‹ Dictionnaire de théologieChapitre 5 sur 170 · PROLÉGOMÈNES · texte numérisé non relu

PROLÉGOMÈNES

1. La théologie est la science ou la connoissance de Dieu acquise par la révélation. Les notions que l’on peut avoir de la Divinité par la raison sont une partie de la métaphysique , nommée théologie naturelle ; ces notions n’entrent point dans notre plan, il les suppose. La théologie, comme toute autre science, a ses preuves particulières que l’on nomme lieux théologiques; ceux qui en font profession sont appelés théologiens.

2. Comme il y a différentes manières de la traiter, on distingue la théologie positive et la scolastique, la théologie polémique des controversistes , la théologie morale des casuistes qui décident des cas de conscience , la théologie mystique des auteurs ascétiques.

3. La manière dont on l’étudie a donné ^ lieu à différents termes, comme école, cours

de théologie, faculté, grades ou degrés, gradué, bachelier, licencié, docteur , docteur jubilé, ubiquiste, professeur, chaire de théologie , théologal; thèse , tentative , majeure, mineure, aulique , sorbonique, vespérie , résumpte, robertine, par anymp lies ; termes usités surtout dans l’université de l’aris et en Sorbonne.

4. Puisque la théologie est fondée sur la révélation, la première question pour un théologien est de savoir si Dieu s’est révélé aux hommes. On prouve la nécessité de cette lumière surnaturelle par la foiblcsse de la raison humaine , par la multitude des erreurs dans lesquelles sont tombés les peuples infidèles, et dont les philosophes mêmes n’ont pas su se préserver.

6. Que Dieu ait parlé aux hommes, c’est an fait ; il doit se prouver par d’autres faits qui lui servent d’attestation , par les circonstances dont il est revêtu, et que l’on appelle motifs de crédibilité; tels sont les miracles dont nous soutenons la certitude, les

prophéties dont nous prouvons l’ctccomplijsemenl, les vertus de ceux qui ont reçu une mission divine, etc. Ces preuves forment une démonstration morale ou extrinsèque invincible. On est redevable aux lectures de Boyle de plusieurs bons ouvrages sur cette matière. Les déistes et les autres incrédules ont également tort de rejeter toute révélation , de dire qu’on leur interdit l’examen de la religion , et de nommer théisme leur uGcirlns*

G. Nous sommes instruits du fait de la révélation par Y Histoire sainte, par le témoignage des écrivains sacrés renfermé dans la Bible ou Ecriture sainte. Elle contient deux parties , l’ancien Testament et le nouveau ; nous regardons l’un et l’autre comme la parole de Dieu , et nous nommons ces écrits livres saints ou sacrés.

7. L’ancien Testament contient quarantecinq livres ; les cinq premiers sont de Moïse et sont nommés le Bentateuque , savoir la Genèse, Y Exode, le Lévitique, les Nombres , le Deutéronome ; on les appelle heplateuque, lorsqu’on y ajoute Josué et les Juges, octateuque en y joignant le livre de Ruth.

8. Les autres livres historiques sont Josué, hs Juges, 2îul/i, quatre livres des Rois, dont les deux premiers sont aussi nommés livres de Samuel, deux livres des Faralipomènes ou des chroniques, deux livres d’Esdras dont le second porte aussi le nom de Néhdmie, ceux de Tobie, de Judith, d’Esther.

9. Les livres sapientiaux ou livres de morale, appelés par les Grecs panarêtes, sont Job , les Psaumes ou le Psautier, les Proverbes, Y Ecclésiaste, le Cantique, la Sagesse, Y Ecclésiastique : les auteurs de ces livres sont nommés hagiographes.

10. On appelle livres prophétiques ceux d’isaie, de Jérémie avec ses Lamentations et Baruch, d’E^échicl et de Daniel; ce sont les quatre grands prophètes. Les douze petits sont Osée, Joël, Amos, Abdias , Jouas,

X ^ PLAN DE LA

MicMe, Nahum, Jlabacuc, Sophonie, Aggce.

Zacharie et Malachie. Ils sont suivis des deux livres des Machabées, qui sont un ouvrage historique. Nous regardons comme authentiques les histoires de Susanne , de Bel et du dragon , des enfants dans la fournaise, qui font partie de Daniel.

1 1 . Le nouveau Testament contient vingtsept ouvrages ; quatre évangiles ou histoires de la vie de Jésus-Christ, écrites par quatre évangélistes, savoir S. Matthieu , S. Marc , S. Luc, S. Jean; les Actes des apôtres.

12. Quatorze épîtres ou lettres de S. Paul : une aux Romains, deux aux Corinthiens , une aux Galates ,aax Ephésiens , aux Philippiens, aux Colossiens, deux aux Thessaloniciens , deux à Timothée , une à Tite , à Philémon, aux Hébreux. L’épître de S. Jacques, deux de S- Pierre , trois de S. Jean , celle de S. Jude et l’Apocalypse ou révélation faite à S. Jean.

13. On appelle canon la liste de ces divers ouvrages, et livres canoniques ceux que l’Eglise y a renfermés; on les distingue en proto-canoniques et deutéro-canoniques.

14. Tous ces écrits sont l’ohjet de la critique sacrée, qui consiste à discuter et à prouver l’authenticité , la vérité, l’inspiration de ces livres ; à savoir quels sont les ouvrages autographes, apocryphes, supposés ou pseudonymes, comme les faux évangiles, etc. Cette science exige la connoissance des langues dans lesquelles ont été écrits le texte, les versions, les Targums ou paraphrases , les septante, la vulgate. Ces langues sont l'hébreu ou samaritain, le chaldéen, le syriaque, lu langue hellénistique, l’arabe , l’éthiopien, le cophte, le persan, Tarm^men, le grec, le latin. Le texie et les versions principales sont rassemblés dans les Bibles polyglottes, dont Origène avolt congu le dessein en faisant ses létraples, ses hexaples et ses octaples. Pour celte étude , des concordances ou harmonies sont d’une très-grande commodité. Les critiques s’occupent encore des contextes, des variantes ou diirérenles leçons, de la division des livres saints en chapitres et en versets, de la poésie des Hébreux.

15. La critique sacrée distingue les divers «ciiîde l’Ecriture sainte, le sens littéral, le sens figuré ou mystique , allégorique, ou anagogique, les idiotismes , hébrai'smes, ou hellénismes. Elle apprend h connoilre les commentaires et les commentateurs ou in-

TIIÉOLOGIE.

terprètes des livres saints , les philologues, le style biblique, etc. ’

16. En effet , la philologie doit être envisagée comme une partie de la critique sacrée ; mais elle a pour objet les mots plutôt que les chosès. Elle examine l® les mots hébreux , chaldéens ou syriaques qui ont été conservés dans les versions , ou dont se servent les Juifs, comme abba, abra, Adam , Bahem, Béhémoth, Bélial, Céréthi et Phéléthi, Cohen, Corban, Gog et Maaog, hosanna, Kériel Kétib, Késitah, Léviathan, mammona, Maosim , Maran-atha, Médraschim, Mégilloth, Méiuzoth, Muxach, Nechiloth, Neginoth, Niddin, Nohestan , Paradis, Parasche, Racca, sanhédrin , Sarabella , satrape , Schékinah, Schibboleth , Scilo ou Schilolh , Selhim, Socol/i-benoth, Thartach, Thau, Totapoth , etc.

2® Les mots grecs qui se rencontrent dans les écrivains sacrés ou ecclésiastiques, comme hodégos , métrèse , économie, paraseève, parhermeneuse , pédagogue, peripsema , phyloutères, pneuma, podere, polymitum, presbytère, proseuche, pygmée, python, scénopégie , et d’autres qui seront placés ailleurs.

3® Les mots latins dont la slgniflcation est extraordinaire, comme olla, opus plumarium , etc.

4® Les mots qui , traduits dans notre langue, peuvent avoir divers sens; le nombre en est trop grand pour en faire ici la liste ; on en trouvera plusieurs dans les divers numéros de ce plan.

17. Un théologien doit savoir l’histoire eedésiastique , mais ce n’est pas dans les centuries de Magdebourg qu’il doit l’apprendre. Eusèbeel Ilégésippe sont de meilleurs guides. Il lui est important de savoir quels sont les anciens ouvrages authentiques , et de connoitre ceux qui sont supposés ou pseudonymes , comme les clémentines , les constitutions apostoliques , les récognitions, le faux Abdias, le testament des douze patriarches, le livre d’Enoch, etc.

18. 11 peut tirer avantage de quelques livres des Juifs, tels que le Talmud qui contient la Mischnaet la Gemare, le Coxri; pour la Masore ou le travail des Masorètes, les Deutéroses, le J/ac/ia^or , ils ne peuvent lui être d’aucun usage ; il importe encore moins de connoitre lu cabale et la gématrie, les diirérenles sectes de rabbins nommés gaons et guéonim , etc.

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