ivcMiiiMil .|iir CCS doclrines n'étaii'iii |i,i- <'<■]],■- ,\. -.iiiii Aii ii-iiii rt ,\,f saint Thomas ; (|ii'il iir^ |,.v iriini |i,i- .liillriii-. p. Il ir vraies, ni ne les

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déteviiiinail pas les actes indiirérênis. était nouvelle et téméraire. La sentence finale rendue par la suprême inquisition, le 3 février 1584, portait que Louis de Léon devait s'abstenir d'enseigner en public ou en secret les propositions visées, sous peine d'être poursuivi selon toute la rigueur du droit.

Voici la liste des propositions improuvées par le Saint- Office :

/• propo^lio. Si Christus habuit prœceptum moiHendi impositum a Pâtre, necessitabatur quoad implelionem illius, sic adeo ut nihil libertatis haberet in substanlia opei'is morieiidU et consequenter non meruit in substantia vperis.

II: Christusmereri potuit in opère rnoriendi propter motivum guod habere potuil. et iiiri^ni ,-;i, ■••■■» ,.,(.......,.,»,■.« ,>, qua

liber erat.

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