‹ Dictionnaire de théologie catholiqueChapitre 162 sur 400 · V. Oblet · texte numérisé non relu

V. Oblet

BASSOLIS (Jean de), surnommé Doctor omatissittius, fut un des disciples préférés de Scot. On raconte qu'un jour le docteur subtil arrivant pour laire sa leçon et ne trouvant que lui de présent la donna quand même en disant : Bassolius adest, en auditorium est. Quelques-uns le veulent Ecossais, d'autres, et avec plus de vraisemblance, le disent Français; peut-être était-il de Bassoles (Aisne). En 1313 il achevait ses commentaires sur les livres des Sentences, imprimés dans la suite par les soins de trère Anastase ïurrioni de Saint-Marin, qui les dédia au cardinal Grimani. Les travaux de revision avaient été faits par certain maître Oronce Fine, Dauphinois. Ils parurent à Paris chez Jehan Frellon en 4 in-fol., sous le titre : Ojiera Ioannis de Bassolis, doctoris subtilis Scoti (sua tempestate) fidelis discipuli, philosophi ac theologi profundissimi,in quatuor Sententiarum libros, (crédite) aurea, 1516, 1517. On sait seulement que Jean de Bassolis enseignait à Beims. Wadding lui attribue encore une Miscellanea philosophica et medica, qui est peut-être celle que Montfaucon vit à la bibliothèque Ambrosienne de Mlan, ainsi que des Loci philosopltici.

Wadding, Annales ord. min., t. vi; Sbaralea, Castigatio et additiones ad scriptores ord. minorum ; Hurter, Nomenclatvr, t. iv, col. 434.

Edouard d'Ale-nçon.

BASSUS. M. U. Chevalier, Répertoire des sources historiques du moyen-àge. Bio-bibliographie, col. 240, dit simplement et sans références : Bassus, disciple de Cérinthe, IIe siècle. Moreri le cite parmi les gnostiques du IIe siècle, disciples de Cérinthe, d'Ébion et de Valentin, lui attribue une théorie où les lettres de l'alphabet et les sept planètes jouent un rôle capital, et renvoie à Philastre et à Pratéolus. Or Philastre, à la fin du IVe siècle, compose son hérésiologie sans y insérer le nom de Bassus. Il ne parle que de Colorbasus. User., xliii, P. L., t. xn, col. 1159. Et ce Colorbasus avait été signalé avant lui par saint Irénée, Tertullien, les Philosophumena et saint Épiphane; il se retrouvera encore sous la plume de saint Augustin et de Théodoret. C'est pour avoir lu Caïus Bassus, au lieu de Colorbasus, que Pratéolus (Du Préau, 1511-1588) a enrichi sa collection d'un nom nouveau, sans s'apercevoir qu'il faisait double emploi, puisqu'il mettait sur le compte de son pseudohérétique tout ce qui se rapporte à Colorbasus. De vitis, sectis,... elenchus, Cologne, 1581, p. 89, art. Bassus, p. 133, et art. Colorbosii.

On trouve cependant un Bassus, qu'Origène dut réfuter dans une conférence publique, en présence de Jules Africain, et où il fit intervenir, à titre d'autorité scripturaire, l'histoire de Susanne. Jules Africain traite ce Bassus d'à-piwncov, insensé ou ingrat, Ejrist. ad Orig., 1, P. G., t. xi, col. 41, sans doute parce qu'il avait abandonné la vérité et l'amitié du docteur alexandrin; car celui-ci le qualifie d'ÉToccpo;. Epist. ad Jul.Afr., 2, P. G., t. xi, col. 49. Tillemont ne voit aucun inconvénient à identifier cet adversaire d'Origène avec le Caïus Bassus de Philastre. Hist. eccles., 2e édit., Paris, 1701, t. m, p. 528, 531-532, 765. Mais ce n'est qu'une pure hypothèse, d'autant plus invraisemblable que Bassus, qui a une conférence avec Origène en 228, n'appartient pas au il" siècle, et que, rien n'indiquant la nature de son hérésie, on n'est pas en droit de lui attribuer ce que Philastre et les autres écrivains mettent sur le compte de Colorbasus. Voir Colorbasus.

G. Bareille.

BASTIDE Louis, jurisconsulte et théologien, prédicateur ordinaire du roi et professeur de droit à Paris. Le 2 février 1686, Flécbier le félicitait du panégyrique de saint Jérôme, et le 15 mai 1705, de celui de saint Hilaire, qu'il avait prêches et publiés. On a de lui les ouvrages suivants: 1° Caractère des officiers de l'évêque, avec deux dissertations latines sur la juridiction et l'usure, in-12, Paris, 1692; 2° L'incrédulité des déistes confondue par Jésus-Christ ; L'accomplissement des prophéties que M. Jurieu ne croit pas encore accomplies, et l'apologie de l'Eglise romaine contre les écrits de cet hérétique, 2 in-12, Paris, 1706; 2>' édit. augmentée, 2 in-12, Paris, 1712; il avait écrit cet ouvrage sur les exhortations de Clément XI. Il a encore inséré une dissertation sur L'explication des semaines de Daniel, dans les Mémoires de Trévoux, 1708, t. ni, p. 1581-

Fléchier, Lettres xxxvn, ccxi, cccxn, dans les Œuvres complètes, Nimes, 1782, t. x, p. 50, 198, 269-27U; Journal des savants, t. xxxvm, p. 47; Mémoires de Trévoux, 1707, t. n, p. 670-603, 751-784 ; t. iv, p. 2077-2083 ; Hurter, Nomenclator literarius, 1893, t. II, col. 723-724.

E. Mangenot.

BASTON Guillaume-André-René naquit à Bouen, le 29 novembre 1741, et fit ses études théologiques à Paris, sous la direction des Sulpiciens. Ordonné prêtre le 24 mars 1766, à Angers, il suivit peu après les cours de licence, en même temps que l'abbé de la Luzerne, depuis cardinal, et l'abbé Duvoisin, plus tard évêque de Nantes. Il fut reçu licencié, le deuxième de sa promotion, le 7 février 1770, et appelé quelque temps après à Bouen, pour être professeur de théologie. Le cardinal de Gesvres, évêque de Beauvais, lui avait offert, au sor-

BASTON — BAUCIO

tir de sa licence, des lettres de vicaire général et le premier canonicat vacant; mais l'abbé Baston opta pour son pays natal. C'est là qu'il publia, de 1779 à 1784, en collaboration avec l'abbé Tuvacbe, un de ses confrères, ses Lectiones théologies, 10 in-12, Rouen, réimprimées en 1818, qui servirent assez longtemps de manuel classique dans le diocèse de Rouen. Précédemment, il avait publié une Réponse au mémoire et à la consultation de M. Linguet, touchant l'indissolubilité du mariage, in-12. Paris, 1772; Lettres de M. Philétès, curé catholique dans le diocèse de R., en Angleterre, d MM. les curés du diocèse de Lisieux, en France, protestant contre les mandements et instructions pastorales de leur évêque,... qui ordonnent des conférences et des retraites ecclésiastiques, in 8°, Londres (Lisieux), 1775; Confession de M. l'abbé D., auteur des Lettres de Philétès, in-8», Louvain (Rouen), 1776; Les entreliens du pape Ganganelli (Clément XIV), etc., in-12, Anvers, 1777, où il suppose que le pape, après sa mort, rencontre divers personnages avec lesquels il a des entretiens, notamment saint Ignace de Loyola, Sixte-Quint, sainte Thérèse, Grégoire VII, Lémos, etc.; Confidences de deux curés protestants du diocèse de L(isieux), etc., in-8°, Edimbourg (Rouen), 1778; Voltairimeros, ou première journée de M. de V. dans Vautremonde, 2 in-12, Bruxelles, 1779, autre fiction où il met le défunt Voltaire en présence de personnages tels que Jeanne d'Arc, Collins, le pape Clément XIV, dom Calmet, etc. Tous ces travaux valurent à l'abbé Baston d'être nommé chanoine en 1778, et vice-promoteur de l'oflicialité, en 17S1, par le cardinal de la Rochefoucauld, archevêque de Rouen. Pendant la Révolution, il combattit la constitution civile du clergé par de nombreux écrits, vingtquatre brochures environ, qui se succédèrent dans l'espace de quinze mois et qui eurent un grand retentissement en Normandie. Il avait publié auparavant : Doctrine catholique sur le mariage, in-12, 1791. Soumis à la déportation, pour refus de serment, il dut se réfugier (septembre 1792) à Londres d'abord, puis en Hollande et enfin à Coesfeld en Westphalie, où il commença ses Mémoires, édités pour la Société d'histoire contemporaine, 3 in-8°, Paris, 1897-1899. Il avait publié une consultation théologique : De l'absolution donnée à l'article de la mort par un prêtre schismatique constituttonel, in 8», Maestricht, 1794. Le 26 mai 1803, il quitta Coesleld et revint à Rouen, où l'archevêque Cambacérès le nomma vicaire général, officiai, théologal, puis doyen du chapitre. Gallican enthousiaste et convaincu, il accompagna son évoque devenu cardinal au concile national de Paris, en 1811, et lui conseilla de voter le décret du 5 août. Celte attitude lui valut les faveurs de Napoléon Ier, qui le nomma évèque de Séez le 14 avril 18i3. Le chapitre cathédral ayant consenti d'autre part à le nommer vicaire capitulaire, avec deux autres administrateurs, il gouverna quelque temps le diocèse. Mais quand on sut que le pape Pie VII, consulté sur la validité de ses pouvoirs, avait répondu que le chapitre n'avait pas le droit de les lui conférer, on s'éloigna de lui, et le chapitre ne tarda pas à révoquer lui-même sa première décision (11 juin 1814). L'abbé Baston se retira alors dans sa famille, à Saint-Laurent, Il publia, les dernières années de sa vie : Solution d'une question de droit canonique par un docteur de Sorbonne, in-8°, Paris, 1821 ; Réclamation pour l'Église de France et pour la vérité contre l'ouvrage de M. le comte de M ai s Ire {Du pape), etc., in-8°. Rouen, 1821; Antidote contre 1rs erreurs et la réputation de l'Essai sur l'indifférence en matière de religion, in-8°, Paris, 1823; Concordance îles lois civiles cl des lois ecclésiastxqu.es touchant le mariage, in-12, Paris, 1824; Précis sur l'usure attribuée aux prêts ducommera, in-8°, Paris, 1825, où il prétend que les trois contrats et les prêts de commerce sont une seule et même chose, et que les

trois contrats ne sont condamnés par aucune autorité qui fasse loi. A la fin du volume se trouve l'Opinion véritable de Bergier sur l'usure, mise en regard avec celle qu'on lui prête dans les éditions de son Dictionnaire de théologie, faites à Toulouse en 1817-1818. L'abbé Baston mourut le 26 septembre 1825, à Saint-Laurent, près Pont-Audemer.

Mémoires de l'abbé Baston, publiés par l'abbé J. Loth et Ch. Verger, Paris, 1897, t. I, Introduction ; Ami de la religion, t. xlix, p. 369-375 ; t. l, p. 17-23, 49-55 , Hurter, Nomenclator, a- édit., Inspruck, 1895, t. m, col. 742-743.

J. Bellamy.

BATAILLARD Charles, écrivain français dont les ouvrages, publiés dans les premières années du xixe siècle, sont consacrés à défendre, contre les théories philosophiques du siècle précédent, les saines doctrines en matière de religion et de morale. Il a fait paraître: 1° Accord du christianisme et de la philosophie, in-8», 1802; 2° Le double concordat, 1802; 3° L'ami des gouvernements ou les principes et les lumières de la saine l>hilusophie opposés aux paradoxes et aux maximes pernicieuses du philosophisme, in-8°, 1802; 4° Du duel, considéré sous le rapport de la morale, de l'histoire, de la législation et de l'opportunité d'une loi répressive, in-8», Paris, 1829.

Quérard, La France littéraire; Hœfer, Nouvelle biographie générale, Paris, 1853, t. IV.

BATARD. Voir Irrégularité.

BATISTA Jean lldephonse, dominicain, né à Saragosse. Professeur de théologie dans le couvent de sa ville natale (1611); présenté en théologie (1615) ; successivement professeur de théologie à l'université de Saragosse à la chaire dite de Scot, et à la première chaire d'Écriture sainte; maître en théologie (1629); mort vers le milieu du xvne siècle. — 1° Ajiologia por la autoridad de los doctores de la lglesia, y Sanctos Padres, contra un mémorial intitulado, A los Jue~es de la verdad y doctrina, in-8°, Saragosse, 1628, traduit en latin par le P. Jean-Paul Nazarius, O. P., in-4°, Bologne, 1633; 2° Commentaria et disputationes in Iam 11* S. Thomse Aquinatis, 3 in-fol., Lyon, 1618. Les commentaires vont jusqu'à la question xlviii, et l'auteur est probabiliste.

Quétif-F.chard, Script, ord. pned., t. u, p. 558; Hurter, A'o menclator titerarius, t. I, p. 375.

P. Mandonnet.

BATTAGLINI marc, né à Rimini le 25 mars 1615, étudia le droit à Céséne et y reçut le bonnet de docteur à l'âge de 16 ans. Il fut nomme évèque de Nocera, le 17 avril 1690, et transféré, le 8 juin 1716, à Césène, où il mourut le 19 septembre 1717. Ses principaux ouvrages sont : Istoria universale di tutti i concilii generali e particolari di sauta Chiesa, in-fol., Venise, 1686; 2e édit. augmentée, 2 vol., 1689; 1696; 1714; Annali del sacerdozio e dell' imperio, intorno ail' intero sec. xvn di nostra sainte, 4 in-fol., Venise, 1701-1711; Ancône, 1742; Istruzione ai parochi per ispiegare ai popoli luro la parola di Dio, 2 in-12, Venise, 1692.

Ughelli, I talia sacra, 2* édit., Venise. 1717, t. i, col. 1074 ; t. It, ml. 407; Mazzuchelli, Gli scrittori d'I talia, Brescia, 1768, t. u, p. 544; Hurter, Nomenclator, 2' édit., Inspruck, 1893, t. u, col. 867-808; Kirchenlexikon, 2* édit., Fribouxg-en-Brisgau, 1888, t. u, col. 41.

J. Beli \mv.

BAUCIO (Charles de), théologien italien du XVII- siècle, originaire de Capoue. Il est l'auteur de plusieurs traités de théologie dogmatique ou morale: I" Tractutus dejudicio universali, in-8°, Naples, 1640; 2° Variaopuscula île misccllancis practicis casuum conscientise, in-fol., Naples, 1651; 3" Selecta casuum conscientise recondilorum, in-fol. Naples, 1652; V un autre ouvrage

BAUCIO

BAUNY

de morale : Praxis confessariorum, tractatus magnopere necessarius ad munus confessarii, a été mis à l'index par décret du 12 juillet 1633, donec corrigatur.

Glaire, Dictionnaire des sciences ecclésiastiques, Paris, 18G8; Hœfer, Nouvelle biographie générale, Paris, 1853.

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