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V. Oblet

2. BERTI Jean-Laurent, théologien italien, né à Sarravezza en Toscane, le 28 mai 1696, mort à Florence le 26 mars 1766. A l'âge de 15 ans il entra dans l'ordre des ermites de Saint-Augustin. Ses études terminées, il enseigna la théologie à Sienne, à Florence, à Padoue, à Rome, ■et l'histoire ecclésiastique à Pise. Sur l'ordre du général ■de son ordre, le P. Schiaffinati, il écrivit un ouvrage : De theologicis disciplinis, 8 in-4°, Rome, 1739-1745, où il expose la doctrine de saint Augustin. Plusieurs éditions en furent faites et ce livre fut vivement attaqué ainsi que celui de Bellelli, son confrère, par J. de Saléon, évêque de Rodez, et Languet, archevêque de Sens. A leurs attaques Berti répondit par les ouvrages suivants : Augustinianum systema de gratia ab iniqua bajani et janseniani erroris insimulalione vindicatnm, sive refutatio librorum quorum titulus Bajanismus et jansenianismus redivivi in scriptis PP. FF. Bellelli et Berti, O. S. A.,1 in-4°, Rome, 1747; In opusculum inscriptum BB. J. Languet, archiepiscopi Senonensis, judicium de operibus theologicis FF. Bellelli et Berti œquissima exposlulalio, in-4°, Livourne, 1756. Saléon

voulut faire condamner le De theologicis disciplinis par l'assemblée du clergé de France et par la S. C. de l'Index; mais il ne put y réussir. Benoit XIV cependant lit examiner cet ouvrage dans lequel on ne trouva rien de répréhensible. Contre Y Augustinianum systema composé surtout pour répondre à ses attaques, l'évêque de Rodez écrivit une lettre adressée à son clergé, in-4°, Vienne, 1750. Antoine Zaccaria ayant donné un résumé de cette pièce, Berti lui répliqua assez vivement : Bagionamento apologetico, in-8°, Turin, 1751. Outre quelques ouvrages d'histoire ecclésiastique, nous devons encore à Berti : Commentarius de rébus geslis S. Aur gustini, in-4°, Venise, 1756; S. Augustini quœstionum de scientia, de voluntate et de providentia Dei neenon de prsedestinatione, ac reprobatione atque de gralia reparatoris dilucidatio, in-4°, Pise, 1756. Après sa mort lut publié : De hseresibus trium priorum sœculorum, Bassano, 1769.

Feller, Dictionnaire historique, Paris, 1818, t. Il, p. 179; Picot, Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique pendant le xvi w siècle, 3" édit., Paris, 1855, t. IV, p. 450-452; Hurter, Nomenclator, t. m, col. 1-5; Kirchenlexikon , t. Il, col. 482-483.

B. IIeurteisi/.e.

BERTRAND Pierre. Né à Annonay, en 1280, Bertrand étudia la philosophie et le droit à Avignon, prit ses grades à Montpellier en 1301. Il enseigna le droit avec éclat dans les universités d'Avignon, de Montpellier et d'Orléans, 1307-1312. Beçu avocat au parlement de Paris, il fut successivement conseiller en la cour du parlement, membre du conseil du roi, et chancelier de Jeanne, reine de France et comtesse de Bourgogne, 1320. Déjà chanoine et doyen de l'église Notre-Dame du Puy, il fut nommé à cette époque évèque de Nevers. Grasset nous apprend qu'il composa alors un ouvrage contre les fraticelles. Devenu peu après évèque d'Autun, il intervint en cette qualité dans la querelle qui se poursuivait entre les officiers du roi et l'Église, au sujet de la juridiction ecclésiastique. A la conférence de Vincennes, en décembre 1329, il fut, avec l'archevêque de Bouen, Pierre Roger, l'avocat du clergé. Il répliqua plusieurs fois aux discours du conseiller du roi, Pierre de Cugnières, et, en présence de Philippe VI, discuta les griels des juges laïques, affirma avec vigueur et habileté les droits de l'Église. Il finit par obtenir du prince la promesse de respecter ce qui était de droit et de coutume louable, de maintenir ce dont il avait une connaissance positive. Cette intervention accrut encore la réputation de Pierre Bertrand. En 1331, Jean XXII le nommait cardinal. Ce pape et ses deux successeurs, Benoit XII et Clément VI, lui confièrent de nombreuses et importantes missions. Notons seulement qu'en 1334, il était un des cardinaux présents à la déclaration solennelle que lit Jean XXII sur la vision intuitive, et qu'en 1338, il lutta en Italie contre la secte des fraticelles. Il mourut en 1349, au prieuré de Montaud, près d'Avignon. Ses biographes signalent sa bienfaisance envers sa ville natale et la générosité dont il fit preuve dans la fondation et la dotation du collège d'Autun, au profit de quinze étudiants de l'université de Paris, 1339.

Le cardinal Pierre Bertrand a laissé de nombreux ouvrages. Grasset et le Gallia christiana, t. îv, p. 412, indiquent un traité contre les fraticelles : Evangelium et apostolicum imperium; des commentaires sur le décret, les décrétâtes et les clémentines; un traité contre Jeanne, reine de Naples (accusée d'avoir assassiné son mari) ; des discours et des sermons. Ces ouvrages sont inédits. Le collège d'Autun les possédait, mais ils furent volés en 1575. « On assure que tous sont à la bibliothèque du Vatican, » écrit M. A. Mazon, Le Vivarais pendant la guerre de cent ans, Tournon, 1890, p. 86.

Deux autres ouvrages de Bertrand, par contre, sont bien connus : Libellus adversus Petruni de Cugneriis, et De origine et usu jurisdictionum, sive de spiriluali et

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