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BONALD (Louis Gabriel Ambroise, vicomte de

homme d'État, publiciste et philosophe français, né à Monna près de Millau, en Rouergue, le 2 octobre 1754, mort à Paris le 23 novembre 1810. — I. Vie et œuvres. II. Méthode et idées.

I. Vie et ceitres. — Ce grand défenseur du « trône et de l'autel » ne joua pas un rôle important avant 1815. Né d'une ancienne famille de robe et très catholique, élève de Juilly, mousquetaire jusqu'à la suppression du corps (1776), il vécut à Millau jusqu'en 1791. Maire de Millau de 1785 à 1789, il fut élu en 1790 membre du département de l'Aveyron. Mais il démissionnait en 1791 pour n'avoir pas à appliquer la Constitution civile. Il émigrait la même année, servait dans l'armée de Condé jusqu'à son licenciement, puis vivait à Heidelberg. En 1796, il publiait à Constance son premier ouvrage : Théorie du pouvoir politique et religieux dans la société civile, démontrée par le raisonnement et par l'histoire, 3 in-12. Très royaliste, ce livre envoyé en France fut saisi et détruit par ordre de Directoire. En 1797, de Donald rentra en France mais se cachant. Il écrivit alors ces trois ouvrages : 1° Essai analytique sur les lois naturelles de l'ordre social, in-8°, qu'il publia en 1800 sous le pseudonyme de Séverin ; 2° Le divorce considéré an XIXe siècle relativement à l'état domestique et à l'état public de société, qui parut en 1801; 3° La législation primitive considérée dans les derniers temps par les seules lumières de la raison, 3 in-12, le principal de ses ouvrages, refonte des précédents, qui parut en 1802; 2e édit., 3 in-8°, 1817, etc. Enfin le premier consul le raja de la liste des émigrés. Il collabora alors au Mercure de France avec Chateaubriand, Fiévée, etc. Les articles qu'il y publia, différents opuscules religieux, ont été réunis par lui en 2 in-8° qu'il fit paraître en 1819 sous ce titre : Mélanges littéraires, politiques et philosopliiques. Fontanes, son ami, le fit nommer conseiller titulaire de l'université au mois de septembre 1808. Il n'accepta qu'en 1810. C'est la seule façon dont il servit l'empire. 11 refusa de se charger de l'éducation du fils aîné de Louis Donaparte, roi de Hollande, et plus tard du roi de Rome.

La Bestauralion lui permit de jouer un rôle politique. Député de l'Aveyron de 1815 à 1822, pair de France le 23 décembre 1823, il fut le défenseur entêté « du trône et de l'autel » et l'oracle du parti ultra-royaliste. Il détesta la Charle qui rompait l'unité du pouvoir si nécessaire à ses yeux; il soutint toutes les mesures de réaction dans l'ordre religieux, comme dans l'ordre politique ; il fut l'ennemi de la liberté de la presse et en 1827 il était nommé président de la commission de censure instituée alors. Il écrivait aussi en même temps qu'il luttait par la parole. Après avoir publié en 1815, pendant le congrès de Vienne, un écrit politique intitulé : Réflexions sur l'intérêt général de l'Europe, où il demande pour la France les frontières naturelles et pour le saintsiège la garantie formelle de son indépendance, il faisait paraître en 1817 des Pensées sur divers sujets et discours politiques, 2 in-8°, réédition par M. de Bonnefon, in-18, Paris, 1887; en 1818 des Recherches philosophiques sur les premiers objets des connaissances morales, 2 vol.; en 1830, la Démonstration philosophique du principe constitutif de la société. Il collaborait au Conservateur (1818-1820) avec Chateaubriand. Villèle, Lamennais, Berryer, etc., et au Défenseur que fonda Lamennais quand le Conservateur eul cessé de paraître. Après la révolution de juillet, Bonald relire à Monna donna sa démission de pair de France. De ses dignités il ne garda que son litre de membre de l'Académie qu'il avait depuis 1816. Il mourut ainsi dans la retraite le 23 novembre 1840. l'n opuscule inédit : Discours sur la vie de Jésus-Christ, a été public' après sa mort, in-S',Paris, L843; 2- édit., I8U. et a été placé en tête de V Histoire delaviedeN.-S.J.-C.,ir.n- le P. de Ligny, Paris, 1861, 1. 1.

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