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BRUYS

Pierre de Bruys eut dans l'hérétique Henri (voir ce mot) un précieux auxiliaire, et, comme s'exprime Pierre le Vénérable, col. 728. 723, un pseudo-apôtre et un héritier de sa malice. Ils se rencontrèrent probablement après le concile de Pise (1135), où Henri, condamné, avait abjuré ses erreurs. A peine de retour en France, il oublia ses engagements et, racontent les Gegla pontificum Cenomanensium, dans le Recueil des historiens des Gaules et de la France, Paris, 1806, t. xiv, p. 54, nova secta, novo cursu, novum iter assumpsit delinqitendi. Dôllinger, Beitrâge zur Sektengescliichte des Miltelallers, t. i, p. 83, entend par là qu'Henri se lia avec Pierre de Bruys. Jusqu'alors sa doctrine semble avoir été indécise; il adopta les idées pétrobrusiennes, tout en y ajoutant.

II. DocrniNES. — Le traité de Pierre le Vénérable est une source inappréciable pour l'étude du pélrobrusianisme. L'auteur est bien informé, car il a voyagé dans les pays atteints par l'hérésie. Il est prudent, il ne croit pas facilement à ce qu'il appelle fallaci runwruni nwnstro, col. 730; il refuse de s'appuyer sur l'incertain, culpare vos de incertis nolo, col. 730; il a en main un volume qu'on lui a présenté comme renfermant l'enseignement oral d'Henri, mais, n'ayant pas l'entière certitude que telle est bien la pensée de l'hérésiarque, il attend d'être renseigné sûrement pour en entreprendre la réfutation, col. 723. Il déclare reproduire les paroles mêmes des hérétiques, verba vestra quse ad nos pervenire potuerunt, col. 787; cf. col. 728, 738, 739, 754,773, 820. Enfin il précise qu'il n'a en vue que la doctrine de Pierre de Bruys, dégagée des modifications dues à son disciple Henri, col. 723.

Cette doctrine, il la ramène à cinq chefs principaux. l°Le baptême des enfants est nul. Voir plus haut col. 281. — 2° Il ne faut pas bâtir des églises, mais détruire celles qui existent. Tout endroit est bon pour la prière; Dieu exauce les chrétiens qui le méritent, qu'ils l'invoquent dans une taverne ou à l'église, sur la place publique ou dans un temple, devant un autel ou devant une étable. L'église n'est pas un assemblage de murs, mais la réunion des fidèles. — 3° Les croix doivent être brisées ou livrées aux flammes, parce que l'instrument du supplice du Christ n'est pas digne de vénération; pour venger les tourments et la mort du Christ, la croix doit être déshonorée par tous les moyens possibles, mise en pièces, brûlée. Réduisant ces théories en pratique, les pétrobrusiens rebaptisaient les enfants devenus adultes, profanaient les églises; ils avaient réuni un monceau de croix, y avaient mis le feu, avaient fait cuire de la viande à ce bûcher, et avaient mangé de cette viande, le vendredi saint, ayant au préalable invité la foule à venir prendre part à ce repas. — 4° Non seulement il n'y a pas le vrai corps et le vrai sang de Jésus-Christ au sacrifice de la messe, mais il n'y a rien du tout, et ce sacrifice ne doit pas être offert à Dieu. Le Christ n'a donné qu'une fois son corps à ses disciples présents, il ne l'a pas donné pour toujours aux chrétiens futurs. — 5° Les sacrifices, les prières, les aumônes et toutes les autres bonnes œuvres des vivants ne sont d'aucun proiit pour les morts. De ces erreurs la première, la troisième et la quatrième sont ('gaiement attribuées à Pierre de Bruys par Abélard, Introductio ad theolngiam, 1. II, c. iv, P. L., t. ci.xxvm, col. 1056. Aux cinq points annoncés, Pierre le Vénérable ajoute un sixième, qui peut être considéré comme un complément du second : Les pétrobrusiens se moquent du chant ecclésiastique, sous prétexte que ce qui plaît à Dieu ce sont les pieux sentiments de l'âme, mais non les éclats de la voix humaine ou 1rs mélodies des instruments de musique. Autant vaut dire que l'art chrétien est interdit. En outre, Pierre le Vénérable indique, sans insister longuement, quelques traits qui achèvent la physionomie du pétrobrusianisme. D'après le bruit populaire, le

pétrobrnsianisme rejette toute la sainte Écriture; il ne conserve que l'Évangile, d'après une opinion qui parait plus fondée. Il méprise l'autorité des Pères de l'Eglise, et celle de l'Église elle-même. La raison qu'il en donne, c'est que l'Église n'est pas un témoin, puisqu'elle ne raconte pas ce qu'elle a vu ou entendu, mais se sert de témoignages, puisqu'elle raconte ce que d'autres lui ont appris; elle confère l'autorité canonique aux livres de l'Écriture, non parce qu'elle sait, mais parce qu'elle croit; or, testibus non testimoniis credendum esse lex ipsa saeculi jubet, col. 739. Dédaigneuse vis-à-vis de l'Eglise, l'hérésie l'est, à plus forte raison, vis-à-vis du clergé; elle ameute la foule contre lui en le taxant d'imposture; des prêtres ont été fouettés, des moines incarcérés et contraints, par la peur et les tourments, à se marier.

Maintenantque nous connaissons la doctrine de Pierre de Bruys, il ne sera pas trop malaisé de lui assigner sa place dans l'histoire des hérésies du moyen âge. Schmidt, Histoire' et doctrine de la secte des cathares ou albigeois, t. i, p. 38, et Précis de l'histoire de l'Eglise d'Occident pendant le moyen âge, Paris, 1885, p. 214, suivi par A. Jundt dans la Grande encyclopédie, t. vin, p. 221, et par G. Bonet-JVlaury, Les précurseurs de la Réforme, Paris, 1904, p. 28, en fait un disciple d'Abêlard; cette affirmation ne repose sur aucun texte, elle ne se concilie pas facilement avec les dates de l'un et de l'autre, et la comparaison de leurs systèmes théologiques et la manière dont Abélard s'exprime sur le compte de Pierre de Bruys la rendent insoutenable.

Une thèse, chère au protestantisme, surtout à partir du xviie siècle, fut que la Réforme se rattache aux origines du christianisme par une longue chaîne de « témoins de la vérité », notamment par les vaudois, antérieurs à Valdo; Pierre de Bruys aurait été l'un d'eux, et il serait, à moins que ce ne soit l'un de ses disciples, l'auteur d'un livre De l'Antéchrist, daté de 1120, cf. J. P. Perrin, Histoire des vaudois, I. I, c. vu, Genève, 1618, p. 57, peut-être même d'un autre ouvrage vaudois plus fameux, La noble leçon. Cf. N. Peyrat, Les réformateurs de la France et de l'Italie au xue siècle, Paris, 1860, p. 9, 63. Cette théorie aventureuse est actuellement abandonnée. Cf. A. Rébelliau, Bossuel historien du protestantisme, Paris, 1891, p. 246. Il n'y eut pas de vaudois avant Valdo, le pétrobrusianisme est distinct du valdisme, et, comme Bossuet l'avait observé, Histoire des variations des Eglises protestantes, I. XI, n. 126, dans Œuvres, édit. Lâchât, Paris, 1863, t. xiv, p. 525, les manuscrits vaudois ne remontent pas à la haute origine qu'on leur attribue; la Noble leçon et le livre De l'Antéchrist sont du xv« siècle. Cf. E. Montet, dans la Revue de l'histoire des religions, Paris, 1889, t. xix, p. 211, 214.

Une question plus complexe est la suivante : Pierre de Bruys et Henri furent-ils manichéens? Bossuet, loc. cit., n. 36, p. 477; Mabillon, S. Bernardi opéra, prœfatio generalis, § 6, n. 73, /'. L.. t. ci.xxxn, col. 49- 50; Dôllinger, Beitrâge zur Sektengeschichte des MitteU alters, t. i, p. 83 sq., ont répondu affirmativement. Cette opinion s'appuie sur un passage de l'Exordium magnum cisterciense, C. xvu, P. L., t. ci.xxxv, col. 127, où il est dit de saint Bernard, allant réfuter l'hérésie henricieiine, qu'il se mettait en route vers Toulouse pro con/utanda hseresi manichssorum. Mais, d'une pari, « l'auteur de l'Exordium magnum, qui écrivait en pleine crise manichéenne, \eis 1210, a bien pu ne pas noter la différence qui existait entre la doctrine de Henri, combattue par saint Bernard, et le manichéisme proprement dit, condamné vingl ans plus tard au concile de Lombez. » E- Vacandard, Vie de s. Bernard, Paris, 1895, I. il, p. 220, noie 2. D'autre pari. Pierre le Vénérable argumente contre les pétrobrusiens en alléguant l'autorité de Manès; sans laisser entendre qu'ils

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procèdent de lui, col. 737. Et, d'ailleurs, la comparaison des doctrines est décisive. Pierre de Bruys ne professe pas le dualisme, il ne nie la vertu du baptême que pour les enfants, il ne rejette pas le mariage, il ne condamne pas l'usage de la viande. Sur tous ces points il est en désaccord essentiel avec le néo-manichéisme cathare. Cf. Schmidt, Histoire et doctrine de la secte des cathares on albigeois, t. i, p. 38; E. Comba, I nostri protestanli, Florence, 1695, t. I, Avanti la Ri forma, p. 214-215.

Faut-il donc conclure que Pierre de Bruys fut un novateur au sens strict du mot, qu'il ne dut rien à ses devanciers hérétiques, ainsi que Pierre le Vénérable parait le croire, col. 72G, 756, 766, 788? Son rôle a-t-il été si important, si original, qu'on puisse l'appeler, avec Labbe et Cossart, Sacrosancta concilia, Paris, 1671, t. x, col. 1001, heereticorum parens, et, en particulier, le maître d'Arnaud de Brescia? A la suite de Noël Alexandre, Hist. eccl., Venise, 1778, t. vu, p. 71, reconnaîtrons-nous déjà des pétrobrusiens dans les hérétiques condamnés par le 3e canon du concile de Toulouse, en 1119? Cf. Labbe et Cossart, t. x, col. 857. Verrons-nous des disciples de Pierre de Bruys, avec Hefele, Histoire des conciles, trad. Delarc, Paris, 1872, t. vu, p. 241, dans les hérétiques visés par le 23e canon du Xe concile œcuménique tenu à Saint-Jean de Latran, en 1139, cf. Labbe et Cossart, t. x, col. 1008, — et, avec Mabillon, Vetcra analecta, Paris, 1723, p. 483, dans ces hérétiques de Périgueux que signale une si curieuse lettre du moine Héribert, vers le milieu du xn« siècle, P. L., t. clxxxi, col. 1721-1722? Non, Pierre de Bruys n'est pas le « père des hérétiques » du moyen âge; Arnaud de Brescia, entre autres, ne relève pas de lui. Voir Arnaud de Brescia, t. i, col. 1974. Son système n'eut rien de très original. « C'était, dans une certaine mesure, une renaissance des erreurs de Claude de Turin. » H. C. Lea, A history of the inquisition of the middle âges, New-York, 1888, t. i, p. 68; trad. S. Reinach, Paris, 1900, t. i, p. 76. En outre, s'il ne professait pas le manichéisme intégral, il reprenait quelques-unes des idées manichéennes. Ces idées étaient alors dans l'air; elles apparaissaient un peu partout. Cf. Vacandard, Vie de S. Bernard, t. n, p. 203, note 2. Les hérétiques frappés par le concile de Toulouse, en 1119, les admettaient, sans être des pétrobrusiens; il n'est, du reste, pas sûr, qu'il y eut des pétrobrusiens à cette date. Le concile du Latran, en 1139, condamna quelques doctrines pétrobrusiennes, mais non le pétrobrusianisme lui-même : le 23e canon de ce concile reproduit simplement le 3e canon du concile toulousain de 1119, et englobe, dans ses anathèmes, le rejet du mariage qui est absent du pétrobrusianisme. Les hérétiques de Périgueux s'écartent plus encore du type pétrobrusien. En somme, les doctrines de Pierre de Bruys ne tranchent guère sur celles de bon nombre d'hérétiques de son temps. Mais, tandis qu'ailleurs l'hérésie se montre d'une façon brusque, sans qu'on sache d'où elle vient ni qui l'a propagée, ici nous sommes en présence d'un nom, d'une personnalité qui se détache, sans être très éclatante, sur le fond obscur des précurseurs des grandes hérésies du moyen âge et du protestantisme.

I. Sources originales. — Abélard, Introductio ad theologiam, 1. II, c. iv, P. L., t. clxxviii, col. 1056; Pierre le Vénérable, Epistola sive tractatus adversus petrobrusianos hsereticos, P. L., t. clxxxix, col. 719-850; cf. col. 21, 343-344,365. Les col. 790-803 de ce traité, sur l'eucharistie, se retrouvent sous ce titre : Nucleus de sacrificio missx, dans Marg. de la Bigne, Bibliotheca Patntm, Paris, 1624, t. x, col. 1091-1102. Une traduction française du traité, par J. Bruneau, a été publiée à Paris, en 1584; une traduction de la partie relative à l'eucharistie, par N. Chesneau, a paru, à Reims, en 1573. Cf. J.-H. Pignot, Histoire de l'ordre de Cluny, Paris, 1868, t. Il, p. 517-528.

II. Travaux modernes. — Bossuet, Histoire des variations des Églises protestantes, 1. XI, n. 35-36, 65-70, 126-127, dans

Œuvres, édit. Lâchât, Paris, 18C3, t. XIV, p. 476-477, 491-405, 524-526; Ilecker, Dissertatio de petrobruisiauis et henricianis tanquam testibus veritatis, Leipzig, 1728; C. U. Hahn, Gescliichte der Ketzer im Mittelalter, Stuttgart, 1845, t. i, p. 408- 438; N. Peyrat,Les réformateurs de la France et de l'Italie au xii' siècle, Paris, 1860, p. 8-13, 63-73, 111-115, 195-269 (pages fantaisistes); I. von Dôllinger, Beitràye zur Sektengeschickte des Mittelalters, Munich, 1890, t. I, p. 75-88; E. Vacandard, Bévue des questions historiques, Paris, 1894, t. lv, p. 67-72, et Vie de saint Bernard, Paris, 1895, t. n, p. 218-221 ; G. Bonet- Maury, Les précurseurs de la Béforme et de la liberté de conscience dans les pays latins du xu° au xv siècle, Paris, 1904, p. 28-31. Voir encore les autres sources citées au cours de cet article, et celles qui sont indiquées par Ul. Chevalier, Répertoire des sources historiques du moyen âge. Bio-bibliographie, col. 1809, 2777.

F. Vernet.

BRYENNIOS Joseph, célèbre théologien byzantin du xive-xve siècle. — 1. Notice biographique. IL Écrits.

I. Notice biographique. - Joseph Bryennios, appelé ôioâo-xaXo; par ses contemporains, est sans conteste un des écrivains et des orateurs les plus féconds du xive-xve siècle. Cependant, jusqu'à ces derniers temps, son nom était presque complètement ignoré. Ses œuvres ne figurent malheureusement pas dans la P. G. deMigne, quoiqu'elles fournissent des données intéressantes pour l'histoire de la polémique religieuse entre grecs et latins au xve siècle. Plusieurs causes expliquent le silence qui a été fait sur son nom. Il était mort déjà lorsque les grecs vinrent à Ferrare, puis à Florence, pour traiter avec les latins l'union des Églises. S'il eût pris part aux débats du concile réuni à cette fin, il eût peut-être partagé la gloire dont Marc d'Éphèse jouit dans l'Église orthodoxe. En outre, il n'exerça aucune influence sur le mouvement littéraire des humanistes : plongé exclusivement dans la controverse théologique, et adonné à la prédication, il se tint, pour ainsi dire, à l'écart de la Renaissance italienne qui rendit célèbres tant de lettrés grecs émigrés de Byzance. Enfin, son éditeur, Eugène Bulgaris, publia ses œuvres à la fin du xvm» siècle, au moment où les études byzantines étaient complètement délaissées, et les esprits préoccupés par les symptômes précurseurs de la Révolution française. L'édition de Bulgaris trouva des acheteurs en Grèce, mais elle n'excita guère d'intérêt dans le reste de l'Europe. Elle est presque introuvable dans les bibliothèques européennes. Byzantinische Zeitschrift, 1893, t. il, p. 359. Par contre, nous en avons trouvé plusieurs exemplaires à l'école théologique de Ualki.

La biographie de Joseph Bryennios présente encore de nombreuses lacunes et soulève des problèmes difficiles à résoudre. On ne connaît pas au juste sa ville natale. La plupart des érudits, Allatius, Cave, Dupin, Fabricius, le font naître à Constantinople. Dans un de ses discours sur la foi, Ilep'i tîiç Tijxtov Tzieriuiç, Bryennios semble faire allusion à sa naissance à Jérusalem, Opéra, t. i, p. 40; Bulgaris, dans la préface, t. i, p. ç'; Arsène, La vie et les œuvres du saint moine Joseph Bryennius (en russe), p. 87, note 3; mais d'autres sermons contiennent des allusions semblables à propos de Constantinople. Meyer, Joseph Bryennios Schriften, Leben und Bildung, p. 88. Meyer, qui a longuement analysé l'œuvre de Bryennios, en s'efforçant de fixer la chronologie si obscure de sa vie, se prononce en faveur de Sparte; un texte de Syropoulos, l'historien orthodoxe du concile de Florence, confirme cette hypothèse. Nous ignorons aussi la date de sa naissance. On peut la rapporter au commencement de la seconde moitié du xiv» siècle. Le doute plane même sur son véritable nom. Des Bryennios se sont illustrés à Byzance. Du Cange, Historia byzantina, Paris, 1680, p. 176-177. Au xive siècle nous en rencontrons plusieurs qui, comme savants, comme guerriers et hommes d'État, tiennent une place importante dans l'histoire byzantine. P. G., t. CLIII, col. 113, 372; Miklositch, Acla palriarchalus Conslanlinopol.,

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t. il. p. 401, 502; Opéra, t. i, p. - '. Cependant, tout porte à croire que le nom de Bryennios n'était pas patronymique pour notre théologien. Lui-même, en signant ses lettres, prend soin d'ajouter qu'on l'appelle Bryennios, -h É7ra>vv|j.o7, tyjv èttîxXyiitiv, Opéra, t. m, p. 131, 162. ce qui donne à croire que ce n'est pas son nom véritable. Syropoulos, en racontant les tentatives d'union entre Rome et Byzance sous Manuel II Paléologue (1391-1425), mentionne un moine Joseph, né dans le Péloponnèse, et versé dans la connaissance du latin. Ce moine, qui accompagna à Rome Jean Eudémon, légat de l'empereur, est appelé Bladyntéros : tov BXaS'jvTÉpo'j, toû yefovoTOC 'JUTEpov uovcr/oO, y.ai Tcoar,? u.ET(i>vo[xa<76£vroç, o; rv ï/. t?,? IlsXonovv^ffO'j, tt,v XaTmxvjV iteuaifi£U(j.évo; ôtà- Xextov, -/ai axtfXoudoç eiç 'Puiirjv Èysy^vet toO E-jSaiixovo- 'IcoâvvT). Vera historia unionis non verse inter Grœcos et Lalinos, La Haye, 1660, p. 6. Syropoulos lui donne aussi lepithète louangeuse de maître, SiÔaTxaXoç. Ibid., p. 13, 84, 120, 273. Bulgaris identifie Joseph Bladyntéros avec Joseph Bryennios, et Meyer confirme son sentiment par des raisons plausibles. Dans cette hypothèse, le nom de famille du moine Joseph serait Bladyntéros; rè7ruivu(j.ov de Bryennios fut donné à Joseph, lorsqu'il embrassa la vie monastique. Cette identification est loin d'être prouvée; elle n'a que la valeur d'une simple hypothèse.

Nous manquons de renseignements détaillés sur la jeunesse et les études de notre théologien. Ses lettres nomment comme ses maîtres et ses mécènes Démétrius Cydonius, le grand sacellaire Théodore Méléténiotes, et le grand chartophylax Jean Holobolos. D'après Georges Scholarios, il fut l'élève de très bons maîtres : KXatov îe StSaa-xàXiov à'picro; u.oc8ï]Tr|; YEyovwç. Dosithée, Tôp.oç àyâmi;, Jassy, 1698, p. 8; Opéra, t. ï, p. ç'. Bryennios s'adonna spécialement à l'étude de l'Écriture sainte et des Pères, quoiqu'il eût cependant des connaissances variées et approfondies en philosophie, en dialectique et dans les sciences naturelles. Ses œuvres témoignent de sa grande érudition. Le patriarche Nil (1380-1388) l'envoya à Crète en 1381 (et non en 1375, comme le dit Meyer) en qualité de prédicateur et d'exarque de la Grande Église. Arsène, op. cit., p. 90. L'île de Crète était alors sous la domination de Venise, qui. pour des raisons politiques, se montrait intolérante à l'égard des orthodoxes, et ne permettait pas aux évêques grecs de s'y établir. Arsène, L'Eglise grecque dans l'île de Crète durant la domination vénitienne, Pravoslavnoe Obozrienie, août 1876, p. 5i. Par suite, c'était une charge de confiance qu'on donnait à Bryennios. Elle lui avait été accordée à cause du renom qu'il s'était acquis à Constantinople comme prédicateur de la cour. Ses sermons, nourris de pensées bibliques et rédigés dans un style souple et harmonieux, étaient très goûtés par la noblesse et le clergé. Dans son nouvel emploi, il travailla avec zèle à confirmer les orthodoxes dans leurs croyances et à neutraliser parmi eux l'infiltration des idées catholiques. Ses succès oratoires lui suscitèrent des amitiés et des inimitiés. Ces dernières se produisirent surtout lorsqu'il ne craignit pas de blâmer l'immoralité et le relâchement des mœurs du clergé1 orthodoxe. 11 se crut obligé d'avertir le patriarche des scandales qui régnaient et le patriarche prit des mesures pour châtier les coupables. Ceux-ci, pour se venger, traitèrent Bryennios d'iepcxaT/iyopo; (délateur du clergé), Opéra, t. m, p. 39, et s'acharnérenl tellement contre lui, qu'il dut quitter l'île après un séjour de vingt ans environ. Quelques-uns de ses meilleurs travaux, par exemple son premier dialogue sur la procession du Saint-Esprit, et ses réponses à plusieurs questions remontent à cette époque. De retour à Constantinople, il se retira au monastère de Stoudion. Dans une lettre à un ami crétois, nommé Joseph, il retrace le bonheurqu'il \ goûte après l'exil forcé (èÇopfa) de Crète. Opéra, t. m, p. 178-179. Il n'est pas astreint à toutes les observances de la vie mo-

nastique. On lui laisse une certaine liberté. Ses relations avec la cour sont très cordiales. 11 passe ses jours dans la prière, l'étude et des conversations intéressantes avec les gens de lettres et les philosophes. Dans sa cellule, qui donne sur le jardin, il médite les saintes Écritures. Toutefois cette paix ne fut pas de longue durée. Il dut reprendre en 1404 la prédication à la cour. En 1405, le patriarche Mathieu I" (1397-1410) l'envoya à Chypre avec le titre de vicaire (to-otyjpyjtï-ç) pour travailler à ramener les orthodoxes uniates sous la houlette des pasteurs de Byzance. Philippos Gheorghios, Eio^o-eiç t<TTOptxoù îtept Tr,<; èxxXiriafrxçTTJc K-Jrtpo-j, Athènes, 1875, p. 62; Gédéon, Ilarpiap/cxot Ilfvaxe;, Constantinople, 1890, p. 463464; Hackett, A history of the orthodox Church of Cgprus, Londres, 1901, p. 141. Au xme siècle, en effet, bon nombre de Chypriotes avaient reconnu la primauté du saint-siège, et s'étaient soumis à la juridiction de l'archevêque latin. Lequien, Oriens christianus, t. H, col. 1043. La mission de Bryennios était secrète, et il n'en rendit compte que sept années plus tard dans ses considérations sur les moyens de ramener les Chypriotes dans le giron de l'Église orthodoxe. Il y présida un concile réuni sur une montagne dans l'église du monastère rôiv 'Aa-a>p.aT<ov. Les actes de ce concile encore inédits ont été découverts en 1885 par M. Papadopoulo Kérameus. Bevenu à Constantinople. il reprit sa prédication à la cour. Selon Bulgaris, aux travaux du ministère il joignait l'enseignement public. Il traduisit du latin plusieurs ouvrages, et il publia en latin et en grec (êv êxarépa tyj yXcômri) des grammaires et des traités de rhétorique pour la jeunesse. Opéra, t. Ht, p. e'. Selon Meyer, il accompagna Jean Eudémon au concile de Constance. Maimbourg, Histoire du sc/tisme des Grecs, Paris, 1677, p. 518; Zhisman, Die Unionsvcr/iandlungen scit dent Anfange des xv Jahrhunderts bis :um Concil von Ferrare, Vienne, 1858, p. 6; Démétrakopoulos, 'IaTopia toO a/J.<j\i.,xio; tïjç Xomvtxrj; exxXT)ff(a; ànô xr,ç ôpOoSô^o-j éXXïivixïjç, Leipzig, 1867, p. 99. En 1419, il écrivit son discours sur l'union des Églises, et aussitôt après commença au palais impérial ses 21 sermons sur la sainte Trinité. Les Latins eux-mêmes allaient l'entendre, et admiraient son éloquence. Il eut des conférences publiques avec les légats du pape Martin Y (1417-1431) et trouva un adversaire sérieux dans le savant dominicain André, archevêque de Bhodes. Après la mort de Manuel II (1425), il continua à exercer une influence considérable à la cour. Jean VIII Paléologue, à l'exemple de son père, l'avait en grande estime. Byzance, enserrée de plus en plus par les Turcs, agonisait, et Jean Paléologue (1425-1448), pour retarder sa ruine, renouvelait avec Rome les tentatives d'union. Suivant la coutume de ses devanciers, il faisait miroiter aux yeux du souverain pontife l'extinction du schisme en vue d'obtenir des secours d'hommes et d'argent. Bryennios qui portait au fond du cœur une haine vivace contre Rome, n'approuva pas la politique de l'empereur. 11 s'éloigna d'une cour dont l'orthodoxie lui était devenue suspecte et retourna en Crète. Ses derniers jours s'écoulèrent dans l'obscurité. Nous ignorons la date de son départ de Constantinople et celle de sa mort. Il mourut probablement avant l'ouverture du concile de Ferrare. Gennadios Scholarios a fait sou éloge. /'. G., t. clx, col. 681. Le dominicain Maxime Chrysoverghes reconnaissait en lui un des flambeaux de l'Eglise orthodoxe : o>ç É'va TriXat ç(oaTr,p<i>v tt,ç èxx),r,a:a; SoijâÇo'jai. Opéra, t. I, p. 411. Marc d'Éphèse, en dictant son épitaphe, l'appelait source d'éloquence divine: ©Eïjydpoç (îpûffeç, colonne très ferme de la vérité, 6 orîpp6raTo; tïiî àlrfitiaz ot'jXo;, lumière très resplendissante de l'orthodoxie, yavÔToixo; 6pQo8oi|:aî X-jyvo;, maître sûr pour ceux qui sont dans la voie de l'erreur, 6ov[iaTlffT*|Ç àxpi&ôï 7r/.ava)|xÉvoi;. Opéra, I. III, p. e'. Dans ses écrits, Bryennios se révèle a la fois théologien et érudit. IL

BRYENNIOS

connaît toutes les subtilités de la dialectique. Dans un siècle de décadence littéraire, son style garde un parfum de simplicité antique et d'atticisme plein de naturel. Les théologiens de l'Occident ne lui étaient pas inconnus. 11 avait lu saint Thomas d'Aquin, dont les œuvres étaient déjà traduites en grec au xiue-xive siècle. Krumbacher, Geschichte der byzantinisc/ien Litteralur, p. 99; Opéra, t. i, p. 414-415. Lorsqu'il discute avec les latins, Bryennios reste fidèle à la méthode de ses devanciers. Il recourt parfois aux arguments métaphysiques, mais il puise presque toujours ses preuves dans l'Écriture sainte tt dans les Pères. Le raisonnement théologique n'a à ses yeux qu'une valeur très secondaire. Bien qu'ayant vécu longtemps dans un milieu latin, il reste grec au sens strict du mot. Il ne jugea l'Occident digne que de ses invectives et de ses anathèmes.

II. Écrits. — Les œuvres de Joseph Bryennios, avant d'être publiées, étaient connues des érudits. Etienne Gerlach les mentionne dans le Turco-Grxcia de Crusius, Bâle, 1584, p. 489. Allatius en donne des extraits dans plusieurs de ses ouvrages : De libris ecclesiaslicis Grœcorum ; De Ecclesiœ occidentalis alque orienlalis perpétua consensione; Joannes Henricus Hottingerus fraudis et imposlurœ manifestas conviclus; De utriusque Ecclesise occidentalis alque orientalis perpétua in dogmate de purgatorio consensione. Papadopoli Cornnène le cite dans ses Prœnotiones mystagogiege. Mais Eugène Bulgaris a eu le mérite de tirer de l'oubli les écrits de Joseph Bryennios. En 1768 il fit paraître à Leipzig en deux volumes les travaux les plus importants du célèbre polémiste byzantin. Voici le titre prolixe de cette publication : Tcooricp p.ova-/oû xoû Bpvevvîou, xà eùpsôÉvxa àÇttoTEi toO û'];r)Xoxâxo'j xai eCio-EêEGrâxou Ttpûrjv TifejAÔvo; Mo).6oS).a-/:a; xupc'ou Tpriyopto-j 'AV.E^âvSpou Fxtxa posëéSac, 8i' È7tiLi.EXe;aî E'jyeviov ctaxévou xoû BovXyâpea); ï)6v) xb itpcoxov xutcoiç èxSoOÉvxa. 'Ev Aee^ia tïjç SaSjovîaç, èv ty; TvTtoypacpi'a xoO BpEïxxoTrtp, Ëxei aij/^. Le troisième volume, édité en 1784, contient des suppléments et porte un titre plus prolixe encore : 'Iaxrrçip [A0VÏ-/0Û xov Bpuevviou xà 7tapaXEi7tô|iEva ic$' oî; y.où xoO ao:poxàxou àpyiïxiGv.oizov NoëoypoSiâ; ©eoipâvou; toO TIpoxÔ7toë[xç laxopia Ttepi tvjç Staçopâç xîjç uep'i x?,ç Ly.nopE'Jo-Eco; toû àyt'ou rivE'jLj.ax>.><; èx xî|ç Aaxtviov ça>vr|ç è5e>- Xv)vta6eT(Ta xai en xoO aoqotv.zo-j àp^teTriaxÔTiou Ttpfôrjv XXaërjvc'o'J xs xai Xspaiovo; xupcVj E'jyeviov toû BouXyàpsco; 'AvixpiGi; Ttepi Nixr);pôpou xoû BXejiHjSou. "IISy) Ttptoxov x'JTtot; èxSôOetira ÈTtcjj.E).Etx xe xai SaTtâvï) ©coiià MavSaxâuou iaxpoû ht. TtôXew; Kaaropiaç. Mentionnons seulement les écrits théologiques de Bryennios.

1° '0|j.t>,i'ai Siacpopai p7|0e:aat Èv KcovaravxcvouTro'Xet âîti t?|Ç paTt/.eia; MavcvjY|X xoO IlaXatoXôyou xoO cTocpioxâ- Toy xai xt|; Traxptapyjaç Tioa-vîq) xoO àyttoxàxou xai o'ixouttevixoO Ilaxpiâp'/o'j. Opéra, t. i, p. 1-406. C'est un recueil de 21 discours théologiques sur la sainte Trinité, ÛTtkp x?|ç àyia; tq ÛTrepÔlcvj TpiaSo;. L'auteur dut les prononcer entre 1420 et 1423. Ces discours, qui sont l'œuvre la plus importante de Bryennios, sont logiquement coordonnés et forment des chapitres détachés d'un traité complet de théologie trinitaire. Les trois premiers exposent le dogme chrétien; les autres se rapportent au Filioque, et tendent à réfuter l'enseignement latin. Chaque discours se termine par des exhortations morales. Toutes les citations patristiques ne sont pas exactes. Dans le cinquième discours, Bryennios blâme vivement l'introduction de la dialectique dans le domaine de la théologie. A son avis, « ceux qui soumettent les dogmes de la foi aux chaînes du syllogisme dépouillent de son auréole divine cette même foi qu'ils voudraient défendre : ils nous obligent à ne plus croire à Dieu, mais à l'homme. Aristote et sa philosophie n'ont rien de commun avec les vérités révélées par le Christ. » Opéra, t. i, p. 84. Quand il traite du Filioque, il explique en quatre discours le sens du mot procession,

qui, attribué au Saint-Esprit, n'indiquerait qu'une mission temporaire ou une distribution de grâces surnaturelles, tï|v Tipbî rinâç yopyjyia;. Il définit en six autres discours les termes d'hypostase et de substance, et il insiste sur l'impuissance de la langue latine à exprimer en des termes précis les relations entre les personnes divines, Sià a-xevoxrjxa. Opéra, t. I, p. 98. Il examine enlin les textes de l'Écriture sainte et des Pères ayant trait au Filioque; il explique en quel sens il faut entendre la formule a Pâtre per Filium, Opéra, t. i, p. 198, et il répond aux objections de ses adversaires.

2° AtâXeiJK A 'Ttepi xfjç xoO âytov IlvêÛLiato; àV-Trops-jasa); [/.exà xoO Xaxtvdçpovo; Ma^tjjiou xriç xâ£ea>; xcov Krjpijxcov. FÉyovE ôè Ttepi xr,v Ttep:tpr,|j.ov Kp^xïjv, ett' àxpocicTEl Ttâc7rj; xïjî Èxeï MrjxpoTtôXeco;. Ibid., p. 407-424. En 11306, Maxime Chrysoverghes, dominicain, se rendit à Crète, et répandit au milieu des orthodoxes son discours sur la procession du Saint-Esprit. P. G., t. cliv, col. 1217-1230. Bryennios y répondit dans une conférence publique tenue à Candie. Cette conférence est le premier dialogue sur la procession du Saint-Esprit. Bryennios s'attache à démontrer que l'enseignement latin détruit l'unité du principe générateur et spirateur dans la très sainte Trinité. Si le Saint-Esprit procède du Père et du Fils il y a en même temps deux principes, ôvo xà a'.xia TtpôoioTta, et deux personnes qui procèdent, Sùo xà aixiaxâ. Dans ce dialogue Bryennios reproche à saint Thomas d'Aquin d'avoir commis beaucoup d'erreurs au sujet des grecs dans la Somme théologique et dans l'opuscule Contra errores grœcorum.

3° AcâXeÇtç B' Ttepi xîjç xoO àyt'ou IIveuLtaxo; èy-Ttopeûa-etoç jxexà xcôv èx 'Pojjjly]; Ttpéaêecov, eTti èvtôcret xcôv 'ExxXrjcricôv, ôrjôcv acpixotiivcov, xai Xaërçv aùOiç â'XXrjv Çrjtoûvxcov Xaëeïv Ttap' ïijxtôv. Ibid., p. 424-442. Ce deuxième dialogue est une conférence tenue à Constantinople en 1423 avec les légats du pape Martin V. Pichler, Geschichte der kirchliclien Trennung, etc., Munich, 1864, t. i, p. 384.

4° AiâXE^t; T' TCcpi xï|; xoù âyi'ou Ilve-jjjiaxoç Èx7topE\J- (7£co; [xôxà xàiv èv K(jûvaxavTivo7côXec Aaxivoçpdvcov, côv xà ôvôtj.axa où yÉypa7txai, a>; êtù ÇiLvxiov xa'c Suvapiévtûv l<p' oîç çpovoOdc jj.exaêaXÉ(jOai. Ibid., p. 413-468.

5° Aôyo; (jup.ëo'jX£'jxtxô; Ttspi xî|ç Ivcôueto; xcôv ÈxxXt)aitôv, ttjç LiEXexa)p.svr|i; yEvÉcrÔai xax' èxe^vo-j xatpoû. Ibid., p. 469-500. Ce discours fut tenu en présence de l'empereur en 1419. Bryennios y parle des prétendus bienfaits de l'union et déclare que la première condition pour la réaliser est de ne point altérer la doctrine orthodoxe. Il revient sur la question du Filioque et condamne les azymes. A son avis, l'union est quelque chose de pire que le premier schisme : c'est une séparation, uneabscission, une tromperie, une condescendance manifeste, une corde de pendu, une marche vers l'abîme, un renoncement à la liberté, un aveu d'esclavage, un mépris des Pères, en un mot, rien de bon. Opéra, t. 1, p. 481.

6° MeXéxY| 7ispi t?,ç xtiv KuTcpitov irpôç xf,v ôpOéooijov ÈxxXr|<n'av (XEXExr^EtTTi; ivcôuetoî. Opéra, t. il, p. 1-25. C'est un réquisitoire contre la hiérarchie latine de Chypre, et l'union des Églises. Hackett, op. cit., p. 142-149.

7° KeçâXata È7rxâxi; Itcxoc. Opéra, t. m, p. 48-1026. Cet écrit, composé à Crète, est un recueil d'extraits de sermons sur divers sujets. Bryennios y traite des questions philosophiques, morales et théologiques. Il y a inséré des méditations sur la nature de Dieu, sur ses attributs, sur la grâce, sur la très sainte Trinité, sur les facultés de l'âme, sur le vice et la vertu, etc. Il y expose des questions oiseuses, telles que celles-ci : le monde a une certaine ressemblance avec le paradis terrestre, Opéra, t. m, p. 60-61; l'homme est un être à part dans la création et néanmoins il ressemble à toutes les créatures, au navire et à la maison, au tribunal et à la ville, à la plante, à la terre et au ciel, etc. Opéra, t. i, p. 17; t. m, p. 62-63.

Fabricius, Bibliothcca grseca, édit. Harles, t. v, p. 59; t. vnr, p. 96; t. xi, p. 65'J-GGO; Gave, Script, ecclcsias. hist. liucraria,

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