BULGARIS Eugène. — L Biographie. IL Œuvres théologiques
I. Biographie. — Le plus savant des théologiens grecs du XVIIIe siècle naquit à Corfou en 1716, du mariage de Pierre Bulgaris avec Jeannette Paramythiotis. Sa famille était originaire de Zante, et c'est pour cela que les Zantiotes disputent à Corfou la gloire de lui avoir donné naissance. Idroménos, 'II Ttarplç E-jy£v;o-j tovj BouXyàpc(u;, Parnassôs, 1881, t. v, p. 209-216. Si nous voulons en croire Démétrakopoulos, Eugène Bulgaris lui-même affirmait qu'il avait vu le jour à Corfou. 'Op6ôSoEoç 'EXXâç, Leipzig, 1872, p. 189. Aux fonts baptismaux, il reçut le nom d'Eleuthérios, en souvenir de la délivrance miraculeuse de sa ville natale, menacée par les Turcs et sauvée par l'intercession de saint Spiridion.
Dès son enlance, il révéla les plus heureuses aptitudes pour la vie intellectuelle. Ses études primaires achevées à Corfou, il se rendit à Arta en Épire, où il eut comme professeur de belles-lettres le savant Athanase de Candie. Après un court séjour en cette ville, il partit pour Janina, et fréquenta les cours de Méthodios Anthrakitis qui s'efforçait d'initier ses élèves au mouvement philosophique de l'Occident. C'est dans cette même ville qu'il fut ordonné diacre, et suivant les habitudes de l'Église orthodoxe, il changea son nom d'Eleuthérios en celui d'Eugène. Voulismas, 'ETttaToXtp.iata ar{ [j.ecWiç •JT£pi E-Jyevt'ou xo\> BouXyipEcoç, 'ExxXvi'itaiTTcy.Yi 'AXr,6etcr, t. m, p. 205-207. Ses parents, qui s'étaient d'abord opposés à sa vocation ecclésiastique, réussirent par leur influence à le faire nommer curé de Zante. Ils se flattaient ainsi de le garder auprès d'eux. Mais le jeune Bulgaris n'entra gas dans leurs vues : il quitta Zante de nouveau, et refusa même l'ordination sacerdotale.
De retour à Janina, où la renommée de son savoir s'était accrue, il reçut l'offre avantageuse de parachever ses études en Italie, aux frais de quelques riches commerçants grecs qui s'intéressaient à lui. Grâce à la générosité de ces compatriotes éclairés, il se rendit à Padoue, et y fréquenta les cours de l'université, en y apprenant en peu de temps l'italien, le français, le latin et l'hébreu. Il fit aussi de rapides progrès dans les sciences philosophiques et théologiques.
L'enthousiasme que suscitèrent à Venise ses sermons, prêches dans l'église grecque de Saint-Georges, poussa les deux frères Maroutzi, riches négociants de Janina, à lui proposer la direction d'un collège qu'ils voulaient fonder dans leur ville natale. Veloudis, 'II êv Bevsxta !XXï)vcxï) omomitx, 2e édit., Venise, 1893, p. 127. Ces propositions furent acceptées, Bulgaris partit pour Janina (1742), où bientôt de nombreux élèves se pressèrent autour de sa chaire pour suivre ses cours de grec, de philosophie et d'astronomie. Ses succès éveillèrent contre lui la jalousie d'un de ses confrères, le mathématicien Basile Balanos, archiprètre de l'église de Janina et directeur du gymnase de Djioumadans la même ville. Pour se soustraire aux calomnies et aux accusations qu'on répandait contre son enseignement, il se démit de ses fonctions (1750) et se rendit aux invitations réitérées de quelques riches négociants de Kazana en Macédoine, qui lui proposaient d'instruire leurs enfants. Dans cette ville aussi bien qu'à Janina il ne cessa d'expliquer l'Evangile aux fidèles; ses prédications firent admirer son éloquence et la sévérité classique de son style.
Le Phanar eut bientôt connaissance de ses succès oratoires. Pour donner à son autorité un champ plus vaste, Cyrille V décida de lui confier la direction de l'académie qu'il venait de fonder au mont Athos. Eugène Bulgaris accepta avec joie (1753). Il y professa les belles
BULGARIS
lettres et la philosophie, et ses cours attirèrent bientôt jusqu'à 200 élèves. Mais un revirement soudain se produisit à son égard dans l'âme de Cyrille V, qui, déchu de son siège patriarcal et relégué au mont Athos (1757), sema la discorde parmi les élèves du docte professeur, et força celui-ci à quitter son enseignement. Ce fut en cette occasion que Bulgaris adressa à son persécuteur une longue lettre apologétique, où, après avoir énuméré les vexations qu'on lui avait infligées, il s'écrie : « Pour l'académie de l'Athos, j'ai dépensé ma vie, j'ai sacrifié ma santé, j'ai dissipé ma fortune. Que fallait-il faire pour ma vigne que je n'aie pas fait? J'ai assez patienté pour la voir donner le raisin de la reconnaissance : mais par malheur, je n'y ai récolté que les épines de l'ingratitude. Que le Seigneur juge entre moi et cette vigne et que Votre Toute Sainteté à ^'avenir soit plus bienveillante à mon égard. » jEnian, 2u).).oyr, àvexSÔTwv <rjyypa|j.[j.âTajv Eùyevt'ou to-j BovXyàpso);, Athènes, 1838, t. I, p. 64. Chassé de la Sainte-Montagne, Eugène émigra à Salonique, et en 1761 à Constantinople, où le patriarche Samuel et le saint-synode lui confièrent la chaire de philosophie et de mathématiques à l'académie ou école patriarcale. En butte à de nouvelles calomnies, et de plus suspect au patriarche Samuel à cause de ses innovations en fait de méthodes d'enseignement, il renonça à sa chaire et partit pour Leipzig (176Ô). Il y édita (1766-1767) en grec ancien un traité de logique et ses éléments de mathématiques, et traduisit un gros moderne YEssai historique et critique sur les dissensions des Églises de Pologne, par Voltaire. En 1769, nous le trouvons à Berlin à la cour de Frédéric II, qui le prit sous sa protection et le recommanda à Catherine II de Russie. Celle-ci le chargea de traduire en grec moderne son Instruction pour la Commission appelée à dresser le projet d'un nouveau code de lois. Bulgaris s'en acquitta avec honneur. Catherine II l'appela alors à Saint- Pétersbourg et le nomma bibliothécaire impérial (1771). Par ses adroites flatteries, il entra tellement dans les bonnes grâces de l'impératrice, que celle-ci résolut de l'élever aux plus hautes dignités de la hiérarchie. En 1775, étant encore diacre, il fut appelé à gouverner la nouvelle éparchie de Slavinie-et-Cherson que Potemkine, favori de Catherine II, venait de fonder en Crimée. Il reçut la consécration sacerdotale (30 août 1775) et épiscopale (1er octobre 1775) des main.? du métropolite Platon. 'E/.-/.).ïiTia'7Tixï) 'AXr^g'.a, t. îv, p. 387-388.
En même temps, l'Académie impériale de Saint-Pétersbourg l'inscrivait au nombre de ses membres ordinaires, et Catherine II lui conférait la croix de l'ordre de Saint-André.
Au faite des honneurs, Eugène Bulgaris, qui ne se sentait pas de taille à exercer le ministère épiscopal, pria l'impératrice de confier son éparchie à son ami Nicéphore Théotokis (1736-1800), qui possédait à fond le russe. Rendu à la liberté, il demeura longtemps à Cherson et y traduisit en vers grecs les Géorgiques et Y Enéide de Virgile. Rentré à Saint-Pétersbourg, il s'adonna de préférence à l'étude de la théologie, et publia en grec des œuvres de controverse et d'exégèse. Dans son extrême vieillesse, il s'était retiré au couvent d'Alexandre Newski, où la mort vint le surprendre le 1-2 juin 1806, à l'âge de 89 ans.
Eugène Bulgaris, dit un de ses biographes, avait un esprit universel : on le considère à bon droit comme l'homme le plus savant de la Urèce moderne. Les historiens de la littérature néohellénique ne tarissent pas d'éloges sur son compte. Au dire de Chassiotis, c'est Bulgaris « qui a donné, par l'étendue de sou génie, une impulsion réelle aux sciences, et qui a introduit les nouveaux systèmes de philosophie ainsi que les méthodes d'enseignement les meilleures et les plus complètes, qui a créé chez nous, pour ainsi dire, l'enseignement raisonné ». Selon Coray, « il a été un de ceux qui oui
contribué le plus efficacement à la révolution morale de l'hellénisme. » Koumas l'appelle un nouveau Platon; Rizos Neroulos, un génie d'une souplesse merveilleuse; Élie Tantalidès, un écrivain admirable, un professeur éminent, un évèque glorieux : « Quand il parlait, s'écrie /Enian, on croyait entendre Aristpte développant les principes de Newton, ou Descartes exposant les théories de Platon. Lorsqu'il montait en chaire, on pouvait le comparer à Démosthène expliquant l'éthique surnaturelle et divine du saint Kvangile. Ses nombreux et très érudits commentaires prouvent bien qu'il a été sans contredit le Plutarque de nos jours. »
Ce sont là, on le voit bien, des éloges pompeux de rhéteurs. A notre humble avis, l'œuvre d'Eugène Bulgaris ne passera pas à la postérité. Elle est déjà en grande partie presque oubliée. Bulgaris était réellement un esprit très souple : à la connaissance des langues étrangères, il associait une étonnante facilité de travail, et une grande érudition, mais touffue et dépourvue de critique. Son rôle littéraire a été bienfaisant pour l'hellénisme. Ses cours très fréquentés ont été comme le prélude des guerres de l'indépendance. Mais cela dit, il faut bien reconnaître que Bulgaris n'a pas été un de ces écrivains originaux qui marquent dans l'histoire d'une littérature.
Le plus clair de son œuvre consiste en traductions très laborieuses. Il a vulgarisé dans les milieux hellènes les systèmes philosophiques de l'Occident, et, disons-le, pas les meilleurs. La scolastique, il l'a toujours abhorrée, comme cela est de bon ton chez les Grecs lettrés. La théologie de l'Occident, il l'a toujours détestée, et à différentes reprises, il s'est efforcé d'acérer contre elle ses dards inolfensifs. Les Grecs de la Grande Église le considèrent comme le meilleur théologien de son temps, et cependant ses épais volumes sont vides d'idées neuves et originales. Sa polémique n'est pas savante. Dans un style terne, aux fausses allures classiques, il réédite ce qu'on trouve dans les in-folios de Nectaire (1605-1680) et de Dosithée de Jérusalem (1641-1707). Il a la prétention de combattre l'Église latine, et il y dépense en pure perte une vaste érudition délayée en diatribes violentes. Le catholicisme aurait fait de lui un défenseur intrépide du dogme chrétien, car il était de taille à se mesurer avec l'impiété. Le rigorisme outré et sans conclusion de la théologie orthodoxe a vite épuisé ses talents, et rétréci son esprit. Il en fut réduit à reprendre le galimatias de ses devanciers, et à montrer une fois de plus que « la littérature théologique, par un défaut inhérent à l'esprit même de l'Église grecque, ne peut être aussi féconde en (ïrèce que dans d'autres pays chrétiens ». Rangabé, Histoire littéraire de la Grèce moderne, Paris, 1877, t. i, p. 217-218.
II. Œuvres tiiéologiques. — Nous n'avons pas une liste complète des œuvres imprimées et inédites d'Eugène Bulgaris. De ces dernières, on en trouve un peu partout, aux bibliothèques de l'école théologique de Ilalki; du metochion du Saint-Sépulcre à Constantinople, des lauresde Patmos et du mont Athos, Lambros, Catalogue of the greek manuscripls on mount Athos, Cambridge, 1895, t. i; 1901, t. n; des académies théologiques de Saint-Pétersbourg et de Kiev. Jkonnikov, Essai de bibliographie russe, Kiev, 1891, p. 731, 752. Nous nous bornons à citer tout ce qui a paru jusqu'ici et qui rentre dans le cadre de notre programme. C'est à dessein (pie nous écartons les ouvrages profanes, qui d'ailleurs se réduisent à des manuels d'enseignement, ou à des amusements d'humaniste.
1° BtëXlàpiov -xarà AaTi'vwv r\ <rrï)XiTe<j-iy.Y| c.tkjtoXyi cr'JYYpaçeïtra Tra^à-oO àxoiStp.ou. Kuyevcou to0 BouXyatpeioç y.ai auvT<5[j.wv à7TapiÛp.<rj<Ta Ta; Aan'vwv (xt'av Trpb; p.iav y.aivoT0(/.c'x;. — C'est un des pamphlets les plus acerbes contre L'Église catholique. Bulgaris se moque de la science du clergé occidental, 8 Si les prêtres latins
BULGARIS
brillent par leur savoir, dit-il, n'oublions pas que la science ne faisait pus défaut non plus à Arius, à Macédonius, à Apollinaire. Dans les rangs des théologiens latins la vérité est ballottée entre les opinions les plus disparates. Les systèmes les plus contradictoires se rencontrent à l'aise dans la théologie catholique. Tôt capita, tôt sententise. » Ce pamphlet, paru d'abord à Constantinople en 1756 (Sathas, NeoeX- $iX., p. 570), a été réimprimé par Séraphim de Pisidie à la fin du volume intitulé : "AvSoç Tr,<; eûa-eoet'a; -/yrot tTuvTayu.iTtov itepl àvaSa7tTt<T!J.o-j, par Argentis Eustratios. Voir t. I, col. 1776-1777. Réédité à Constantinople en 1796, il a paru aussi dans les II a tcictix or. êXéyijsiç, Athènes, 1850, t. il, p. 265-291, et à la fin du volume intitulé : 'Aicôxpiai; ôpOooôEoy Ttvô; •rcsp't ttj{ to">v xaOoXixûv Suvaa- Te'ac, etc., ouvrage anonyme de Nicéphore Théotoki, édit. Vrétos, Athènes, 1853. Cf. Sathas, p. 584.
2° 'OpBôSo^ou ôu.oXoy;a oyEScaffÔEÏo-a Ttapà toO croçoXo- YtfOTaxou îspoScdixovou y. Eùyevfou toO BouXyàpstoc;> Amsterdam, 1767; Égine, 1828; Athènes, 1829 ('ExxX. 'A),., t. m, p. 205). — Cette confession de foi, adressée au jésuite français Leclerc, contient, en douze chapitres, l'exposé des dogmes orthodoxes, et la réfutation des protestants et des catholiques.
3° 'l(ûGr,Y [iova/o-j toû Bpucwi'ou tgc eûpe6évTa, Leipzig, 4768, t. i, ii ; 1784, t. m. Cf. Krumbacher, Gesc/nchte der byzanlinischen Literalur, 2e édit., p. 114. — Le troisième volume contient aussi la version grecque de l'opuscule de Théophane Prokopovitch (f 1736) : Historia conlrovcrsise de processione Spiritus Sancti : 'ItfTopt'a Tt£p\ Tr,i; Siaçopâç tîj; Ttspl èx7rop£'j(Tïa>ç toO àyiou lIvEÛ(j.aToç Sia^opâç (Harr. 'EX., t. il, p. 61-172), et une analyse de la doctrine de Nicéphore Blemmydès sur la même question : 'Avâxpitrtç rapt Nr/.Yiçdpou to-j BXcuu.t- 8ou, p. 307-405. Cf. Ileisenberg, Nicephori Blemmydse curriculum vitee et carmina, Leipzig, 1896, p. xxxix; Meyer, Joseph Bryennios Schriften, Leben und Bildung, dans Byzantinische Zeitschrift, Leipzig, 1896, t. v, p. 74-112.
4° IIep\ tûv Si/ovotcov t<ÏW èv ra;ç ÈxxXrjaîaïc; ttjç IloXov\a; Soxîjxcov 'iaropix<5v xaî xpmxbv, Leipzig, 1768. — C'est la version grecque du pamphlet haineux de Voltaire contre le catholicisme. Bulgaris y a ajouté des noies pleines d'érudition ancienne et moderne, ecclésiastique et profane (Vrétos). A l'enconlre des théologiens grecs de nos jours, il admet le voyage de saint Pierre à Rome, et son crucifiement dans cette ville. yEnian, Athènes, 1838, t. n, p. 5. Ces notes sont suivies d'un petit traité contre la tolérance religieuse : X^îôiacp.tx it£p\ ttj; àve?i'Jp'/]ixe!a;, v^toc rcepi tt)ç àvo^r,? roiv 'E7ïpo6pY)<rx<i>v. Bulgaris y soutient que le pouvoir civil jouit du droit d'employer la iorce et la violence contre ceux qui ne professent pas la religion de l'État.- iEnian, t. il, p. 172 sq.
5° 0so3rop:TO\J ÈTr'.trxÔTcov Kjpo-j Ta atoÇô p.sva, 5 vol., Halle, 1768-1775. — Le nom de Bulgaris n'est pas mentionné par Bardenhewer, Patrologie,^ édit., Fribourgen-Brisgau, 1901, p. 330.
6° 'EtukttoXt) 7ipb; àvaîpET'.v çXr,vâpou Ttvoç xoù Suto-e- 6o0ç. — Bulgaris y attaque avec beaucoup de vigueur les esprits forts. jEnian, t. I, p. 5-13.
7° 'ASâjj. Zoipvtxaëîou Ttepi Tri; êjMropsûtrewç tovj ây'ou IIv£'Jti.aTo; ex (j.6vou toO riarpô;, 2 in-fol., Saint-Pétersbourg, 1797. — Ce prolixe traité de Zœrnikav, édité à Kônigsberg par Samuel Mislavsky (f 1691), Tractatus de processione Spiritus Sancti a solo Pâtre (1774- 1776), s'est transformé sous la plume fertile d'Eugène Bulgaris en un vaste arsenal de textes et de faux raisonnements contre le dogme latin du Filioque. Le second volume contient aussi Ta Ttôp't Triç îx7rop£v- (TEtoç toû ày:'ou IIvEÛp-aTci; ij'jXXoyiaTixà XEçâXaia de Marc d'Éphèse (Krumbacher, p. 116) et la lettre dogmatique (àiuffToXr, fioyu.aTixv',) de Théophile Corydalevs
(f 1646) au P. Sophrone Pokzasky, recteur du collège de Kiev (Démétra kopoulos, 'Op9ôôo£oç 'E/.Xâç, p. 158). Cf. Philarète, Aperçu de la littérature théologique russe (en russe), Saint-Pétersbourg, 1884, p. 209; Gass, Symbolik der griechischen Kirche, Berlin, 1872, p. 136.
8» 'ASoXÉoyia «ptXdÔEoç, 2 vol., Moscou, 1801. —C'est une série de méditations théologiques sur le Pentateuque. L'exégèse de Bulgaris s'éloigne tant soit peu du traditionalisme rigide de la théologie orthodoxe, et c'est pour cela que le patriarche Grégoire VI (1835-1840; 1867-1871) défendit de traduire en, turc cet ouvrage. Gédéon, Kavovcxoù SiaràÇEt;, Constantinople, 1889, t. Il, p. 331.
9° AiaTpiêr, Ttept E-J8avao-(a;, Moscou, 1804. — 10° SrcaptCov EvxpiTov xaxà Ttôv È7t/ip£a<TT(i5v TÎjç Etç Xpiatov au.w- \atjtou ufa-TEuç 4'e'JSocpiXocrdça)v, Leipzig, 1804. — 11° 'E|e-
Ta(TlC TTEpl Tf,Ç È(7(<)T£ptXY]i; aaçïj'VEiaÇ TOÙ ■/pKJTtavldp.OÛ,
Leipzig, 1804. — 12» 2uVTayu.a (koXoyîa;, Leipzig, 1806.
— Athanase de Paros (f 1813) est l'auteur de ce manuel de théologie qui appartient en réalité à Bulgaris, parce que le premier n'a fait qu'y condenser l'enseignement de son maître.
13° ©SoXoyixÔv, VJV TO 7rp<ÔTOV ÈxStSôjXEVOV Û7TO TOÛ
àp)(t]jLavSptToij 'AyaOayysXou Aovtotto-jXou, Venise, 1872.
— Ce manuel contient une série de dissertations sur la nature de la théologie, sur ses divisions, sur Dieu, sur la Trinité, sur la création et sur l'incarnation. Bulgaris y disserte longuement sur la procession du Saint-Esprit. Il y suit la méthode scolastique. L'influence de la théologie occidentale est visible dans cet ouvrage. Tournély surtout parait avoir été mis à contribution.
14° 'ExotTOVTaETYip'iç T(ôv aitô XpiTTO'j ijtoTTJpo; âvav- OpwTr^TavToç t) 7rpa)T/], Leipzig, 1805. — C'est l'histoire de l'âge apostolique et du premier siècle de l'Église. Bulgaris s'appuie surtout sur les données du Nouveau Testament et fait preuve d'indépendance vis-à-vis de la tradition. Meyer, Die theologische Literatur der griechischen Kirche im sechzelinlen Jalirhundert, Leipzig, 1899, p. 19-20.
15° 'EuKTToXï) lipôç IlÉTpoV TOV KXocîpXlOV TtEpl Tà)V p.£xà
tô a^!(7jjia cAy;t«)V ttjç ôpÛoôôÇou 'AvaToXtV.r|i; ÊxxXrjCta; xa\ tûv yivofiÉvwv év a'jTrj 6au(j.ctTt«)v, Athènes, 1844 (Démétrakopoulos,p.l24). — La correspondance de Bulgaris avec le P. Leclerc dans la Vérité ecclésiastique. Gédéon, Eup.ëoXsù elç tïiv ïaxoptav, t<ov (iETaHû tûv ÈxxXvi(TCà)V (T^ÉdEtOV, 'ExxX. AX., t. vin, p. 369-371,
394-396. Bulgaris y développe les points controversés entre l'Orient et l'Occident.
16° Démétrakopoulos, p. 124, cite aussi un pamphlet inédit contre la papauté : IIàT:eutia... Si' r\ç o Dama; 'P«i(iT,ç xai o\ TtEpl aÙTov |xa<TTtyo-jvTat, xtX. — Nous passons sous silence d'autres lettres et brochures ayant trait à des questions théologiques. On en trouve une liste à peu près complète dans l'ouvrage de Gédéon, Xpovixà ttjç 7raTpiap-/txr,ç 'Axaôrjtxia;, p. 170-173, note.
Koumas, 'Ircopt'a -uSv &v8itwitîvuv itçàîtav, Vienne, t. xn, p. 562; Stourtza, Eugène Bulgaris et Nicéphore Théotohis, précurseurs du réveil intellectuel et national de la Grèce, Paris, 1839; cette Jjrochure a été traduite en russe dans le Moskvitianine de Pc— godine, 1844, n. 2; Élie Tantalidès, E&yevîou to3 BouififEuî IztiTToAri iïeçï çài'a;, Constantinople, 1850; Kalligas, BIoç EiyEvîoi» to3 Bou^àpso.;, navS>ifo, Athènes, 1850-1851, p. 494-505, 517-52G; Georges vEnian, U[0Yçaçt'a -rou àoiSijAiy EùyêvÎou, èv ^ xat xarâXoyoc àxpi€r(ç tùv (TUYY?«[AtJLàTwv itaï r[ Sta0Ttxïi a JToti. Eu).).oyïi àveK^ÔTwv ffUYypa^- [tàxwv toîî àotSi'iAoy Eùyevîou Toù BouXvàp2iaç, Athènes, 1838, t. I, p. •fl-
[xf ; Asopos, 'IffToçîa lÀXy(vuv iiotïiTwv «aï <TUYYf«Y^wv' Athènes, 1850, t. I, p. 385; Nicolas Katrami, 'Irco;i««î SiaTaçr'.niiî è^t Tfjî isatpîSoç Eûvsvtou toîî IîotMYàçEwç, i.^/iiT.-.ffyÔTzo'j ElaSuivtou vai Xeçffwvof, Zante, 1854; l'auteur se propose de montrer que Bulgaris est né à Zante : sa brochure abonde en détails sur la jeunesse et l'éducation de son héros ; André Papadopoulo Vrétos, Biographie de l'archevêque Eugène Bulgari rédigée sur des documents authentiques, suivie d'un ouvrage en latin du même auteur, Athènes, 1860; brochure très faible au point de vue critique, écrite dans un français détestable ; on trouve à la fin une liste
BULGARIS — BULL (BULLUS)
très incomplète des ouvrages d'Eugène Bulgaris; Paranika,
Constantinople, 1867, passim; Sathas, NtotWnivixSi çùoXovt'a, Athènes. 1868, p. 566-571 ; Goudas, U.V aatàMnilai, Athènes, 1870, t. il ; Zaviras, Nia 'EXXà; rî tlXijvtxbv ©ia-rpov, Athènes, 1872; Spiridion Papageorges, 'A8r,vaiov, irùYYfanna nEpioSixàv, 2' année, Athènes, 187-1, t. n, p. 77-80, 122-127 ; Démétrakopoulos, 'pf6<;8ï.Eo;
'E'/j.à:, p. 189-195; Gédéon, Xfovtxâ Tr|î i:aTfiaf/ixî;; 'AxctSr.nia:,
Constantinople, 1893, p. 157-160; Chassiotis, L'instruction publique citez les Grecs, Paris, 1881, passim ; Katrami, <J>i).o),ofijca àvàiiiTo Zaxuvrou, Zante, 1886, p. 382-389. La correspondance d'Eugène Bulgaris n'a pas été publiée en entier. Plusieurs tettresont paru à différentes reprises dans les revues grecques (Gédéon, 'Ibt. r:e,Tf. dx., p. 173). Ce sont ces lettres très nombreuses qu'il faudrait étudier pour une biographie complète de Bulgaris. Celuici ayant exercé une certaine influence sur la théologie russe du xviir siècle, il n'est pas étonnant que les Busses aient pris soin de raconter sa vie. Tout de suite après sa mort, la Viestnik Evropy (1806, n. 14), la plus ancienne revue de Saint-Pétersbourg, lui consacra une longue nécrologie, suivie d'une liste des œuvres éditées par le savant grec. Citons aussi : Magnitzki, Eugène Bulgaris et Nicéphore Théutokts, Moskovitianitie, 1844, n. 2, p. 337-368 ; Séraphimov, Eugène Bulgaris, archevêque de Slavinie-et-Cherson , Bulletin de Véparchie de Cherson (Chersonskiia cparkhialnyia Viedomosti), Supplément IX, n. 11, p. 122-132; n. 12, p. 172-182; Soloviev, Eugène Bulgaris, Strannik (Le voyageur), 1867, t. ni, n. 7, p. 1-19 (cet article contient aussi le catalogue des œuvres imprimées ou inédites) ; Névodtchikov, Vie d'Eugène Bulgaris, Odessa, 1875; A. Lébédev, Eugène Bulgaris, L'ancienne et la nouvelle Bussie (Drevnàia i nevaia Bossiia), 1876, t. i, n. 111, p. 209-223; Lecture édifiante (Kristianskoe Tchténie), 1887, n. 4, 5. Cf. Herzog, Realencyklopàdie, 3' édit., Leipzig, 1898, t. v, p. 588-590.
A. Palmieri.
2. BULGARIS Nicolas, théologien grec, naquit à Corfou en 1634. Après avoir commencé ses études dans son ile natale, il vint suivre les cours de médecine et de philosophie à l'université de Padoue. De retour à Corfou, tout en exerçant la médecine, il s'appliqua à des études historiques et théologiques. La date de sa mort est inconnue. Selon Papadopoli Comnène, elle n'eut pas lieu avant l'année 1684. En théologie on a de Bulgaris : 1° Tractatus de necessariis ad salutem; Papadopoli Comnène, qui eut entre les mains ce traité, l'appelle pium ac perutile opusculuni ; 2° 'Iepà xarrç)rr)(Tiç r^oi i%rfli\<jiç, Tvj; Ôeta; xat tepâç AEiTOupyia; xai t'i.iia.Giç, T<5v y£!pOTOvouuiv(ov ôu.o-j xoù ixetà itoXXûv à'X).t>)v npôç toçc- ).etav tùv 7uaràiv xal [idtXiora <tuvteivôvt(.>v, Venise, 1681, 1799, 1818; Corfou, 1852. Papadopoli Comnène ne tarit pas de louanges sur cet ouvrage. Il le qualifie d'egregiam, doctum, eruditissimum opus vernacula lingua nostra élégant er conscrvptum. A son avis, hase tractatio numerosœ opibus eruditionis, ex recentissima Graecia colleclis, locuples est. Il la déclare très utile pour répondre aux objections de ceux qui nient l'uniformité doctrinale des Eglises grecque et latine touchant la théologie sacramentaire. L'ouvrage de Bulgaris est un répertoire vieilli de théologie et de liturgie. On y voit clairement que l'auteur a subi l'influence des théologiens Catholiques. Les définitions surtout sont calquées sur les manuels de théologie de l'Occident. Il y a môme emploi de termes scolastiques. L'auteur ne s'y livre pas à ces attaques passionnées qui caractérisent les œuvres des polémistes grecs du xvnP et duxvill" siècle. Il donne un résumé substantiel de la doctrine de l'Église grecque sur les sacrements en général, sur la trinilé, l'incarnation, le symbole des apôtres, les conciles œcuméniques, la sainte Vierge, la communion, la messe. Plusieurs chapitres sont consacrés à des sujets liturgiques. L'érudition n'y est pas toujours de bon aloi. Pour ne ciler qu'un exemple, l'auteur croit découvrir des traces de la sainte Trinité dans les vers de Théocrite, et dans ce vers d'Ovide :
Terqtte seiiein fluinmn, ter tiqua, ter sulfure lustrât.
hetam., vu, 261, édit. Lemaire, Paris, 1821, t. tu, p. 496.
La 'Iepà xax'V/r,Tt; de Nicolas Bulgarisa été traduite en
anglais, et publiée sous ce titre : The IioUj catechi&m
of Nicolas Bulgaris, faithfully translated from the original Greek by the Rev. W.E.Daniel, M. A. .Londres, 1893. La préface qui est de Grégoire Palamas, professeur à l'école de Halki, contient une esquisse biographique de Bulgaris, p. xvn-xxv. Cette édition faite sur celle de Corfou de 1832, est enrichie de notes et de trois tables.
Papadopoli Comnène, Historia gymnasii Patavini, Venise, 1726, t. n, p. 317; Fabricius, Bibliotheca grxca, Hambourg, t. xi, p. 287, 590-591; Jôcher, Allgemeines Gelehrten-Lexicon, Leipzig, 1750, p. 1576;. André Papadopoulo Vrétos, NcoelXi|vix)|
çtAcAOYÎa t,tji xaTâ/.oyo; T<wv àTîô TiTtôffEw; tt;; [luÇavTtvîJÇ ct'JToxoa-roçîa; lié/çi IfxaO'-Sçùiîu; t*;? it 'E/.XiSt potrjàsïa; wcottvniv ?t&fuv, Athènes. 1854, t. i,p. 37-38, 182; Sathas, NiosUy|v«î| yiXoXoxîa, Athènes, 1868, p. 341-343; Legrand, Bibliographie hellénique du xvir siècle, Paris, 1894, t. Il, p. 213-218, 366-380, 381-384; Meyer, Die theologische Literatur der griechischen Kirche im sechzehnten Jahrhundert, Leipzig, 1899, p. 8.
A. Palmieri.
BULL (BULLUS) Georges, célèbre théologien anglican de l'école des Andrews, des Laud, des Hammond, des Taylor, et adversaire résolu des théories presbytériennes autant que de l'Église catholique, est né le 25 mars 1634 à Wels, dans le comté de Sommerset. Voué de bonne heure à l'état ecclésiastique, il ne fut pourvu pendant longtemps que d'assez maigres bénéfices. Il n'en persista pas moins à s'adonner à l'étude et vendit même son patrimoine pour pouvoir acheter des livres. Les vastes connaissances de Bull et ses ouvrages le tirèrent à la lin de l'obscurité et lui ouvrirent la porte des honneurs. L'université d'Oxford, en 1686, lui conféra le bonnet de docteur en théologie. Évêque de Saint-David en 1705 et membre de la Chambre des lords, il mourut au mois de février 1710.
Georges Bull a, paraît-il, bien plus écrit qu'il n'a publié. Dans son Harnionia apostolica, le premier ouvrage qu'il ait lait paraître, 1669-1670, il combat le dogme protestant de la justification par la loi seule, Reformatai Ecclesias opprobriwn ac dedecus, avec une vigueur que Moehler dans sa Symbolique n'a pas dépassée, sur ce fondement que l'épître de saint Jacques, postérieure en date à l'épître aux Bomains, en est l'explication et que saint Jacques doit être tenu pour l'interprète authentique de saint Paul. Le livre en Angleterre déchaîna sur la tète de l'auteur une tempête ; conformistes et non-conformistes l'attaquèrent à l'envi. Bull, sans se déconcerter, riposta, en 1675, aux uns et aux autres, à ceux-ci dans son Examen censurai, à ceux-là dans son Apologia pro Harnionia ; et l'on peut dire qu'au sein de l'Eglise épiscopale, la doctrine de la justification par la foi, tout appuyée qu'elle est sur les trente-neuf articles, ne s'est pas relevée des coups de Georges Bull. Voir Dœllinger, L'Église et les Églises, trad. franc., Paris, 1862, p. 106. A cette polémique se rattache le plus important et le plus laineux des ouvrages de Bull. Pour avoir soutenu la nécessité des bonnes œuvres, le théologien anglais avait encouru de la part de ses antagonistes, sinon l'accusation formelle, du moins le soupçon de socinianisme. C'est afin de s'en laver, a-t-on dit, et de mettre son orthodoxie hors de conteste qu'il a composé sa Defensio fidei Nicamœ, laquelle resta plusieurs années manuscrite faute d'éditeur, et ne fut publiée qu'en 1685, grâce à la libéralité du docteur Fell, évêque d'Oxford. Livre d'une science étendue et d'une excellente latinité, dans lequel Bull s'évertue à montrer envers et contre tous l'accord parlait, à un iota près, des Pères anlénicéens et du symbole de Nicée, mais qu'inspire et dépare une conception beau coup trop étroite du développement doctrinal. Car, selon Bull, le développement doctrinal n'est rien qu'une pure affaire de terminologie; à travers les changements
de formes et d'expressions, la science sacrée ne nous offre nulle part un progrés dialectique, un progrès de lumière et de certitude; le nom même de l'histoire du dogme n'est qu'un trompe-l'œil et un leurre, si l'on en
BULL (BULLUS) - BULLAIRE
croit Richard Simon, le dessoin de Bull était moins de justifier les Pères de Nicée que de battre en brèche le dogme de la transsubstantiation. « Quand on oppose aux catholiques, écrit R. Simon, que le concile de Latran, sous le pape Innocent III, n'a pas eu des preuves suffisantes pour établir ce dogme, les catholiques répondent que la consubstantialité du Verbe, qui a été définie dans le concile de Nicée, n'a pas des preuves plus claires dans l'antiquité, que cependant les protestants, qui iont cette objection, reconnaissent pour orthodoxe la loi du concile de Nicée. Bullus, qui avait senti la force de ce raisonnement, jugea que, pour y répondre, il était absolument nécessaire de réfuter le P. Petau, et c'est à quoi n'ont pas pris garde la plupart des catholiques, qui, ne > connaissant point le dessein de Bullus, donnent à cet auteur des louanges excessives. » Voir les Mémoires de Niceron, Paris, 1737, t. xxxvn, p. 156. Be fait, Bossuet, à qui R. Simon semble laire ici allusion, s'est plu à relever l'érudition et la candeur de Georges Bull. Voir der et 6e avertiss. sur les lettres de M. Jurieu.
En 1694, Bull publia, sous le titre de Judicium Ecclesise calholicse, une sorte de supplément à sa Defensio fidei Nicsense. Il y renverse une thèse d'Épiscopius, et lait voir que le dogme de la consubstantialité du Verbe et de la divinité de Jésus-Christ a toujours été, jusque dans la période anténicéenne, un des articles fondamenr taux de la foi catholique. Vint ensuite un troisième ouvrage, Primitiva et apostolica traditio, à l'encontre de la théorie de Baniel Zwickler qui rangeait la divinité du Verbe et son incarnation parmi les truits de l'imagination des hérétiques des premiers temps. Bull a donc laissé sur la question trinitaire une espèce de trilogie. De cette trilogie est sorti très incidemment un quatrième ouvrage, qui, sur un sujet tout à fait à part, caractérise les théologiens anglicans, en reflétant leur haine de Rome et de l'Église romaine. Bossuet, charmé de la lecture de la Defensio et du Judicium, en avait félicité chaudement l'auteur et s'était étonné que Bull ne fût pas rentré dans le giron de l'Église. Aux avances de Bossuet, Bull répondit par son livre Des corruptions de l'Eglise de Rome, livre dont le titre seul dit assez l'esprit et explique la popularité chez les Anglais du xvne siècle.
Ernest Grabe a donné une édition complète des œuvres latines de Bull, in-fol., Londres, 1703. Mais la meilleure édition est celle de Burton, 7 in-8°, Oxtord, 1827. La Defensio fidei Nicœnœ a été publiée de nouveau par les soins du professeur Zola, Pavie, 1784. Nombre de sermons de Bull ont aussi paru en anglais, 3 in-8°.
Nelson, Life of bishop Bull; Encyclopzedia britannica,t. iv, p. 517; W. Hunt, dans le Dictionary of national Biography de Leslie Stepben, Londres, 1886, t. vu, col. 236 sq.
P. Godet.
BULLAIRE. Recueil de bulles pontificales. — I. Bullaires généraux. II. Bullaires particuliers. III. Autres ouvrages contenant des bulles pontificales. IV. Sources. V. Autorité des bullaires.
I. Bullaires généraux. — 1° Premiers essais. — Parmi les incunables du XVe siècle, on signale un petit recueil de neuf bulles qui eut six ou sept éditions. D'autres collections de lettres pontificales furent faites par Wandelstein et Cochlée. Wandelstein publia d'abord les lettres authentiques de la collection de Denys le Petit sous le titre : Canones apostolorum, veterum concilioruni décréta pontificum antiquiora de primatu romanse Ecclesise ex tribus vetustissimis exemplaribus, Mayence, 1525; puis Epistolse décrétâtes veterum pontificum longe ante concilium Nicsenum promulgatse a SS. marlxjribus Christi, sseviente adhuc persecutione, s. 1. n. d., mais l'épitre dédicatoire est de 1526; ces lettres diffèrent de celles du pseudo-Isidore. Cochlée a édité : Epistolse anliquissimse ac sacris instilutionibus plense démentis, Anacleti et Evaristi Romanorum pontificum, item Dionysii Areopagilx et Ignatii marlyrum Christi, Co-
logne, 1526. Des bullaires plus ou moins complets parurent à Rome : un de Jean XXII à Paul III, 1542; un autre intitulé : Bullse diversorum pontificum a JoanneXXII ad Julium 111 ex bibliotlteca Ludovici Gomes, in-4°, Rome, 1550, comprenant (50 documents seulement ; une autre collection, guse incipit a Bonifacio VIII et desinit in Pauluni IV, Rome, 1559, contient 160 bulles; le bullaire de Grégoire VII à Grégoire XIII a été publié à Rome, en 1579, par César Mazzutellus et renferme 723 documents. Les cinq livres des Décrétales de Clément VIII avaient paru à Rome en 1592; 431 lettres de Pie II avaient été éditées à Nuremberg en 1481 ; celles d'Adrien VI à Cologne, 1535; celles de Pie IV, Pie V et Grégoire XIII à Florence, 1583; les constitutions de Grégoire XIII à Lyon, 1582.
2° Bullaire du cardinal Antoine Carafa. — C'est le premier bullaire complet qui ait été entrepris, sous l'inspiration de Sixte V; mais il est resté inachevé. Il devait reproduire avec les bulles des papes tous les documents qui s'y rapportent : les questions des évoques, les lettres des empereurs, les synodales des conciles, les diverses relations et consultations auxquelles répondait le saint-siège. La partie publiée contient toutes les bulles des onze premiers siècles de l'Église, depuis saint Clément Ier jusqu'à saint Grégoire VII (fl085) : Epistolse décrétâtes summorum pontificum,'à in-fol., Rome, 1591. Carafa mourut avant que l'impression ne fût terminée. Antoine d'Aquin, qui avait été le collaborateur du cardinal, poursuivit l'œuvre commencée. Les exemplaires de ce premier bullaire sont très rares. Carafa avait préparé des suppléments et les matériaux de la continuation. De cet auctarium rien ne parut, rien même n'a été conservé.
3° Recueil de dom Constant. — Dom Pierre Coustant, bénédictin français (1654-1721), commença une nouvelle édition des lettres des papes, avec la collaboration de lom Simon Mopinot; il se proposait d'aller jusqu'à Innocent III (-{-1216). Le premier volume de cette nouvelle édition, dédiée à Innocent XIII par la congrégation de Saint-Maur, parut seul à Paris, en 1721, in-fol., sous ce titre : Epistolse romanorum pontificum, et ese quse ad eos scriptse sunt, a sanclo Clémente 1 usque ad lnnocentium Ill,quotquot reperiri potuerunt, spuriis segregatis,tomus primus,ab anno 67 ad antium440. Il s'arrêtait donc au début du pontificat de saint Léon le Grand. Dans une longue et savante préface, l'auteur prouve avec une très abondante érudition la primauté de l'Eglise romaine par l'étude de nombreux documents de la plus haute antiquité; puis, il parle des anciennes collections de canons et de décrétales qu'il soumet à l'examen de la plus sévère et de la plus lumineuse critique. Il accompagne de notes les bulles reconnues authentiques, expose à quelle occasion elles furent écrites et en explique le sujet. Il cherche ensuite à déterminer les bulles qui sont perdues. Quant à celles qui sont faussement attribuées aux papes, il les renvoie en appendice à la fin du volume. Sur cette édition si importante, consulter les Mémoires de Trévoux, 1722, a. 92, p. 1541-1563; a. 103, g. 1679-1700; Journal des savayits, t. lxxi, p. 21-30, 166- 176; Acta eruditorum Li/>s., supplément, t. ix, p. 337.
Il est bien regrettable qu'un ouvrage d'un tel mérite et d'une si incontestable utilité n'ait pas été achevé. Dom Coustant avait terminé la préparation d'un deuxième volume sur les lettres de saint Léon, et beaucoup d'autres documents étaient réunis quand il mourut, le 18 octobre 1721, sans avoir eu le temps d'y mettre la dernière main. Ce premier volume fut réimprimé avec quelques omissions et additions par Schônemann, Epistol. roman, pontifie... ex recensione P. Coustantii, in- 8°, Gœttingue, 1796, t. i. Cette seconde édition est plus rare encore que la première. Les lettres de saint Léon ont été insérées dans l'édition des œuvres de ce pape par les frères Ballerini. Voir col. 131, et P. L., t. lvi.
BULLAIRE
Un jeune prêtre du diocèse d'Ermeland, André Thiel, entreprit de publier de nouveau les lettres pontificales. 11 utilisa les papiers de dom Constant; mais le seul tome paru ne va que jusqu'en 523 (de saint Hilaire à saint llormisdas) : Epistolae roman, pontif. genuinse et quse ad eos scriptie snnt, a S. Hilario usque ad Pelagium 11 ex schedis cl. Pétri Coustantii aliisque editis, in-8°, Brausberg, 18G8, t. i.
4° Bullarium magnum Cherubinorum. — Les trois premiers volumes de celte vaste collection furent édités par Laërce Cherubini (f 1(526), savant jurisconsulte romain. On y trouve toutes les bulles des papes, depuis saint Léon le Grand (440) jusqu'à Sixte V (f 1590), auquel Ii' premier volume est dédié, 3 in-lol., Rome, 1586. La 2e édition parut trente ans après, 3 in-lol., Rome, 1617. Laèrce Cherubini avait édité aussi les constitutions de Sixte V, Rome, 1586, 1588.
Ange-Marie Cherubini, bénédictin du Mont-Cassin et fils de Laérce Cherubini, dont il fut le principal collaborateur, continua, après la mort de son père, l'œuvre colossale entreprise de concert avec lui. De 1634 à 1644, il donna la 3e édition en 4 in-fol. : Bullarium romanum vovissimum, a B. Leone Magno usque ad S. D. N.Urbanum VIII, opus L. Cherubini tertio nunc édition a D. Angelo Maria Cltcrubini, Rome. Le 4e volume contient les bulles des papes successeurs de Sixte V, jusqu'à celles d'Urbain VIII (1623-1644). Une 4e édition, poussée jusqu'à Innocent X, avec un certain nombre de constitutions relatives à l'ordre de la Merci en appendice, l'orme 4 tom. en 3 in-fol. , Lyon, 1655. Un Appendix ad bullarium a paru, in-lol., Viterbe, 1659. La 5e édition, augmentée des bulles des papes jusqu'à Clément X (1670-1676), est due aux RR. PP. Ange de Lantusca et Jean-Paul de Rome, mineurs de la stricte observance-, qui la publièrent, 5 in-tol., Rome, 1669-1672; Lyon, 1673, 1697. Deux volumes, lest, ivetv, de l'édition de Lyon, 1655, avaient été mis à l'index, donec expurgentur, pour l'addition d'une bulle lausse et pour des altérations faites à une autre. Une dernière édition, continuée jusqu'à Benoit XIV, parut à Luxembourg (Genève), 19 tom. en 8 in-fol., 1741-1743.
5° Commentaires et résumés du bullaire. — Le cardinal Vincent Petra (1662-1747), préfet de la S. C. de la Propagande et de la Pénitencerie sous Benoît XIII, publia des commentaires d'une profonde érudition sur tous les documents, insérés dans le bullaire des Cherubini : Comtnenlaria ad constitut. apostolicas, 5 infol., Rome, 1705-1726; Venise, 1729-1741.
Un résumé des trois premiers volumes du bullaire fut publié par Flavius Cherubini, autre fils de Laèrce : Flavii Cherubini compendium btdlarii a pâtre editi, Rome, 1623; 3tom. en 1 in-4°,Lyon, 1624; in-fol., 1638.
Un autre résumé de ce genre et bien plus connu, car il est généralement imprimé à la suite du Corpus juris canoniei, est le Septimus decretalium dû à un jurisconsulte français, Pierre Matthieu (1563-1621), historiographe d'Henri IV. Le titre primitif était : Summa constitutionum sum. pontif. et rerum in Ecclesia romana gestarum a Gregorio IX usque ad Sixtum V, in-4", Lyon, 1588. Dans son épitre dédicatoire à Sixte V, l'auteur dit qu'il avait eu l'intention de continuer la collection des décrétales laite par saint Raymond de Pennafort, et approuvée par Grégoire IX en 1234. Après le Sexte, publié par Boniface VIII, en 1298, et revêtu de l'autorité pontificale, il serait important de composer un Septimus (Ici -relalium , dans lequel, en suivant la même division de livres et de titres que dans les collections authentiques des décrétales, on ferait entrer toutes les bulles parues depuis lors jusqu'à Sixte V lui-même. C'est ce que Pierre .Matthieu lit, en effet, deux ans après, par la publication de son Liber septimus decretalium pus/ S ex tum, dédié au cardinal Cajetan, Francfort, 1590, réédité en 1592, en 1598, et avec des annotations et des
additions en 1610, in-fol. Son ouvrage cependant ne fut jamais approuvé officiellement par le saint-siège, car il présente des lacunes et même de très sensibles délauts. Malgré ses promesses, l'auteur n'y suit pas toujours l'ordre des titres tels qu'on les voit dans les décrétales; il en a retranché beaucoup et en a ajouté d'autres qui, sans trop de peine, auraient pu être rangés sous quelquesuns des titres employés dans les collections officielles, qu'il prétendait continuer. En outre il a négligé d'y insérer des extraits vraiment utiles, pour accumuler à leur place des documents bien moins nécessaires. Sa compilation, d'ailleurs, ne devrait pas s'appeler le Septimus decretalium, mais le Decimus decretalium. Le Septimus, en effet, est représenté par les Clémentines, comme Clément V lui-même l'avait pensé; et VOctavus ainsi que le Nonus le sont par les Extravagantes de Jean XXII, et par les Extravagantes communes. En 1623, le Septimus decretalium de Pierre Matthieu fut mis à l'Index; mais il en lut retiré ensuite, et, à l'exemple des éditeurs de Lyon de 1661, les imprimeurs prirent l'habitude de le placer comme appendice au Corpus juris canoniei, et cela ad plenam et perfectam juris apostolici cognitionem. Cf. Doujat, Prœnotionum canonicarum, I. IV, c. xxvi, n. 2, 3, in-4°, Paris, 1687 ; Venise, 1717, 1762, etc. ; Devoti, I.nstitutiones canoniese, proleg., c. vu, 2 in-8°, Rome, 1785, 1814; Venise, 1838; Fagnan, Commentaria in quinque libros Decretalium, 1. II, tit. I, De judiciis, c. xii, 5 in-fol., Rome, 1661, la meilleure des éditions; et 5 in-fol. en 3 vol., Venise, 1697, 1742.
Signalons d'autres résumés du bullaire': Compendium constitut ionum SS.PP. a Gregorio VII ad Clementem VIII, par Jacques Castellanus, ecclésiastique de Trévise, in-4°, Venise, 1603; Summa bullarii, par Etienne de Quaranta, in-4°, Venise, 1607; Lyon, 1622 (c'est une table alphabétique du bullaire jusqu'à Paul V); lu selectas summ. pontif. conslituliones epitome ac theorcmata, par J.-B. Scortia, S. .1., in-4°, Lyon, 1625; Bullarum, brevium et constitutionum quse in archivo impressoris cameralis existunt index, Rome, 1627; Bullarii collectanca, de Barbosa, Lyon, 1634; après que cette collection de constitutions papales et de décisions des Congrégations romaines eut été mise à l'Index, le 22 janvier 1642, elle fut rééditée à Lyon en 1645 sous ce titre : Summa apostolicarum constitutionum ; Expositio laconica omnium constitutionum a Gregorio VII usque ad Innocentium X, par Maurice de Grégoire, O. P., Naples, 1648; Aurea calena decretorum apostolicse sedis, conciliorum et Patrum, par Thomas Thomasson, Rome, 1654; Summa bullarum cum novissimis decisionibus S. Boise, par J. Domitius, avec les notes de Michel Justiniani, Rome, 1677.
6° Bullarium magnum de Jérôme Mainardi, contenant les bulles des papes, durant treize siècles, depuis saint Léon le Grand (440) jusqu'à Benoit XIV, qui monta sur la chaire de saint Pierre en 1740, 19 tomes in-fol., ordinairement reliés en 12 vol., Luxembourg et Rome, 1733-1768. Cette collection, plus vaste que celle des Cherubini, est aussi de beaucoup plus estimée. Il en a été fait un résumé : Pontiftciarum constitutionum... epitome, opéra Aloysii Guerra,i in-fol., Venise,
7° Bullarium magnum, seu norissima et accuratissinia bibliotheca apostolicarum constitutionum , opéra et studio Caroli Cocquelines, 14 tomes en 28 in-fol., Borne, 1739-1762. Les six premiers volumes ont un titre un peu différent, savoir : Bullarum, privilegioruni ac diplomatum romanorum ponlificum amplissima collaUn. C'est une excellente édition faite avec soin sur les originaux conservés dans les archives secrètes du Vatican ; elle va jusqu'à la lin du pontificat de Benoit XIV (1758).
8° L'avocat André Barbcri et ses collaborateurs, le comte Alexandre Spetia et Raynaldo Secret i, poursui-
BULLAIRE
virent l'accomplissement de cette œuvre importante, en publiant : Bullarii romani continuatio, seu Magnum bullariwm romanorum pontificum démentis XIII (1158), Clementis XIV, PU VI, PU VU, Leonis XII, et Pu VIII, conslitvliones complectens, 19 tomes en 9 in-fol., Rome, 1835-1857. Elle contient aussi les bulles des quatre premières années du pontificat de Grégoire XVI.
9° Bullarium Benedieli XIV, comprenant toutes les bulles publiées par ce pape durant son pontificat, commencé en 1740 et terminé en 1758, 4 in-fol., Rome, 1754- 1758; 4 tomes en 2 in-fol., Venise, 1768; 4e édit., Venise, 1778; 13 in-12, Malines, 1826-1827. Dans l'édition des Opéra oninia de Benoît XIV, 17 in-4», Prato, 1839, le bullaire forme les t. xv-xvn, 1845-1847. Vient à la suite la Bullarii romani continuatio, depuis Clément XIII jusqu'à Pie VIII inclusivement, 6 in-4°, Prato, 1847- 1856. Ces dix volumes sont les t. iv-xiii de la Continuatio, ou encore les t. xvm-xxii des Opéra omnia. Un complément : Benedicti papae XI V acta sive nondum sive sparsim édita nunc primum collecta, a paru par les soins de R. de Martinis, 2 in-4°, Naples, 1894.
10° Sous les auspices du cardinal Gaude, archevêque de Turin, a été publié dès 1857, dans cette ville : Bullarum, diplomatum et privdegiorum sanct. rom. pont. Taurinensis editio, 23 in-4°, Turin, 1857-1872, avec un Appendix I, Turin, 1867, t. i. Cette édition a été continuée à Naples sous le patronage du cardinal San Felice et par les soins de Tomassetti : Bttllarum, etc., Napolitana editio Taurinensis continuatio ac supplementum, seu magni bullarii séries altéra curn appendice, à partir de 1867. Le t. v, publié en 1885, comprend le bullaire de Benoît XIV.
11° Les Begesta pontificum romanorum. — Ils ne reproduisent pas intégralement toutes les lettres des souverains pontifes; ils donnent seulement le texte des plus importantes, ou de celles qui étaient encore inédites, mais ils contiennent l'analyse de toutes les lettres authentiques des papes, rangées suivant l'ordre chronologique et placées sous des numéros distincts. On indique les ouvrages qui contiennent le texte de chaque document. Il existe deux collections des Begesta. La première est l'œuvre de Philippe Jaffé : Begesta pontificum romanorum ab condita Ecclesia ad annum post Christum natum MCXCV1II, in-4», Berlin, 1851. Cf. card. J.-B. Pitra, dans le Correspondant, t. xxx, p. 515 sq.; t. xxxi, p. 317 sq. Une seconde édition a été préparée sous la direction de Wattembach par Lôvenfeld, Kaltenbrunner et Ewald et forme 2 in-4°, Leipzig, 1885. La seconde collection est la continuation de la première. Elle a pour auteur Auguste Potthast et elle est intitulée : Begesta pontificum romanorum inde ab a. post Christum natum MCXCVIII ad a. MCCC1V, 2 in-4», Berlin, 1874, 1875. Le t. i contient les lettres d'Innocent III, d'Honorius III et de Grégoire IX; le t. il, celles des papes qui ont régné depuis Innocent IV jusqu'à Benoit XI, avec des additions au t. i. Cf. P. Pressutti, I regesti de' romani pontifici dalV anno 1198 ail' anno 1304 per Aug. Potthast. Osservazioni storico-critic/ie, in-8°,1874. Ces deux collections de Begesta sont fort importantes et rendentauxtravailleursde très grands services. E. Sol en avait annoncé une table méthodique, qui n'a pas paru .
12° Outre ces Begesta embrassant plusieurs pontificats, d'autres ne contiennent que les lettres d'un seul pontificat et ne reproduisent généralement que les pièces qui se trouvent dans les registres du Vatican, soit par des analyses, des extraits plus ou moins étendus, soit au besoin par le texte intégral. Ce genre de publication est en honneur surtout depuis que Léon XIII, en 1883, a ouvert au public les archives secrètes du Vatican. Des savants de divers pays, mais surtout des membres de l'École française de Rome et des chapelains de Saint- Louis des Français à Rome, ont déjà publié totalement
ou partiellement les registres d'un certain nombre de papes. Nous indiquerons leurs publications et d'autres plus anciennes suivant l'ordre chronologique des souverains pontifes. M. Ul. Robert a publié le Bullaire du pape Calixte II (1110-1124), 2 in-8°, Paris, 1891. Les registres d'Innocent III (1198-1216) avaient été édités les premiers d'une façon plus ou moins complète : Innocenta terlii pontifias maximi decretalium atque aliarum epistolarum, in-fol., Rome, 1543, t. i; P. du May, Innocenta terlii pontificis maximi epistolœ, etc., in-8°, Paris, 1625; F. Bosquet, Innocenta tertii pontificis maximi epistolarum libri IV, in-fol., Toulouse, 1635; E. Baluze, Epistolarum Innocenta III rom. pontif. I. XI, 2 infol., Paris, 1682, et P. L., t. ccxiv-ccxvn, col. 9-308; Feudrix de Bréquigny et La Porte du Theil, Diplomata, charlse, epistolae et alla documenta ad res francicas spectanlia, etc., in-fol., Paris, 1791, t. i, Innocenta papae III epist. anecdot. Cf. L. Delisle, Mémoire sur les actes d'Innocent III, dans la BiblioUièque de l'école des c/tartes, 19e année, Paris, 1858, 4° série, t. m, iv, p. 1-73 (tirage à part); Id., Les registres d'Innocent III, ibid., Paris, 1885, t. xlvi, p. 84-94. — Ceux d'Honorius III (1216-1227) ont été, eux aussi, l'objet de plusieurs publications : une première édition a été faite par Innocent Cironius; J. A. de Rigger, Quinta compilalio epistolarum decretalium Honorii 111, in-4°, Vienne, 1761; Horoy, Medii sévi bibliotlieca palristica, Paris, 1879, t. i-m (le 3e vol. est incomplet); P. Pressuti, I Begesti del pontefice Onorio 111, Rome, 1884, t. i; cf. Pitra, Etude sur les lettres des papes, dans Analecta novissima, Frascati, 1885, t. i, p. 181-236. — L. Auvray, Les registres de Grégoire IX, recueil des bulles de ce pape publiées ou analysées d'après les manuscrits originaux du Vatican, 3 in-4», Paris, 1896, t. I, (1227-1235); 1889-1902, t. n (1236-1237). - B. Hauréau, Quelques lettres d'Innocent IV extraites des manuscrits de la Bibliothèque nationale, dans Notices des manuscrits de la Bibliothèque nationale, t. xxiv, 2» partie; Elie Berger, Les registres d'Innocent IV, 1243-1254, 4 in-4», Paris, 1884, 1887, 1890. Cf. K. Hampe, Âus verlorenen Begisterbànden der Pàpste lnnocenz III und Innocenz IV, dans Mittheil. des Instituts fur oslerreich. Geschichtsforschung, 1902, t. XXIII, p. 545-567; 1903, t. xxiv, p. 198-237. — Bourel de la Roncière, de Loye et Coulon, Les registres d'Alexandre IV, 1254- 1201, 2 in-4», Paris, 1895-1902 (en cours de publication). — L. Dorez et J. Guiraud, Les registres d'Urbain IV, 1261-1204, 3 in-4»., Paris, 1889-1900, t. i. Begistre dit mmera?; 1892-1901, t. n; 1901, t. m, continué en 1904. — E. Jordan, Les registres de Clément IV, 1265-1208, in-4°, Paris, 1893 (3 fascicules parus). — J. Guiraud et L. Cadier, Les registres de Grégoire X, 1212-1210, suivis du Begistre de Jean XXI, 1210-1211, in-4°, Paris, 1892-1898. — J. Gay, Les registres de Nicolas III, 1211- 1280, in-4°, Paris, 1898 (en cours de publication). — Sœhnée, Puybaudet et Déprez, Les registres de Martin IV, 1281-1285, in-4», Paris, fasc. 1«, 1904. — M. Prou, Les registres d'Honorius IV, 1285-1281, in-4°, Paris, 1888. — E. Langlois, Les registres de Ni- «dasIV, 1288-1202, 2 in-4», Paris, 1886-1899. - G. Digard, M. Faucon et A. Thomas, Les registres de Boniface VIII, 1204-1303, 3 in-4», Paris, 1884-1903 (pas encore achevé). — Ch. Grand Jean, Les registres de Benoit XI, 1303-1304, in-4», Paris, 1883 sq. - Begestum Clementis papae V ex Vaticanis archetypis, par des bénédictins et aux frais de Léon XIII, 9 in-fol., Rome, 1885-1888. — A. Coulon, Lettres secrètes et curiales du pape Jean XXII, 1310-1334, relatives à la France , extraites des registres du Vatican, 3 in-4», Paris, 1900, 1901, 1904 (3 fascicules parus). MM. Mollat et Dubrulle, chapelains de Saint-Louis des Français, dépouillent les registres de ce pape, pour publier ses lettres communes. Le fascicule 1er est intitulé : Jean XXII
BULLAIRE
(1310-1334), lettres communes analysées d'après les registres dits d'Avignon et du Vatican, Paris, 1904.
— G. Daumet, Benoit XII, 1334-1342. Lettres closes, patentes et curiales se rapportant à la France, in-i°, Paris, 1899, 1" fasc; 1902, 2« fasc. ; J.-M. Vidal, Benoit XII, 1334-1342. Lettres communes, 2 in-4°, Paris, 1902, ■1903, t. i (3* fasc. en 1904;. — E. Déprez, Clément VI, 1342-1352. Lettres closes, patentes et curiales se rapportant ù la France, 4 in-4°, Paris (1 fasc. seulement .
— Le même membre de l'École française de Rome prépare une publication de même nature pour Innocent VI, 1352-1362. — P. Lecacbeux, Lettres secrètes et curiales du pape Urbain V, 1362-1370, se rapportant ù la France, in-4°, Paris, 1902 (1 fasc. paru). — La même publication est préparée par M. Mirot pour Grégoire XI, 1370-1378. — Card. Hergenrother, Leonis X pontificis rnaximi regesta, 2 in-4°, Fribourg-en-Brisgau, 1884, 1891 (inachevé). — Mgr Balan, Monumenta sœculi xvi. démentis VII épis toise per Sadoletum scriptse, Rome.
— Le bullaire d'Innocent XI avait paru à Rome, 1697. — Les démentis IX opéra omnia comprennent les démentis undecimi pont. max. epistolse et brevia sele- Ctiora, in-fol., Rome, 1729, 1. 1; le démentis undecimi pont. max. bullarium, lorme le t. n des Opéra, in-fol., Francfort, 1729. — A. Tbeiner a tiré des archives secrètes du Vatican : démentis XIV, pont, max., epistolse et brevia selecliora ac nonnulla alia acta pontificatum cjus illustrantia, in-8°, Paris, 1852. — Bernasconi, Acta Gregorii papee XVI, 4 in-4', Rome, 1901-1904, publiés sous les auspices du cardinal V. Vannutelli. — Lettres apostoliques de Pic IX, Grégoire XVI, Pie Vil, encycliques et brefs, in-8°, Paris, s. d. — Becueil des actes de N. T. S. P. le pape Pie IX, texte latin et trad. franc., in-12, Paris, 1848, t. i. — Sanctissimi Domini nostri Leonis papse XIII allocutiones, epistolse, constitutienes aliaque actaprœcipua, 6 in-8n, Bruges et Lille, 1878-1900.
— Acta Leonis papse XIII, in-32, Paris ; Lettres apostoliques de Sa Sainteté Léon XIII, 6 in-8", Paris, s. d.
L'Académie royale des sciences de Gœltingue prépare une édition critique des bulles pontificales antérieures à Innocent III, de 004 à 1198. Depuis 1896, M. P. Kehr dirige les travaux de recherches et de dépouillement dans les dépôts d'archives et les bibliothèques d'Italie. En attendant la publication des matériaux recueillis, le directeur expose, dans des relations de voyages, le résultat de ses recherches : Papsturkunden in Boni, dans les Naclirichten der k. Gescllschaft der Wissenchaftcn zu Gôllingen, Philol.-hist. Klasse, 1900, p. 111-197; 1903, p. 360 436 ; in Salerno, La Cava und Napel, ibid., 1900, p. 198-263; in Piémont, 1901, p. 117- 170; in Campanien, p. 286-344; in Mailand und Lombardei, 1902, p. 67-168; in Ligurien, p. 168-193; in Turin, 1904, p. 57-1 15; JEllere Papsturkunden in den pàpstlichen Registern von Innocenz 111 bis Paul III, 1902, p. 393-558. Cf. Revue d'histoire ecclésiastique, Louvain. t. m, p. 702-704-; t. iv, p. 777-781; t. v, p. 410-411.
II. BULLAIRES PARTICULIERS. — A côté des bullaires généraux qui contiennent toutes les bulles des papes, quel que soit leur objet, d'autres bullaires ne contiennent que les lettres pontificales qui concernent une église, un ordre religieux, un pays ou une catégorie déterminée de sujets. — 1° Bullaires de quelques églises. — 1. De la basilique du Vatican. — Collectionis bullarum, brevium, aliorumque diplomatum sacrosanclse basilica vaticanœ, préparé par trois savants et publié par le cardinal Annihal Alliani, 3 in-lol., Rome, 1747-1752. — 2. De la cathédrale de Palerme. - Bullœ, privilégia et instrumenta Panormitanse metropolitanse ecclesiœ, par Mongitore, in-'r, Palerme, 1734. — 3. De la ville d'Avignon. — Bullarium civitatis A renionensis seu bullse ac constitutiones apostolicœ sum. pont, et diplomala regum continentia liber la tes, privilégia ecelestx inclylx ctuilalis et civium Avcuieusium, in-fol.,
Lyon, 1657. — 4. De la province ecclésiastique de Reims. — Acta provincise ecclesise Bltemensis, publiés sous les auspices du cardinal Gousset, 4 in-4°, Reims, 1842. — 5. Inventaire pour Rodez. — Varia documenta quse Bullienensem et Valrensem diœceses respiciunt, par l'abbé Cal met, in-8°, Rome, 1896. Le même auteur a publié le Sommaire des bulles de Clément VI concernant le diocèse de Bodez, dans les Annales de Saint- Louis des Français, 1902, t. vi, p. 201-248, 283-335; 1903, t. vu, p. 494-526. — 6. M. Vidal a publié des Documents sur les origines de la province ecclésiastique de , Toidouse (1205-1318), ibid., 1901, t. v, fasc. 2. — 7. J. Fraikin, Bulles inédites relatives à diverses églises d'Italie, Rome, 1900. — 8. Taccone-Gallucci, Begesti dei romani ponte/ici per le chiese délia Calabria, Rome, 1902. — 9. E. Ilauviller, Analecta Argentinensia, Vatikanische Aktenund Begesten zur Geschichte des Bistums Strassburg im XIV Jahrhundert (Johann XXII, 1310-1334) und Beitràge zur Beichs-und Bistumsgeschichte, Strasbourg, 1900, t. I. — 10. Monumenta romana episcopalus Vesprimiensis, 3 in-4°, Budapest, 1902. — La bibliothèque d'Alby possède un Bullarium ecclesise Albiensis, donné par Clément XIV au cardinal de Bernis et copié sur les documents des archives du Vatican. Le bullaire du Poitou à partir de Jean VIII est presque rassemblé dans les manuscrits de Fonteneau, et celui de l'Anjou dans la collection Husseau.
2° Bullaires des ordres religieux. — 1. Des franciscains. — Bullarium franciscanum ab ordtnis origine ad annum 1033, par Michel de Naples; Bullarium ordin. minor., 5 in-fol., Madrid, 1744; Bullarium franciscanum, seu romanorum pontificum constitutiones, epistolse ac diplomala ordinibus minorum, clarissarum et psenitentium concessa, publié par Jean-Jérôme Sbaralea, des mineurs conventuels, avec un supplément et I des notes par Flaminius-Annibal de Lalere, du même : ordre, 4 in-fol., Rome, 1758-1780; la continuation de ce bullaire a été publiée par le P. C. Eubel, Bullarium franciscanum sive Bomanorum pontificum constitutiones, epistolse, diplomala tribus ordinibus minorum, clarissarum, psenitentium concessa, 3 in-fol., Rome, 1897, 1902, 1904, t. v, vi, vu; Archivium bullarum, instrumenlorum et decretorum fralrum et sororum tertii ordinis sancti Francisa, publié par François Bordoni, procureur général du tiers ordre régulier de Saint- François, in-4°, Borne, 1658.
2. Des capucins. — Bullarium ordin. fratrum minor. S. P. Francisci capucinorum, seu collectio bullarum, brevium, decretorum, rescriptorum, oraculorum, etc., quœ a sede apostolica pro ordin. capucinor. emanarunt, publié avec des notes par le P. Michel, capucin suisse, secrétaire du général, 7 in-fol., Rome, 1740-1752, continué tout récemment par le P. Pierre Damien de Munster, 3 in-fol., Inspruck, 1883.
3. Des dominicains. — Mare magnum, id est indulgcntise cl privilégia fralrum prsedicatorum, par Thomas Ripoll, 1498, 1499; Bullarium ordin. prsedicatorum, publié avec appendice par le R, P. Antoine Bremond, d'après les originaux eux-mêmes, 8 in-fol., Rome, 1729-1740, allant de l'année 1215 à l'année 1739; Bullarium confraternilaluni ordinis prmdicatorum, in-4°, Rome, 1668. Dans les Analecla fralrum pnvdicalorum, t. iv, p. 494-512, on a publié un Epilome Indlarii ordinis prsedicatorum, 1234-1235; un astérisque indique les diplômes qui ne sont pas dans le bullaire.
4. Des carmes. — Bullarium carmelitarum, publié par le général de cet ordre, Elisée Monsignano, 2 in-fol., Rome, 1715; continué par le P. J. A. Ximénez, in-fol., Rome, 1768, t. m; Mare magnum in quo continentur privilégia ordinis carmelitarum, Venise, 1 477.
5. De l'ordre des ermites de Saint-Augustin. — Bullarium ordinis eremilarum S. Augustin!, par le P. Laurent Empoli, procureur général du même ordre,
BULLAIRE
in-fol., Rome, 1628; Litterse apostohese, décréta, etc., pro congregatione pat non excalceatorum ord. erem. S. August., publié par le P. François Panceri, déliniteur général du même ordre et commissaire spécial pour l'Allemagne, in-fol., Rome, 1676, contenant des bulles depuis l'année 1592, date de la fondation, jusqu'à celle du jubilé de 1675.
6. Des bénédictins du Mont-Cassin. — Bullarium casinense, seu constitutiones summorum pontificum, imperalorum , ...pro congregatione casinensi, par Corneille Margarini, abbé titulaire, 2 in-fol., Venise, 1630; 2e édit., 1670. Cette publication est remarquable par la profonde érudition de l'auteur.
7. De l'ordre de la Merci. — Bullarium cselestis ac regalis on lin. B. Mariée de Mercede, par Joseph Linas, du même ordre et archevêque de Tarragone, in-fol., Barcelone, 1696.
8. De l'ordre de Saint-Jean-de-Dieu. — Bullarium religionis B. Joannis de Deo, par le P. Marc-Aurèle Scodaniglio, visiteur général du même ordre, 1685; Bullarium totius ordinis hospitalaris S. Joannis de Deo, publié avec des notes par Nicolas Cuygi, in-fol., Rome, 1724.
9. Des hiéronymites. — Bullarium ord. S. Hieronymi cong. B. Pétri de Pisis, parJ.-B. Gobât, 2 in-fol., Padoue, 1775.
10. Des trinitaires. — Bullarium ord. S. Trinitatis, par le P. Christophe de Jésus, in-fol., 1591.
11. De l'ordre de Cluny et de Citeaux. — Bullarium sacri ordinis Cluniacensis, par Symon, in-fol., Lyon, 1680; Henriquez, Begula, constitutiones et privilégia ordinis Cisterciensis, in-fol., Anvers, 1630.
12. Des chanoines réguliers. — Bullarium Lateranense, seu collectio priv'degiorum apostolicorum a sancta sede canonicis regiuaribus ord. S. Augustini cong. Salvatoris Lateranensis concessorum, in-fol., Rome, 1727; Bullarium canonic. regularium SS. Salvatoris, seu collectio constitut. apostolic, decrelorum SS. CC... in favorem ejusdem congregationis edilorum, par Lupi, 2 in-fol., Rome, 1730, 1733.
13. Des ordres religieux en général. — Collectio privilegiorum mendicantium et non mendicantium, in-4°, Venise, 1607; in-fol., Tournon, 1699; Rodericus, Nova collectio et compilatio privilegiorum apostolicorum regularium, mendicantium et non mendicantium, in-fol., Anvers, 1616.
14. De Vallombreuse. — Bullarium Vallisumbrosanum, in-12, Florence, 1729.
15. De l'ordre du Saint-Esprit de Montpellier. — Bullarium ord. S. Spirilus apud Monlempessulanum, in-4°, Paris, 1630; J. A. Toussart, Biplomata pontificia et regia ord. S. Spiritus Monspelliensi concessa, 2 in-fol., Paris, 1723.
16. Des chartreux. — Cartusiensis ordinis institula antiqua et nova cum bullis pontificum romanorum, m- toi., 1570.
17. Les basiliens de Lithuanie ont publié un bullaire d'environ 90 pièces, dont on ne connaît plus aucun exemplaire en Europe : Bullarium ordinis S. Basilii congregationis lithuanse, vers 1670.
18. Bullarium ordinis mililiœ de Alcantara olim S. Juliani del Pereiro, par J. de Ortega et Cotes, F. de Drizuela et P. de Ortega Zunica et Aranda, in-fol., Madrid, 1759.
19. Le bullaire des jésuites fait partie de Vlnstitutum Societatis Jesu, appendice, Anvers, 1665, 1709; 2 in-fol., Prague, 1757; 3 in-fol., Rome, 1869 sq.
20. Le bullaire de la congrégation de la Mission a été publié par le lazariste André Pohl : Collectio bullarum et decrelorum cong. Missionis concernentium, Vilna, 1815. Il existe une autre collection intitulée : Alla aposlolica, butlse, brevia et rescripla in gratiam congreg. Missionis, in-4°, Paris, 1876.
La bibliothèque de Chartres conserve un vaste recueil en 5 vol., n. 503 des manuscrits, contenant un bullaire de l'ordre de Grammont. Il renferme les bulles de quatorze papes et il a été formé par un religieux, François Levesque de Troyes. M. l'abbé Cucherat possédait à Paray-le-Monial un petit bullaire du prieuré de Marcigny, fondé par saint Hugues.
3° Bullaires de certains pays. — Plusieurs contrées de l'Europe ont déjà leurs bullaires particuliers préparés, sinon publiés. Ainsi au Musée britannique, manuscrits additionnels, n. 15351-15400, on conserve 28 in-fol. de bulles anglaises, recueillies dans les archives du Vatican par Marino Marini sous le titre : Monumenta britannica ex autographicis romanorum pontificum deprompta. M. Stevenson a passé trois années à Rome pour compléter ce bullaire et a donné au gouvernement royal les copies des bulles papales qu'il avait prises au cours de sa fructueuse mission. Cf. Bulletin critique, Paris, 1884, t. v, p. 37. M. Turgeneff a publié le bullaire de la Russie dans Historica Russise monumenta, in-4°, Saint-Pétersbourg, 1841, t. i : Scripta varia e secreto archivio Vaticano ab an. 1015 ad 1584. On peut encore considérer les volumineuses publications d'Augustin Theiner comme une série de bullaires pour les Etats pontificaux : Codex diplomalicus domini temporalis S. Sedis, 3 in-fol., Rome, 1862; pour la Hongrie : Vêlera monumenta Hungariam sacram illustranlia, 2 in-fol., Rome, 1859, 1860; pour la Pologne : Vetera monumenta Polonise gentiumque finilimarum hisloriam illustranlia, 4 in-fol., Rome, 1860-1864; pour l'Irlande: Vetera monumenta Hibernorum et Scolorum historiam illustrantia, in-fol., Rome, 1864; pour les provinces slaves : Vetera monumenta Slavorum meridionalium historiam illustrantia, in-fol., Rome, 1863; pour la Russie : Monuments historiques de Russie, 1859. L'Allemagne a l'équivalent d'un bullaire dans les Monumenta Germanise historica. P. Evvald et L. M. Hartmann y ont publié le Gregorii 1 papse registrum epistolarum, l. 1-VII, Berlin, 1891, t. i; 1. VIII-XIV, Berlin, 1899, t. ii. Parmi les Epistolse carolini sévi figurent les Epistolse selectse pontificum romanorum Carolo Magno et Ludovico Pio regnantibus scriptee, par Hampe, Berlin, 1898, t. v a (Adrien Ier et Léon III), et les Epistolse selectse Sergii II, Leonis IV, Benedicti 111, pontificum romanorum, par A. de Hirsch-Gerenth, Berlin, 1899, t. v b. Rodenberg a publié les Epistolse sseculi xm e regestis pontificum romanorum selectse, Berlin, 1883, t. i; 1887, t. n ; 1894, t. m. Sauerland a commencé la publication des Regesten zur Geschichte der Rlieinlande aus dem Vatikanischen Archiv, in-4°, Bonn, 1901, t. i; 1903, t. il. Il a aussi publié : Valikanische Urkunden und Regesten zur Geschichte Lothringens, Metz, 1901, 1. 1. L'Académie royale des sciences de Gœttingue prépare une Germania pontificia, qui comprendra toutes les bulles pontificales adressées à des destinataires allemands jusqu'en 1198. M. Brackmann a déjà recueilli des matériaux, Papsturkunden des ôstlichen Deutscldands. Ein Reisebericlit, dans Nachrichten von d. Kbnigl. Gesellchaf't der Wissenschaften zu Gôltingen, Philol. Hist. Klasse, 1902, fasc. 2, p. 193-224. La France a une partie de son bullaire dans les Lettres des papes d' Avignon se rapportant à la France, publiées ou analysées d'après les registres du Vatican par les anciens membres de l'École française de Rome. Nous avons indiqué plus haut l'état actuel de la publication. Du reste le Gallia christiana peut être considéré comme une édition partielle du bullaire français pour toutes les provinces ecclésiastiques. Voir aussi dans Documents inédits sur l'histoire de France, le volume intitulé : Privilèges accordés à la couronne de France par le saint-siège, in-4°, Paris, 1855, publié par A. et J. Tardif. L. Guérard a réuni des Documents pontificaux sur la Gascogne, Auch, 1896; et d'autres du pontificat de Jean XXII, dans les Archives historiques
BULLAIRE
de la Gascogne, 2e série, Paris, 1903, fasc. 6e. Les Monumenta Ecclesise Ungariensis, 2 in-l'ol., Gran, 1874, 1884, ont paru aux frais du cardinal Simor. 11 a paru doux séries de Monumenta Vaticana Hungarise, 2 vol., Budapest, 1884-1886; 6 vol., 1887-1891. Le t. v des Monumrnta vaticana res gestas boliemicas illuslranlia a paru à Prague en 1903. Rernoulli a publié : Acta pontificum helvelica, t. i; G. Wirz, Bitllen und Brevenaus italienischen Archiven, Bàle, 1902 qui concernent l'histoire de la Suisse.
4° Bullaire de la S. C. de la Propagande. — Le Bullarium pontificium S. C. de Propaganda fide a été édité une première fois à Rome en 1745, puis en 6 in-4°, Rome, 1839-1858. Mais il a été refait et poursuivi jusqu'au pontificat de Léon Xlll par le P. Raphaël de Martinis, Juris pontificii de Propaganda /ide, part. I, 8 tomes en 7 in-4«, Rome, 1888-1898.
III. Autres ouvrages contenant des bulles pontificales. — De nombreuses lettres pontilicales sont reproduites dans beaucoup d'ouvrages généraux. 11 faut placer en première ligne les collections universelles et locales des conciles. Voir Conciles. Viennent ensuite les Décrétales et les collections de textes : Martène et Durand, Thésaurus novus anecdotorum,t. il; Ve/erum script, amplissima collectio, t. ix; d'Achéry, Spicilegium, t édit., t. i, m; Baluze, Misccllanea; Zaccaria, Anecdota medii sévi, etc. Nommons la Patrologie de Migne; cf. pour P. L., Y Index bullarum, decretorum a summis pontificibus emissorum, t. eexix, col. 1213-1282 (les papes y sont rangés selon l'ordre alphabétique). Il faudrait citer encore les grands recueils historiques tels que les Annales de Baronius, les Historiens de la France, les Fœdera de Rymer, le Monasticon anglicanum, les Monumenta Boica, 38 in-4°, Munich. 17C9-1866, etc., ainsi que la plupart des cartulaires. Renonçant à donner une énumération complète, nous signalons, au moins, quelques publications récentes contenant un nombre plus ou moins considérable de bulles pontilicales : Posse, Analecta Vaticana (4254-1372), Inspruck,1878; Pllug-Harttung, Acta romanorum ponti/icum inedita, Tubingue, 1881, t. i (documents de 748 à 1198); Stuttgart, 1884, t. n (documents de 97 à 1198); ld., Iter llalicur.i, dans Gôllingische gelehrle Anzeigen, 1885; ld., Die Bullen der Pàpsle bis zum Ende des xu Jahrltunderts, Gotha, 1901; Grisar, Diplomata pontificia medii sévi (avant 1304), Inspruck, 1883; Lœwenfeld, Epistolse romanorum pontificumineditœ, Leipzig, 1885; ld., Bulles originales des papes conservées aux archives nationales, de Formose à Célestin III, dans Neues Archiv, t. vin ; card. Pitra, De epistolis romanorum pontificum misccllanea, dans Analecta novissima, Frascati, 1885, t. i, p. 462-622; E. Deprez, Becueil des documents pontificaux conservés dans diverses archives (XIIP et Xiv siècles), dans Quellen und Forschungen aus ilalienischen Archiven und Bibliotheken, 1900, t. xxxvi, p. 15-35, 255-307; A. Tallone, Le bolle pontificic dcgli archivi piemonlesi, Pinerolo, 1900; F. Fita, Bullas intditas de Silvestre II y Juan XX11, dans Boletin de la rcal academia de la hisloria, 1901, t. xxxvin, p. 477- 484. Rappelons enfin que beaucoup de lettres pontilicales sont reproduites maintenant dans les Revues catholiques, notamment dans les Acta sanctae sedis et dans les Analecta ecclesiastica.
IV. Souiicks des bullaires. — Les bullaires généraux ou particuliers ont été constitués en rassemblant les lettres pontilicales éparses dans les archives particulières, ou bien en reproduisant, intégralement ou en partie, les registres des archives secrètes du Vatican. — 1» Les bulles pontificales ont été conservées en original ou en copie par ceux à qui elles étaient adressées. Chaque métropole, chaque abbaye avait son bullaire, fidèlement conservé, plusieurs fois recopié et souvent placé en tète des cartulaires. Indépendamment des
pièces isolées qu'on rclrouve encore dans les grands dépots publics et parfois chez des particuliers, cf., par exemple, P. Ewald, Die Papslbrieje der Brittischen Sammlung, dans Neues Archiv, 18S0, t. v, il s'était formé anciennement des collections manuscrites de lettres pontificales. Les premières de ces collections remontent au vie siècle et sont pour la plupart des collée tions canoniques. Les auteurs des bullaires puisaient à ces sources diverses, y prenaient les pièces à leur convenance et en formaient leurs recueils de bulles. — 2° Mais quelques-uns, et surtout les plus récents, ont consulté, aux archives secrètes du Vatican ou dans d'autres dépôts, les registres officiels des pontifes romains. Les origines certaines des archives pontificales remontent au ive siècle, à saint Jules Ier (337-352) qui, au témoignage du Liber ponlificalis, édit. Duchesne, Paris, 1886, t. i, p. 205, institua des notaires publics et des bureaux ecclésiastiques \scrinium sacrum). Nous ne pouvons pas même ébaucher ici l'histoire de ces archives. Disons seulement qu'avant Innocent III il est fait mention des registres de trente papes. Malheureusement ils sont perdus, à l'exception de trois recueils plus ou moins fragmentaires : 1. Celui de saint Grégoire le Grand, cf. P. Ewald, Studien zur Ausgabe des Begisters Gregors I, dans Neues Archiv, 1878, t. m, p. 433-625; Pitra, Études sur les lettres des papes, dans Analecta novissima, t. i, p. 51-79; 2. Des fragments des registres de Nicolas 1er et de Jean VIII; ce dernier n'est pas original, comme on l'a cru longtemps; ce n'est qu'une copie; cf. Guido Levi, Il tomo i dei regesti vaticani, dans l'Archivio delta Società romana di storia patria, Rome, 1881, t. iv; 3. Un extrait en huit livres du registre en douze livres de Grégoire VII; cf. G. Giesebrecht, De Gregorii VII emendando registro, Brunsvig, 1858; Jaffé, Monumenta gregoriana, dans Bibliotheca rerum Germanicarum, t. il, A partir d'Innocent III, la série des registres pontificaux aux archives du Vatican est régulière et elle comprend 2410 Begesta, dont 2038 sont dits Vaticana et les 402 autres sont les registres des papes d'Avignon. Le regestum d'Innocent III est incomplet; le premier qui soit original et intégral est celui d'Honorius III. Tous les actes, même les plus importants, n'étaient pas insérés aux registres des lettres pontificales, et il reste en dehors beaucoup d'autres documents. « L'insertion, d'abord limitée, devint de plus en plus usuelle. Au xiii' siècle, un court volume suffisait à chaque année du pontificat; cet in-folio, de médiocre taille, devient énorme au xive siècle, moins par l'ampleur de l'écriture et des marges que par le nombre croissant des actes. Les volumes les plus magnifiques et les plus élégants sont ceux de Roniface VIII, de Clément V et de Jean XXII. D'ailleurs, la rédaction devint plus prolixe à mesure que les juristes, de préférence aux canonistes, envahirent la chancellerie. C'est ainsi qu'on arrive à ces formidables registres d'Alexandre VI et de Léon X, dépassant cent et deux cents volumes in-folio : on conçoit qu'ils ne se distinguent pas par l'élégance de la calligraphie. » Pitra, Etude sur les lettres des papes, dans Analecta novissima, t. i, p. 170. Cf. G. Marini, Memorie istoriche degli archivi délia S. Sede, publié par le cardinal Mai, Rome, 1825; Palmieri, Ad Vaticani archivi romanorum ponlificum regesta manuductio, in-12, Rome. 1884; Diekamp, Zum papstlichen Vrkundenwesen îles xi, xu und der ersten Hàlfte des xm Jahrltunderts, Inspruck, 1883 ; U. Robert, Etude sur les actes du pape Calixtell, Paris, 1874 ; Gachard, Les archives du \'atica>i, Bruxelles, 1871; Munch, Aufschlûsse ùber das papstliche Archiv, irad. allemande du danois, Berlin, 1880; Kaltenbrunner, Bemerkungen ùber dieâusseren Merhmaie des Papsturkunden des 12 Jahrltunderts, dans les Mittlieilungen des Instit. fur Ost, Geschichte, Inspruck, 18$0, t. 1, lusc. 3; ld., Bùmische Studien. Die
BULLAIRE — BULLE
pàpstlichen Begister des xm Jahrhunderts, ibid., 1884, t. v, fasc. 2; H. Denifle, Die pàpstticlien Registerbùndc des 13 Jahrh. und des Inventai- dersélben vom J. 4339, dans Arckiv fur Litteratur- und Kirehengeschichte des Mittelatlers, Berlin, 1886, t. il, p. 1-105; Id., Zum pupstlichen Urkunden und Registenivesen des i3 und 14 Jh.,ibid., 1887, t. m, p. 624-633; Specimina palœographica regestorum rom. pontif. ab Innocentio 111 usque ad Urbanum V, in-fol., Rome, 1888; G. Digard, La série des registres pontificaux du XIIIe siècle, dans la Bibliothèque de l'école des chartes, 1886, t. xlvi, p. 80- 87; J. de Soye, Les archives de la chambre apostolique au XIVe siècle, Ire partie. Inventaire, t. lxxx de la Bibliothèque des écoles françaises d'Athènes et de Borne; L. Guérard, Petite introduction aux inventaires des archives du Vatican, dans les Annales de Saint-Louis des Français, 1900, t. iv, p. 479-508, et à part, Rome, 1901 ; U. Bcrlière, Aux archives vaticanes, dans la Revue bénédictine, Maredsous, 1903, t. xx, p. 132-173.
V. Autorité des buli.aires. — Le bullaire de Benoît XIV, promulgué par ce pape lui-même et revêtu de l'autorité pontificale, doit être considéré comme un recueil officiel de lois ecclésiastiques, au même titre que les Décrétales de Grégoire IX, le Sexte de Boniface VIII et les Clémentines de Clément V; mais les autres bullaires, quelque importants et utiles qu'ils soient, n'ont jamais reçu des papes cette approbation spéciale qui en ferait des codes ecclésiastiques. Ils sont donc simplement des œuvres privées, n'ayant rien d'officiel, et, dès lors, comme recueils, sont dépourvus de toute autorité canonique. Les bulles qu'ils contiennent, n'étant là que comme des documents historiques, n'ont d'autre valeur que celle qu'elles auraient, prises séparément, dès qu'il conste qu'elles sont authentiques; qu'elles n'ont pas été rapportées en tout ou en partie par d'autres bulles plus récentes; ou enfin qu'elles ne sont pas tombées en désuétude.
Schmalzgrueber, Jus canonicum universum, D\ss. prœmialis, § 10, n. 387-390, 5 in-fol., Naples, 1738, t. i, p. 46; Phillips, Kirchenrecht, Ratisbonne, 1845, 1872; trad. Crouzet, Du droit ecclésiastique, 4 in-8% Paris, 1850, 1852. t. I, Du droit ecclésiastique dans ses sources, % 33, p. 328-332 ; card. Soglia, Institutiunes juris publici ecclesiastici, 5* édit., in-8% Paris, 1859, p. 128; Bouix, De principiis juris canonici, part. III, c. xvi, in-8% Paris, 1852, p. 463; Hurter, Nomenclator litterarius, 4 in-8°, Inspruck, 1892-1899, t. i, p. 353; t. H, col. 180, 1105, 1533.
T. Ortolan.
BULLE. — I. Histoire. II. Définition et objet. III. En quoi une bulle diffère d'un bref. IV. Particularités. V. Espèces. VI. A propos de la forme du sceau bullaire, réponse à une objection des protestants contre la primauté de saint Pierre. VII. Critique des bulles.
I. Histoire. — Dans l'antique Rome, le mot latin bulla désignait une petite boule creuse en métal. Les triomphateurs, le jour de leur triomphe, et les jeunes patriciens jusqu'à l'âge de dix-sept ans, en portaient une ■d'or suspendue à leur cou et tombant sur la poitrine. On y renfermait souvent des préservatifs contre l'envie. C'était aussi pour la grande vestale un insigne de sa dignité. Cf. Perse, Sat., v, 30; Pline, Hist. natural., 1. XXIII, 1-4; Macrobe, Saturnaliorum, 1. I, c. vi; Rich, Dictionnaire des antiquités romaines et grecques, trad. •Chéruel, Paris, 1873, p. 87-88.
Au moyen âge, le mot bulla prit un sens plus étendu, mais toujours correspondant au mot grec dont il est dérivé, en doublant le >,, (îouXï), conseil, dessein, résolution. Il exprima la marque ou le témoignage d'une volonté bien arrêtée : le sceau, le cachet. De là vint le verbe bullare, cacheter en bulles, apposer un sceau de forme ronde ou sphérique. Le grec usuel possède, en effet, le verbe [îouXXe-jecv, bullare, cacheter; l'adjectif àêo-JXXtotov, non cacheté ; le nom ypuaoëôyXXov, bulle d'or, et d'autres termes semblables. Cf. Du Cange, Glossarium médise et infimse lalinilalis, revue et édité par Henschel, v° Bulla,
7 in-fol., Paris, 1850, t. i, p. 803, col. 2; p 805 col. 3; Glossarium médise grœcitatis, v° BoûXXa, 2 in-fol., Paris, 1688, col. 217, et append., col. 42; Montfaucon, Palseographia grseca, sive de ortu et progressu litterarum grsecarum, in-fol., Paris, 1708, p. 378 sq.
On ne pourrait fixer avec précision à quelle époque les papes commencèrent à employer le sceau bullaire pour authentiquer les documents pontificaux. Les plus anciennes bulles de plomb qui nous soient parvenues sont du VIIe siècle, des papes Deusdedit, Théodore, Honorius, Vitalien, Zacharie, Paul Ier, Adrien Ier, etc. Il parait hors de doute que cet usage remonte au moins jusqu'au vie siècle, à saint Grégoire le Grand. On a conservé le dessin d'une bulle du pape Agapet (535-536). Peut-être même faut-il reculer plus loin encore dans le passé l'origine de cette coutume. Très probablement elle s'introduisit, dès la fin des persécutions, au commencement du IVe siècle, sous le pontificat de saint Sylvestre, qui monta sur la chaire de saint Pierre en 314. Cf. Mabillon, De re diplomatica, 1. II, c. xiv, n. 7 sq., et Supplem., xlvi; Muratori, Antiquilates ilalicse medii sévi, 6 in-fol., Milan, 1740-1742,t. m, col. 91, 129; X. de Wailly, Éléments de paléographie, 2 in-fol., part. IV, c. iv, a. 1, § 1, Paris, 1838, t. n, p. 46; Acta sanctorum, Propylseum ad mensem maii et paralipomena ejusdem, Anvers, 1688, t. vu; Moroni, Dizionario di erudizione storicoecclesiastica, 109 in-8°, v Bolla, §1, et Sigilli pontificii, Venise, 1840-1879, t. v, p. 277 sq.; t. lxvi, p. 90 sq.; Cenni, De antiquitate ecclesise hispanse dissertationes, 2 in-4», Rome, 1740, 1741, t. i, p. 147; G. Lelli, Dissertazione sopra i piombi pontifici in génère, dans Accademia romana di archseologia, 1821, 1. 1, p. 367 ; De Rossi, Di una bolla plumbea papale del secolo in circa decimo, dans Notizie degli scavi, Rome, 1882; P. Ewald, Zu den alleren pàpstlichen Bleibullen, dans Neues Archiv, 1884, t. ix; Pilugk-Harttung, Zur Plumbierung altérer Papstbidlen, 1887.
Rien d'étonnant, d'ailleurs, à ce que les papes aient commencé de bonne heure à se servir du sceau bullaire. C'était aussi la coutume des empereurs romains. L'on connaît encore celui de Marc-Aurèle et de Lucius Verus représentant ces deux princes, et percé de haut en bas, pour laisser passer le cordon qui le rattachait au parchemin. De Rome cet usage se transmit à Byzance, dont les empereurs scellaient leurs constitutions avec des bulles d'or ou de plomb, suivant leur importance. Ils avaient, en eftet, les [xoXtëSôëovXXa, bulles de plomb, et les •/p-jiTÔëouXXa, bulles d'or. Cf. Glossarium mediœ grœcitatis, col. 218, v° MoXiëSoëouXXov ; Pierre Diacre, Chron. Casin., 1. IV, c. cix, P. L., t. clxxiii, col. 960; Buchon, Histoire de la domination française en Orient, Paris, 1840, p. 25; Baronius, Annal, eccles., 12 in-fol., Rome, 1588-1607, an. 1156; N. de Wailly, Éléments de paléographie, part. IV, c. iv, a. 3, § 1, t. n, p. 45; Du Cange, loc. cit.
Le sceau bullaire, garantie matérielle d'authenticité, appliqué aux constitutions apostoliques de majeure importance, fit donner à ces constitutions elles-mêmes le nom de bulles, litterse bidlatœ. Néanmoins ce ne fut pas avant le xm» siècle que le sens de ce terme s'étendit ainsi du sceau au document qu'il complétait. Cf. N. de Wailly, op. cit., part. II, c. I, a. 4, § 1, t. i, p. 172; Quantin, Dictionnaire raisonné de diplomatique, v° Bulle, in-4°, Paris, 1846, p. 119. La chancellerie romaine n'emploie jamais ce terme dans les actes officiels.
IL Définition et objet. — Depuis lors, on entend par bulles les lettres officielles publiées par les souverains pontifes dans la forme la plus solennelle. Elles correspondent aux édits, lettres-patentes et ordonnances des princes séculiers, rois ou empereurs. Leur objet comprend : les décisions doctrinales; les sentences de canonisation; la discipline ecclésiastique; les jubilés; la promulgation d'indulgences générales; la création ou
BULLE
l'union, comme la division et l'extinction des églises cathédrales ou métropolitaines; l'érection des collégiales; l'investiture canonique des évèques, ou leur translation d'un siège à un autre; la concession du pallium: la provision des grands bénéfices, des abbayes, par exemple, etc.