V. Oblet
BARRUEL Augustin, jésuite français, né à Villeneuve-de-Berg (Ardèche), le 2 octobre 1741, admis le 15 octobre 1756, enseignait la grammaire à Toulouse, en 1762, quand la Compagnie de Jésus fut détruite en France. Il s'expatria et professa dans des collèges de son ordre en Moravie et en Bohême; de retour en France, en 1774, il se livra à des travaux littéraires, qui lui acquirent de la réputation. A l'approche de la Révolution, il soutint, par ses écrits, le courage et la persévérance du clergé orthodoxe et attaqua vigoureusement la constitution civile du clergé. Il se réfugia en Angleterre en 1792, y fut aumônier de la princesse de Conti et continua de combattre le schisme. Rentré en France en 1803, il fut nommé chanoine honoraire de Notre-Dame à Paris, puis il sollicita sa réadmission dans la Compagnie de Jésus et mourut à Paris le 5 octobre 1820. 1° Journal ecclésiastique, ou Bibliothèque raisonnée des sciences ecclésiastiques, par une société de gens de lettres, Paris, 1788-1792. L'abbé Dinouart fonda ce journal en 1760, fut remplacé à sa mort (3 avril 1786) par l'abbé de Montmignon, qui, en janvier 1788, en céda la direction à Barruel ; le dernier numéro que celui-ci publia est de juillet 1792. Plusieursdes travaux qu'il y inséra ont été tirés à part ou insérés dans la Collection ecclésiastique (voir infra, n. 12). Parmi ces articles, signalons : 2° Lettre sur le divorce à un député ou réfutation d'un ouvrage (de Ilennet) aijaiit pour litre : Du divorce, Paris, 1789 (deux éditions), 1790; 3° Les vrais principes sur les mariages opposés au rapport de Durand-Maillane, pour servir de suite aux Lettres sur le divorce, in-8°, Paris, 1790; 4° Prône d'un bon curé sur le serment civique exigé des évèques, des curés el des prêtres en fonction, 1790; traduit en patois toulousain par l'abbé Jos. Laur. Régis Vernet; 5° Résolution du cas de conscience que fait naître le serment civil en France, ou réponse à ceux qui demandent si Von peut faire ou non le serment exigé, 1790; 6° Développement du serment exigé des prêtres en fonction, 1790; 7° Préjugés légitimes sur la constitution civile et le serment exigé des fonctionnaires publics, 1791 ; 8° Question décisive sur les pouvoirs ou la juridiction des nouveaux pasteurs, 1791 ; 9° Le plagiat du comité (soi-disant ecclésiastique) de l'Assamblée nationale, ou décret de Julien l'Apostat, formant les bases de la constitution civile du clergé français, 1791 ; 10° De la conduite des curés dans les circonstances présentes, ou lettre d'un curé de campagne à son confrère, député à l'Assemblée nationale, sur. la conduite à tenir par les pasteurs des âmes dans les affaires du jour, 1791 ; 11° De la religion daiis les révolutions ; 12° Collection ecclésiastique, ou recueil complet des ouvrages faits depuis l'ouverture des États généraux, relativement au clergé, à sa constitution civile, décrétée par l'Assemblée nationale, sanctionnée par le roi, 14 in-8°, Paris, 1791-1793. C'est un recueil important sur la question. On y trouve des dissertations des abbés Maultrot, Jobineau, Guillon. Il a été traduit en allemand et en italien ; 13° L'Evangile et le clergé français, sur la soumission des pasteurs dans les révolutions des empires, in-12, Londres, 1800; 14° Détail des raisons péremptoires qui ont déterminé le clergé de Paris et d'autres diocèses de faire le serment de fidélité, in-8°, Londres, 1800; 15° Du pape et de ses droits religieux à l'occasion du concordat, in-8°, Paris, 1803. Traduit en allemand, en anglais et en italien, cet ouvrage, de 800 pages, fut l'origine de nombreuses discussions et contestations en France et en Angleterre. Barruel fut attaqué en particulier par l'abbé Blanchard dans : Controverse pacifique sur les principales questions qui divisent cl troublent l'Eglise gallicane, 3 in-8", Londres, 1802-1800. Barruel est encore bien connu par