‹ Dictionnaire de théologie catholiqueChapitre 33 sur 400 · Non est vera legis obe- L'obéissance qu'on rend à la · texte numérisé non relu

Non est vera legis obe- L'obéissance qu'on rend à la

dientia, quae fit sine charitate. loi sans la charité, n'est pus

De meritis operum, 1. H, c. I ; une véritable obéissance. Baiana, p. 89.

Baius entend ici la charité comme dans la proposition 38e; il le dit formellement dans son apologie, en citant à l'appui de son opinion, les paroles de Notre- Sei^neur, Joa., XIV, 2i : « Celui qui ne m'aime pas, ne garde pas ce que j'ai dit, » et divers passages de saint Augustin, par exemple : « Sans la grâce, la loi ne fait que des prévaricateurs... Sans la foi qui opère par la charité, on ne peut garder la parole du Seigneur. » De gratia et lib. arb., c. xvm; In Ps. cxvw, serm. vu; P. L., t. xliv, col. 90i; t. xxxvn, col. 1516. Textes que le docteur lovaniste fait suivre d'une glose qui nous est assez connue : tout ce qui ne vient pas de la foi est péché, et la foi opère par la charité. La pensée est donc manifeste; sans la charité théologale au moins imparfaite, il y a péché, et non pas véritable obéissance à la loi divine. Comparer la proposition 47e de Quesnel. Denzinger, Enclnridion, n. 1262. Une longue réfutation n'est pas nécessaire. La proposition 16e est d'abord erronée dans le sens de l'auteur, par son étroite connexion avec des erreurs plus générales. De plus, prise textuellement, elle est équivoque. Que signifient les mots vera legis obedientia? Si l'on entend l'accomplissement parfait et entier de la loi divine, il est incontestable que la charité doit intervenir, comme premier précepte et plénitude de la loi, non pas la charité imparfaite, mais la charité parfaite et habituelle. Si l'on entend l'accomplissement de la loi prise en détail dans les divers préceptes qu'elle renferme, il est faux d'affirmer qu'il n'y a pas de véritable obéissance sans la charité; d'autres motifs suffisent, nommément celui de l'obéissance même, sans parler de l'espérance, de la crainte bien réglée, de l'honnêteté inhérente au précepte, etc. Pour lever toutes les équivoques, le cardinal Bellarmin énonce ces trois principes, dans sa réfutation inédite des propositions de Baius, fol. 175 sq. : Parfois il est nécessaire d'agir par le motif de la charité, pour éviter de pécher dans l'observation des commandements qui se rapportent à l'amour de Dieu; il n'est pas nécessaire d'agir pour le motif de la charité, pour éviter de pécher dans l'observation des autres préceptes; enfin celui qui est en état de charité n'est pas tenu d'accomplir toujours les préceptes par le motif de la charité. C'est la doctrine de saint Thomas, Sum. theol., Ia IIœ, q. c, a. 10. Mais, pour que l'observation de la loi soit rigoureusement méritoire, la charité au moins habituelle est requise. Par ce coté, la proposition présente a des points de contact avec les propositions 13", 15a et 61e. Cf. Ripalda, op. cit., disp. XXII, sect. i, n. 7 sq. ; pour l'explication de suint Augustin en particulier, sect. v, vm.

BAIUS

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