C. Quod se inactibus exerceie
1. L'homme, en cette vie, peut acquérir un si grand et tel degré de perfection qu'il devienne tout à tait impeccable et ne puisse plus croître en grâce, car, disent-ils, si quelqu'un pouvait toujours progresser, il pourrait devenir plus parlait que Jésus-Christ.
2. Il ne faut pas que celui-là jeûne ou prie qui aura atteint ce degré de perfection, parce que, dans cet état, les sens sont assujettis à l'esprit et à la raison si parfaitement quel'homme peut librement accorder au corps tout ce qui plait.
3. Ceux qui sont parvenus a ce degré de perfection et à cet esprit de liberté ne sont plus assujettis à l'obéissance humaine, ni obligés d'accomplir les préceptes de l'Église, car, disent-ils, où est l'esprit du Seigneur là est la liberté.
4. L'homme peut atteindre, dans cette vie, la béatitude finale, au point d'obtenir le même degré de perfection qu'il aura dans la vie béatitîque.
5. Toute nature intellectuelle est naturellement bienheureuse en elle-même, et l'homme n'a pas besoin de la lumière de gloire pour s'élever à la vision et à la jouissance béatiliquc de Dieu.
G. S'exercer aux actes des
BÉGHARDS, BÉGUINES HÉTÉRODOXES
virtutum est liominis imper- Iccli, et perfecta anima licentiat a se virtutes.
7. Quod mulieris OSCUlum, cum ad hoc natura non inclinet, est mortale peccatum ; actus autem carnalis, cum ad lu c natura inclinet, peccatum non est, maxime cum tentatur oxercens.
8. Quod, in elevatione corporis Jesu Christi.non debent assurgere, nec eidem reverentiam exhibere, asserentes quod esset imperfectionis eisdem si a puritate et altitudine suae contemplationis tantum descendcrent quod circa ministerium sou sacramentum eucharistiœ, aut circa passioncm humanitatis Christi, aliqua cogitaient.
vertus est le propre de l'homme imparfait, et une âme parfaite se dispense de les pratiquer.
7. Embrasser une femme, quand la nature n'y incline pas, est un péché mortel ; mais un acte charnel, quand la nature y incline, n'est pas un péché, surtout quand celui qui fait cet acte est tenté.
8. Pendant l'élévation du corps de Jésus-Christ, on ne doit pas se lever ni lui donner des marques de respect: ce serait, affirment-ils, une imperfection de descendre de la pureté et de la hauteur de sa contemplation pour penser au ministère ou au sacrement de l'eucharistie, ou à la passion de l'humanité du Christ.
« Ces principes ne ressemblent pas mal au quiétisme de nos jours, » a observé J. Lenfant, Histoire de la guerre des hussites et du concile de Basle, Utrecht, 1731, t. i, p. 31. Cf., sur ce point, Noël Alexandre, Hist. eccles., Venise, 1778, t. vm, p. 526-556. Si le quiétisme a repris, sauf à les atténuer, les huit articles qui résument la doctrine des béghards, ces huit articles, à leur tour, dépendent de l'enseignement des frères du libre esprit, et peuvent être considérés comme une sorte de réduction des quatre-vingt-dix-sept propositions de la secte de l'esprit rapportées dans l'anonyme de Passau et qui avaient été dressées par Albert le Grand. Sur l'origine de ces propositions, cf. les belles études de \V. Preger, Geschichte der deutschen Mystikim Mittelalter, Leipzig, 1874, t. i; les 97 propositions se trouvent aussi dans I. von Dôllinger, Beitrâge zur Sektengeschichte des Miltelalters, Munich, 1890, t. il, p. 395- 402. Aucune des formules condamnées à Vienne ne contient l'affirmation directe de l'identité entre Dieu et l'homme, que l'on trouve dans la plupart des documents relatifs au béghardisme; mais, du commencement à la fin, elle y est sous-entendue. L'idée fondamentale c'est, conformément à ce qu'on lit dans l'interrogatoire de Jean Hartmann, dans Dôllinger, Beitrâge zur Sektengeschichte des Mittclalters, t. n, p. 384, que l'homme peut arriver à un état où units est cum Deo et Deus cum eo unus absque omni distinctione. Il en résulte, au point de vue spéculatif, que l'homme peut s'élever à une perfection telle qu'un progrès ultérieur lui est impossible (a. 1), car Dieu ne progresse pas; que l'homme, dès à présent, peut jouir de la béatitude finale (a. 4), car il ne peut, dans l'autre vie, avoir mieux que l'identité avec Dieu ; que l'homme n'a pas besoin de la lumière de gloire pour voir Dieu et jouir de lui béatifiquement, puisque naturellement la créature intellectuelle est bienheureuse en elle-même (a. 5), par le fait qu'elle est Dieu. On ne peut devenir plus parfait que le Christ (a. 1); tous les béghards ne seront pas de cet avis et, par exemple, Jean Hartmann niera que le Christ ait eu la liberté de l'esprit, dans Dôllinger, ibid., p. 387. Mais, si le Christ a été' parfait, l'homme libre l'est autant que lui, et ce serait déchoir que d'abandonner les hauteurs de la contemplation pour arrêter sa pensée à la passion du Christ ou à l'eucharistie; il ne faut pas témoigner du respect à l'hostie consacrée au moment de l'élévation (a. 8). Selon la juste remarque de Delacroix, Essai sur le mysticisme spéculatif en Allemagne au xivc siècle, p. 9't-95, « ni l'ascétisme ni son contraire ne découlent nécessairement des principes panthéistes que la secte avait admis; la liberté en Dieu peut être conçue aussi bien comme l'affranchissement de tout désir que comme le droit de laisser en le cœur affiner tout désir. » I.cs béghards hétérodoxes embrassèrent ce dernier parti, et conclurent de leur panthéisme
le droit et le devoir d'agir selon l'instinct et la passion. L'homme parfait est absolument impeccable (a. 1); comment ne le serait-il pas, dés lors que Dieu fait en lui toutes ses œuvres? Il ne doit ni prier, ni jeûner, ni observer les commandements de l'Église ; il est délié de toute obéissance humaine, car où est l'esprit de Dieu là est la liberté ; la sensualité est tellement assujettie à l'esprit et à la raison qu'il peut accorder à son corps tout ce qui lui plait (a. 2, 3). Il n'y a donc pas de péché à commettre un acte charnel quand la nature y incline, quand la tentation y pousse; au contraire, le mulieris osculum, moins grave en lui-même que l'acte charnel, serait un péché grave si la nature n'y inclinait pas (a. 7). C'est le fait d'un homme imparfait de s'adonner à la pratique des vertus (a. 6). On a prétendu que les béghards avaient d'autres erreurs, qui « semblent imaginées pour justifier leurs principes contre les difficultés qu'on leur opposait : telle est la proposition qui dit que l'âme n'est point essentiellement la forme du corps; cette proposition parait avoir été avancée pour expliquer l'impeccabilité, ou cette espèce d'impassibilité à laquelle les béghards tendaient ; de l'expliquer, dis-je, en supposant que l'âme pouvait se séparer du corps ». Pluquet, Dictionnaire des hérésies, Besançon, 1817, t. I, p. 6C0. Tout cela est inexact; la Clémentine sur l'union de l'âme et du corps, Clementinarum, 1. I, tit. m, De summa Trinitate et jide catholica, c. i, fut dirigée contre Pierre-Jean Olivi et motivée par les explications qu'il donnait en soutenant que le Christ n'était pas mort quand il reçut le coup de lance.
Loin de disparaître à la suite du concile de Vienne, les hérésies des béghards allèrent s'accentuant. L'édit de Jean de Dùrbheim, évèque de Strasbourg (1317), énumère un nombre considérable d'erreurs. La première, de laquelle toutes les autres procèdent, constate l'évêque, est un panthéisme, dont voici la formule : Dicunt se esse vel aliquos ex islis perfectos et sir unitos Deo quod sint realiter et veraciter ipseDeus, quia dicunt se esse illud idem et unum Esse quod est ipse Deus absque omni distinctione. Ex hoc articulo sequuntur mulli alii articuli. Cf. Dôllinger, Beitrâge zur Sektengeschichte des Miltelalters, t. Il, p. 389-390. Les blasphèmes contre le Christ et l'eucharistie abondent, l'existence de l'enfer et du purgatoire est niée, la bride est lâchée à l'instinct et à la passion, etc. Un demi-siècle plus tard, Berthold de Rohrback enseignait que l'homme libre n'a pas besoin de jeûnes et de prières; qu'il mérite plus de créance que l'Évangile, que le Christ, dans sa passion, douta de son salut, maudit la sainte Vierge et la terre qui fut arrosée de son sang, etc. Cf. Raynaldi, Annal, eccl., an. 1353, n. 27. Mais ce qu'il importe de lire surtout, pour connaître les aberrations intellectuelles et morales des béghards, ce sont les interrogatoires de Jean de lîriînnetde Jean Hartmann, publiés par W. Wattenbach, dans Silzungsberichle der K. preussischen Akademie der Wissenchaften zu Berlin, 1887, et (le second) par Dôllinger, Beitrâge zur Sektengeschichte îles Mittclalters, t. n, p. 381-389 ; il est impossible d'avoir des idées plus basses et d'agir plus vilainement. Kst-ce à dire que tous les béghards hétérodoxes tirèrent des prémisses qu'ils admettaient toutes ces conséquences théoriques et pratiques? Non pas. Il y en eut certainement qui furent meilleurs que leurs principes. Mais, s'il n'est pas permis d'accueillir indistinctement tous les mauvais bruits qui circulèrent sur leur compte, si les accusations populaires dont ils étaient l'objet furent parfois aveugles et injustes, « des témoignages abondants et formels nous obligent à croire que, dans certains cas, du moins, les sectaires se laissaient aller â la plus grossière luxure. » Lea, Histoire </<■ l'Inquisition, trad, Reinach, t. n, p. 428. L'extrême limite des débordements semble avoir été atteinte par la secte des turlupins, dans laquelle le pape Grégoire XI voit une variété de béghards. Cf.
BÉGHARDS, BÉGUINES HÉTÉRODOXES — BELGIQUE
Raynaldi, Annal, eccl., an. 1373, n. 19; en rapprocher Gerson, Sermo de sanclo Ludovico, dans Opéra, Paris, 1606, t. n, col. 763, et Wasmod de Hombourg, dans son traité contre les béghards, composé vers 1400 et publié par H. Haupt, dans Zeitschrift fur Kirchengeschichte, Gotlia, 1885, t. vu, p. 574. Voir Turlupins.
Du reste, à mesure qu'ils s'éloignent de leurs origines, les béghards perdent une partie des traits qui les dillérencient nettement des autres hérétiques. Leurs doctrines se confondent, plus ou moins, non seulement avec celles des sectaires issus, comme les béghards, des frères du libre esprit, tels que les lollards, les luciférains, les turlupins, les hommes de l'intelligence, mais encore, à un degré variable, avec les autres sectes contemporaines : vaudois, apostoliques, lraticelles, flagellants, etc. En particulier, ils partagent la haine implacable <fe l'hétérodoxie du XIVe siècle contre l'Église de Rome.
I. Sources anciennes. — Le document capital, au point de vue théologique, est, dans les Clémentines, le c. H du 1. V, tit. m, De hxreticis ; voir encore, dans les Clémentines, le c. I du 1. III, tit. xi, De religiosis domibus ut episcopo sint subjactse. Un grand nombre de documents ont été publiés par J. L. Mosheim, De beghardis et beguinabus commentarius, voir surtout la réédition de G. H. Martini, avec un double appendice, Leipzig, 1790 ; la bulle publiée p. 284, et que Jean XXII aurait lancée contre les béghards, en 1330, avec l'incipit In agro dominico, est imaginaire; cf. H. Denifle, Archiv fur Litteratur und Kirchengeschichte des Mittelalters, Berlin, 1886, t. Il, p. 640. 11 y a quelques bulles dans Raynaldi, Annal, eccl., notamment an. 1353, n. 26, an. 1365, n. 17, an. 1373, n. 19; cf. an. 1372, n. 34. Peut-être y a-t-il une allusion aux béghards dans le De imitatione Christi, 1. I, c. i, n. 3 ; 1. III, c. m, n. 1; cf. A. Loth, dans la Revue des questions historiques, Paris, 1874, t. XV, p. 140-141, et en rapprocher P.-E. Puyol, La doctrine du livre De imitatione Christi, Paris, 1898, p. 59-60, et L'auteur du livre De imitatione Christi, Paris, 1899, p. 377-378. Parmi les auteurs qui ont parlé des béghards leurs contemporains, citons le franciscain Alvarez Pélayo, De planctu Ecclesix (écrit vers 1330), Venise, 1560, 1. II (des fragments sont reproduits dans Raynaldi, Annal, eccl., an. 1312, n. 17-18, an. 1317, n. 57-61); Gerson, dans Opéra, Paris, 1606, t. I, col. 342, 463, 523, 574, 588, 638 ; t. Il, col. 763, 774, 786; t. m, col. 59, 258, etc. ; Félix Hemmeilin, cf. G. Brunet, Manuel du libraire et de l'amateur de livres, 5' édit., Paris, 1862, t. m, p. 93-94. Des textes de grande importance ont été récemment publiés par H. Haupt, Beitrùge zur Geschichte der Sekte vom freiem Geiste und des Beghardentums, dans Zeitschrift fur Kirchengeschichte, Gotha, 1885, t. Vil, p. 503-576, et Zwei Traktate gegen Beguinen und Begharden, ibid., 1890, t. XII, p. 85-90; par W. Wattenbach, Ueber die Sekte der Britder vom freiem Geiste, dans Sitzungsberichte der K. preussischèn Akadeime der Wissenchaften zu Berlin, 18->7, p. 517-544 ; par I. von Dollinger, Beitràge zur Sektengeschichte des Mittelalters, Munich, 1890, t. H, p. 378-417, 702-705. Des documents sur la béguine Marguerite Porete ont été publiés par H. C. Lea, A history o/ the Inquisition of the middle âges, New-York, 1888, t. n, p. 575-578 (non reproduits dans la traduction française de Sal. Reinach), et par Ch.-V. Langlois, Revue historique, Paris, 1894, t. Liv, p. 296-297, 297-299.
II. Travaux modernes. — W. Preger, Geschichte der deutschea Mystik im Mittelaltcr. Leipzig, 1874, t. i; A. Jundt, Histoire du panthéisme populaire au moyen âge et au xvi' siècle, Paris, 1875 ; H. C. Lea, A history of the Inquisition of the middle âges, New-York, 1888, t. n, p. 319-414; trad. franc, par Sal. Reinach, Paris, 1901, p. 383-496 ; H. Delacroix, Essai sur le mysticisme en Allemagne au xiV siècle, Paris, 1899, p. 77-134. Voir, en outre, les travaux cités au cours de cet article, surtout le livre de Mosheim et les articles de Haupt et de Wattenbach, et ceux qui sont indiqués dans Ul. Chevalier, Répertoire des sources historiques. Topo-bibliographie, col. 347.
F. Vernet.
BEGUIN Daniel, né a Château-Thierry, le 14 octobre 1608, entré dans la Compagnie de Jésus le 22 octobre 1628, professa la théologie à Reims et y mourut le 19 mars 1696. On lui doit : De veritate divinitatis Christi per duodecim evidentia credibilitatis argumenta demonstratx, in-8°, Paris, 1680. Il publia aussi une Retraite et des Méditations.
De Backer et Sommervogel, Bibliothèque de la C* de Jésus, 1 I, col. 1129. JOS. RrUCKER.
BÉGUINES. Voir Réghards et Réguines hétérodoxes, col. 528.
BÉGUINS. Voir Réghards, col. 528 et Fraticelles.
BEJA PERESTRELLO (Louis de), théologien portugais de l'ordre des ermites de Saint-Augustin, vivait à la fin du xvie siècle. Il naquit soit à Coïmbre, soit à Perestrello. Il habita diverses maisons de son ordre à Rome, à Florence et à Rologne où il enseigna pendant de longues années le droit, l'Ecriture sainte et la théologie. Il eut à exercer les fonctions d'inquisiteur de la foi et fut le théologien du cardinal Paleoti. On lui attri^ bue divers traités : De contractibus libellariis ; De venditione re l'uni frucluosarum, 1600; Responsa casuum conscientix, 1587 ; Collegium sacrum Bononiense, in-8°, Cologne, 1629.
N. Antonio, Bibliotheca hispana nova, in-fol., Madrid, 1788, t. n, p. 23; Hurter, Nomenclator literarius, Inspruck, 1895, t. I, p. 129.
R. Heurtebize.
BELGIQUE. — I. Constitution belge. II. Statistique religieuse. III. Communautés religieuses. IV. Missions. V. Enseignement. VI. Congrès, œuvres sociales et charitables. VII. Sciences sacrées et publications.
La Relgique, réunie à la Hollande sous le nom de royaume des Pays-Ras après la chute de Napoléon Ier, se révolta, en 1830, par suite des vexations religieuses d'un gouvernement calviniste et se constitua en royaume sous une monarchie constitutionnelle. Elle choisit pour roi Léopold Ier, prince de Saxe-Cobourg-Gotha, qui la gouverna jusqu'à sa mort arrivée le 10 décembre 1865. Son fils aine Léopold II lui succéda immédiatement; il compte en 1903, un règne de 38 ans qu'aucune guerre n'a troublé. L'indépendance et la neutralité de la Relgique furent reconnues et garanties par les cinq grandes puissances : l'Angleterre, l'Autriche, la France, la Prusse et la Russie, lorsque la Relgique eut adhéré, le 15 novembre 1831, au traité dit des vingt-quatre articles, par lequel les cinq puissances fixaient les limites du nouveau royaume et sa part dans les dettes de l'État auquel il appartenait auparavant. L'article 25 disait : « Les cours d'Autriche, de France, de la Grande- Rretagne, de Prusse et de Russie garantissent à S. M. le roi des Relges l'exécution de tous les articles qui précèdent. » L'article 26 ajoutait : « A la suite des stipulations du présent traité il y aura paix et amitié entre S. M. le roi des Relges d'une part, et LL. MM. l'empereur d'Autriche, le roi des Français, le roi du royaume-uni de la Grande-Rretagne et d'Irlande, le roi de Prusse et l'empereur de toutes les Russies de l'autre part, leurs héritiers et successeurs, leurs États et leurs sujets respectifs, à perpétuité. » Voir Thonissen, La Belgique sous le règne de Léopold 1er, Louvain, 1861, c. vi-vn. Malgré les bouleversements survenus, cette paix n'a jamais été troublée et la neutralité imposée à la Relgique a toujours été respectée.
I. Constitution belge. — La charte constitutionnelle, donnée à la Relgique par le Congrès national de 1830, proclame tous les Relges égaux devant la loi (a. 6) ; elle admet indistinctement tous les Relges aux emplois civils et militaires; il n'y a plus de distinction d'ordre ni pour la noblesse ni pour le clergé. « La liberté individuelle est garantie. Nul ne peut être poursuivi que dans les cas prévus par la loi, et dans la forme qu'elle prescrit (a. 1er). Le domicile est inviolable (a. 10); nul ne peut être privé de sa propriété que pour cause d'utilité publique, dans les cas et de la manière établis par la loi, et moyennant une juste et préalable indemnité (a. 11). La confiscation des biens et la mort civile sont abolies (a. 12, 13). La liberté des cultes, celle de leur exercice public, ainsi que la liberté de manifester ses opinions en toute matière, sont garanties, sauf
BELGIQUE
la répression des délits commis à l'occasion de l'usage de ces libertés » (a. 14). Cet article, objet de tant et de si vives discussions, n'établit pas des droits absolus, mais seulement des droits politiques, puisqu'il réprime les délits; il ne déclare pas tous les cultes également bons, également utiles à la société; mais, comme la Constitution proclame la liberté individuelle, elle garantit à chacun la liberté de professer son culte et de manifester sa pensée. Les nombreux catholiques, qui faisaient partie du Congrès, savaient parfaitement que le culte catholique est le seul vrai, le seul qui procure le salut éternel ; leur but n'était pas de le mettre sur le même pied que les cultes juifs ou protestants; mais ils voulaient empêcher le retour des vexations dont le culte catholique avait été l'objet sous le gouvernement néerlandais. Ce gouvernement avait en effet appliqué à la religion catholique les articles organiques du Concordat, réprouvés par le saint-siège, et soumis l'exercice public du culte, notamment les processions, aux règlements de police. Les catholiques voulaient que désormais aucune entrave ne pût être mise à l'exercice du culte catholique. Ils rejetèrent l'amendement suivant : <• L'exercice d'aucun culte, hors des temples, ne peut être empêché qu'en vertu d'une loi. » En vertu de cet article de la Constitution l'exercice public du culte catholique, non seulement à l'intérieur de l'église, mais à l'extérieur, est entièrement libre; les processions des rogations et du Saint-Sacrement, l'acte de porter solennellement le Saint-Sacrement aux infirmes et aux mourants, d'accompagner un convoi funèbre, ne sont soumis à aucune autorisation et ne peuvent être empêchés par aucune loi ni par aucune mesure préalable. La police locale ne peut pas plus, sous prétexte de la crainte d'un désordre éventuel, interdire l'exercice public d'un culte, qu'elle ne pourrait, sous le même prétexte, empêcher la publication d'un journal politique hostile aux ministres. Mais un ministre du culte qui, en chaire, calomnierait le gouvernement ou une personne privée serait passible des tribunaux.
La liberté de manifester publiquement ses opinions comme toutes les autres libertés, a ses limites dans le respect dû aux droits d'autrui. « Nul ne peut être contraint de concourir d'une manière quelconque aux actes et aux cérémonies d'un culte, ni d'en observer les jours de repos » (a. 15). En vertu de cet article on a retranché de la formule du serment judiciaire : « Ainsi m'aident Dieu et ses saints » le mot « saints », parce que l'invocation des saints est un acte du culte catholique.
« L'Etat n'a le droit d'intervenir ni dans la nomination ni dans l'installation des ministres d'un culte quelconque, ni de défendre à ceux-ci de correspondre avec leurs supérieurs et de publier leurs actes, sauf, en ce dernier cas, la responsabilité ordinaire en matière de presse et de publication » (a. 16). Cet article a supprimé le placet royal avec toutes ses vexations. Dans la plupart des États modernes, sans excepter ceux où la religion catholique est, comme en Belgique, celle de l'immense majorité de la population, aucune encyclique, bulle, bref, rescrit, mandat, de la cour pontilicale, ne peut être reçu, publié et mis à exécution sans l'autorisation préalable du gouvernement. Le chef de l'État y nomme ordinairement les évéques, tandis que l'intervention du souverain pontife se borne à leur conférer ou refuser l'institution canonique. La Constitution belge supprime ces entraves. L'État n'intervient pas dans la nomination des ministres du culte : le pape nomme librement les évéques sans aucune intervention du gouvernement, et les évéques nomment les chanoines, les curés et les vicaires conformément aux lois canoniques. Cette disposition de la Constitution belge a toujours été fidèlement observée; elle est pour la religion d'une valeur inappréciable el produit le plus grand bien. Mais d'un autre côté il n'j a plus de privilèges
pour les ecclésiastiques et les religieux; ils doivent payer l'impôt comme tout le monde et sont soumis aux mêmes tribunaux. L'État accorde cependant aux prêtres l'exemption de la milice.
« L'enseignement est libre; toute mesure préventive est interdite; la répression des délits n'est réglée que par la loi. L'instruction publique donnée aux frais de l'État est également réglée par la loi » (a. 17). Cette décision du Congrès national n'a pas été moins favorable à l'Église que la précédente. Les catholiques belges n'ont pas tardé à profiter du pouvoir que leur donnait le Congrès. Dès 183i ils ont érigé l'université' catholique de Louvain, qui s'est développée et compte aujourd'hui environ cent professeurs et deux mille étudiants et a peuplé la Belgique de magistrats, d'hommes politiques et d'avocats, de médecins et d'ingénieurs. Les loges maçonniques de leur côté ont créé l'université libre de Bruxelles avec le concours de la ville et de la province; mais elles en sont demeurées là, tandis que les catholiques ont fondé l'enseignement à tous les degrés ; ils ont établi des grands et des petits séminaires, des collèges et des pensionnats dans toutes les villes, des écoles normales, des écoles primaires presque partout pour les garçons, des écoles et des pensionnats pour les tilles. Des congrégations religieuses se sont formées pour donner l'enseignement; les jésuites se sont voués à l'enseignement moyen, les frères de la doctrine chrétienne à l'enseignement primaire. Tous les pensionnats de jeunes filles sont aux mains des religieuses. A peine compte-t-on quatre ou cinq pensionnats laïques. Les religieuses avec les institutrices qu'elles ont formées dirigent toutes les écoles primaires; il n'y a guère que les écoles communales de Bruxelles et des trois grandes villes qui fassent exception. Les catholiques ont fait des sacrifices énormes pour l'enseignement à tous les degrés. L'université de Louvain coûte, à elle seule, aux catholiques environ cinq cent mille francs par an. Malgré les services qu'elle rend, particulièrement à la ville de Louvain, elle ne reçoit aucun subside ni de la ville ni de la province, tandis que l'université maçonnique de Bruxelles reçoit de ces deux sources le plus gros de ses revenus.
L'enseignement est une de ces matières mixtes qui intéressent à la fois l'Eglise et l'État. 11 n'est pas de question où la bonne entente des deux pouvoirs soit plus nécessaire au bien de la société. Par suite des guerres l'enseignement avait été furt négligé. Le Congrès voulut qu'il fût réorganisé dans le nouveau royaume par de bonnes lois. C'est ce qui fut fait. L'État créa deux universités, l'une à Gand et l'autre à Liège, établit dans les villes des athénées et des collèges et organisa par la loi de 1842 l'enseignement primaire pour les deux sexes. La religion fit partie du programme.
La liberté des opinions demande la liberté de la presse pour les exprimer. L'opinion publique exaspérée par les tracasseries du gouvernement hollandais et inlluencée par les doctrines lamennaisiennes la réclamait impérieusement; le gouvernement provisoire l'avait décrétée; le Congrès statua : « La presse est libre; la censure ne pourra jamais être établie » (a, 18). Comme pour les autres libertés, seuls les délits sont prohibés. Les catholiques n'ont pas profité de la liberté' de la presse comme de la liberté d'enseignement el jusqu'aujourd'hui ils n'ont su combattre assez efficacement l'action dissolvante et destructive des mauvais journaux et de la mauvaise presse sur la foi et les moins. Ils ont mieux profité de l'article '21) : « Les Belges oui le droil de s'associer; ce droil ne peut «Mie soumis à aucune mesure préventive. » Cet article abolit l'article 29 du code pénal de 1810 et sanctionne l'arrêté du gouvernement provisoire portant : « Il esl permis aux citoyens de s'associer, comme ils l'entendent, dans un but politique,
religieux, philosophique, littéraire, industriel et com-
BELGIQUE
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mcrcial. Les associations ne pourront prétendre à aucun privilège. » Une circulaire du ministre de l'intérieur du 16 avril 1831 précise le sens et la portée de l'art. 20 : « L'art. 20 de la Constitution, qui reconnaît aux Belges le droit de s'associer, ne donne point aux associations qui se sont formées en vertu de cette disposition, dans un but religieux ou autre, le droit d'acquérir et de transférer des biens comme personnes civiles... Quant aux congrégations précédemment reconnues comme personnes civiles, elles restent soumises aux obligations que leur imposent les lois et règlements. »
En vertu de ce droit d'association dénié sous l'empire et sous le gouvernement hollandais, les bénédictins, les prémontrés, les franciscains, les dominicains, les carmes, les jésuites et les autres congrégations d'hommes et de femmes qui avaient disparu du solde la Belgique se sont successivement rétablis et multipliés et ont pu créer un grand nombre d'établissements d'instruction et de charité. Grâce à ce même article les religieux et religieuses françaises, victimes d'une loi persécutrice, ont pu en ■1902 trouver en Belgique un asile tranquille.
Les articles suivants ont moins d'importance, ils donnent à tous les Belges le droit de pétition, et déclarent le secret des lettres inviolable et l'emploi des langues usitées en Belgique facultatif (a. 21-23); ils attribuent aux deux Chambres des représentants et du Sénat, nommées par élection, le pouvoir législatif, la confection des lois et le vote des impôts et des budgets {a. 24-59, 110-116). Quelques modifications ont été apportées aux a. 47 sq. concernant l'électorat, en 1893. Le pouvoir exécutif appartient au roi qui est chef de l'armée, déclare la guerre et fait la paix, sanctionne et promulgue les lois, choisit et révoque ses ministres, seuls responsables devant les Chambres (a. 63-72). La monarchie est déclarée héréditaire dans la descendance directe, naturelle et légitime de S. M. Léopold-Georges- Chrétien-Frédéric de Saxe-Cobourg de mâle en mâle, par ordre de primogéniture et à l'exclusion perpétuelle des femmes (a. 60). Les causes civiles et criminelles sont du ressort du pouvoir judiciaire, exercé par les tribunaux et le jury, qui sont, dans la sphère de leurs attributions, absolument indépendants du pouvoir exécutif {a. 92-107). Nous ne pouvons omettre l'article 117 : « Les traitements et pensions des ministres des cultes sont à la charge de l'État; les sommes nécessaires pour y faire face sont annuellement portées au budget. » En Belgique, comme en France, le clergé avait été dépouillé de ses biens. L'Assemblée constituante, en mettant les biens du clergé à la disposition de la nation, avait, par un décret du 2 novembre 1789, pris l'engagement solennel de pourvoir d'une manière convenable aux frais du culte et à l'entretien de ses ministres. C'était une obligation de justice; le gouvernement des Pays-Bas l'avait respectée. Le Congrès l'inséra dans la Constitution. Cette obligation ne concernait que le culte catholique, le seul qui eût été dépouillé; mais le Congrès voulut y comprendre les cultes alors existants en Belgique, c'est-à-dire le culte protestant et le culte israélite. La Constitution n'a pas défendu d'augmenter les traitements, ils l'ont été par la loi du 24 avril 1900 qui fixe le traitement de l'archevêque à 21000 francs, celui des évêques à 16 000 francs, celui des curés de lre classe à 2100 francs, celui des curés de 2e classe à 1600 francs «n moyenne, celui des desservants à 1 200 francs en moyenne et celui des chapelains et vicaires à 900 francs en moyenne. Le traitement inférieur est de 800, le traitement moyen de 900 et le traitement supérieur de 1000 francs. Pour les desservants l'échelle est de 1000, 1200, 1400 francs. L'augmentation n'était que juste, car, si le clergé avait conservé ses biens, ils auraient aujourd'hui une plus grande valeur qu'en 1790. Voir Thonissen, La Constitution belge annotée, 2e édit., Bruxelles, 1876.
On a beaucoup discuté sur la Constitution belge et sur les libertés qu'elle octroie à tous les citoyens indistinctement. Certains publicistes ont voulu en faire des principes absolus, tandis que ce ne sont que des statuts transactionnels sanctionnés par l'accord unanime des partis. Comme l'écrivait en 1863 le savant bollandiste Victor de Buck : « La Constitution belge est une grande loi de transaction, conforme à l'état des esprits et aux besoins de la nation, jugée sage et excellente par les meilleurs hommes politiques du pays, accueillie par des applaudissements unanimes, sans distinction de partis ou de tendances, et en particulier par le clergé. » Assemblée générale des catholiques en Belgique, Bruxelles, 1864, t. il, p. 287. Les controverses sur les libertés modernes ont été terminées par l'enseignement si net et si précis de Léon XIII sur la constitution civile des États, et sur les principaux devoirs des citoyens chrétiens.
II. Statistique religieuse. — 1° Clergé catholique. — La Belgique occupe une superlicie totale de 2 945589 hectares divisée en neuf provinces et en 2614 communes avec une population qui s'élevait au 31 décembre 1900 à 6693548 habitants. Les provinces sont Anvers avec sa métropole commerciale; Brabanl avec Bruxelles capitale du royaume; Flandre occidentale avec Bruges comme chef-lieu ; Flandre orientale, cheflieu Gand; Hainaut. chef-lieu Mons; Liège avec cette ville comme chef-lieu; Limbourg, chef-lieu Hasselt; Luxembourg, chef-lieu Arlon; Namur avec cette ville comme chef-lieu.
Ces neuf provinces forment six diocèses : l'archevêché de Malines, qui comprend les provinces très populeuses du Brabant et d'Anvers; l'évèché de Bruges, qui comprend la Flandre occidentale; la Flandre orientale forme l'évèché de Gand; les deux provinces de Liège et de Limbourg appartiennent au diocèse de Liège, qui avant la grande révolution française formait une principauté gouvernée par un prince-évêque ; l'évèché de Namur comprend les deux provinces de Namur et de Luxembourg; l'évèché de Tournai s'étend sur tout le Hainaut et possède, dans les grands centres industriels, une population ouvrière très considérable. L'archevêché de Malines, érigé en vertu des bulles de. Paul IV, du 12 mai 1359, et de Pie IV, du 11 mars 1560, et rétabli après la grande révolution française en vertu de la bulle de Pie VII, du 3 des calendes de décembre 1801, par suite du Concordat, a pour suffragants les évêcbés de Bruges, de Gand et de Namur, fondés en même temps que celui de Malines par Pau] IV, à la demande de Philippe II, roi d'Espagne, l'évèché de Liège qui remonte- à saint Materne et dont le siège fut d'abord à Maestricht, puis à Tongres, et enfin à Liège depuis saint Lambert, l'évèché de Tournai, fondé par saint Piat, l'apôtre de cette antique cité. Ces cinq évêcbés turent supprimés par la révolution française et rétablis par Pie VII, à la suite du Concordat de 1801, par la même bulle qui rétablit l'archevêché de Malines.
L'archevêque de Malines a le titre de primat de Belgique. Le siège de l'archevêché est à Malines dans l'église métropolitaine de Saint-Bombaut. L'archevêque, dont le diocèse a près de deux millions de fidèles, est aidé par un évèque auxiliaire, non reconnu par le gouvernement. Le diocèse comprend 48 doyennés, 52 cures, 653 succursales, 12 chapelles, 579 vicariats, 9 annexes, 16 aumôniers militaires, dont 8 sans indemnité, des aumôniers pour les prisons, 60 oratoires et églises non reconnues par le gouvernement. Les doyennés sont compris dans les cures et succursales. Il y a 1 grand séminaire, 3 petits séminaires, 12 collèges épiscopaux, où l'on enseigne les humanités et où l'on donne aussi des cours professionnels. Tous ces établissements sont dirigés par des prêtres. Le diocèse de Bruges, avec Saint-Sauveur comme cathédrale, 1 grand séminaire,
BELGIQUE
\ petit séminaire et 7 collèges épiscopaux d'humanités, compte 15 doyennés, 36 cures, 271 succursales, 5 chapelles, 316 vicariats, 5 aumôniers militaires, dont 2 sans indemnité, 105 chapelles et églises non reconnues et au delà de 600000 fidèles. Le diocàse de Gand, avec Saint-Bavon comme cathédrale, 1 grand séminaire, 1 petit séminaire et 4 collèges épiscopaux d'humanités, renferme 16 doyennés, 37 cures, 310 succursales, 5 chapelles, 363 vicariats, 4 annexes, 9 aumôniers militaires, dont 6 sans indemnité, 82 chapelles et églises non reconnues et 900000 fidèles. Le diocèse de Liège avec la cathédrale de Saint-Paul, 1 grand séminaire, 2 petits séminaires et 3 collèges épiscopaux d'humanités, renferme 37 doyennés, 37 cures, 649 succursales, 25 chapelles, 260 vicariats, 22 annexes, dont 10 sans indemnité, 119 oratoires et églises non reconnues et 900000 fidèles. Le diocèse de Namur, dont le siège épiscopal est la cathédrale de Saint-Aubain à Namur, possède 1 grand séminaire, 2 petits séminaires, 2 collèges épiscopaux d'humanités, 37 doyennés, 37 cures, 670 succursales, 101 chapelles, 94 vicariats, 49 annexes, dont 5 sans indemnité, 7 aumôniers militaires, dont 4 sans traitement, et 500000 fidèles. Le diocèse de Tournai, avec son ancienne et magnifique cathédrale, possède 1 grand séminaire, 1 petit séminaire, 5 collèges épiscopaux d'humanités, 32 doyennés, 32 cures, 473 succursales, 5 chapelles, 258 vicariats, 7 annexes non rétribuées, 4 aumôniers militaires, dont 2 non rétribués, 33 chapelles et églises non reconnues et environ un million de fidèles.
En résumé, il y a en Belgique 6 évêchés avec chapitre^ grands séminaires où l'enseignement des sciences sacrées, donné par les membres du clergé diocésain, dure généralement trois ans et comprend l'ensemble de la théologie, 10 petits séminaires comprenant l'enseignement de la philosophie et des humanités, 33 collèges épiscopaux comprenant, la plupart, outre l'enseignement des humanités, des cours professionnels. Dans tous ces établissements les cours sont donnés par des prêtres séculiers appartenant au diocèse où se trouve rétablissement. Les six évêchés ont en outre un grand séminaire commun à Borne et le collège du Saint-Esprit pour la théologie approfondie à Louvain. Les jésuites ont aussi des collèges d'humanités à Alost, Anvers, Bruxelles, Charleroi, Gand, Liège, Mons, Namur, Turnbout, Verviers; les bénédictins ont un collège d'humanités à Maredsous, dans le diocèse de Namur.
Les six évêchés comprennent 3 257 paroisses, dont les curés, sous le titre de curés ou de desservants, jouissent d'un traitement du gouvernement. Chaque paroisse a une église dont le temporel est administré par un conseil de fabrique, choisi parmi les paroissiens et dont le curé et le bourgmestre de la commune font partie de droit. Ces fabriques sont considérées comme personnes civiles; elles peuvent, sous l'approbation de févêque et du gouvernement, recevoir des donations et des fondations. Les grands séminaires sont également Teconnus comme personnes civiles, mais non les évêchés ni les autres établissements diocésains. La mainmorte est abolie. Les évêques, les curés et les vicaires et tous les autres ecclésiastiques peuvent posséder et recevoir uniquement comme personnes privées. Aux yeux de la loi civile, ils sont comme tous les autres sujets belges; ils peuvent vendre, acheter, donner, recevoir, faire partie de sociétés comme tous les autres citoyens. Tous les Belges sont égaux devant la loi. Voir Annuaire de statistique, 31e année, Bruxelles, 1901, p. 195; Annuaire du clergé belge, Bruxelles,
2" Cultes dissidents. — Ces cultes ne forment qu'une iiilime minorité en Belgique. On compte environ 30000 protestants et anglicans avec des églises ou chapelles, à Bruxelles, Anvers, Gand, Bruges, JVlons, Seraing, Verviers. Le3 juifs, au nombre de trois à quatre mille,
ont une synagogue et un grand rabbin à Bruxelles et quatre synagogues en province.
III. Communai'Tés religieuses. — Comme il a été dit plus haut, la liberté d'association a tait renaître en Belgique les anciens ordres religieux éteints et en a fait surgir de nouveaux. Ils se sont admirablement multipliés en soixante-dix ans et couvrent aujourd'hui tout le pays. C'est une floraison magnifique et variée de tous les dévouements au soulagement de toutes les misères humaines. Ce sont surtout les femmes qui se sont consacrées à ce ministère de pitié : sœurs hospitalières, sœurs noires, sœurs de charité, sœurs de Saint-Vincent de Paul, sœurs franciscaines, petites sœurs des pauvres, sœurs du Bon-Pasteur, c'est par milliers qu'on compte ces consolatrices des affligés. D'autres vierges, carmélites ou colletines, se retirent loin du monde pour prier et se livrer à la contemplation.
Les communautés religieuses qui se vouent à l'enseignement ne sont pas moins nombreuses. Parmi les religieux brillent en première ligne les jésuites et les frères des écoles chrétiennes. Les franciscains, les dominicains, les carmes, les rédemptoristes, les bénédictins et les prémontrés, s'occupent surtout de la prédication et du ministère des âmes. 11 serait trop long d'énumérer les congrégations de religieuses qui, sous différents noms, donnent l'enseignement à tous les degrés. Beaucoup de ces congrégations unissent l'enseignement et la charité, l'instruction et le soin des pauvres ou des infirmes. En voici le tableau d'après V Annuaire de statistique, p. 198 :
ifs
ai a ta h h
Congrégations hospitalières Communautés enseignantes. .
Communautés vouées à l'étal contemplatif ou au saint mi-
Commuhaut: s hospitalières et enseignantes
Communautés hospitalières et vouées à l'état contemplatif ou au saint ministère. . . .
Communautés à la fois enseignantes et contemplatives ou vouées au saint ministère. .
Communautés à la fois enseignantes, hospitalières et vouées à la contemplation ou au saint ministère. . . .
Totai
L'histoire de la renaissance, de l'établissement et du développement rapide de ces nombreuses communautés religieuses en Belgique, depuis 1830 jusqu'en 1863, a été exposée au 1er congrès de Malines par le savant bollandiste Victor de Buck. Voir Assemblée générale des catholiques eu Belgique, Bruxelles, 1864, t. ri, p. 273- 304. Le dévouement admirable des religieux et des religieuses surtout à soulager foules les misères de l'humanité, la générosité des catholiques à faire des fondations charitables, amenèrent le gouvernement à présenter aux Chambres, en 1857, un projet de loi qui, sous certaines conditions, admettait les fondations de Charité et les établissements de bienfaisance à s'établir
avec des administrateurs particuliers. Ce n'était que juste ci le résultat ne pouvait être que favorable aux pauvres en portant les riches à perpétuer leur nom par des l'on-
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dations charitables. Mais le parti libéral, poussé par les loges, cria au rétablissement de la mainmorte. Le peuple trompé méconnut ses intérêts et se souleva contre les coments. Le projet de loi lut retiré, le ministère libéral vint au pouvoir et le mouvement cessa. Depuis lors, les communautés religieuses ont continué de se développer et de se dévouer à la charité et à l'enseignement et n'ont plus été inquiétées malgré les efforts souvent renouvelés des loges. On peut voir une courte notice sur les communautés religieuses établies en Belgique, sur les œuvres auxquelles elles se vouent et sur le nombre de leurs maisons dans l'excellent ouvrage de l'abbé Ch. Tynck, Notices historiques sur les congrégations et communautés religieuses du XIXe siècle, Louvain, 1892.
IV. Missions. — La liberté d'association, garantie à tous les Belges sans distinction, a permis aux communautés religieuses non seulement de se vouer à toutes les œuvres d'enseignement et de charité que réclame la Belgique, mais encore aux missions. Les jésuites de la province belge ont obtenu la mission de Calcutta et du Bengale occidental qui est très florissante; ils ont à Calcutta un archevêque et un très grand collège; par ordre de Léon XIII, ils ont érigé récemment un grand séminaire dans l'île de Ce\Ian; ils possèdent à Turnhout une école apostolique, qui en 30 ans, a fourni plus de 300 missionnaires. Les capucins ont la mission du Punjab et un évêque à Labore; les conventuels sont en Herzégovine et à Jérusalem; les frères mineurs sont en Chine où le corps du P. Flavien, martyrisé, en 1899, a été retrouvé sans corruption quarante jours après son martyre ; ils ont une école apostolique érigée récemment à Selzaete; les Pères, dits de Picpus, ont les missions d'Océanie et une école apostolique récemment fondée à Aerschot sous le nom du père Damien, l'apôtre des lépreux de Molokaï.
Le séminaire américain, fondé à Louvain en 1857, pour fournir des prêtres séculiers aux États-Unis et dont les élèves suivent les cours de théologie à l'université, comptait, en 1884, deux archevêques et six évêques au concile de Baltimore et environ trois cents prêtres répandus dans les divers diocèses de l'immense république, tous sortis de ce collège. Depuis lors, il n'a cessé d'envoyer chaque année en Amérique de vingt à trente prêtres. On connaît le fécond apostolat du père Desmet parmi les Indiens des Montagnes-Rocheuses. C'est maintenant unévêque sorti du séminaire américain qui évangélise ces sauvages.
En 1862, quatre prêtres du diocèse de Malines se réunirent à Scheut, près de Bruxelles, et fondèrent la congrégation du Cœur immaculé de Marie, pour les missions de Mongolie et de Chine. Leurs labeurs ont porté d'heureux fruits en Mongolie et dans la nord de la Chine. En 1891, la mission comptait 14 prêtres indigènes, 4 séminaires et plus de 60 missionnaires. En 1901, les missions de Mongolie ont beaucoup souffert; elles ont eu leurs martyrs, comme les autres missions de Chine, et depuis la paix, un missionnaire de Scheut a encore été massacré. En 1888, la congrégation de Scheut, par ordre de la Propagande et du pape, s'annexa le séminaire établi à Louvain par les évêques belges pour les missions du Congo. Depuis lors, la congrégation de Scheut n'a cessé d'envoyer chaque année plusieurs ouvriers évangéliques dans cette immense contrée. Le séminaire établi à Louvain pour les missions de Mongolie et du Congo compte actuellement de trente à quarante étudiants en théologie.
D'autres religieux belges sont allés au Congo et se sont établis dans différents districts : les Pères blancs au lac Tanganika, les prémontrés dans le Ouellé, les trappistes, les rédemptoristes et les jésuites occupent d'autres districts, de sorte qu'il y a actuellement au Congo quatre vicariats apostoliques. Les sœurs de la
Charité de Gand ont envoyé, en 1891, les dix premières sœurs pour élever les enfants nègres, les instruire et en faire des chrétiens. Les sœurs de Notre-Dame les ont suivies. Chaque année leur nombre s'accroît et avec elles le nombre de villages chrétiens de race noire. Ces religieuses aident puissamment les missionnaires dans leurs efforts pour civiliser et convertir les populations congolaises et les arracher aux marchands d'esclaves musulmans. Ce que les sœurs de la Charité et de Notre-Dame font pour le Congo, les filles de la Croix le tont pour Calcutta et les Indes, où elles ont dix maisons, et les ursulines de Thildonck pour Batavia. Enfin la Belgique contribue pour une large part à la subvention générale des missions par l'œuvre de la Propagation de la foi et par l'œuvre de la Sainte-Enfance, qui sont établies dans toutes les villes et dans toutes les paroisses des six évêchés du royaume. Voir sur ces missions Tynck, op. cit., p. 5, 14, 20, 25, 35-37, 52, et pour les détails les revues : Les missions de Mongolie et du Congo; L'œuvre du P. Damien; Le mouvement antiesclavagiste ; La mission du Kwango; les Annales de la Propagation de la foi; les Annales de la Sainte-Enfance.
V. Enseignement. — En accordant la liberté d'enseignement, le Congrès n'avait pas voulu mettre l'Etat hors du droit commun; il avait décrété que l'État organiserait par de bonnes lois l'enseignement qui serait donné aux frais de l'État. Il est clair que l'intention du Congrès n'était pas de faire à l'enseignement privé une concurrence déloyale, mais plutôt de suppléer à son insuffisance et de le faire progresser par une noble émulation.
1° Enseignement supérieur. — L'État commenta par l'enseignement supérieur. Une loi du 27 septembre 1835 érigea deux universités, l'une à Gand, l'autre à Liège. Comme il n'y a pas de religion d'Etat, les deux universités de l'État n'ont que quatre facultés : le droit, la médecine, la philosophie avec les lettres, enfin les sciences mathématiques, physiques et naturelles; la théologie est exclue; elle est laissée au clergé à qui elle appartient de droit. Mais il ne s'ensuit pas que l'enseignement doive être neutre, car autre chose est de ne pas reconnaître de religion d'État et autre chose de déclarer l'État athée. Une école des arts et manufactures et du génie civil fut annexée à l'université de Gand et une école des mines et des arts et manulactures à l'université de Liège. Les évêques avaient devancé l'Etat. Dès le 4 novembre 1834, ils avaient érigé une université catholique à Malines; elle ne comprenait que trois Incultes : la théologie, la philosophie et les lettres, les sciences mathématiques, physiques et naturelles; le 1er décembre de l'année suivante, elle fut transiérée à Louvain et, en vertu d'un contrat conclu avec la ville, installée dans quelques-uns des locaux de l'ancienne université. Elle fut complétée par l'adjonction des facultés de droit et de médecine. Le pape Grégoire XVI, par brel du 8 avril 1834, autorisa la (acuité de théologie à conférer les grades de bachelier, de licencié et de docteur en théologie et en droit canon. Le grade de docteur en théologie fut conféré pour la première fois en 18't2. Le lauréat fut l'abbé Kempeneers, qui écrivit à ce sujet une savante dissertation De primatu romani ponti/icis. Ces grades ne procurent aucun avantage civil; ils sont purement ecclésiastiques. Les loges maçonniques fondèrent presque en même temps l'université libre de Bruxelles, de sorte que, dès 1835, il y eut en Belgique quatre universités. Un jury central conférait les grades légaux de docteur en droit, en médecine, en philosophie et lettres et en sciences.
La loi du 15 juillet 18i9 organisa plus complètement l'enseignement supérieur; elle fixa le programme des cours et des examens légaux. Les grades légaux furent désormais délivrés par un jury mixte, composé en nom-
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bre égal de professeurs de l'enseignement officiel et de l'enseignement libre avec un président choisi en dehors du corps enseignant. Ce jury, combiné de telle sorte que les professeurs de Louvain siégeaient alternativement avec ceux de Liège et avec ceux de Gand, durajusqu'en 1870. La loi du 20 mai 1876 donna à chaque université le droit de conférer les grades académiques pourvu qu'elle satisfasse au programme légal; elle établit en outre un jury central accessible à tous. Les diplômes, pour produire leur effet légal, doivent être entérinés par une commission spéciale qui vérifie si les prescriptions de la loi ont été observées. Voir Recueil des lois et arrêtés relatifs à l'enseignement supérieur , avec deux Suppléments, Bruxelles, 1881-188S; Annuaire de l'univers, cath., an. 1850 et 1877. La loi du 10 avril 1890 apporta de grands changements au programme des examens, scinda le doctorat en philosophie et lettres et établit des grades légaux pour les ingénieurs. Annuaire cité, an. 1891.
2° Université catholique de Louvain. — Grâce à la fidélité du gouvernement à observer, dans ses lois sur l'enseignement supérieur, la lettre et l'esprit du pacte fondamental, l'université catholique a pu se développer rapidement et parvenir à l'état ilorissant où nous la voyons après soixante-huit ans d'existence. Commencée à Malines, en 1834, avec trois facultés et 86 élèves, elle s'est complétée à Louvain l'année suivante. Ses progrès furent si rapides qu'en 1840 elle comptait déjà 644 élèves. Ces succès engagèrent deux membres de la Chambre des représentants à proposer, pour la nouvelle université, la personnalité civile. Mais le parti libéral agita avec tant de violence le spectre de la mainmorte que le projet fut retiré. Aujourd'hui les loges voudraient obtenir la personnalité civile pour l'université libre et elles engagent l'université catholique à se joindre à elles pour obtenir la même faveur; mais le ministère catholique ne se montre guère empressé de satisfaire à cette demande. Cependant l'université catholique continue sa marche ascendante. Dés 1838, elle a ajouté à son programme des cours de langues sémitiques et bientôt paraissait la Chrestotnathia rabbinica et chaldaica de Beelen, Louvain, 1841-1843, le premier ouvrage de ce genre qui eût vu le jour en Belgique depuis la révolution française. Bientôt F. Nève y ajoutait les cours de sanscrit et d'arménien. Plus tard les cours de syriaque, d'arabe, de zend et de copte vinrent s'y joindre. En même temps il se forma une société de littérature française et une société de littérature flamande; d'autres sociétés scientifiques, religieuses et charitables se sont formées par après au sein de l'université. Sur les instances du premier congrès tenu à Malines, en 1863, une école du génie civil, de l'industrie et des mines lut annexée à la faculté des sciences. Quelques années plus lard on ajouta une école d'agriculture et en 1901, un institut électrique; dans l'intervalle on y joignait les études pratiques aux cours théoriques et l'on organisait des laboratoires de chimie, de pharmacie, de biologie, d'anatomie, de bactériologie. En 1882, sous l'impulsion de Léon XIII, l'enseignement de la philosophie selon saint Thomas fut organisé'; c'est aujourd'hui l'Institut et le séminaire Léon-XIII. Enfin l'importance qu'ont acquise, dans ces derniers temps, les sciences sociales et commerciales a fait annexer à la faculté de droit une école des sciences politiques et sociales et une école des sciences commerciales et consulaires.
De la sorte l'université catholique est véritablement, comme on disait au moyen âge, une universitas studiomin. L'Annuaire de l'université pour 1903 donne les noms du recteur, du vice-recteur et des 97 professeurs qui forment le corps académique avec le programme (b taillé' des cours. Les cours élémentaires se font en trois années comme dans 1rs séminaires.
Le nombre des élèves qui ont suivi les cours, en 1902,
est de 2011, répartis ainsi : théologie et droit canon : 116; droit : 378; médecine : 408; philosophie et lettres : 260; sciences : 293; écoles spéciales : 556. Sur ce nombre, 1094 ont obtenu devant les jurys d'examens un diplôme légal, 62 le diplôme de docteur en droit, et 59 le diplôme de docteur en médecine, chirurgie et accouchements. Les grades délivrés aux élèves en théologie, ' aux étrangers, aux agronomes, ne sont pas compris dans ce nombre. Le doctorat en théologie et en droit canon s'obtient après six années d'étude, par les élèves qui ont déjà terminé leurs études théologiques dans un séminaire. Souvent les évèques reprennent leurs jeunes prêtres avant qu'ils aient terminé. C'est ce qui explique le nombre relativement restreint de docteurs en théologie et en droit canon. Depuis 1841 jusqu'en 1902, on compte 36 docteurs en théologie, 154 licenciés et 421 bacheliers, 17 docteurs en droit canon, 48 licenciés et 115 bacheliers. Le doctorat exige l'étude approfondie et imprimée d'une question de théologie ou de droit canon. Dans les 54 dissertât iotis doctorales toutes les branches de la théologie sont représentées : Écriture sainte, les Théophanies, Ph. Van den Broeck (1851); ÏÉpître de S. Jacques, A. Liagre (1860); l'Origine des Évangiles, J.-F. Demaret (1868); Y Inspiration, G. -i. Crets(1886);
Y Autorité du livre de Daniel, A. Hebbelynck (1886);
Y Auteur du IV" Evangile, A. Camerlynck (1899); YHistoire du texte des Actes des Apôtres, H. Coppieters (1902); dogmatique, Y Unité de V Église, C. de Blieck (1847); la Méthode en théologie, N. Laforèt (1849) ; la Primauté du pape, A. Kempeneers (1841); son Infaillibilité, J.-E. llizftte (1883) ; YÉpiscopat de saint Pierre à Rome, M. Lecler (1888); Doctrine d'Adrien VI, E. Reusens (1862); le Miracle, Al. Van Weddingen (1869) ; la Connaissance naturelle de Dieu, C. Lucas (1883), la Procession du Saint-Esprit a Filio, Ad. Vander Moeren (1865); la Création ex nihilo, A. Van Hoonacker (1886); Yélévalion de l'homme à l'ordre surnaturel, J.-L. Liagre (1871); le Péché originel, J. Thys (1877); le Sort des enfants morts sans baptême, F.-C. Ceulemans (1886); la Prédestination, P. Mannens (1883); la Foi divine, H.-J.-T. Brouwer (1880) ; la Confession sacramentelle, O.-F. Cambier (1884); le Gouvernement ecclésiastique d'après les Pères, L.-J. Lesquoy (1881) ; YOriginc de l'épiscopat, A. Michiels (1900); le Sacrifice de la messe, H. Lambrecbt (1875); la Foi des Syriens à l'eucharistie, T.-J. Lamy (1859); Yllyperdulie, A. Haine (1864); la Résurrection des corps, L.-J. Mierts (1890) ; la Liberté civile, A. Knoch (1895); morale, le Doute en morale, G.-J. Waffelaert (1880) ; le Prêt à intérêt, Van Roey (1903) ; patrologie, Jacques de Saroug, J.-B. Abbeloos (1867); Aphraatcs, J. Forget (1882) ; Isaac le Kiuivite, J.-B. Chabot (1892); S. Pachome, P. Ladeuze (1898); Jean Van Ruysbroeck, A. Auger ( 1892) ; Apollinaire, J. Voisin ( 1901 ). Toutes ces dissertations, sauf celles de Ladeuze et de Voisin, sont en latin, langue dont s'est servie la faculté de théologie pour toutes les branches, sauf pour le droit civil ecclésiastique, jusqu'à la fin du xixe siècle. En droit canon, nous trouvons les dissertations suivantes : Mariages mixtes, H. Feye (1847); Situation des cures, V. llouwen (1848) ; Empêchements île mariage, A. Ileuscr (1851); Oratoires privés et publics, A.-C. Van Gameren (1861); Sépultures cl cimetières, F. Moulart (1862) ; Résidence des béné/iciers, L. Henry (1863); Droit de l'Église sur les universités, P. de Robiano (1861); Vicaire capitulaire le siège vacant, H.-J. Hernies (1873); Séminaires, B. T. Pouan (1871 1 ; Place! royal, A. Muller (1877) ; Concordais, M.-li. Fini; (1879); la Coutume en droit canon, .1. Bauduin (1888J; L' Droit de l'Église d'acquérir et de posséder, C. Scheys (1892); Conflits de juridiction au diocèse de Liège, le Droit de l'Église de posséder sous les Mérovingiens, A. Bondroit (1900). Les évèques de Belgique envoient aussi des jeunes prêtres suivre les cours de la faculté de philosophie et lettres et prendre
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le titre de docteur pour enseigner les humanités dans les collèges épiscopaux ; quelques-uns prennent le doctorat en sciences physiques et mathématiques ou en sciences naturelles pour l'enseignement de ces sciences dans les cours professionnels et dans les petits séminaires. Voir les Annuaires publiés depuis 1837; L'université de Louvain, Bruxelles, 1900; Université catholique de Louvain. Bibliographie, 1834-1899, Louvain, 1900; supplément, 1901.
3° Enseignement moyen. — La loi du 1er juin 1850 a organisé l'enseignement moyen et de nombreux arrêtés royaux ont réglé les détails. Cet enseignement comprend deux degrés : 1° les athénées royaux et les collèges; 2° les écoles moyennes. Les athénées sont actuellement au nombre de 19 : ils ne peuvent pas dépasser le nombre de 20. Le programme des études comprend sept années ; à partir de la classe de cinquième commencent les humanités latines qui se poursuivent jusqu'en rhétorique. Ces études humanitaires sont exigées pour l'entrée à l'université des jeunes gens qui veulent obtenir le grade de docteur en philosophie et lettres, en droit et en médecine. Les petits séminaires, les collèges épiscopaux et les collèges des jésuites suivent le même programme et sont admis aux universités aux mêmes conditions. A côté des humanités latines, il y a les études professionnelles pour les jeunes gens qui se destinent au commerce et à l'industrie ou qui ne cherchent pas une formation littéraire aussi parlaite. Ces mêmes cours se donnent dans les collèges du clergé, mais non dans les petits séminaires, qui sont, avant tout, les pépinières du sacerdoce. Le grade de docteur en philosophie et lettres, ou en sciences pour les mathématiques, est requis pour obtenir le professorat dans les athénées. Un cours de religion, donné par un prêtre désigné par l'évèque, fait partie du programme. Il en est de même pour les écoles moyennes du degré inférieur. Le gouvernement nomme les professeurs de ses établissements : il a des inspecteurs pour les surveiller et un conseil de perfectionnement présidé par le ministre et composé de huit à dix membres pour examiner les méthodes, les programmes, les livres destinés à l'enseignement ou aux distributions de prix, en un mot tout ce qui concerne le progrès des études. Les écoles moyennes du degré inférieur comprennent un cours d'études de trois ans et sont comme le couronnement des études primaires pour les jeunes gens qui ne veulent pas faire les études professionnelles. La religion fait partie du programme. Depuis 1881 il y a aussi des écoles moyennes pour filles ; l'État peut établir cent écoles moyennes pour garçons et cinquante pour filles. Le cours de religion est obligatoire. Le clergé a aussi quelques écoles du même genre pour les garçons et de très nombreuses pour les filles.
4° Enseignement primaire. — La loi du 23 septembre 1842 a organisé l'enseignement primaire, huit ans avant l'organisation de l'enseignement moyen. D'après cette excellente loi transactionnelle, qui a régi l'enseignement primaire jusqu'en 1879, la religion de la majorité des élèves fait nécessairement partie du programme; les enfants qui appartiennent à un autre culte sont dispensés d'assister aux leçons de religion. Le parti libéral, arrivé au pouvoir en 1879, supprima cette loi et établit l'école neutre par la loi du 1er juillet 1879. Cette loi fut combattue avec une énergie indomptable par le clergé, qui s'imposa les plus lourds sacrifices pour créer, avec le concours des fidèles, dans toutes les paroisses, des écoles catholiques. L'opposition porta ses fruits; le ministère libre-penseur fut renversé. La loi de 1842, rétablie avec quelques changements par le nouveau cabinet, est devenue la loi du 20 septembre 1884, qui régit aujourd'hui l'enseignement primaire. "Voici les principales dispositions de cette loi.
Il y a dans chaque commune au moins une école
communale, établie dans un local convenable. La commune peut adopter une ou plusieurs écoles privées et être dispensée de fonder une école communale, à moins que vingt chefs de famille ayant des enfants en âge d'école n'en réclament une pour l'instruction de leurs enfants. Les écoles primaires communales sont dirigées par les communes, qui nomment les instituteurs munis du diplôme requis. Les enfants pauvres reçoivent l'instruction gratuitement. Les communes peuvent inscrire l'enseignement de la religion et de la morale en tête du programme de toutes ou de quelques-unes de leurs écoles primaires. Cet enseignement se donne au commencement ou à la fin des classes; les enfants dont les parents en font la demande, sont dispensés d'y assister. Si, malgré la demande de vingt chefs de famille ayant des enfants en âge d'école, la commune refuse d'inscrire l'enseignement de leur religion dans le programme ou met obstacle à ce que cet enseignement soit donné, le gouvernement peut, à la demande des parents, adopter une ou plusieurs écoles privées à leur convenance. L'instituteur doit ne négliger aucune occasion d'inculquer à ses élèves les préceptes de la morale. Les catholiques ont établi des écoles normales pour la formation des instituteurs et des institutrices; l'État a aussi ses écoles normales. Un prêtre y donne les leçons de religion. Un jury délivre les diplômes. Dans les grandes villes, comme bon nombre d'instituteurs n'offrent pas les garanties voulues au point de vue religieux, les catholiques maintiennent leurs écoles privées. A la campagne le plus grand nombre des écoles de filles est tenu par des religieuses. Les catholiques ont fondé en beaucoup d'endroits des écoles de laiterie, des écoles ménagères, des écoles de couture, généralement annexées à des pensionnats. Voir les Rapports triennaux sur l'enseignement supérieur, moyen et primaire.
VI. Congrès et œuvres sociales et charitables. — 1° Congrès catholiques. — A l'exemple des grandes réunions catholiques de l'Allemagne et de la Suisse, un certain nombre d'hommes d'œuvre, encouragés par le cardinal archevêque de Malines et par plusieurs évêques, invitèrent les catholiques belges et étrangers, dévoués aux œuvres, à se réunir à Malines en congrès « à l'effet de se rendre compte de la situation des œuvres, d'aviser aux moyens de les protéger, de les développer et d'étendre leurs bienfaits, et d'unir tous leurs efforts pour la défense et le triomphe des intérêts et des libertés catholiques ». Statuts, a. 1er. Les discussions politiques et théologiques étaient formellement exclues. Le congrès se réunit à Malines et siégea du 18 au 22 août 1863. 11 eut un très grand succès. Les rapports qu'on lut sur les œuvres existantes, les discussions auxquelles elles furent soumises et les vœux qu'on émit ranimèrent les œuvres anciennes et en firent surgir de nouvelles. Il donna l'élan au séminaire américain de Louvain et aux missions de Mongolie qui venaient d'être créés. C'est au congrès de 1863 que furent décidées la création des écoles spéciales pour la formation des ingénieurs à l'université de Louvain, l'association des anciens étudiants de l'université catholique, qui a donné naissance à toutes les associations du même genre pour les collèges et séminaires, la création des cercles catholiques et d'autres œuvres de moindre importance. Ce congrès eut un grand retentissement. L'éloquent discours du comte de Montalembert sur L'Église libre dans l'Etat libre, qui remua profondément ses 4 000 auditeurs, suscita une vive et longue polémique dans les journaux catholiques à raison de quelques idées du grand orateur sur les libertés modernes. La polémique sur ces libertés devint plus vive encore lorsque l'année suivante parut l'encyclique Quanta cura, à laquelle était annexé un Syllabus des erreurs condamnées par Pie IX. Elle s'est éteinte après la publication de l'encyclique de Léon XIII sur
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la Constitution civile des États et du gouvernement chrétien de la société domestique et civile.
Une seconde session eut lieu à Malines l'année suivante. En l'ouvrant le cardinal archevêque eut soin de rappeler que l'assemblée des catholiques ne s'associe à aucune école, à aucun parti, mais qu'elle adopte la grande règle de saint Augustin : In necessariis imitas, ' in dubiis libertas, in omnibus charitas. Les membres de cette assemblée devaient donc être unanimes pour professer les dogmes de la foi catholique et obéir à ses lois; mais pour les opinions tolérées par l'Église ils restaient libres de penser comme ils l'entendaient. Cette session, dans laquelle Mor Dupanloup parla de l'enseignement populaire, ne fit pas surgir d'oeuvre nouvelle, mais elle donna une grande impulsion au Denier de Saint-Pierre, à l'Œuvre de Saint-François-Régis, aux sociétés de secours mutuels qui ont pris un si grand développement dans ces dernières années, aux patronages, à la réglementation du travail des femmes et des enfants dans la grande industrie et aux œuvres antialcooliques; il insista aussi sur les œuvres d'enseignement, particulièrement sur le développement des écoles professionnelles et des garderies.
Une troisième session eut lieu dans les mômes locaux en 1867; elle n'eut pas un moindre retentissement que les deux précédentes. Toutes les œuvres de sanctification, de charité, d'enseignement, d'art religieux et d'économie sociale eurent des orateurs pour les recommander. Mais le congrès attira particulièrement l'attention de ses membres sur la question ouvrière et sur les nombreuses œuvres qui s'en occupent. La sanctification du dimanche, les associations de production et de consommation, les coopératives, les caisses d'épargne et d'assurances sur la vie, toutes ces questions qui préoccupent aujourd'hui si vivement le gouvernement, les économistes et tous les bons citoyens, furent déjà examinées, et différentes œuvres qui s'occupent du bienêtre et de la rnoralisation de l'ouvrier furent recommandées. Voir Assemblée générale des catholiques en Belgique, lre,2e et 3e session, à Malines, 5 in-8°, Bruxelles, 1864-1865, 1868.
Tout ce qui concerne la question ouvrière fut repris et discuté plus en détail au Congres des Œuvres sociales, que M'Jr Doutreloux, évoque de Liège, tint dans sa ville épiscopale du 26 au 29 septembre 1886. Les nombreuses agglomérations ouvrières que les charbonnages et la grande industrie ont réunies autour de Liège et la nécessité d'opposer une barrière aux Ilots montants du socialisme donnaient une grande opportunité à ce congrès. Il fut divisé en trois sections : œuvres religieuses, œuvres économiques, législation. Il est nécessaire de soustraire les. œuvres économiques à l'influence néfaste du socialisme; le congrès s'en occupa spécialement et donna une vive impulsion aux syndicats agricoles, aux banques populaires et surtout aux caisses Raifleisen, aux corporations ouvrières et chrétiennes, comme celle du Val-des-Bois de M. Harmel. Un second et un troisième congrès furent tenus à Liège dans les années suivantes. Le troisième, conformément au désir du souverain pontife, s'occupa de la question des salaires. Des réunions de Liège sortit l'institution des
A niers du travail, établis à Seraing. D'autres con-
grès du même genre eurent lieu à Namur, à Malines, à Nivelles, à Charleroi et s'efforcèrent de combattre les ravages que font, parmi les ouvriers, le socialisme, l'alcoolisme et l'irréligion.
De son côté, le gouvernement n'est pas demeuré inactif; il a pris sons sa protection les caisses d'épargne et de retraite; il les a instituées partout ; il a pris diverses mesures pour faciliter el favoriser l'érection et l'acquisi? tion des maisons ouvrières; il a augmenté les salaires des ouvriers des chemins de fer, assuré, dans la mesure du possible, le repos dominical pour ses employés,
augmenté la rémunération des soldats; il a constitué en 1895 le ministère du travail, auquel on doit déjà les largesses budgétaires accordées aux mutualités, l'inspection des usines, l'enquête sur le travail du dimanche et sur le travail des femmes, enfin la loi sur les pensions de vieillesse; il a établi les conseils formés de patrons et d'ouvriers pour prévenir les grèves.
Grâce aux efforts réunis du gouvernement, du clergé et des hommes d'oeuvre, il existait en Belgique, au 31 décembre 1900, 626 syndicats ou ligues agricoles, comptant 45 059 membres, dont les œuvres principales sont les laiteries coopératives, les assurances du bétail, les achats en commun des engrais chimiques, les caisses Raifleisen.
2° Congrès eucharistiques. — La dévotion au Saint- Sacrement est toujours très vivante en Belgique; c'est une sainte de Liège, sainte Julienne, qui a suggéré à Urbain IV l'établissement de la Fête-Dieu; c'est à Liège qu'ont eu lieu les premières processions et l'établissement des trois jours d'adoration dits des quarante heures. C'est à M9r Doutreloux, évèque de Liège, que revenait l'honneur d'être le président permanent et l'àme des congrès eucharistiques. Quatre se sont tenus en Belgique : à Liège en 1883, à Anvers, à Bruxelles et à Namur. Deux cardinaux, le nonce apostolique, vingt évêques et plus de quatre mille membres ont assisté à ce dernier congrès, tenu du 13 au 18 juillet 1898 et terminé par une procession d'une magnificence extraordinaire. Toutes les questions concernant la dévotion au Saint-Sacrement y furent examinées. On peut en avoir le résumé dans le gros in-4° intitulé : À'/e Congrès eucharistique international, Bruxelles, 1898. Le congrès, tenu à Namur du 3 au 7 septembre 1902 sous la présidence de Mar Heylen, avec l'innombrable procession qui l'a terminé, a laissé un souvenir ineffaçable.
3° Nous ne devons pas omettre le IIIe Congrès international des catholiques qui s'est tenu à Bruxelles en 1894, dans lequel les questions les plus variées concernant les sciences religieuses ont été traitées par les savants nombreux qui s'étaient rendus à cette assemblée qui eut un légitime retentissement dans le monde instruit. Le Compte rendu forme 9 in-8°, Bruxelles, 1895.
VIL Sciences sacrées. Publications. — Les guerres du commencement du xixe siècle, les tracasseries du gouvernement hollandais, la lermeture des séminaires, la suppression des ordres religieux et le petit nombre des prêtres, tous absorbés par les travaux du ministère, firent que les publications religieuses furent presque nu lies depuis le commencement du siècle jusqu'en 1830 et de même dans les dix premières années de l'émancipation; mais depuis lors elles ont pris un magnifique essor; dans ces dernières années elles ont été aussi variées que nombreuses. Elles sont surtout sorties de deux grands centres d'érudition : l'université catholique île Louvain et la Société de Jésus. L'Académie royale et les trois universités de Bruxelles, de Gand et de Liège sont aussi des foyers littéraires et scientifiques, mais la théologie en est exclue.
1° Ecriture sainte. — Jean-Théodore Beelen, né à Amsterdam, le 12 janvier 1807 et mort à Louvain le 31 mars 1884, suivit à Home les cours d'exégèse et d'hébreu du P. Patrizzi et tut nommé professeur d'Écriture sainte et de langues sémitiques à l'université que les évêques belges venaient de fonder à Louvain. 11 fit renaître les langues orientales en Belgique, Dès 1841, il publiait sa Chrestomathia rabbinicaet chaldatca/àinSf, Louvain, 1841-1843) qui renferme entre autres un dictionnaire des abréviations rabbiniques, le plus complet que nous possédions. Cel ouvrage fut suivi d'une dissertation latine où il soutient l'unité du sens littéral dans l'Écriture sainte, Louvain, 1845, puis de commentaires latins sur l'Kpitre aux Philippiens, Louvain, 1849, 1852, sur les Actes des Apôtres, 2 in-12, Louvain, 1850-
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1851, et sur l'Épître aux Romains, Louvain, 1854. Ce dernier a fondé la réputation exégétique du professeur de Louvain. Beelen s'attache surtout à mettre en lumière le sens littéral et à le démontrer par l'examen philologique du texte original sur lequel il s'appuie principalement sans négliger cependant les autres secours que fournit l'exégèse catholique. Trois ans plus tard il publia sa Grammatica grœcitalis N. T., Louvain, 1857. C'est l'ouvrage de Winer corrigé. Le savant exégète a consacré le reste de sa vie à la traduction llamande avec commentaire de tout le Nouveau Testament d'après la Vulgate en tenant compte du texte original. Cette nouvelle version, approuvée par tous les évêques belges et reçue avec joie par le peuple flamand, parut à Louvain de 1860 à 1866 en 3 in-8°; 2e édit., 1892. L'auteur y ajouta : les Épitres et Évangiles des dimanches, des fêtes et du carême, 2 vol., Louvain, 1870-1871 ; les Psaumes, 2 in-8°, Louvain, 1878; les Proverbes, l'Ecclésiaste, la Sagesse, l'Ecclésiastique, 4 in-8°, Louvain, 1879-1883. Une société d'exégètes flamands, Van de Putte, Cornaert, Dignant, Corluy, Hagebaert, a traduit le reste de l'Ancien Testament, Bruges, 1896-1897.
A l'école de Beelen, qui est celle des grands exégètes des xvie et xvne siècles, appartiennent : J.-B. Van Steenkiste, Commentai', in Malth., 4 in-8°, Bruges, 1876; 3' édit., 1880-1882; in Actus Apost., 5e édit.. Bruges, 1897; in Epist. Pauli, 6e édit., 2 in-8°, Bruges, 1899; in Epist. cath., 3e édit., Bruges, 1893; in Psalm., 3e édit., Bruges, 1886; A. Liagre, professeur au grand séminaire de Tournai depuis 40 ans, Commentarius in libros histor. JV. T., 2" édit., 3 in-8<\ Tournai, 1899; in Epist. S. Jaeobi, in-8°, Louvain, 1860; T.-J. Lamy, auteur du présent article, Commenta)-, in Genesim, 2 in-8°, Malines, 1883-1884; ce commentaire, traduit en français avec quelques additions, a été publié en articles séparés dans Le prêtre, 1894-1897 ; Commentaire sur l'Exode, ibid., 1898-1899 ; sur le livre des Nombres, ibid., en cours de publication en 1903; sur l'Apocalypse, ibid., 1893-1894; Questions actuelles d'Ecriture sainte, ibid., 1899-1902; Introductio in S. Script., 6e édit., 2 in-8°, Malines, 1901 ; cet ouvrage sert de manuel dans trois diocèses de Belgique; F.-C. Ceulemans, professeur au grand séminaire de Malines, In quatuor Evangelia, 3 in-8°, Malines, 1899-1901 ; In Epist. ad Rom. et Gai., Malines, 1900; In Psalmos, Malines, 1900; L. Van Ongeval, professeur au grand séminaire de Gand, In Matthseum et Ecclesiasten, 2 in-8°, Gand, 1900. Le Spicilegium dogmatico-biblicum, commentaire sur les principaux endroits dogmatiques des saints Livres, 2 in-8», Gand, 1884, du P. Corluy, S. J., et son Commentar. in Joan., 2e édit., Gand. 1889, sont écrits dans le même esprit. F.-X. Schouppe a écrit un cours élémentaire d'Écriture sainte et de dogmatique plusieurs fois réimprimé et divers ouvrages de piété. Le Commentarius in Epist. ad Hebr., Gand, 1902, du P. C. Iluyghe, se rapproche davantage de la nouvelle critique. Les nouvelles études sur la restauration juive après l'exil de Babylone, Paris, 1896, d'Albin Van Hoonacker, et Le sacerdoce lévitique dans la loi et dans l'histoire des Hébreux, Londres, 1899, du même professeur, rentrent dans le genre des travaux de l'école dite critique.
2° Théologie dogmatique. — Le Manuel de théologie de P. Dens, résumant par demandes et par réponses toute la Somme de saint Thomas, servit assez longtemps après 1830 de livre classique dans les grands séminaires de Belgique. Il est encore le manuel suivi au grand séminaire de Malines, mais il a été retouché et enrichi des définitions du concile du Vatican et des autres documents pontificaux, en sorte qu'il est mis au courant des progrès de la science théologique et qu'il est devenu la Theologia ad usum seminarii Mechliniensis. Dans les autres séminaires et chez les religieux les manuels ont varié.
Dans l'apologétique, le P. J.-B. Boone, S. J., prédicateur de renom, nous a laissé de nombreux opuscules et le Manuel de l'apologiste, 2 in-8°, Bruxelles, 1850- 1851. Parmi les apologistes la première place revient au grand prédicateur rédemptoriste Victor Deschamps, formé à l'université de Louvain et mort cardinal archevêque de Malines, qui fut une des lumières du concile du Vatican et défendit avec science et talent l'infaillibilité pontificale contre M(Jr Dupanloup et le P. Gratry. Il nous a laissé ses remarquables Entretiens sur la démonstration catholique de la révélation chrétienne ; les Lettres théologiques sur la démonstration de la foi; La divinité de Jésus-Christ et les antéchrists dans les Ecritures, l'histoire et la conscience. Il appuie sa démonstration sur les faits divins, c'est-à-dire sur les miracles, les prophéties et la perpétuité de l'Église, une, sainte, catholique et apostolique. Œuvres complètes, 17 in-8° et in-18, Malines, 1874. A l'apologétique se rapportentaussi l'opuscule de N.-J. Laforêt, recteur de l'université catholique de Louvain, Pourquoi l'on ne croit pas, 3e édit., Louvain, 1867, et Les dogmes catholiques exposés, prouvés et vengés des attaques de l'hérésie et de l'incrédulité, 2e édit., 4 in-12, Tournai, 1860. Le chanoine Labis avait aussi édité une Démonstration de l'Église catholique, mais un ordre de son évêque, Mur Dumont, l'obligea à la retirer du commerce. Le P. jésuite Duvivier a publié un Cours élémentaire d'apologétique, 15e édit., Tournai, 1898; Mar Butten, évêque de Liège, a donné aussi un Cours élémentaire d'apologétique qui en est à sa dixième édition. Nous avons également de lui Les promesses divines de l'Église à travers les siècles.
Pour la dogmatique spéciale, signalons d'abord L'immacidée conception de la Bienheureuse Vierge Marie considérée comme dogme de foi, par Mt*r J.-B. Malou, 2 in-8°, Bruxelles, 1857. L'illustre évêque de Bruges s'était distingué à Borne en 1854 parmi les défenseurs du dogme de l'immaculée conception, il a consigné dans ce livre le résultat de ses profondes études.
Le P. P. -F. Dummermuth soutient la prémotion physique dans S. Thomas et doctrina p>rxmotionis physicœ, seu Responsio ad P. B. Schneemann S. J. aliosque scholse thomisticœ impugnatores, in-8°, Paris, 1886. La jésuite De San a pris la défense du P. Schneemann et opposé au P. Dummermuth une vigoureuse argumentation dans son Tractatus de Deo uno et trino, Louvain, 1898, t. i.
Le P. jésuite Castelein soutient que le nombre des élus sera très grand : Le rigorisme, la doctrine du salut et le nombre des élus, Bruxelles, 1898. Le rédemptoriste Godls l'a combattu, De paucitale salvandorum quid docuerunt sancti, 3e édit., Bruxelles, 1899. Les jésuites De San, Lahousse et Vermeersch ont commencé la publication d'un cours complet assez développé de théologie, dont quatre volumes ont paru à Bruges. Le bénédictin dom Laurent Janssens, un Belge qui enseigne à Rome, a commencé à Fribourg la publication d'une théologie dogmatique dont cinq volumes, comprenant De Deo uno et trino et De Deo Homine, sont déjà imprimés. Le chanoine B. Jungmann, professeur à l'université catholique, avait auparavant publié à Ratisbonne son traité De vera religione et ses Institutiones theologiœ dogmaticœ, ouvrages fort estimés, qui ont vu plusieurs éditions. Le chanoine J. Liagre a publié aussi à l'usage de ses élèves du séminaire de Tournai une dogmatique élémentaire.
3° Théologie morale. — A. Haine, professeur à l'université catholique, a publié en latin des Éléments de théologie morale, 4e édit., 4 in-8°, Louvain, 1899. Son collègue Ad. Van der Moeren a donné en volumes séparés les divers traités de la théologie morale, Gand, 1880-1892. Le jésuite Ed. Génicot a joint à ses Theologiœmoralis institutiones, des Çasus conscientise, 4 in-8°,
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Louvain, 1890-1900. T. Bouquillon a publié Theologia moralis fundamentalis, in-8°, Bruges, 19015. Ces théologies sont basées sur la Somme de saint Thomas et sur la Théologie morale de saint Alphonse de Liguori ainsi que sur les nombreuses déclarations plus récentes des souverains pontifes et des Congrégations romaines. A. Tottier a donné un traité De jure et juslilia, Liège, 1900, où il traite du salaire des ouvriers et des autres cas de morale qui se rapportent à l'encyclique Revu m novarum sur la condition des ouvriers. Le P. Brahm a fait une dissertation latine sur la réticence volontaire des péchés en confession, 3e édit., Bruxelles, 1901. J.-E. llizette, protesseur au grand séminaire de Namur, a traité De casibus reservatis Romano pontifici et episcopo namarcensi, in-8», Namur, 1901. M9"- Waffelaert, avant son élection au siège épiscopal de Bruges, avait publié plusieurs traités ou dissertations sur des questions morales.
4° Théologie ascétique. — Il a paru en français et en flamand tant d'ouvrages ascétiques : livres de prières, sermonnaires, livres de dévotion à Notre-Seigneur, à la sainte Vierge, au Saint-Sacrement, au Sacré-Cœur, aux anges et aux saints, qu'il est impossible de les énumérer. Mentionnons les Œuvres mystiques de Jean van Ruysbroeck, éditées dans le texte original flamand par J.-B. David, 6 in-8», Gand, 1858-1868; le Trésor du Sacré-Cœur de Jésus, 8 in-8°, Rruxelles, 1870-1872, par le P. Toussaint Dufau, auteur de plusieurs opuscules sur le même sujet; les Œuvres ascétiques de saint Alphonse de Liguori traduites en français par le P. L. Dujardin, 18 in-12, Tournai, 1856-1880; les nombreux opuscules publiés par le rédemptoriste Saintrain depuis 1867 jusqu'aujourd'hui; les Discours et allocutions de Mu' Cartuyvels, vice-recteur de l'université catholique, éparpillés dans différents recueils; les Mandements cpiscopaux des six évoques belges.
5° Patrologie, — J.-B. Jungmann a remanié et complété les Institutiones patrologise de Fessier, 3 in-8°, Rastibonne, 1896. Cette œuvre a été terminée par Hebbeljnck et Lamy. Beelen a édité en syriaque avec version latine deux Lettres de S. Clément romain aux vierges, Louvain, 1856, il en soutient l'authenticité; mais son sentiment n'est guère admis. M'Jr Abbeloos a édité deux discours métriques de Jacques de Saroug en syriaque et en latin ; il soutient l'orthodoxie de l'évèque de Batna ; mais elle est fort douteuse. J.-B. Chabot a édité deux discours d'Isaac le Ninivite; il a lui-même établi plus tard que cet évèque était nestorien. L'auteur de cet article a recherché dans les manuscrits syriaques de Londres, de Paris, de Rome et d'ailleurs tout ce qu'il a pu trouver des écrits de saint Éphrem, et les a édités en syriaque et en latin avec des dissertations sur la vie, les écrits et la métrique du grand écrivain syrien, sous ce titre : Sancti Ephrœm suri hymni et sermones, 4 in-4°, Malines, 1882-1902. Do m Morin de Maredsous,a publié des textes inédits dans ses Anecduta Maredsolana.
6" Histoire ecclésiastique. — Cette branche des sciences sacrées a donné naissance en Belgique depuis 1830 à des œuvres tellement nombreuses qu'il faut faire un choix et se borner aux plus importantes. A la tête se trouve cet immense trésor d'érudition, admiré du monde entier, dont les bollandistes continuent la publication el qu'on appelle les Acta sanctorum. Ce grand travail avait été interrompu par la révolution française, il étail arrêté au 1 1 octobre. M«r <le Ram, premier recteur de l'université catholique, insista vivement près du gouvernement pour qu'une truvre qui faisait tant d'honneur à la Belgique ne demeurât pas inachevée et pour qu'elle fût conliée aux jésuites, à qui elle revenait. Le gouvernement accorda des subsides et des 1837 la continuation des Acta sanctorum fut décidée. Mais les
jésuites, rétablis depuis peu, n'avaient ni les hommes
formés à la critique historique, ni les livres et les instruments d'érudition nécessaires. Il fallut se procurer les livres et préparer les savants. Les PP. J. Van Hecke et Van der Moere furent choisis; ils se mirent à l'œuvre et, après huit ans d'un travail opiniâtre, ils purent faire paraître en 1845 la première partie du t. vu d'octobre qui contient les vies des saints des 15-16 octobre. Les Acta S. Teresiœ (15 octobre), rédigés par le P. Van der Moere, forment à eux seuls un volume in-folio qui a été tiré à part. Les bollandistes, constitués en institut séparé, occupent une aile du collège Saint-Michel à Bruxelles; ils se consacrent presque exclusivement à l'œuvre bollandinienne. Depuis leur rétablissement jusqu'en 1903 ils ont publié treize tomes in-lolio et sont arrivés au 4 novembre à saint Charles Borromée. Voir t. i, col. 330-331. Nous devons au P. Charles de Smedt, leur président actuel, les tomes i (1887) et n (1891) de novembre, où se trouve son remarquable travail sur saint Hubert; les Acta sanctorum Hiberniae, in-4°, Bruxelles, 1887; Ylntroductio generalis ad kistoriam ecclesiasticam critice tractandam, in-8", Gand, 1876; les Principes de la critique historique, Paris, 1883, et des Dissertationes. Le P. Van Ortroy prépare la vie de saint Charles Borromée. Le P. Delehaye a donné en 1902, dans le texte grec original, le synaxaire de l'église de Constantinople avec un choix des autres synaxaires. Depuis 1881 les bollandistes publient un périodique, les Analecta Bollandiana. Voir t. i, col. 331-332.
A l'hagiographie se rapportent : l'ouvrage inachevé de Mb» de Ram, Hagiographie nationale, Vie dessa'nits el des persomies d'une éminente piété qui ont vécu (/ans les anciennes provinces belges, janvier-lévrier, 2 in-8», Louvain, 1864-1868; Les martyrs de Gorcum, par Ma1' Laforêt, in-12, Louvain, 1867; la Vie du B. Jean Berchmans, par le P. Van der Specten, 2e édit., in-8°, Louvain, 1865; Saint Jean Berchmans, ouvrage posthume de Ad. Docq, 3e édit., in-8», Bruges, 1894. L'ouvrage, couronné en Espagne, du P. G. Hahn, Les phénomènes hystériques et les révélations de sainte Thérèse, a été' prohibé par décret de l'Index du 1er décembre 1885 et réfuté par le P. De San, Études pathologiques sur sainte Thérèse, Louvain, 1896.
J.-B. Jungmann a composé ses savantes Dissertationes in historiam ecclesiasticam, Ratisbonne, 1880-1887; le chanoine J. Daris, professeur au grand séminaire de Liège, a beaucoup écrit sur l'histoire de cette principauté ecclésiastique, entre autres ses Notices historiques sur les églises du diocèse de Liège, 11 in-8°, Liège, 1867-1883; Histoire du diocèse et de la principauté de Liège de i'f2U à i85<2, 4 in-8», Liège, 1868-1874. M3r de Ram a publié une foule de documents sur l'histoire de l'ancienne université de Louvain. On trouve de nombreux détails sur l'histoire du christianisme dans les provinces belges, dans le beau et savant Cours d'histoire nationale de Msr Al. Namèche, troisième recteur de l'université catholique, 30 in-8°, Louvain, 1853-1892, et dans l'Histoire de la patrie, \aderslande Historié, du chanoine J.-B. David, 11 in-18, Louvain, 1842-1866. Le chanoine Edmond Reusens nous a donné des Éléments d'archéologie chrétienne, 2e édit., 2 in-8», Louvain. 1885-1886, et dirige depuis 1861, avec la collaboration de Victor Barbier et d'autres, les Analecles pour servir à l'histoire ecclésiastique de la Belgique. Nous ne pouvons omettre 1 Histoire du séminaire de Bruges, par le chanoine De Schrevel, 2 in-8", Bruges, 1883-1897; Le chapitre de Saynt-Aubain à Namur et d'autres monographies par le chanoine Barbier; La Belgique sous la domination française, par le P, Delplace, 2 in-8°, Louvain, 1896; La Belgique chrétienne, depuis I794jusqu'en 1880, par le chanoine Claessens, 2 in-8», Bruxelles, 1883; la Correspondance du cardinal de Granvelle, publiée dans les documents de la Commission royale d'histoire,
BELGIQUE
par Ed. Poullat et G. Piot, 12 in-4», Bruxelles, 1877- 1896; Léon X1I1, par Mar de T'serclaes, 2 in-8°, Paris,
7° Liturgie. — La Belgique possède deux grands établissements typographiques qui rivalisent de zèle pour donner des éditions belles et à bon marché de tous les livres liturgiques. Ce sont l'imprimerie de Dessain à Malines et la Société de Saint-Jean l'évangéliste à Tournai. Leurs éditions liturgiques sont répandues dans le monde entier. Plusieurs ecclésiastiques ont exposé avec une connaissance exacte de la matière et avec talent les rubriques des offices et de l'administration des sacrements selon le rite romain. Nommons Ghislain Bouvry, vicaire général de Tournai, Expositio rubricarum breviarii, missalis et ritualis romani, 28 édit., 2 in-8°, Tournai, 1864; J.-B. Falise, Cérémonial romain et cours abrégé de liturgie pratique, in-8°, 8e édit., Paris, 1887, et plusieurs autres ouvrages sur le même sujet; P.-J.- B. de llerdt, chanoine de Malines, Sacrœ lilurgiee praxis, 8e édit., 3 in-8°, Louvain, 1889; Ma' Van der Stappen, évèque auxiliaire de Malines, Tractatus de divino of/icio ; de rubricis missalis romani, de administratione sacramentorum ; de celebratione SS. Missse sacrificii, 4 in-8°, Malines, 1899-1902. Le capucin Vict.-Al. Appeltern, Libellus manualis sacerdotum pro missa, in-32, Malines, 1901.
8° Droit canonique. — Les publications canoniques furent rares dans les trente premières années de l'émancipation belge : elles se bornent presque aux dissertations doctorales mentionnées plus haut. Marien Verhoeven, professeur à l'université catholique, publia en 1846 un court traité, qui fit alors beaucoup de bruit, De regularium et ssecularium clericorum juribus et of/iciis. Les bollandistes V. de Buck et Timebroeck lui reprochèrent de méconnaître les droits des religieux et le combattirent dans VExamen historicum libri Mar. Verlioeven, Gand, 1847. Verhoeven tomba malade et mourut peu après. La controverse s'éteignit. Le successeur de Verhoeven, H. Feile, qui fut secrétaire de la commission de la discipline au concile du Vatican, a publié un traité fort savant, De impedimentis et dispensationibus matrimonialibus, dont la 4e édition a paru à Louvain en 1893 ; un de ses élèves actuellement professeur, Mor Moulart, a donné au public ses importantes leçons : L'Église ou l'Etat ou les deux puissances, leur origine, leurs rapports, leurs droits et leurs limites, 4e édit., Louvain, 1895. Un autre de ses élèves, mort évêque de Bruges, a publié un manuel complet de droit canonique sous le titre : Juris canonici et juris cano- 7iico-civilis compendium, 3e édit., 2 in-8°, Bruges, 1881 ; 6e édit. par C. Van Coillie. Le chanoine Daris a beaucoup écrit sur le droit canon, notamment ses Prœlectiones canonicee, 5 in-8°, Liège, 1863-1874. Plus récemment Jules de Becker, docteur en droit civil et en droit canon, recteur du séminaire américain et professeur à l'université, a écrit spécialement pour l'Amérique : De sponsalibttsetmatrimoniis,\r\-8°, Bruxelles, 1896. A. Vermeersch a traité savamment De religiosis institutis et personis, 2 in-8°, Bruges, 1903. Beaucoup d'articles sur les fabriques d'église ont paru dans le Mémorial belge des conseils de fabrique et dans la Revue catholique de Louvain.
9° Philosophie. — Casimir Ubaghs, né à Berg dans le Limbourg en 1800 et nommé, dès 1834, professeur de philosophie à l'université que les évêques venaient de fonder à Louvain, publia successivement en latin et en français des manuels de logique, de psychologie, de théodicée et de métaphysique, qui eurent en peu d'années beaucoup d'éditions et valurent à leur auteur une grande renommée et en même temps des adversaires ardents. On reprocha au philosophe de Louvain de tomber dans le traditionalisme et l'ontologisme. Ubaghs se défendit. Ses 2 heodicese- elemenla, Louvain, 1841, et ses
DÏCT. DE TUÉOL. CaTHOL.
autres écrits furent déférés à la S. C. de l'Index, qui, le
3 juin 1843, nota cinq points qui lui paraissaient devoir être corrigés, entre autres l'assertion : « Que nous ne pouvons parvenir à la connaissance des vérités métaphysiques extérieures sans le secours de l'enseignement et en dernière analyse sans le secours de la révélation divine, » et encore : « L'existence de Dieu ne peut être démontrée. » Le 8 août de l'année suivante la S. C. ajoutait de nouvelles observations, confirmant les premières. Elle disait entre autres : « L'auteur éviterait toute ambiguïté s'il mettait : « L'existence de Dieu ne peut pas « être démontrée a priori, mais bien a posteriori. » Ces observations restèrent secrètes et ne furent publiées et envoyées à l'auteur qu'en 1864; Ubaghs se soumit humblement et corrigea ses ouvrages. Avant de lus éditer il soumit ses corrections au SainL-Office; mais le cardinal Patrizi ne jugea pas les corrections suffisantes, la nouvelle édition ne parut pas, et Ubaghs, devenu souffrant et âgé, renonça à sa chaire.
De son côté, le recteur de l'université, N.-J. Laforêt, publiait un important travail sur VHistoire de la philosophie ancienne, 2 in-8°, Bruxelles, 1866-1872. Le successeur d'Ubaghs, Antoine Dupont, a composé une Théodicée et une Ontologie, 2 in-8°, Louvain, 1874-1875. Peu après, Léon XIII, voulant restaurer la philosophie scolastique, proposa aux philosophes saint Thomas d'Aquin comme modèle et comme guide (Encyclique du
4 août 1879) et trois ans plus tard il créait à l'université de Louvain une chaire de philosophie thomiste. Cette chaire fut confiée à Mar D. Mercier. Elle est devenue l'Institut supérieur de philosophie, qui délivre les grades " non légaux de bachelier, de licencié et de docteur en philosophie, a son imprimerie, publie des dissertations et des travaux philosophiques et édite la Revue néoscolastique et deux autres périodiques. Plus récemment on a annexé à l'Institut le séminaire Léon-XIII pour les ecclésiastiques à qui leurs évêques font faire trois années de philosophie. Le président de l'Institut, M9r Mercier, a publié de savants travaux philosophiques, principalement sur la psychologie. Nous avons de lui : Critériologie, 4e édit., 1900; Psychologie, 5e édit., 1899; Ontologie ou métaphysique générale, 2" édit., 1894; et de nombreux articles dans Ja Revue néorscolastique dont il est le directeur. Un des élèves de Mar Mercier, M. de Wulf, a déjà publié de son côté deux ouvrages importants : Histoire de la pliilosop/iie médiévale, Louvain, 1900; Gilles de Lessines et son traité De singularitate formarum, Louvain, 1901.
En dehors de l'université catholique nous trouvons aussi de nombreuses publications philosophiques. Les jésuites de Decker (f 1870), Van der Aa, Lahousse et Castelein nous ont donné des cours complets de philosophie. Le P. Castelein, actuellement professeur de philosophie au collège de la Paix, retravaille et développe son cours de philosophie. Il a déjà édité ses Institutions de philosojihie morale et sociale,, et sa Logique, 2 vol., Bruxelles, 1899. Nous devons une mention spéciale aux remarquables travaux philosophiques de Mar Van Weddingen, aumônier de la cour (f 1890) : Essai critique sur la philosophie de S. Anselme, dans les Mémoires couronnésdel' Académieroyale de Belgique,l815; Essai d'introduction à l'étude de la philosophie critique (Mémoires, t. xlii, 1S89); L'esprit de la psychologie d'Aristote (ibid., t. xliv, 1890) et une foule d'opuscules. Le P. Lepidi, aujourd'hui maître du sacré palais, a publié pendant les dix-sept années qu'il a enseigné la philosophie à Louvain chez les dominicains, un manuel de philosophie selon saint Thomas, qui se distingue par la clarté et la méthode : Elementa philosop/iise chrislianse, 3 in-12, Louvain, 1875-1879, et une dissertation, De onlologismo, 1874. Indiquons pour finir les Mémoires couronnés de Ma' Monchamp, sur le Cartésianisme en Belgique (1884), de M. A. Auger sur les Mystiques des