‹ Dictionnaire de théologie catholiqueChapitre 24 sur 400 · Pelagii sententia est · texte numérisé non relu

Pelagii sententia est

opus bonum, citra graliam adoptionis factum, non est regni caelestis meritorium. Ibid., c. iv, tit. ; Baiana, p. 87.

17. Sentiunt cum Pelagio, qui dicunt esse necessarium ad rationem meriti, ut homo per gratiam adoptionis sublimetur ad statuin deificum.

Ibid., c. iv.

Les bonnes œuvres faites par les enfants d'adoption no tirent pas leur mérite de co qu'elles sont faites par l'esprit d'adoption qui habite dans lo cœur des enfants de Dieu, mais seulement de ce qu'elles sont conformes à la loi, et quo par elles on obéit à la loi.

Le mérite ne consiste pas en ce que celui qui agit bien, est en état de grâce et possède le Saint-Esprit, mais seulement en ce qu'il obéit à la loi do Dieu.

C'est un sentiment de Pélago que la bonne œuvre faite sans la grâce d'adoption n'est point méritoire du royaume des cieux.

Ceux-là pensent comme Pelage qui prétendent que pour mériter, il faut que l'hommo soit élevé par la grâce d'adoption à un état divin.

BAIUS

Ces propositions forment la partie négative ou exclusive de la doctrine baianiste sur le fondemenl du mérite; elles rejettent le sentiment de ceux qui exigeaient de la part du sujet une dignité ou excellence supérieure, résultant de l'adoption divine ou de lin habitation du Saint- Esprit, en d'autres termes la grâce sanctifiante. Il y a cette différence entre les quatre propositions, que les deux dernières sont modales, tandis que les deux premières sont absolues. Mais comme la doctrine est la même dans toutes, il faut nécessairement conclure que les propositions 12e et 17e sont condamnées à un double titre: d'abord pour l'erreur doctrinale qu'elles soutiennent, puis pour cette téméraire et offensante assimilation du sentiment contraire avec les vues de Pelage. Baius essaya de se justifier dans son apologie, en disant qu'il n'avait rien voulu trancher, mais qu'il avait simplement exposé ce qui pouvait être matière de controverse libre et inollensive pour la foi. Excuse insuffisante; car en réalité, il avait opposé catégoriquement son opinion à la doctrine commune des théologiens, et surtout, comme théologien catholique, il n'avait pas le droit de proclamer libre une question où l'Église s'était prononcée contre les protestants. Le concile de Trente n'avait-il pas nettement affirmé que, pour produire des actes vraiment méritoires, l'homme devait être juste, agréable à Dieu, uni à Jésus-Christ comme un membre vivant? Sess. VI, c. XVI et can. 32. Denziger, Enchiridion, n. 692, 724. Seule la grâce sanctifiante nous justifie et nous rend enfants de Dieu, qualité nécessaire pour avoir droit à l'héritage paternel : Si filii, et hœredes. Rom., vm, 17. Là, comme ailleurs, Baius s'est trompé étrangement dans l'interprétation d'un passage de saint Augustin, De natura et gralia, c. il, P. L., t. xliv, col. 248 sq. Ce docteur, parlant contre les pélagiens, dit que si l'homme pouvait de lui-même observer la loi et accomplir la justice, il devrait se tenir pour assuré de la récompense qui est la vie éternelle, car Dieu serait injuste s'il n'accordait pas aux justes la récompense de la justice. Proposition conditionnelle très vraie, remarque le cardinal Bellarmin; et très vraie surtout dans l'hypothèse de Pelage ; mais s'ensuit-il qu'en fait, dans notre ordre de providence, la grâce d'adoption n'est pas nécessaire au mérite? Évidemment non; car le même Père enseigne par ailleurs que pour bien vivre, il faut devenir enfant de Dieu: quum ilat\ue non vivant bene filii tiominum, nisi effecli filii Dei. Contra duasepislolas pelagianorum , 1. I, c. n, P. L., t. xliv, col. 5o2. Bellarmin, Refulalio Bail, fol. 160 sq.; De justi/icat., 1. V, c. xii-xm; Vasquez, op. cit., disp. CCXVI, c. I. Cf. Acta et décréta concilii Valicani, op. cit., t. vil, col. 564.

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