CA.JE
et le cachou brun de Bombay ; mais le premier contient plus de tannin que l’autre.
Le cachou est un touique astringent qu’on donne dans la diarrhée, 1 à 2 grammes, à l’intérieur et en lavement |3 j dans les Icucoi’rhées en injections [3 j contre la fissure en lavement, 4 grammes pour iOO grammes d’eau [+]; dans les hémorrhagies en potion , 1 à 2 grammes Q, et comme dentifrice.
CADE (Huile de). LUpiide huileux obtenu par la combustion d’un arbre de la famille des conifères, le genévrier {Juniperus oxycedrus). C’est le goudron du genévrier. On l’emploie en applications locales contre l’acnéŒl, contre le psoriasis EEI; contre le pityriasis du visage et du cuir chevelu S, contre les ophlhalmies scrofuleuses et dans les taies de la coniée, une goutte dans l’œil tous les jours S, dans l’impétigo et contre la teigne Œl. !
CADÉAC (Hautes-Pyrénées). Eau minérale sulfureuse, sodique froide, employée contre la scrofule, la bronchite et les maladies de la peau S.
CAFÉ. Semences du cafier, arbre toujours vert de la famille des rubiacées. Elles renferment un principe dit caféine. — Ces graines torréfiées, pulvérisées et infusées donnent une liqueur aromatique très-agréable qui est tonique, astringente, stimulante et employée dans la diarrhée S, dans la coqueluche Q et dans la migraine É. On s’en sert pour masquer l’amertume du sulfate de quinine sans lui faire perdre ses propriétés fébrifuges [+].
Les feuilles du cafier renfermant aussi de la caféine, peuvent être employées en infusion pour remplacer le thé.
CAFÉIAIE. Principe cristallisable extrait du café et du thé, eju’on donne de 50 centigrammes à 1 gramme contre la migraine, et dans les névralgies □.
CAIXÇA. Racine d’une rubiacée dont la décoction, 20 grammes par litre, la poudre, 1 à 2 grammes, se donnent dans les hydropisies comme diurétique et purgative f+l.
CAiEiiE (La) (Savoie). Eau minérale sulfureuse calcique près du lac de Genève, ayant ime température de 30° centigrades, etemployée dans le rhumatisme chronique, dans les affections de la peau et dans les flux chroniques des muqueuses [+].
CAiLiiE'LAiT. Plante indigène très-commune de la famille des rubiacées, employée comme astringente et antispasmodique contre la scrofule et l’épilepsie □. — Le caille-lait blanc est la base de l’élixir antiépileptique de Lamage, vendu à Tain (Drôme) El-
CAJEPET. Essence très-odorante et exci^ tante retirée des feuilles du Melaleuca caje~ puti, arbuste des myrtacées. On l’a employée en friction dans le choléra; en potion, 5 à 6 gouttes, mais sans avantages évidents.
CAiiABAB. Royaume de l’Afrique occidentale où existe un arbuste de la famille des légumineuses , Physostigma venenosum , dont la fève en solution a la propriété de resserrer la pupille dilatée par mydriase essentielle ou par mydriase de belladone ou d’atropine. V. Fève
DE CALABAR.
CALAGEALA. Racine d’une fougère dont la décoction est employée comme sudorifique, antisyphilitique et antirhumatismale □.
CAEAi.s (Pas-de-Calais). Station maritime où l’on prend des bains de mer.
CAEAMEXT. Plante de la famille des labiées, dont l’infusion est stimulante et tonique.
CAL D1FFOR.VEE. Les fragments d'un os fracturé, consolidés avec un chevauchement, entraînant le raccourcissement de l’os; la réunion des deux os d’un segment d’un membre comme l’avant-bras, par un pont osseux; le déplacement d’un fragment venant se placer sous la peau et ulcérant les chairs, constituent les cals difformes (Celse).
Il faut encore considérer comme des cals difformes ceux qui emprisonnent une partie molle, le nerf radial, par exemple (Ollier), ce que l’on peut soupçonner lorsqu’il existe des névralgies persistantes et lorsqu’il y a impossibilité de découvrir la sensibilité spéciale du nerf autour du cal.
L’examen même le plus superficiel indique l’existence d’un cal difforme; la mensuration des membres, les mouvements communiqués aux articulations, les positions variables données au membre renfermant deux os, l’exploration de la continuité de l’os par le toucher font connaître promptement cette lésion.
Fig. 61. — Cal difforme réouissant Jeui firasœents d’un humérus.
Thérapeutique H faut toujours chercher à pré-
^ui^ un cal ditTorme. Mais si ce cal est formé, s’il
est aucien et s'il n'y a pas de déplacement pai’ rotation ni de perforation de la peau, on ne doit pas se presser d’agir.
L’union des deux os de la jambe ou de ceux de l’avant-bras est souxent inévitable après une fracture ; on tâchera de la prévenir^ mais si elle existe^ ce serait peu sage de voudoir détruire les adhérences des deux os .Y. Fractures.
Si uu nerf est emprisonné dans le cal et cause des névralgies rebelles ou des paralysies, on mettra le cal à nu. par moe incision, et l’on dégagera le nerf emprisonné (Ollier) enruginantle cal, ou en enlevant un morceau d’os avec la pince rugeoii’C à mors coupants sur le plat.
Lorsque dans le cours du traitement d’une fracture on constate qu’un cal difforme se produit, on doit pratiquer l’extension, la contre-extension et exercer ime forte pression sur la saillie osseuse pour redresser le cal d’un seul coup (Gelse'l ; on placera ensuite un appareil inamovible. Chez les enfants, le procédé est très-facile à appliquer et réussit bien.
L’extension des membres avec des machines, (Fabrice d’Acquapendente), avec des poids (Guy de Chauliac), la compression avec des attelles (Celse, Dupuytren) ont été employées pour redresser le cal. Dans le dernier procédé, trois lacs appliqués sur les membres fixent les deux extrémités de l’os courbé aux attelles, et un lac placé sur la convexité de l’os tend à la redresser. Une gouttière métallique ou en bois, rembourrée et munie de lacs, produirait le même résultat (Fabrice d’Acquapendente, Malgaigne).
Un appareil composé de quatre attelles de fer et muni d’une vis de pression rembourrée (Desgranges) pour presser sur le cal saillant est un moyen qui a quelquefois produit de bons effets.
Quand le cal difforme ne cède pas à la pression, on le brisera (Celse) et on le traitera comme une fracture récente, en plaçant le membre dans une bonne position.
Le chirurgien arrivera à briser le cal par des efforts , des pressions énergiques, ou à l’aide d’une barre placée transversalement, ou avec des machines à vis et à pression continue (Bosch, Purman). Les tentatives doivent être faites de préférence avec les mains ou une barre de bois rembourrée. Les machines sont plus dangereuses que les pressions faites avec la main, car elles peuvent fracturer l’os comminutivement.
La section du cal, à travers une incision de la peau et par une méthode analogue à celle des résections, c’est-à-dire par une dissection partielle (Paul d’Égine, Key et A. Gooper), a réussi plusieurs fois, et il y a lieu d’accepter cette méthode, au moins pour certains cas. On pourrait au besoin faire la section du Cal par une demi-méthode sous^cutanée à l’aide d’aiguilles qui serviraient à faire passer une scie à chaîne autour de l’os (Langenbeck).
La résection , du cal (Lemercier, 1815; Riecke) est aussi bien indiquée que la section simple. On pomTa tailler les fragments uu peu en biseau pour faciliter leur rémûon régulière; on pourra enlever une portion du cal en forme de coin (Glémot, de Rochefort).
Que l’on fasse la section ou la résection du cal, il ne faut pas oublier quels dangers il y a à laisser uu ôs dénudé dans un foyer en suppimation. Les pansements les plus méthodiques seront faits, et l’eau froide
devra être employée au moins pendant dix jom-s. C'est alors que l’irrigation continue est d’un bon emploi.
Le redressement doit être toujours tenté lorsque la fracture date de moins de six mois ; après ce temps, la section du cal, sa résection, seront employées seulement dans le cas où l’on n’a pu rompre le cal par des pressions énergiques.
Règle générale, lorsque le cal n’est pas excessivement difforme, n’agissez pas par les moyens violents, il y a des cas de mort par suite de ces tentatives. Gontre l’union des deux os de l’avant-bras ou des deux os de la jambe, il n’y a rien à tenter : les malades ne sont pas estropiés pour avoir perdu le mouvement de pronation et de supination.
Lorsqu’un fragment fait saillie sous la peau, s’il n’y a pas six mois d’écoulés il ne faut pas agir, à m-oins que la peau ne soit déjà ulcérée. A la longue, le cal s’amoindrit toujours un peu, et en attendant, on verra peut-être la saillie de l’os diminuer.
Pour réséquer un fragment osseux, saillant sous la peau, on fera une incision étendue au tégument, afin de pouvoir agir à son aise sans déchirer les tissus. On réséquera toute la partie saillante du fragment avec une scie à main, avec une pince de Liston, ou avec la gouge et le maillet. La plaie sera pansée deux fois par jour avec des cataplasmes froids.
Cals douloureux. Des douleurs existent quelquefois dans le cal comme dans les autres cicatrices (Thedeii), au moment des changements de température.
Le cal est une cause de névralgie des nerfs des os ou des autres nerfs sur lesquels il exerce une action compressive ; mais cela est rare.
Thérapeutique. — Lorsque les douleurs névralgiques existent au moment où les malades commencent à se servir de leur membre, il faut placer un nouvel appareil inamovible, et retarder la marche ou les mouvements.
Cals exubérants. Des ostéites accidentelles se développent quelquefois dans le cal au voisinage des articulations surtout. Il en résulte des cals exubérants qui causent des douleurs fréquentes ; l’efficacité des vésicatoires (observation de J. Guyot) et des cautères est la meilleure preuve de la nature inflammatoire des cals exubérants.
Une autre variété de cal exubérant est la production d’ostéophy tes aux dépens du périoste décollé ou autour d’une cavité centrale du cal ; ces productions ne s’accompagnent d’aucuue douleur et ne réclament aucun traitement, si ce n’est celui des cals difformes, dans le cas où le membre aurait une position vicieuse.
Cals fongueux. Une fracture avec plaie et issue des fragments peut ne se point cicatriser par suite de la production de fongosités pullulant à la surface des os ; mais il y a là une erreur : il s’agissait, dans les observations qui ont été invoquées, de nécrose totale d’un os, précédée sans doute d’une ostéomyélite (V. Nécrose), ou peut-être de fracture co’incidant avec uu cancer de l’os.
CALC
CALCULS BILIAIRES. Des concrétions de bile se forment souvent dans la vésicule et dans les conduits biliaires, de façon à gêner le cours de la bile, à irriter le foie, à troubler la digestion et à provoquer des crises douloureuses extrêmement aiguës, appelées coliques hépatiques.
Les calculs biliaires sont formés de cholestérine pure et blanche, ce qui est rare, ou de cholestérine unie à du mucus et à une plus ou moins grande quantité de matière colorante jaune, verte ou noire de la bile.
Quand il n’existe qu’un seul calcul dans la xfeicule biliaire, ce qui est rare, il est ovale; mais il y en a ordinairement un très-grand nombre, quelquefois plusieurs centaines, encore très-volumineux, pressés les uns contre les auti’es, ce qui les rend polyédriques.
Chez quelques malades, les concrétions biliaires sont à l’état de granulations libres dans la bile, ou incrustées dans les parois de la vésicule, et il en résulte une gravelle bépaticpe.
Un noyau de matière colorante bibaire existe au milieu de chaque concrétion trouvée dans la vésicule , ce qui démontre leur mode d’accroissement par couches lentement superposées.
Si les concrétions biliaires se trouvent habituellement dans la vésicule, il s’en trouve de temps à autre dans le canal cystique, dans le canal cholédoque dilatés et même dans les conduits hépatiques.
Les concrétions biliaires des conduits hépatiques, arrivées à un grand volume, offrent toujours une disposition ramifiée comme une branche de corail, et représentent le moule des conduits où elles se sont formées.
Les concrétions biliaires de la vésicule n’empêchent pas la bile du foie d’arriver dans l’intestin; mais celles qui obstruent le canal cholédoque ou les conduits hépatiques font toujours plus ou moins obstacle au cours de la sécrétion biliaire.
Quand les calculs biliaires restent dans la vésicule, ils y peuvent séjourner plusieurs années et même toute la vie sans jamais produire d’accident qui puisse faire soupçonner leur existence ; mais s’ils viennent à s’engager dans le canal cystique ou cholédoque et à distendre le tissu fibreux de ces conduits , il en résulte des crises intermittentes très-douloureuses, connues sous le nom de coliques hépatiques.
*,i,*Une violente douleur subite et sans fièvre, à l’épigastre, dans l’hypochondre droit et dans le dos, avec nausées, vomituritions, passant au bout de quelques heures et suivie d’ictère, est le signe certain d’une colique hépaticpie occasionnée par des calculs biliaires.
Les coliques hépatiques reviennent sous forme d’accès plus ou moins éloignés, suivis ou
U ALU 191
non d’ictère et de rejet par l’anus de calculs biliaires mêlés aux excréments.
Un accès de colique hépatique dure de une à quelques heures , mais il peut se prolonger deux à trois jours avec des rémissions plus ou moins prononcées.
Les calculs biliaires pénètrent souvent dans l’intestin par le canal cholédoque dilaté, mais il arrive quelquefois qu’une communication anormale de la vésicule et de l’intestin, ou du même organe avec la peau, facilite leur expulsion et la guérison des malades.
Si les calculs biliaires peuvent être expulsés par les efforts de la nature, et si le médecin, par des remèdes, peut faciliter cette expulsion ; il y a des cas où la concrétion produit tantôt des coliques hépatiques et des péritonites mortelles, et tantôt un affaiblissement général également suivi de mort.
Dans quelques cas rares, les calculs biliaires ne produisent pas de colique hépatique, ils n’occasionnent qu’une douleur sourde dans l’hypochondre droit, avec ou sans ictère, avec dyspepsie, et les malades languissent dans un état d’hypochondrie plus ou moins prononcé jusqu’à leur guérison ou à la mort.
Une tumeur piriforme dure et mobile, placée sur le bord tranchant du foie, où elle forme une saillie de quelques centimètres, indique que la vésicule biliaire est remplie de calculs.
Il ne se forme jamais de calculs biliaires chez les jeunes gens, c’est une production de l’âge adulte et de la vieillesse, plus commune chez la femme que chez l’homme, et qui résulte de la vie sédentaire, de la constipation et de toutes les affections des voies digestives qui retiennent la bile dans ses conduits.
Thérapeutique. — Les personnes affectées de colique hépatique doivent sui^Te un régime spécial composé de viandes maigres, de poisson, de légumes à l’eau, de fruits, de thé, d’eau vineuse, et elles doivent s’abstenir d’aliments gras, dégraissé, d’huile et de vin pur.
Dans la colique hépatique, s’il n’y a pas d’état inflammatoire, il faut administrer de 10 à 20 centigrammes d’opium ou de 1 à û centigrammes de sulfate de morphine à une heure de distance RH.
Les inhalations de chloroforme ou d’éther peuvent être employées au moment d’un accès de colique hépatique, dans le but d’engourdir le sentiment de la douleur et pour faciliter le déplacement du calcul |3-
Chez les sujets pléthoriques, une application de sangsues faite au moment de l’accès calme rapidement la douleur.
Des applications de glace pilée sur Thypochondre soulagent beaucoup la colique hépatique (Bricheteau).
Les émétho- cathartiques, par les contractions qu’ils provoquent, peuvent faciliter l’expulsion des calculs biliaires, mais il est bien rare que cela réussisse.
192 CÂLC
La dissolution des concrétions biliaires dans le foie ou dans la vésicule peut s'opérer par des remèdes qui, introduits dans Testomac, sont absorbés directement par la veine porte et conduits dans le foie au contact des pierres à dissoudre (Durande).
Éther . . 30 grammes.
Essence de térébenthine . 20 id.
Mêlez.
5 à 100 grammes par jour dans du bouillon gras, à jeun Fm.
Ou bieu :
Chloroforme . 10 grammes.
Alcool. . . . . 80 id.
Sirop de gomme . . 250 id.
Un petit verre, trois fois par jour (Bouchut) 1+ -H.
Ou bien :
Bicarbonate de soude . 10 à 13 grammes.
Eau sucrée . 500 id.
A prendre dans les vingt-quatre heures |3.
Les eaux de Vichy, d’Ems et de Garlsbad, employées pendant longtemps, sont très-utiles contre les concrétions biliaires.
Quand les calculs biliaires forment tumeur au bord libre du foie, il faut y appliquer de la pâte de Vienne, enlever l’eschare au bout de vingt-quatre heures, et mettre de la pâte au chlorure de zinc pour faire une eschare plus profonde. Alors on réapplique deux fois de la même façon du chlorure de zinc, et quand l’adhérence de la tumeur aux parois abdominales est établie, on l’incise avec le bistouri pour en vider le contenu Œ3-
C'alculs des condaits lacrymaux (Cé- i soin, Sandifort, Desmarres). On reconnaît les calculs lacrymaux à un larmoiement presque continuel, à la dilatation d’un point lacrymal, et à l’issue de sérosité purulente par les points lacrymaux. En sondant le point lacrymal avec un stylet fin, on produit un choc qui annonce la présence d’une pierre.
On peut confondre la maladie avec un orgeolet enflammé, et avec des corps étrangers des points lacrymaux, tels que des cils, des grains de poussière. Mais le choc du stylet sur le calcul, qui est d’un volume toujours plus considérable
ue celui des corps étrangers ordinaires, permet
’en faire le diagnostic.
Thérapeutique. — On incisera le conduit lacrymal et l’on expulsera le calcul par pression, ou bien on le saisira avec une pince â griffes ; on lavera la plaie avec le jet d’une seringue chargée d’eau tiède, puis on pansera avec de la charpie mouillée et des compresses froides.
Caicnls de l’esfomae. V. ESTOMAC.
Calculs des fosses nasales. Des dépôts de mucns, de phosphate de chaux et de magnésie, de carbonate de chaux et de magnésie, de chlorure de sodium et de carbonate de soude, constituent les calculs des fosses nasales.
Les calculs des fosses nasales se forment spontanément dans les cavités du nez (Mathias de Gradi, Panarolus, Bartholin, Plater, Glander, Riedlin, Rhern, Mercklin, Kersten, Demarquay); peut-être dans le canal nasal (Desmarres) ,
CALG
ou autour d’un corps étranger (Bartholin, Ruysch, Horn, Kersten, AVeller).
Un coryza chronique sans fétidité des narines, avec une oblitération plus ou moins complète d’une fosse nasale, est un indice de calcul des fosses nasales. Le contact du stylet sur un corps dur et plus ou moins mobile établit le diagnostic (Demarquay).
On est exposé à confondre le calcul des fosses nasales avec un os dénudé. Si l’on peut emporter un peu du corps étranger, on l’examinera au microscope, et on reconnaîtra s’il s’agit d’un os ou d’un calcul.
Thérapeutique. — On extraira les calculs entiers ou préalablement broyés, avec une [curette et une pince â polype, et comme les calculs composés d’ordinaire de phosphate et de carbonate de chaux, ont été probablement engendrés par une inflammation chronique, on fera des injections avec :
Eau . 250 grammes.
Alun . . 4 id.
Ou :
Eau . 250 grammes.
Nitrate d’argent . 2li 4 id.
(Langoni.)
Les calculs du sinus maxillaire seront traités comme les corps étrangers des fosses nasales. On les extraira entiers, s’il y a une ouverture assez grande ; sinon, on les brisera avec la pince de Hunter. V. Calculs
ÜRIXAIRES.
Calculs des glandes conjonctivales et de Meibomius [Lithiase de la conjonctive). Le liquide contenu dans un acinus ou dans un conduit excréteur des glandes de Meibomius subissant, après s’être épaissi, une transformation calcaire, il existe une petite tumeur d’une dureté pierreuse sur les bords palpébraux. Parfois les glandes de la caroncule sont le siège de cette altération, c’est Yencanthis cellulosa.
On reconnaît ces productions en renversant légèrement la paupière ; il y a une petite saillie dure, entourée d’un réseau de capillaire, assez rouge. Quelquefois la cornée s’ulcère par le contact de cette tumeur dure.
Thérapeutique. — Lorsqu’il n’y a encore qu’un épaississement du liquide, en pressant on peut évacuer le produit qui a ordinairement une consistance de cire.
Lorsque la concrétion calcaire est formée, on déchire, avec une aiguille â cataracte ou ùn cystitome, l’enveloppe de la tumeur, et le gravier est expulsé par pression avec le manche de l’instrument ou avec une curette.
Quand le calcul est dans un conduit excréteur de la glande de Meibomius, il ne gêne pas, et à la longue il finit par faire saillie sur le bord libre de la paupière et sortir en partie; on l’extrait alors avec une aiguille à cataracte en pressant légèrement sur la paupière.
Si une conjonctivite a été occasionnée par le calcul, on traitera les accidents aigus, après avoir enlevé les calculs. V. COXJOXCTIVITE.
CALG
Calculs de la glande mammaire.
(A. Cooper, Dupuytreu). V. TUMEURS DE LA mamelle.
Calculs intestinaux , entérolitlies OU Bezoards. Des coucrétioiis de sels inorganiques autour d’un noyau dur, souvent un corps étranger; des boules de poils entourés de mucus concret se forment quelquefois dans le tube di-, gestif. On a donné à ces concrétions le nom de calculs. V. Intestin (Concrétion de l’).
Calculs du poumon. Dcs concrétions calcaires, formées de carbonate et de phosphate de chaux ou de magnésie unis à de la matière animale, peuvent se former dans le poumon et dans les ganglions bronchiques, à la suite de la transformation crétacée des tubercules bronchiques ou pulmonaires.
Les concrétions pulmonaires existent au sommet du poumon, au milieu et à la face externe d’un lobe pulmonaire sous forme de masses dures d’une couleur blanc sale et d’un volume variable ne dépassant pas celui d’une noisette.
Les concrétions pulmonaires sont ordinairement entourées de tissu pulmonaire induré, noirâtre, formant cicatrice d’ancienne caverne, mais elles peuvent exister au milieu du poumon sain.
Chez quelques individus, il se forme de petites concrétions pierreuses qui restent dans les bronches, en dehors de toute lésion du poumon, mais cela est rare (Guiboul).
Les concrétions pulmonaires se rencontrent surtout chez les vieillards ,• mais il en existe aussi chez de jeunes enfants.
*,j;* Il est rare qu’il y ait plus de trois ou quatre concrétions pulmonaires chez un individu.
*,j.* On ne reconnaît pas les concrétions pulmonaires pendant la vie, à moins que dans un travail d’élimination spontanée ces corps étrangers ne se trouvent au voisinage d’une caverne ouverte dans les bronches, alors les malades crachent des fragments de matière crétacée plus ou moins gros, plus ou moins nombreux, et il en résulte ce qu’on appelle la phthisie calculeuse. V. Phthisie.
Thérapeutique. — Le traitement des concrétions pulmonaires et de la phthisie qui en résulte est le même que celui de la phthisie.
Calculs de la prostate. Des concrétions noirâtres, fines ou grosses comme un pois, composées de carbonate et de phosphate de chaux CWollaston) développées autour de corpuscules amyloïdes ou d’une substance protéique (Vir-» chow), ou d’un noyau de cellules épithéliales (Thompson) (fig. 62), et naissant dans les conduits et dans les acini prostatiques s’unissant à d’autres concrétions pour former un calcul; — un calcul né dans la vessie qui se creuse une
CALC 193
loge dans la prostate ; — un calcul prostatique qui, après avoir traversé le tissu prostatique, entre dans la vessie (Vidal) ; — un débris de calcul vésical échappé au chirurgien après l’opération de la taille, et enfermé dans la prostate (Tolet; Louis; Acad, de chir.), telle est l’origine de tous les calculs prostatiques observés jusqu’ici. Les phlébolithes des veines prostatiques (Denonvilîiers), les tubercules passés à l’état crétacé (Broca), ne sont pas des calculs prostatiques.
Presque toujours autour des calculs prostatiques il se forme un kyste purulent (Velpeau).
Les calculs de la prostate font saillie dans la vessie, dans l’urèthre, ou en arrière vers le rectum et sê devinent par la difficulté d’uriner, par les douleurs an périnée, et par la demiérection de la verge qu’elles produisent. Quelcpiefois le toucher rectal fera sentir une tumeur irrégulière, lobulée, dure et qui est douloureuse à la pression. Si le calcul fait saillie dans la vessie et dans l’urèthre, le choc de la sonde sur le calcul, la distance à laquelle ce bruit est perçu, mesurée sur la sonde, établiront le diagnostic entre les calculs vésicaux et les calculs prostatiques. Lorsque le calcul est h la fois dans la vessie et dans la prostate, le contact longtemps prolongé de la sonde avec le calcul pendant le cathétérisme, donneront un indice du siège de la pierre. Les pierres restées dans la prostate après la taille seront reconnues quelquefois par le cathétérisme et souvent par l’exploration d’une fistule formée pendant la cicatrisation de la plaie de la cystotomie.
Les hypertrophies de la prostate simulent un calcul, seulement lorsqu’elles existent d’un seul côté, mais la dureté de la tumeur est bien différente dans les deux cas, et les hypertrophies de la prostate sont des maladies qui atteignent surtout les vieillards, tandis que les calculs de la prostate existent chez des sujets plus jeunes.
Les pierres de la prostate devenues libres dans l’urèthre sont éliminées avec l’urine.
Les gros calculs peuvent être libres dans un abcès qui s’ouvre au périnée et donne issue à la pierre. Ils se frayent parfois un passage dans le rectum.
Thérapeutique. — Le calcul constaté pl’ar exploration de Turèthre et le toucher rectal, on tentera la lithotritie avec un brise-pierre à mors courts ; on broiera le calcul et l’on en extraira les fragments avec le brise-pierre uréthral ou la pince de Himter.
Si la pierre est en partie dans la vessie, on fera la lithotritie comme pour un calcul vésical (Y. ce mot). Mais la taille est difficile à faire, car la prostate est déformée. La taille rectale (Maisonneuve) n’est applicable que dans le cas où le calcul fait saiUie à travers le tissu jusque sous le rectum, et alors l’opération est une simple incision pour ouvrir une voie
194 CALC
au calcul. S'il est démontré que le calcul tend à sortir vers le périnée, on fera une incision comme pour la taille prérectale, et le doigt introduit dans le rectum amènera la prostate sous le pubis, et comme dans la taüle de Celse, on sectionnera les tissus en se
Fis- 62. — Calcul de la prostate vu au grossissement de 350 diamètres. — A, noyau et cellules épithéliales au centre.
— B, couches concentriques.
guidant sur la saillie de la pierre. Cette opération est presque l’opération de la boutonnière périnéale (Velpeau). V. Calculs vésicaux, Pierres arrêtées daxs l’urèthre.
Si le calcul prostatique est un débris de calcul resté dans la vessie, et s’il y a fistule, ce qui ne tarde guère à se produire dans ces cas, on dilatera la fistule et l’on ira extraire la pierre avec de fortes pinces à pansement à point d’arrêt ou avec une tenette ; on débridera au besoin. .
Les injections dans la plaie, un pansement simple, la sonde à demeure, le pansement de la plaie de la taille, les injections vésicales, les grands bains, seront appliqués suivant le siège du calcul et les moyens employés pour le faire disparaître. V. Calculs vésicaux.
Si une rétention d’urine existe , on sondera toujours assez facilement le malade; on laissera des sondes à demeure pendant vingt-quatre heures.
€aicnis da rein. Les calculs du rein se forment en vertu d’une disposition générale de l'économie, et d’une inflammation ou d’une dégénérescence du rein.
Ils sont simples, c’est-à-dire composés d’acide urique ou d’acide xanthique , ou d’oxalate de chaux, ou de cystiue, ou de phosphate ammoniaco-magnésien, ou de phosphate terreux. Ils sont composés, c’est-à-dire formés de sels terreux avec un noyau d’acide urique. Ces calculs se font par agrégation de gravier ou par cristallisation (V. Gravelle). La nourriture, l’hérédité, jouent un rôle dans leur production, et les hommes qui se livrent à des excès de table ou de veiile, les enfants auxquels on donne trop tôt une nourriture trèsazotée, comme la viande, sont plus exposés que les autres aux calculs du rein.
Les calculs du rein existent à tous les âges, même chez le fœtus (P. Franck).
CALf]
Un ou plusieurs calculs peuvent e.xister dans le rein. Leur forme est variable. Ils se développent d’ordinaire dans un calice, ou même dans un canalicule urinifère des pyramides, puis ils tombent dans le bassinet, passent dans les uretères et dans la vessie, ou bien ils s’enkystent, et alors le rein, à la longue, finit par se transformer en un kyste (Guerbois, Menière).
Un calcul libre, s’engageant dans l’uretère, donne lieu à une colique néphrétique (V. ce mot). Un calcul trop gros pour s’engager dans l’uretère détermine peu à peu une pyélile, mais cette complication n’existe pas toujours. Dans quelques cas le bassinet cesse de communiquer avec l’uretère, une collection purulente se forme ; l’inflammation gagne dans le tissu cellulaire et graisseux qui entoure le rein et cause un phlegmon périnéphrétique. V. ce mot.
Les malades qui portent des calculs du rein peuvent ne présenter aucun trouble fonctionnel. Le plus souvent il y a : 1“ de temps à autre des accès de colicjue néphrétique et diminution de l’excrétion urinaire; 2“ des douleurs permanentes dans les flancs ; 3“ il y a une sécrétion purulente venant du bassinet qui se trouve mêlée à l’urine; 4° il y a tumeur du rein appréciable dans les lombes ou dans le flanc (Rayer) ; 5° il y a disparition des symptômes, la tumeur persiste, et l’urine est limpide (Copland). Lorsque l’orifice supérieur de l’uretère est oblitéré de bonne heure, le rein peut s’atrophier et alors la tumeur manque (Cliomel).
Une urine chargée de sels, d’acide urique, d’o.xalate de chaux, de cystine, de phosphate terreux, coïncidant avec les symptômes douleur lombaire et colique néphrétique, révèle l’existence d’un calcul du rein.
Lorsqu’une tumeur lombaire se forme après que les malades ont présenté des accès de colique néphrétique et les signes d’une pyélite, il n’y a pas d’erreur possible sur la nature du mai. Si l’uretère est oblitéré de bonne heure, la formation assez rapide de la tumeur la distinguera de la tumeur hydatkpie du rein et de l’hydrouéphrose; quant au cancer de l’épiploon il est plus superficiel qu’une tumeur rénale saillante eu avant, et les tumeurs du mésentère sont mobiles.
A di’oite un kyste hydatique du foie pourrait être confondu avec une tumeur du rein, mais il présente du frémissement et a été précédé de troubles du côté de la glande hépatique.
Les abcès par congestion des vertèbres lombaires sont assez difficiles à distinguer des abcès produits par un calcul du rein, mais la présence d’une gibbosité et l’absence de colicpres néphrétiques pourront aider au diagnostic; dans ce cas, la ponction exploratrice ne devra être faite tpie s’il y a incertitude absolue.
CALC
Les calculs rendent l’urine alcaline par l’inflammation qu’ils produisent ou parce que l’urée en excès se combine dans la vessie avec l’eau et forme du carbonate d’ammoniaque (Golding Bird).
*** A la longue les malades atteints de calcul du rein meurent par iscburie rénale, c’està-dire par insuffisance de la sécrétion urinaire, par l’urémie, ou bien par une intoxication produite par le rein altéré et décomposé.
Chez les uns une tumeur formée par le bassinet distendu et contenant du pus autour d’un calcul peut s’ouvrir dans le péritoine et il se produit une péritonite suraiguë ; ailleurs la tumeur s’ouvre dans l’intestin, et la fièvre hectique apparaît; chez d’autres enfin la tumeur s’ouvre à l’extérieur, après avoir engendré un phlegmon périnépbrétique, la pierre s’élimine, mais si elle demeure dans le rein, une fistule rénale s’établit. V. Fistule urinaire lombaire.
Thérapeutique. — On traitera les symptômes de la colique néphrétique par les moyens appropriés.
V. CoLiQCE HÉPHRÉTiQUE. Les malades devront boire en grande abondance, afin que l’urine amenée dans le bassinet charrie le gravier engagé dans l’uretère.
Contre la pyélo-néphrite on appliquera sur la région des reins : des sangsues au nombre de 15 ou de 20; des cataplasmes laudanisés; plus tard, de larges vésicatoires. Contre la suppuration, lorsque la pyélite passe à l’état chronique, on appliquera deux à quatre cautères.
Dès que l’inflammation sera calmée, on administrera les boissons destinées à modifier les caractères de l’urine, telles que l’eau de Vichy, source de la Grande-Grille ou des Célestins; l’eau de Contrexéville. On donnera en outre les sels variés suivant la nature présumée du calcul et en se guidant d’après les caractères de l’urine. V. Gravelle.
On donnera des bains de vapeurs fréquents (Wilson Philips, Golding Bird). L’hydrothérapie est bonne Remployer sous forme de douches froides. Une alimentation peu azotée doit être prescrite ; le café n’est pas nuisible. L’eau-de-vie ou le gin avec l’eau est meilleure que le vin et la bière. On instituera, du reste, un traitement approprié à l’altération de la santé du malade. V. Anémie, Dyspepsie.
La néphrotomie (Hippocrate) ne doit pas être tentée avant la formation de la tmneur rénale. V. Phlegmon périnéphrétique.
On ouvrira l’abcès du rein lorsqu’il sera bien formé (Hevin). Une ponction exploratrice étant faite, on incise couche par couche, ou si la fluctuation est évidente et s’il y a des adhérences à la peau, on incise par ponction simple, comme un abcès. Si la tumeur est saillante en avant, on ouvrira avec le cautère actuel (Murait, Rousset, Riolan) , avec le caustique (Chalmet, Lafitte, Rivière, Miquel d’Amboise). Lorsque la tumeur est ouverte, le doigt introduit dans la plaie explore sa cavité, si une pierre est trouvée libre, on l’extrait avec des tenettes ou le doigt recourbé en crochet. Ou fait ensuite des lavages à l’eau tiède et avec de l’eau iodée.
Si l’on ne peut pas extraire la pierre fixée dans les tissus, on attendra qu’elle se mobilise (Rayer, Vel-
CALC 195
peau); mais on ne fera pas de débridement ; on tiendra seulement la fistule toujours ouverte. Des corps dilatants, tels que l’éponge préparée, seront placés dans son ouverture dès qu’elle tendra à se rétrécir.
Calculs salivaires. Ordinairement formés dans les conduits salivaires (Sherer, 1737), très-rarement dans les glandes elles-mêmes (A. Cooper), plus rarement encore dans une grenouillette (A. Paré) , les calculs salivaires observés pour la première fois sous la langue (Avenzoar), sont composés de phosphate et de carbonate de chaux et d’une matière protéique précipitée par l’ammoniaque et insoluble dans les acides.
Par ordre de fréquence, le canal de Wartbon, le canal de Sténon, les conduits glandulaires de la glande parotide et de la glande sous-maxillaire sont le siège des calculs salivaires, et c’est dans les glandes seulement qu’on a observé des calculs multiples (Plater).
En général, les canaux ne sont pas oblitérés complètement (Th. de Closmadeuc) ; une grenouillette (A. Paré) , n’est pas un résultat nécessaire de la présence des calculs salivaires.
Le canal se dilate en arrière de ceux-ci, mais il n’y a pas oblitération. La cavité qui loge le calcul suppure. Il s’écoule du pus mêlé à la salive par les orifices des conduits de Warthon et de Sténon. Une fistule salivaire est ordinaire à la suite de calculs du canal de Sténon. Les calculs C[ui siègent dans les glandes déterminent aussi une fistule ; en tout cas, il y a toujours une augmentation de volume de la glande, une sorte d’hypertrophie par ralentissement de l’écoulement de la salive.
S’il n’y a pas de fistule, on reconnaît le calcul à une tmneur très-dure sur le trajet d’un conduit ou sur un lobe d’une glande. Le cathétérisme des canaux de Warthon et de Sténon, avec un stylet fin, celui qu’on emploie pour les conduits lacrymaux, donnant un choc caractéristique, révélera l’existence de la pierre. S’il y a une fistule on explorera successivement par la fistule et par le canal.
Afin de ne pas prendre une dent surnuméraire ou déviée qui a donné naissance à une fistule, pour un calcul, on explorera les arcades alvéolaires : si une dent a toujours manqué, si la tumeur fait corps avec l’os, ce n’est pas un calcul salivaire. Une carie dentaire ou osseuse, qui a donné naissance à une fistule, est plus profonde que celle qui résulte d’un calcul ^ivaire ; si le corps solide senti est mobile sur les os avec les téguments ou les parties molles, il s’agit d’un calcul.
Thérapeutique. — A l’aide d’une curette, d’imè piuce ou d'une aiguiUe à cntaracte, on extraira les calculs au moyen d’une incision sur le kyste qui les renferme, ou bien à travers les fistules qui existeraient.
196 CALC
et alors on débridera du côté de la muqueuse si cela est nécessaire. On fera des lavages avec Teau iodée, et Ton traitera consécutivement la fistule, qui tend à se former ou qui était antérieurement établie. Y. Fistules salivaibes.
Lorsqu'il y a des calculs multiples dans la glande parotide et qu'il s’est formé un abcès, on l’ouvrira, les calculs seront éliminés peu à peu avec la suppuration ; on cautérisera la plaie lorsque la suppuration se tarira, afin de prévenir la formation d’une fistule.
Calculs da sac lacrymal (Lachmund, Schmucker, Kriuser, Leramier).
C’est en traitant une fistule lacrymale que les calculs de phosphate calcaire ont été trouvés ; l’existence d’un corps dur résonnant sous un stylet et sa mobilité ont permis d’établir le diagnostic, ün os nécrosé peut en imposer pour un calcul, mais le traitement est le même.
Thérapeutique. — Ou extraira les calculs avec une pince à dents de souris, et l’on débridera s’il est nécessaire; pour cela on devra inciser en dedans, eu se rapprochant de la racine du nez.
Calculs de ruiérus. Outre les dépôts crétacés et ossiformes autour de corps fibreux (Roux), on trouve dans la matrice des concrétions calcaiTes, petites en général, comme les calculs prostatiques, qui se révèlent par des douleurs utérines irrégulières et analogues à celles qui existent pendant l’accouchement, par pesanteur au périnée, et quelquefois par une difficulté d’uriner due à une antéversion.
On constate l’existence des calculs de l’utérus par l’exploration de la cavité utérine avec une sonde de Simpson ou un stylet qui perçoit un choc.
On a vu des corps crétacés de l’utérus qui se sont frayé un chemin vers le rectum et ont produit une fistule utéro-vagino-rectale (Boyer).
Un gros calcul de l’utérus détermine le ramollissement de l’utérus, une métrite chronique parenchymateuse et la mort.
Les concrétions calcaires de l’utérus semblent presque toujours se former dans les glandules du col.
Thérapeutique. — Si les petits calculs sortent seuls, il n’y a rien à faire qu’à traiter les inflammations du col utérin. V. Métrite.
Si le calcul est gros et si on peut le circonscrire avec un stylet, ou tentera de l’enlever après avoir dilaté le col par des applications de belladone et surtout par un cylindre d’éponge préparé. De fréquentes injections vaginales seront faites pour prévenir l’inflammation du col.
Si le calcul est très-gros, on excisera le col avec des ciseaux tranchants en dehors (Louis), comme les ciseaux de Smellie, mais des débridements avec le bistouri boutonné suffiront. On extraira le corps avec une pince à pansement, on combattra les hémorrhagies graves qui apparaîtront par un tampon de char pie imbibée de perchlorure de fer; on donnera i
CALC
l’intcrieur 2 grammes de seigle ergoté en deux paquets pris à une demi-heure d’intervalle. Les injections d’eau glacée pi’é viendront le retour des hémorrhagies.
Calculs vésicaux. Un gravier du rein, descendu dans la vessie et accru par l’apposition de nouvelles couches calcaires, quelquefois un calcul delà prostate ayant fait sailli dans la vessie où il est devenu libre et a augmenté de volume, un dépôt de matières calcaires, organiques ou terreuses, autour d’un amas de mucus, d’un caillot sanguin ou d’un corps étranger, se rencontrent quelquefois dans la vessie, où ils prennent le nom de calculs vésicaux ou de pierre.
Au point de vue de la composition chimique, les calculs sont simples lorsqu’ils ne renferment que de l’acide urique ou de l’oxalatede chaux, ou de l’acide xanthicfue, ou de la cystine; ou du phosphate de chaux, ou du pho.sphate ammoniaco-magnésien.
Les calculs sont composés lorsqu’ils contiennent à la fois un noyau d’acide urique et de couches superposées de phosphate de chaux, par exemple, ou du phosphate de chaux et du phosphate de magnésie.
Les calculs d’acide urique, d’oxalate de chaux, de phosphate de chaux, de phosphate ammoniaco-magnésien, sont les calculs les plus durs; les calculs de phosphate de chaux, de carbonate de magnésie sont les moins résistants.
Certains calculs sont formés par un noyau central tel qu’un corps étranger introduit dans la vessie ou un petit calcul d’acide urique, descendu du rein, et par des couches concentriques superposées. D’autres calculs n’ont pas de noyau et sont composés par des cristaux agrégés.
Les calculs vésicaux peuvent être multiples ou uniques ; ils sont lisses ou rugueux, leur forme est arrondie, ovoïde ; quelquefois annulaire, et leur volume peut atteindre celui d’un œuf d’autruche.
Les calculs sont libres ou enchatonnés dans une loge de la vessie. Quelquefois le calcul est logé entre deux colonnes de la vessie hypertrophiée, et alors il est presque toujours placé dans le voisinage des uretères.
Un état général de L’économie, caractérisé par des dépôts de sels organiques dans l’urine, est la cause habituelle de la formation de calculs dans le rein ou même dans la vessie, les cystites chroniques franches, rarement les fongosités de la vessie, rendent l’urine alcaline dans son réservoir, et quelquefois conséciitivement il se forme des calculs, ejui, dans ce cas, sont composés de phosphate et de carbonate de chaux.
I Dans le cas d’une diathèse calculcusc
j avec altération de la fonction de l’excrétion uri-
CALC
naire, les calculs successifs peuvent exister; les récidives de calculs consécutifs à une inflammation des organes urinaires est assez fréquente. Ainsi les calculs pliosphatiques sont ceux qui sont le plus souvent suivis de récidive. Après que l’on a extrait un calcul d’acide urique, il se forme parfois une seconde pierre constituée par du phosphate de chaux. Cela tient à ce que le calcul d’acide urique engendre une cystite chronique qui à son tour a engendré un calcul phosphatique.
Les calculs du rein coexistent assez fréquemment avec ceux de la vessie (Covillard).
Si l’hérédité joue un rôle dans la formation des calculs, c’est à titre de diathèse ou tempérament que la maladie est transmise par voie de mutation des manifestations de la diathèse. Ainsi un goutteux peut engendrer des enfants qui auront la pierre.
La bonne chère, les excitants, la vie sédentaire et la position assise favorisent le déloppement des calculs urinaires, et en particulier de la pierre dans la vessie, soit parce que la constitution du sang et l’excrétion urinaire sont modifiées, soit parce qu’il survient une lésion inflammatoire des voies urinaires.
Lorsque les calculs vésicaux se sont formés autour de calculs qui se sont développés dans le rein et descendus dans la vessie, le rein peut être enflammé. Une pyélite et une néphrite existent alors indépendamment des complications propres au calcul vésical, telles que la cystite chronique, les ulcères de la vessie, etc.
Un calcul s’étant formé spontanément ou autour d’un corps étranger, en dehors de toute lésion des reins et de la vessie, des lésions successives se montrent en général, et ce n’est qu’exceptionnellement que la vessie, les uretères et le rein demeurent sains. Seuls les calculs d’acide urique laissent parfois la vessie longtemps saine.
La vessie s’enflamme souvent autour d’un calcul, rurinc devient alcaline, la muqueuse s’ulcère, se ramollit, et une cystite chronique apparaît. La tunique musculaire s’hypertrophie, elle se rétracte, totalement ou partiellement; d’autres fois des loges se forment à travers les colonnes musculaires hypertrophiées, et les calculs s’y cachent. La vessie semble épaissie, d’autres fois elle est amincie et distendue quand la tunique musculaire est paralysée.
Le col de la vessie est ordinairement le point le plus enflammé du réservoir urinaire. Il est parfois dilaté par le calcul qui, au début, à cause de sa petitesse, tend sans cesse à s’engager.
La prostate est souvent hypertrophiée chez les calculeux.
Au cas de calcul volumineux, de rétraction ou de paralysie de la vessie , la vessie ne pouvant contenir l’urine, les uretères se dilatent.
CALC 197
puis les bassinets; le rein se congestionne et peut s’enflammer; on a vu souvent des néphrites doubles et parfois la gangrène du rein.
L’urètbre s’enflamme quelc[uefois à la suite des irritations de la prostate par un calcul, et alors un rétrécissement et des valvules prostatiques en sont la conséquence.
Une fièvre à forme intermittente , des lenteurs de la digestion et de la flatulence sont les marques du retentissement, des inflammations des organes urinaires sur la santé générale, ou des diathèses uriques ou phosphatiques qui ont présidé à la formation des calculs.
Si un calcul a pu se désagréger et être expulsé (Dodonæus, Heister, Deschamps et Camper, Harding, Valette, d’Orléans), la présence d’une pierre est néanmoins une maladie qui exige toujours une opération.
S’il y a des individus qui gardent longtemps un calcul sans qu’il s’établisse de complication inflammatoire ; si d’autres, après avoir présenté des phénomènes graves de néphrite avec infection urémique, reviennent à la santé, la majorité des calculeux abandonnés à euxmêmes finit par succomber. Alors il survient une urémie par défaut de sécrétiou urinaire et ■déplacement de l’élimination de l’urée avec une diarrhée continue (V. Urémie); ou bien une urémie avec infection par résorption des produits putrides formés dans le rein (Cl. Bernard) ; ou bien une fièvre hectique putride, ou enfin une inflammation des voies urinaires ou d’autres organes, inflammation intercurrente, qui devient mortelle parce que le malade est dans de mauvaises conditions individuelles et qu’il est pris d’infection purulente.
Chez un enfant, une incontinence nocturne, un développement du pénis, la rougeur du méat, des douleurs extrêmement vives pendant la miction, la sortie des graviers avec l’urine, doivent faire soupçonner un calcul vésical. Il ne faut pas compter sur le symptôme hématurie ; il est rare chez les enfants.
Chez un adolescent ou chez un adulte, des douleurs donnant la sensation de cuissons vives et de brûlures au début et à la fin de la miction ; des hémorrhagies uréthrales, après un voyage en voiture ou une longue marche ; des dépôts de muco-pus dans l’urine; la disparition et la réapparition de ces symptômes , quelquefois une incontinence ou une rétention incomplètes d’urine avec des alternatives de douleurs musculaires, des douleurs aux aines, aux reins, au périnée, à l’épigastre, sont les symptômes rationnels de la pierre.
Chez les femmes, une urine trouble, des douleurs pendant l’émission de l’urine, de l’incontinence d’urine, des hématuries, des douleurs dans le bassin et 1^ cuisses font soupçonner un calcul de la vessie.
198 CALG
Pour reconnaître l’existence d’une pierre, après avoir exploré le canal avec une bougie de gomme (Dolbeau) ou directement avec la sonde
de Tolet (à petite courbure et non coudée à angle, et qui est munie aujourd’hui d’un robinet ) , on pénètre dans la vessie ; une injection d’eau tiède est faite si la vessie est vide ; il est mieux de sonder le malade avant qu’il ait uriné. La sonde est promenée en tous sens dans la vessie, et renversée pour explorer le bas-fond de la vessie. Il n’est pas obligatoire de se servir de cette sonde, on en emploiera de diverses courbures , si l’on soupçonne que le calcul est enkysté. Une fois le choc perçu, on introduira un petit brise-pierre pour mesurer les dimen" sions de la pierre et sa dureté approximative. Lorsque la pierre sera saisie par l’instrument, celui-ci sera promené dans la vessie; si l’on perçoit un nouveau choc, c’est qu’il y aura plusieurs calculs.
Pour explorer l’urèthre de la femme, une sonde d’homme, un brise-pierre, sont facilement introduits dans tous les cas, et l’on arrive sûrement au contact de la pierre.
Il n’est pas bon de chloroformiser les malades pour explorer la vessie, à moins que cet organe et l’urèthre ne soient extrêmement sensibles.
Si la pierre est volumineuse, il n’y a pas d’erreur, possible, mais si elle est petite, on peut se tromper et prendre une colonne charnue de la vessie, ou un lobe prostatique induré pour un calcul. On peut confondre de même des incrustations d’un fongus avec une pierre, le catélhérisme avec le brise-pierre prévient toute erreur. Il n’y a, du reste, jamais d’inconvénient à répéter les examens lorsqu’ils sont faits avec prudence.
On ne confondra pas un calcul vésical avec un corps étranger si l’on étudie avec soin lés antécédents du malade.
Une exostose du bassin (J. Cloquet) se distingue des calculs vésicaux parce qu’eUe est Située en avant, et ce n’est pas la place du calcul, toujours situé en arrière, même lorsqu’il est enchatonné.
Un calcul enchatonné saisi avec un brisepierre est immobile.
CALC
L’examen avec Tendoscope (Desormeaux) peut donner des indications sur le siège du calcul. V. Endoscope.
On reconnaît les calculs de la prostate, de la prostate et de l’urèthre, en considérant le moment où le choc a heu sur la sonde pendant que l’on introduit ou que l’on retire cet instrument explorateur.
Il est aussi des cas où l’on arrivera sur un calcul difficile à trouver au bas-fond de la vessie, en laissant uriner le malade pendant que la sonde est dans la vessie.
Thérapeutique. — A moins de très-rares exceptions, les caleuls formés dans la vessie ne peuvent se désagréger et être expulsés. Le traitement médical qui tend à ce but est toujours insuffisant ; on doit enlever ou détruire la pierre le plus tôt que l’on peut, et, à cet effet, on emploie la lithotritie et la taille.
Lithotritie. — La lithotritie est une opération qui a pour but de morceler un calcul en graviers Uns, qui doivent être retirés avec l’instrument ou expulsés avec l’uriue par les voies naturelles.
La lithotritie n’est applicable que pour la destruction des calculs ne dépassant pas le volume d’un œuf. Chez les enfants au-dessus de deux ans, chez les femmes et les hommes, ce traitement est d’une heureuse application, et est ordinairement moins dangereux que l’opération de la taille. Mais lorsque la vessie est très-irritable, lorsqu’elle s’enflamme facilement , la lithotritie comme la taille est une opération qui peut causer la mort.
On ne doit jamais faire la lithotritie avant d’avoir calmé les accidents inflammatoires du côté de la vessie. Lorsque la présence d’un calcul a causé une cystite, les malades prendront un grand bain tous les jours, et ils boiront une tisane diurétique. La tisane de bourgeons de sapin est une des meilleures tisanes à mettre en usage. On fera chaque jour des injections d’eau tiède dans la vessie, et, une fois les douleurs apaisées, on pourra commencer l’opération.
Pour faire la lithotritie, l’urèthre étant sain, après que l’on a pendant huit jours passé des bougies de plus en plus grosses pour habituer le canal au passage du brise-pierre, un lavement est administré au malade, celui-ci est couché sur le bord d’im lit im peu élevé, un coussin sous le bassin, les jambes et les cuisses sont dans une flexion légère et écartées, deux aides maintiennent le malade, un aide passe les instruments. Le chirurgien se place entre les cuisses du malade et se tient debout. Une injection d’eau tiède est poussée dans la vessie. On introduit le brise-pierre {screw lithotrit) (Weiss) percuteur (Heurteloup) à pignon ou muni de l’écrou brisé de Gharrière, à mors plats (Mercier) avec perforation au talon de la branche femelle. En général, la branche femelle de l’instrunaeut sera concave (Civiale), et la branche mâle sera plate ou à mors et dentée ; mais dans ce cas, la branche femelle devra toujoiu^ être
GALG
pins longue que la branche inàle afin d’éviter de pincer la vessie (1).
Le brise-pierre sera plus ou moins gros suivant l’étendue de la dilatabilité de l’urèthre.
Fig. 64. — Brise-pierre à écrou , de Cliai-rière. — G, G, F.
Mors à cuiller, avec perforation au talon de la branche femelle.
— D. Roue dynamique.
L’instrument placé dans le bas-fond de la vessie sera ouvert. On secouera légèrement le malade et le calcul tombera dans l’instrument. Si le moyen ne réussit pas, on ira avec précaution et lenteur à la récherche du calcul, on inclinera l’instrunient pour mieux le saisir. Quand le calcul est gros, et qu’on le rencontre imnaédiatement, on incline l'instrument à droite ou à gauche pour l’ouvrir, afin d’engager la branche femelle sous le calcul qu’on saisit après quelques tâtonnements. Si le cahml est petit et s’il s’engage dans le col de la vessie, au lieu de pousser la branche mâle, on ramènera la branche femelle sur la branche mâle. Si le calcul est enchatouné, on tournera le bec de l’instrument vers le calcul.
La pierre saisie et non serrée on fait exécuter des mouvements de rotation au brise-pierre, afin de s’assurer que la muqueuse vésicale n’est point pincée. L’écrou brisé, non arrêté, et maintenu avec les
(1) Lalithotritie est sortie théoriquement des écrits d'Albucasis, elle a été tentée par Fournier, de Lempdes, en 1812 ; Gruithnisen, en 1813. Leroy (d’Étiolles), Amnssai, Civiale, Jacobson, Henrteloup, ont chacun une part d’auteur dans l’installation de la Uthotritie dans la pratique.
GALG 199
doigts, la paume de la main appuyant sur la tige de la branche mâle, on serre ; ce simple mouvement suffit pour broyer les pierres peu résistantes. Les pierres dures réclament l’emploi de la vis, l’écrou brisé est ar-
(Fig. I.) (Fig. n.) (Fig. III.)
rêté, et quelques tours imprimés à la roue dynamique font éclater le calcul. Si le calcul résiste, l’écrou brisé est démonté, et on percute avec un marteau à tête de plomb sur la tige de la branche mâle. Une portion de la pierre écrasée est ramenée dans les mors de l’instrument. En général, lorsque la pierre se brise, pour éviter l’engorgement des mors, on serre et l’on desserre alternativement.
On retire l’instrument avec lenteur. Une sonde évacuatrice grosse, avec des yeux larges, et munie à son intérieur de deux canaux, un gros et un petit (Mercier) est introduite dans la vessie ; on injecte de l’eau tiède par le conduit le plus petit, et les graviers sont entraînés dans le conduit le plus volumineux ; à défaut de cet instrument une forte sonde garnie d’un gros œil sera employée. Lne tige métallique en spirale (Maisonneuve) servirai débarrasser la sonde.
200 CALC
Si la pierre est petite, friable, ou fera plusieurs introduction du brise-pierre pour détruire et enlever la pierre en une seule séance, mais, en général, il vaut mieux faire une seule introduction. Le brisepierre ne restera pas plus de deux à trois minutes dans la vessie.
Eu tous cas, une injection d’eau tiède sera donnée, un grand bain sera administré, à moins que le malade ne soit sujet aux accès de fièvre ; dans ce cas, on donnera seulement un bain de siège, de larges cataplasmes seront appliqués sur l’hypogastre et sur le périnée. Les malades éviteront les efiorts, ils urineront couchés sur le côté (Heurteloup), fis prendront deux ou trois • demi-lavements par jour. Un régime doux et une tisane diurétique seront prescrits.
Tant qu’il restera des débris de calculs, on renouvellera la lithotritie, tous les six ou sept jours. Quoique les malades se fassent, pour ainsi dire, aux manœuvres, il faut toujours agir avec les mêmes précautions. Longtemps encore après l’extraction des débris d’une pierre, les malades feront de temps en temps des injections d’eau tiède dans la vessie.
Accidents delà lithotritie. A. Si, comme à la suite des explorations ou de la dilatation de l’urèthre, après l’introduction des instruments lithotriteurs , les malades ont quelquefois un frisson intense, puis de la chaleur et des sueurs, s’ils ont en même temps de la tendance à la syncope, une irrégularité des bruits du cœur, on cessera d’agir sur le canal. On donnera des boissons en abondance, et surtout de la limonade citrique, les malades seront très-couverts, et on leur administrera dans la journée un purgatif salin (Giviale, Dolbeau). S’il y a lieu de supposer que les reins sont enflammés, on appliquera dix ventouses scarifiées en une seule ou deux fois sur la région des reins ; le sulfate de quinine à haute dose (Giannini), 1 à 2 grammes, ne peut agir que sur l’infection du sang, l’infection mineuse ou infection purulente. V. Ixfec-
TIOX URIXEÜSE.
On préviendra presque toujours cette complication en procédant avec lenteur dans les manœuvres, le sulfate de quinine à faible dose, donné avant d’opérer (Giviale) n’est pas un préservatif. Il est peut-être meilleur de donner une potion avec 10 centigrammes de bromure de potassium (Gusco, Nélaton). Si la fièvre prend un caractère de continuité ou d’intermittence rapprochée, il est nécessaire de débarrasser d’un seul coup les malades des restes de leur calcul. La taille a sauvé quelques individus arrivés à cet état.
B. Si une orchite survient, elle est due à une plaie de l’urèthre ou à l’engagement d’un fragment qui blesse l’urèthre. On traitera par les moyens appropriés (V. Orchite). Il faut savoir que les orchites à répétition indiquent une ulcération ou un fongus du col vésical, et alors on traitera le fongus. V. Vessie.
G. Si les malades ont voulu miner debout malgré les recommandations, un fragment du calcul brisé s’engage parfois dans l’mèthre, ceci est assez fréquent chez les enfants.
Si ime douleur vive smvient, si les envies d’uriner augmentent, on introduira une sonde molle, elle repoussera le fragment dans la vessie. S’il y a spasme et si le fi"agment est arrêté, on introduira une grosse sonde métallique qui distendra le canal et repoussera la petite pierre dans la vessie. Les injections |
CALC
forcées (Amussat) seront quelquefois utiles. S’il y ^ rétention d’urine et qu’il soit impossible de refonjej, le petit calcul dans la vessie, on pratiquera la litho. tritie uréthrale; pour cela on introduira un petit brise-pierre (bec large de 5 millimètres, long de 8 millimètres, canule de 4 millimètres) ; avec de la patience, il est rare que l’on ne parvienne pas à engager la branche femelle en arrière du gravier, si l’on désespère de pouvoir réussir, on fera la boutonnière périnéale ou la taille méthale.
Fig. 66. — Curette articulée Fig. 67. — Brise-pierre
de Leroy (d’ÉtiolIes). uréthral. (Mathieu.)
I. Opérations pour les pierres ai'rêtées dans les portions prostatique et membraneuse de rurèthre. Un cathéter-canule étant conduit jusque sur le calcul,
CALC
te bourses étant soulevées, on incise les téguments, en commençant par le raphé médian, à trois travers de doigt en avant de l’anus, jusqu’à la partie moyenne d’une ligne étendue de l’anus au sommet de la tubérosité sciatique (incision de la taille latéralisée de F. Gôme); puis on dissèque en explorant avec le doigt les parties que l’on coupe, on arrive ainsi à sentir le cathéter à travers les parois de la portion musculaire de l’urèthre; on incise celle-ci, puis on débride jusqn’à la pierre, en ayant soin de presser d'avant en arrière sur la prostate avec le doigt indicateur gauche introduit dans le rectum, de façon à amener la pierre et pouvoir la saisir avec des tenettcs ou une curette.
IL Opérations pour les pierres arrêtées dans la portion spongieuse. On dilatera le canal par les soudes, les injections, les insufflations d’air, et l’on recommandera au malade de pousser l’urine avec force. Ces moyens sont lents, et on ne les emploiera qu’à défaut des autres.
Avec une curette articulée qui, par un mécanisme, d(j droite qu’elle est au commencement de l’introduction, devient un 'crochet mousse (Leroy, d’Étiolles) ; ou passe l’instrument sur un des côtés du calcul, et l’on fait saillir le crochet mousse en arrière de la. pierre, qui est ramenée sans difficulté. Au besoin, on emploiera aussi une pince enfermée dans un tube et
dont les branches à ressort s’écartent (fig. 66 et 68) (Haies, Hunter, Civiale). Les branches passeront à côté de la pieri’C et l’on serrera la pince, puis la pierre sera amenée après quelques tâtonnements.
Si ces moyens sont insuffisants, on tentera lalithotritie (Albucasis, Franco, Leroy, d’Etiolles), comme il a été dit plus haut.
Si la lithrotitie ne peut être faite quel que soit le siège de la pierre, on incisera le canal.
Pour cela on allongera le prépuce le plus possible, ou fera une incision sur le côté de l’urèthre (Celse) ou sur les deux côtés (Louis), ou sur le dos de la verge (Colot) ; on se guidera sur la sonde cannelée , poussée jusque sur la pierre; l’incision sera plus grande que le diamètre du corps étranger et l’on extrait le corps étranger avec une curette, puis on laisse la peau du prépuce revenir sur elle-même, et une sonde sera placée dans la vessie au moment où les malades auront besoin d’uriner.
D. Si une hémorrhagie survient, on appliquera des compresses froides sur l’hypogastre, sur la verge et sur les cuisses. Si la vessie s’emplit de caillots, on introduira une grosse sonde pour les morceler (Gubler) et l’on retirera ces caillots par des introductions répétées de cet instrument.
E. S’il y a rétention d’urine, des grands bains ou des bains de siège seront administrés. On s’assurera par le palper abdominal si la vessie se vide, et quand même l’urine coulerait par regorgement, on sondera trois ou quatre fois dans les vingt -quatre hem-es.
F. Une fausse route sera traitée par l’application
CALC 201
d'une sonde à demeure pendant vingt-quatre heures; mais on aura soin que la sonde ne pénètre pas jusque dans la vessie, où elle déterminerait une ii-ritation.
G. Un abcès dans le voisinage de la vessie, dans la prostate, autour de l’urèthre, seront traités par l’incision.
Lithotritie dans les cas compliqués. Si le méat est étroit, on débridera avec un petit lithotome caché (Civiale). Si un individu est atteint d’un rétrécissement dilatable, on dilatera le rétrécissement avant de procéder à l’opération. Si le rétrécissement est fibreux ou annulaire, on pratiquera l’uréthrotomie , mais la taille vaudrait mieux dans ce cas que la lithotritie. V. Rétrécissemext de l’ urèthre.
Les valvules de la portion prostatique de l’urèthre ou du col de la vessie ne seraient pas opérées sans danger, on n’y touchera pas; par l’habitude, on arrivera à les franchir. Une sonde à demeure pourra les déprimer et faciliter le passage du hrise-pierre. Les hypertrophies de la prostate réclament les mêmes moyens.
Un abcès de la prostate sera traité avant de commencer les tentatives de la lithotritie, à moins que pendant l’exploration on ait reconnu un petit calcul susceptible d’être enlevé en une seule séance. Dans le cas où la vessie est revenue sur elle-même et où les injections sont mal conservées dans la vessie, on injectera de petites quantités de liquide et l’on répétera les injections pour distendre la vessie mécaniquement, pour ainsi dire. Quand on sera parvenu à dilater la vessie et à opérer, s’il arrive que les fragments de la pierre déterminent une contraction énergique de la vessie et s’ils s’engagent dans le col, on pratiquera sur-le-champ la taille.
Les injections d’acide carbonique sont recommandées dans les cas de contractilité permanente et douloureuse de la vessie, et l’on fera la lithotritie lorsque l’irritabilité aura cessé.
Lorsque la vessie est dilatée, paresseuse et ne se vide que par regorgement, il faut habituer l’organe à se yider par des cathétérismes répétés quatre ou six fois par jom*, et l’on fera des injections froides dans la vessie ; on opérera plus tard, lorsque la vessie aura repris sa contractilité normale.
Dans une vessie paralysée on agit à l’aise, et l’on peut retirer à plusieurs reprises le hrise-pierre, qui s’est chargé de fragments du calcul; on soude ensuite quatre à six fois par jour les malades avec une grosse sonde ou avec la sonde à double courant, de Mercier.
Si la vessie est à colonnes et si l’on craint de prendre avec la pierre une portion Je la vessie, ce qui ne peut arriver qu’à ceux qui n’ont jamais cassé une pierre dans la vessie; on aura recours à une expérience artificielle pour s’habituer à la sensation d’une pierre dans un instrument et à la sensation d’uue pierre entourée d’un corps souple. On recouvre un des mors du hrise-pierre avec de la peau ou un morceau de chair, et l’on prendra entre les mors I une pierre ; on comparera les sensations perçues avec
Fig. C8. — Pince de Hunter.
202 CALC CALC
celle que l'on a en tenant une pierre seule dans l’in- un aide attentif qui relève eu même temps les strument (Dolbcau). On saisit du reste la pierre comme bourses.
on peutj on tâtonne. A l’aide d’mi bistouri pointu à dos épais ^ une
Un fongus ou cancer de la vessie^ qui se recouvre incision en croissant entourant la circoufércnce antéordinairement de concrétions calcaires, peut exister rieure de la marge de l’anus étant faite, le doigt avec un véritable calcul. Un état général cachectique indicateur est introduit dans le rectum , et le chien rapport avec des douleurs peu vives, des hémor- rurgien dissèque en suivant la paroi antérieure de rhagies, une urine fétide et sanguinolente, contre- cet organe (Nélaton) ; le pouce suit dans la plaie les indiquent les opérations dans ces cas. On enlèvera avec progrès de la dissection ; on arrive jusque sur la un petit brise-pierre les concrétions mobiles, et l’on prostate ; on perce alors librement la portion mempourra avoir recours à l’injection continue dans la braneuse de l’urèthre sur la sonde cannelée (Nélavessie à l’aide de la soude à double courant. Un ca- ton) (modification de la taille bilatérale de Celse et tarrhe vésical ne contre-indique pas la lithotritie. de Dupuytren).
Du pus bien lié, mêlé à une urine fétide coiuci- Ou bien on incise sur le raphé, en commençant à dant avec des douleurs de rein, de la fièvre inter- 3 centimètres en avant de l’anus et terminant i la mitteute, indiquent qu’il y a une néphrite ; dans des muqueuse anale. On incise dans l’angle postérieur ca.s pareils la lithotritie peut être dangereuse. de la plaie ; le doigt suit les progrès de la dissection
Taille. — Un calcul dur, composé d’acide urique et l’on arrive sur l’urèthre occupé par le cathéter et
et même d’oxalate de chaux, n’ayant pas plus de Ton incise (modification de l’incision de Vacca Ber- 3 centimètres de diamètre moyen, plusieurs petits liughieri).
calculs durs, un calcul qui n’a pas pu être brisé par 1® L’urèthre ouvert, on agrandit l’incision d’avant la lithotritie, un calcul engagé dans le col, exigent l’emploi delà taille ou cystotomie, c’est-à-dire l’incision de la vessie et l’extraction immédiate du calcul.
1® Taille périnéale. Avant de pratiquer la taille, si l’on a du temps devant soi, on purgera les malades. Des bains et des lavements émollients se- Fig. 70. — Lithotomc sans gaine postérieure,
ront prescrits pendant quelques jours.
Pour faire la cystotomie, on ne donnera pas le eu arrière; 2° le lithotome double sans gaine postéchloroforme, à moins que les malades ne l’exigent, rieure, de Charrière, monté de façon que l’écarte- On place le malade sur un lit un peu élevé ; ses ment des lames produise une ouverture suffisante, cuisses sont maintenues fléchies, grâce à ce que les mais ne dépassant pas 45 millimètres (Malgaigne), mains du malade, embrassant ses talons, sont fixées est introduit dans la rainure du cathéter, dont la à la cheville par des liens de caoutchouc; deux aides concavité est tournée vers l’anus. 3® Le chirurgien
engage le cathéter un peu plus dans la vessie et fait suivre le lithotome. Si la pierre arrête, on recommence en dérangeant le cathéter à droite ou à gauche, en abaissant le manche du lithotome ; on dégage la pointe du lithotOme de la rainure du cathéter ; 4® on retire le cathéter ; 5® le lithotome est placé de façon que la convexité soit tournée en haut; 6® on incise en portant la courbure de l’instrument vers le pubis : on fait saillir la lame, et l’on retire doucement en sciant légèrement, et l’on cesse de tenir les lames ouvertes quand on suppose le col de la vessie incisé.
Le doigt introduit dans la plaie mesure son étendüé ; si la plaie est trop petite on pourra débrider (Ledran) par une incision et mieux par quatre incisions (Vidal, de Cassis), avec un bistouri boutonné.
Des tenettes à décroisement près des anneaux (Charrière), droites ou courbes, iront chercher la pierre. Celle-ci une fois saisie, on extraira avec lenteur et par un mouvement de va-et-vient. Si le calcul s'échappe et demeure dans la plaie, on l’amènera au dehors avec ime curette, des injections d’eau froide seront employées pour amener les débris des calculs qui pourraient avoir été produits pendant la recherche de la pierre.
En général, lorsqu’il s’agit d’une grosse tiennent les cuisses écartées et fortement fléchies sur | pierre l’incision prérectale est celle qui donne le le bassin. Un cathéter cannelé à gi-ande courbm-e est plus de place.
introduit jusque dans la vessie, et est maintenu par | Si le calcul est plus volumineux que le chinu^en
CALC
ne l’a pensé, s’il est dangereux d’agrandir l’incision, et si l’on craint de déchirer la prostate, on brisera la pierre (Ammonius dans Celse), soit axec un gros brise-pierre (Giviale), soit avec la tenette forceps fNélaton) et un perfoi’ateur à éclat (Lecat) ou une vrille montée sur la tenette-
Après l’opération, le malade est couché sur le dos, les cuisses demi fléchies sont soutenues par un coussin placé sous les jarrets. La plaie est pansée avec des compresses froides ou un cataplasme, une injection d’eau tiède est faite toutes les trois heures dans la plaie. On place quelquefois une canule spéciale à chemise dans la plaie, surtout dans les cas où il y a quelque suintement sanguin, la canule est alors maintenue par des lacs attachés à un bandage de corps. On donnera un lavement et on placera des cataplasmes sur le ventre; une potion avec 10 grammes d’extrait d’opium sei-a donnée. On prescrira pour régime aux malades du bouillon, de l’eau roupie et une tisane amère.
Si l’urine ne coule plus par la plaie à cause du gonflement de ses bords, on sondera les malades, on fera aussi des injections dans la plaie.
La cystotomie périnéale prérectale et médiobilatérale n’exposent pas à la blessure du bulbe et à la section de l’artère transverse du périnée; si par malheur une hémorrhagie survenait , on introduirait entre la canule et la chemise de la charpie ou de l’amadou pour comprimer ; une ampoule de caoutchouc (Malgaigne) comprimera bien.
Si l’artère transverse du périnée a été coupée et si on la voit donner du sang, une aiguille à ligature courbe, pointue, est introduite dans la plaie, sa pointe rase l’ischion, et on lie les tissus en masse (Boyer) ; à défaut de l’aiguille de Deschamps, on liera avec un tenaculum.
Si les malades éprouvent des frissons et des sueurs, examinez d’abord s’il n’y a pas rétention d’urine et sondez le malade; les accidents disparaîtront, s’ils sont dus à la rétention d’urine. Il n’y a rien à faire contre le coma profond, après lequel les malades succombent. Contre la torpeur, le délire, l’excitation extrême, le tétanos, on tiendra les malades chaudement, on emploiera les antispasmodiques, niais on arrêtera rarement ainsi une infection aiguë due à la fois à ime résorption putride des reins et une absorption des liquides enflammés autour de la plaie, infection qui s’accompagne lorsqu’elle se prolonge par des plaques gangréneuses sur la peau. V. Lvfectiox pcbu-
LEXIE ET ÜRINEÜSE.
Une diarrhée urémique avec concrétion de carbonate d’ammoniaque dans les selles sera traitée par les révulsifs cutanés, le vésicatoire sur l’abdomen. Le traitement général de l’urémie (V. ce mot) est peu efficace dans ces cas.
Des douleurs de reins vraies réclameront une application de sangsues sur la région des lombes ; des lambeaux membraneux rendus par la plaie et recouverts d’incrustations calcaires révèlent une cystite phlegmoneuse , une lésion analogue à la dysenterie (Morgagni, Dolbeau) : des injections émollientes sont utiles à employer.
Une infiltration urineuse sera traitée par les débridements multiples.
La plaie de la cystotomie se cicatrisant du fond 'ers l’extérieur, si la plaie vésicale ne se réunit pas une fistule persiste ; pour la prévenir, on comprimera
CALC 203
sur les bords de la plaie dès que l’urine commence à couler par l’urèthre (Tolet). Si la fistule persiste, on cautérisera, on nourrira les malades amaigris. Débrider la plaie (Dolbeau) est aussi bon que la cautérisation de la plaie au fer rouge (Dupuviren).
Si les malades taillés deviennent impuissants, il n’y a rien à faire.
2“ Taille latérale. On peut aller à la recherche des petites pierres comme des corps étrangers peu volumineux par la taille latéralisée de F. Corne. Le malade étant disposé comme pour les autres procédés de taille, on fait une incision qui commence sur le rapbé périnéal à 3 centimètres en avant de l’anüs et SC termine à la partie moyenne d’ime ligne étendue de l’anus à la tubérosité de l’ischion. Le doigt indicateur gauche est placé dans la plaie, dirige la dissection, repousse le bulbe vers la ligne médiane, suit avec l’ongle la rainure du cathéter qu’il ne quitte plus ; on incise l’urèthre, on agrandit l’incision jusqu’au col. Le lithotome simple, dont on gradue l’ouverture de la lame sans dépasser le n° 11 de l’instrument est introduit.
Guidé par le cathéter, l’instrument pénètre de 3 centimètres dans la vessie, et est retourné de manière que sa concavité regarde le pubis; on sectionne en bas (F. Corne) ou mieux en dehors ; si l’ouverture est trop petite on débride (Boyer).
On est exposé par cette opération à des hémorrhagies que l’on traitera par la compression et la ligature, s’il est possible. La blessure du rectum est un inconvénient seulement parce qu’elle peut être l’occasion d’une fistule recto- vésicale. V. Fistule
RECTO-VÉSICALE.
On prévient la blessure du rectum en faisant tirer l’urèthre par le cathéter, de façon que celui-ci colle le canal contre le pubis (Pope, du Missouri).
3“ Tailles par des procédés mixtes. La taille médiane (Vacca Berlinghieri), la taille recto-vésicale avec section du sphincter anal (Vacca Berlinghieri), la taille recto-vésicale sans section du sphincter anal (Maisonneuve), la dernière surtout, ne sont pas de bonnes opérations, à moins que le calcul ne soit senti sous le rectum; les calculs développés primitivement dans la prostate peuvent être enlevés par la taille rectale.
4° Taille hypogastrique. La taille hypogastrique est presque inévitablement mortelle, mieux vaut laisser les malades" mourir de leur calcul, lorsque la taille combinée à la lithotritie est inapplicable. Elle ne sera faite que dans les cas où existe un calcul trop volumineux ne pouvant être extrait par le périnée. Pour faire la taille hypogastrique, une sonde à dard est introduite dans la vessie et amenée au-dessus du pubis, on fait saillir le dard, on incise, ou bien on incise sur la sonde à dard en coupant couche par couche. Un crochet ou un gorgeret suspeoseur doit maintenir le parallélisme de la plaie de la paroi abdominale et de celle de la vessie ; la pierre sera extraite, si elle est trop grosse, on la fiagmentera avec uu gros brise-pierre ou mxe tenette à forceps plutôt que de débrider sur les bords de la plaie, et une grosse sonde sera placée dans la plaie, ime sonde à demeure étant maintenue dans la vessie par l’urèthre.
La taüle hypogastrique réussit quelquefois (Franco, Leroy d’ÉtioÙes), mais elle est ordinairement suivie d'une infiltration urineuse ou d’un vaste phlegmon urineux du bassin.
204 CALG
OPÉKATI05S xixTES. — On associcra la taille périnéale à la lithotritie lorsque la pierre est petite et lorsque la lithotritie est reconnue impossible.
Ou pratique ime boutonnière périnéale guidée par le cathéter, on ouTre la portion membraneuse de Turèthre en suivant les procédés indiqués pour la taille latérale ; l’incision de la portion membraneuse de rurètbre est prolongée jusque sur la prostate. On dilatera l’urèthre avec un dilatateur à six valves écartées par une boule centrale ; on l’introduit et on agrandit ainsi Turèthre ; on ‘passe dans la vessie un brise-pierre à pignon, dontlacanulealS millimètres de diamètre, on brise la pierre et on en extrait les fragments. Une injection à grande eau est faite par l’ouverture périnéale (Dolbeau). On peut dilater la veille du jour où l’on brise le calcul.
On peut créer une fistule urinaire, dilater plus tard cette fistule et aller briser la pierre à travers la fistule dilatée.
Gomme la nécessité a conduit plusieurs fois à faire la taille immédiatement après la lithotritie, chez les sujets à vessie irritable et raccornie, on pourra faire une séance de lithotritie pour fragmenter le calcul, puis on procédera à l'opération de la taille par la méthode latérale ou bilatérale. Dans ces conditions, l’incision faite au col de la vessie pourra être petite, et on sera sûr de ne pas dépasser les limites de la prostate.
Soins consécutifs. Après l’opération de la pierre par la lithotritie ou par la taille, on évitera la récidive des calculs par le traitement des diathèses urique , oxalurique, phosphatique, etc. (V. Gravelle). On traitera la cystite chronique (V. Cystite), les malades se sonderont chaque jour et feront des injections dans la vessie, les eaux et les douches sulfureuses répareront la santé des malades, on donnera à l’intérieur les amers, les ferrugineux, comme dans la dyspepsie et les anémies. V. pour les eaux minérales, Gravelle.
Traitement palliatif. Lorsqu’un malade ne pourra pas être opéré ou quand l’opération paraît devoir entraîner une aggravation de la cysto-néphrite et de l’urémie, en même temps que par son volume le calcul commande de grands délabrements, lorsqu’un cancer ou un fongus de la vessie existent, on n’opérera pas. On se bornera à administrer de grands bains, k faire des injections dans la vessie. Les exercices un peu violents, les régimes excitants, les rapprochements sexuels, seront proscrits. On traitera les complications qui pourraient survenir du côté de la vessie ou des reins. On fera une ponction périnéale, et on laissera une canule à demeui’e (Avicenne) jusqu’à ce qu’une fistule vésicale soit établie -, la boutonnière (Thevenin, Ledran) est la même opération. V. Rétextios d’urine.
Taille chez la femme. — Les calculs volumineux, gros même comme un œuf, peuvent être expulsés spontanément de la vessie d’une femme (Benedict, M. Donatus, Morand, Lecat), mais on ne doit pas attendre ce résultat. Seulement ces faits indiquent que la dilatation de l’urèthre est le traitement le plus rationnel.
On dilatera l’urèthre avec de l’éponge préparée ou avec un dilatateur mécanique, mais il faudra ne dilater que progressivement. Les dilatateurs mécaniques sont en ce sens inférieurs à l’éponge préparée.