V. BAPTÊME CHEZ LES ARMÉNIENS. Voir t. I, col
VI. BAPTÊME CHEZ LES COPTES. — Le nom copte du baptême est : ôn>s, le nom arabe : ma'mûdyafy. — I. Doctrine. II. Rites.
I. Doctrine. — L° Matière employée pour le baptême, ou matière éloignée. — C'est l'eau naturelle, comme chez les latins; cette eau est consacrée par des prières spéciales. J.-A. Assémani, Cod. liturg., Rome, 1749, t. n, p. 183, va même jusqu'à prétendre, en s'appuyant sur Tuki, que les coptes regardent comme invalide le baptême conféré avec de l'eau non consacrée. Mais cela ne peut pas être généralement vrai ; car les réponses de l'évêque Michel, et surtout la constitution svnodale du patriarche Cyrille III (1235-1243), fils de Loklok, ordonnent d'omettre les cérémonies, quand la vie de l'enfant est en danger, ce qui suppose qu'on peut se dispenser de consacrer l'eau. Une chronique, assez sérieuse, rapporte même le cas d'une femme qui, en pleine tempête, aurait baptisé son enfant avec de l'eau de mer, baptême qui aurait été sanctionné par un miracle en présence de Pierre; évêque et martyr. Denzinger, Ritus orientalium, t. I, p. 14. Le prêtre consacre l'eau toutes les fois qu'il doit conférer le baptême. Après la cérémonie il demande à Dieu de faire revenir l'eau à son état naturel. Cette prière, qui porte dans les rituels le titre de « prière pour l'absolution de l'eau », contient, entre autres, ces paroles : « Nous vous prions et supplions, [Seigneur] bon et plein de charité pour les hommes, de changer cette eau en sa première nature, afin qu'elle retourne à la terre, comme elle ('lait autrefois. »
2° Application de la matière éloignée ou malien; prochaine. — Le baptême est conféré ordinairement par immersion. Le prêtre plonge trois fois l'enfant dans la piscine, en tenant d'une main son pied gauche et sa main droite, et de l'autre son pied droit et sa main gauche, de sorte que le corps de l'enfant est en forme de croix. D'après Vansleb, Histoire de l'Église d'Alexandrie, Paris, 1677, p. 81, le prêtre plonge l'enfant jusqu'au cou les deux premières fois, et entièrement la troisième fois. Le P. Bernât, S. .1., précise davantage: la première fois, le prêtre ne plonge qu'un tiers du corps de l'enfant ; la deuxième fois, deux tiers; enfin la troisième fois, le corps tout entier. Ct. Le Grand, Voyage historique d'Abyssinie du /'. Jérôme Lobo, diss. XI, Paris et La Haye, 1728, p. 315. Nous avons dit que l'immersion est le rite ordinaire ; elle n'est pourtant pas regardée comme nécessaire à la validité' du baptême; en cas de nécessité on peut le conférer par infusion; c'est ce que nous apprend un rituel copte traduit par E. Renaudot, MSiS. Officia varia, t. m h: Si guis infantium fueril iu/irmus, constituct [sacerdos] illum ad lotus baptisterii, ex quo cava manu aquam accipiet, <pia illum terperfundat, dicens eadem qu:c supra, t'u autre rituel, communiqué par Tuki à J.-A. Assémani, contient cette rubrique : Et si puer aliquis ex us sit lu/irmus, aquam asperget super totum corpus ejus.
3° Forme. — 1011e est indicative, comme chez les latins : Ego te baptizo. Tous les rituels el ions les auteurs sont d'accord sur ce peint. Renaudot, Perpétuité de tu fui, t. ii, p. .">, 10; Vansleb, Histoire de l'Eglise d'Alexandrie, p. 205; .1.-1'.. du Sollier, Appendix ad serieni patriarchalem, de coptis, sect, il, n. I7ti, dans les Acta sanctorum, Anvers, 1709, junii i. v, p. 138.
Certains ailleurs oui iuppO é que les Coptes répètent la
formule baptismales chaque immersion nu infusion, et par conséquent trois fois. Mai1- du Sollier montre, ibid., d'après le témoignage du I'. Bernai et de Vansleb, m1"' cette supposition n'esl pas fondée. Il est vrai que les.