VII. Tumeur hypertrophique dermique
(V. Éléphantiasis et Mollüsgüm.) — Il existe quelquefois dans les grandes lèvres des tumeurs constituées par une masse mollasse, recouverte d’une peau plus ou moins épaisse, indolente, croissant avec une très-grande lenteur, ayant la consistance d’un lipome fibreux; elles sont pédiculées ou sessiles, et n’adhèrent pas aux parties profondes. Ces tumeurs présentent à la coupe l’aspect du tissu atteint d’éléphantiasis.
Thérapeutique. — Lorsque, par leur poids et leur volume, les tumeurs dermiques byperti-ophiques des grandes lèvres deviendront gênantes pour les malades, on les enlèvera.
Les tumeurs pédiculées seront opérées par incision du pédicule, ou par l’écrasement linéaire. Les tumeurs sessiles seront extirpées par une incision double en croissant et par dissection de la tumeur.
VIII. Cancer des grandes lèvres. — Les cancers ou les cancroides des grandes lèvres sont rares (Vidal, de Cassis) ; et ils se révèlent par les caractères généraux des cancers. L’induration et l’ulcération, la mauvaise odeur des liquides fournis par les plaies, le retentissement sur les gaugUons qui sont engorgés, la courte durée du mal dans les cas de cancer encéphaloïde, l’altération de la santé générale, ne laissent pas de doute sur ce diagnostic.
Les cancers des grandes lèvres ne seront pas confondus avec l’esthiomène de la vulve, à cause de la rapidité de la marche des accidents dans le premier cas et de leur lenteur dans le second ; au reste, une erreur ne serait pas préjudiciable au malade, puisque le traitement de ces deux maladies est le même. V. Esthiomèxe DE LA VULVE.
Les syphilides ulcérées ne peuvent être distinguées du cancroïde au début que par le traitement antisyphilitique.
Thérapeutique. — Au début, comme il y a souvent difficulté à préciser s’il s’agit d’un chancre phagédénique ou d’un chancre induré clmonique (Boys de Loury^ , on doit prescrire le tr-aitement de la syphilis constitutionnelle ou du chancre.
Dès que la nature du mal sera bien reconnue, on aura recours à l'ablation des parties malades, et l’on pansera à plat. On attaquera les récidives par la cautérisation au fer rouge et mieux avec le caustique au chlorure de zinc.
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On lavera les cancers ulcérés avec les désinfectants, l’eau chlorurée, le permanganate de potasse en solution au centième. V. Dési>tectants et Ga>’cer.
GRAIVDRIF (Puy-de-Dôme). Eau bicarbonatée, calcicjue et arsenicale froide, employée dans les fièvres intermittentes rebelles.
GRAPHITE, ou PEOHRAGilVE. Substance minérale presque entièrement formée de carbone, que l’industrie emploie pour faire les crayons de mine de plomb. On en fait une pommade contre les dartres (5 grammes pour 30 grammes d’axonge), et dans les mêmes circonstances, on la donne à l’intérieur en pilules ou en électuaire.
GRASSE!» (Matières). Substances animales dépourvues d’azote, insolubles dans l’eau, solubles dans l’alcool et l’éther. Elles comprennent les graisses proprement dites, les suifs, les beurres et les huiles.
La graisse renferme beaucoup de stéarine, de margarine et à' oléine. On s’en sert dans l’industrie pour faire des savons, et en médecine son emploi est très-répandu. — Elle fournit ou saindoux, qui n’est que de la graisse de porc fondue dans l’eau, purifiée de cette manière et dont on se sert pour faire toutes les pommades. Celte graisse s’emploie fréquemment comme topique dans l’érysipèle E.
Les graisses de blaireau, d’ours, de hérisson, d’homme, de renard, etc. , jadis conseillées en médecine, ne sont plus employées E.
A l’intérieur la graisse peut être prescrite dans la phthisie et dans la scrofule comme succédané de l’huile de foie de morue E — Alors on la donne sous forme de lard frit E, de graisse de porc rôti sur du pain avec du sel E, de graisse d’oie de la même manière, de beurre en boulettes avec du sucre, ou étendu sur du pain, etc.
GRATIOEE ( SÉXÉ DES PRÉS , HERBE A
pauvre HO^niE). Plante indigène de la famille
GflAV
des persoimées, douée d’une saveur amère cl de propriétés purgatives très-énergiques. — On la donne en poudre à la dose de 50 centigrammes à 1 gramme et demi.
GRAVELEE. Le dépôt de matières salines ou terreuses au. fond des urines constitue la gravelle.
La gravelle est formée de poudre fine, composée de cristaux microscopiques, ou de sable, de paillettes, de granules et de gra viers, ne dépassant pas les dimensions convenables pour traverser l’uretère.
Il y a une gravelle vésicale, formée par l’altération de l’urine dans la vessie, et une gravelle rénale déterminée parmi vice de la sécrétion urinaire à son origine.
Fig. 245. — Gravelle l’énale. — Coupe du x’ein, des calices et du bassinet. De petits calculs existent dans les calices, et Fun d’eux,' ayant passé dans le bassinet, est engagé dans l’uretère. Des graviers se voient dans la substance tubuleuse du rein. (MaUez.)
La gravelle rénale est une disposition naturelle des nouveau-nés, car tous ceux qui succombent ont la substance tuberculeuse des reins injectée par une poussière jaune qui n’est pas autre chose que de l'acide urique. C’est un état qui se dissipe au bout de quelques jours.
Les enfants sont très-sujets à la gravelle vésicale, lorsqu’ayant la fièvre ils ont des urines rares, irès-chargées de sels, douloureuses au moment de l’émission, ce qui amène des dépôts urinaires servant de base à la formation de pierres dans la vessie.
%* Une fois la première enfance passée, la gi’avelle est très-rare, et on ne l’observe plus que chez les adultes, quelquefois chez les vieillards , et plutôt chez l’homme que chez la fenune,
La vie sédentaire, la mauvaise habitude
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évident que ce trouble de la sécrétion urinaire est compatible avec la santé.
Chez quelques personnes la gravelle produit une douleur sourde à la région rénale, des besoins fréquents d’uriner, de la chalenr en rendant les urines, ét le liquide rendu dépose du sable et des graviers avec du mucus ou
de retenir longtemps les urines, les excès de table et l’usage des viandes noires et du vin favorisent le développement de la gravelle.
La gravelle est une des manifestations de la goutte (V. ce mot), et à ce titre elle est fort souvent héréditaire.
L’usage excessif des viandes noires pro-
Fig. 2i6. — Gravelle d'acide urique. (Ch. Robin et Veideil.)
du muco-pus , s’il y a compUcatiou de cystite.
La gravelle vésicale ne produit jamais d’autres troubles fonctionnels que ceux du catarrhe de la vessie ou ^ la cystite T. ce mot), tandis que la gravelle rénale peut donner lieu à des accidents de colique n^irétique, si un gravier vient à s’engager dans Tureière sans
duit souvent la gravelle urique (fig. 246), taudis que la nourriture végétale engendre la grardle blanche phosphatique (fig. 257), et l’abus de l’oseille la gravelle jaune oxalique ou grarelle (foxalate de chaux (fig. 252 j.
Dans beaucoup de cas la gravelle ne donne lieu à aucun trouble fonctionnel et il est
,oir le parcourir en entier pour tomber I la vessie. V. Coliques néphrétiques,
Fig. 247. — Gravelle d’acide urique. (Ch. Robin et Verdeil.)
Calculs du rein et Réslrvoir urinaire.
La gravelle est souvent le point de départ des calculs vésicaux, lorsqu’un gravier tombé dans la vessie y séjourne longtemps en se recouvrant de couches successives pour devenir
moins qu’une cystite ou une néphrite n’y mêlent