‹ Dictionnaire de thérapeutique médicale et chirurgicaleChapitre 366 sur 731 · II. Infection putride (A. Bérard · texte numérisé non relu

II. Infection putride (A. Bérard

A. Infection aiguë. — Lorsque dans les premiers joure qui suivent une plaie ou une contusion, avant le quatrième jour, c’est-à-dire avant qu’il n’y ait du pus formé, des liquides sanieux d’une odeur fétide sont accumulés dans une plaie réunie intempestivement ou sous une eschare gangréneuse, l’absorption a lieu par des veines ouvertes largement ou par des réseau v capillaires présentant des ouvertures multiples, il y a souvent infection putride aiguë. Les malades sont pris d’un frisson intense et de tous les signes de l’infection purulente. Mais les symptômes ont un acuité beaucoup plus marquée, surtout après une gangrène. Après une plaie, avec ouverture des veines, les malades meurent quelquefois dans les vingt -quatre heures. Quelquefois la diarrhée est le phénomène de début de

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l’infection, après qu’elle a présenté un ordre de symptômes désignés sous le nom d’état cholériforme ou d’état typhique (V. Choléra et Typhus). Il y a parfois une" élévation considérable du pouls qui reste très-petit.

Dans l’infection putride, les abcès métastatiques et les complications locales et du côté des viscères sont extrêmement rares, parce Cju’ils n’ont pas le temps de se produire ; lorsqu’on trouve des phlébites et des angioleucites, elles se sont développées en même temps que d’autres vaisseaux absorbaient les produits septiques.

L’infection putride aiguë ou infection putride des premiers jours (Batailhé) est toujours mortelle.

C’est toujours chez des individus mal disposés que l’infection putride aiguë se montre.

Chez les individus qui ont une plaie de la bouche avec fractures du maxillaire, il y a une intoxication qui est due h ce que les roala- . des respirent l’odeur infecte du pus et se nourrissent de liquides putrides formés dans la bouche (Richet, Cbassaignac) .

Thérapeutique. — Il est impossible de guérir l’iiifcction putride aiguë, mais ou peut la prévenir.

Chez les sujets affectés de maladies qui ne réclament pas une opération immédiate, ou la prévient en améliorant l’état des malades s’il existe un embarras gastrique ou s’il y a dépression physique et morale. V. Ixdicatioxs opératoires.

Chez les blessés et opérés, on prévient l’infection en les nourrissant à partir du moment où le traumatisme a eu lieu.

Les pansements avec le vin (Celse, Fabrice d’Acquapondente’) , avec l’alcool ou l’alcool camphré (Batailhé) — les purgatifs (Guy de Chauliac), l’ipécacuanha chez les accouchées (Legroux), les décoctions vineuses de quinquina sur les parties gangrenées, sont de bons moyens préventifs.

La cautérisation des plaies avec le fer rouge on avec la pâte au chlorure de zinc (Bonnet de Lyon), lorsque des liquides sanieux et d’une odeiyr fétide sont sécrétés, peut rendre de véritables services, même au moment où le frisson initigl de l’infection putride a eu lieu. On peut arriver ainsi à arrêter le mal eu oblitérant par la cautérisation les voies de l’absorption.

Chez les nouvelles accouchées, les injections vaginales alcoolisées, ou avec la décoction de quiuquiuii et les injections avec le permanganate de potasse au vingtième, seront faites dès que les malades présenteront plus de cent pulsations, et quand les malades seront évidemment sous le coup d’une infection putride aiguë, plutôt que sous le coup d’une métritc, d’une péritonite et d’un abcès des ligaments larges. V. ces mots.

Snr les blessés ou opérés, chez lesquels des veines ont été largement ouvertes, on ne réunira jamais par première intention ; on pansera à plat, avec des compresses imbibées d’eau-de-vie camphrée. — Lorsque les plaies seront fétides, on pansera avec le permanganate de potasse ou l’on cautérisera avec la pâte au chlorure de zinc, ou avec le fer rouge (Bonnet).

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Chez les individus atteints de gangrène, on pansera avec l’eau-de-vie (Velpeau), avec la poudre de quinquina, avec la poudre de quinquiifa et de charbon, on enlèvera les eschares au fur et à mesure qu’elles se détacheront.

On nourrira les blessés et les accouchées, et l’on administrera dès les premiers frissons les médications énergiques employées contre l’infection purulente, et en première ligne le sulfate de quinine (Beau) et la tisane au chlorure de soude. V. plus haut.

B. Infection chronique, infection putride lente (À. Bérard). — Les abcès froids, les abcès par congestion, les caries, les nécroses et les tubercules des os, les tubercules pulmonaires, les fistules osseuses, les péritonites et les pleurésies chroniques, les kystes de l’ovaire suppurés, donnent lieu à une infection lente qui procède ou bien par une poussée, se rapprochant de l’infection putride aiguë et suivie d’un état d’affaiblissement progressif, ou bien par ce dernier état.

L’infection putride s’observe à la suite de l’ouverture d’abcès existant depuis longtemps et dans lesquels l’air s’est introduit (Bérard, Lisfranc), elle s’observe dans les maladies des os avec abcès circonvoisins, et elle se produit alors parce que l’absorption se fait aux dépensdu pus et principalement du sérum du pus.

L’infection putride chronique n’est pas seule la cause de la mort, il s’y joint un épuisement produit par une suppuration abondante ou par l’odeur du pus qui pénétré dans les voies respiratoires et empoisonne comme un miasme.

Quand un abcès ou une fistule donnent issue à un pus fétide, quelques frissons, de la fièvre avec de la chaleur à la peau, caractérisent le début de l’infection putride chronique.

Les malades maigrissent, présentent de légers accès de fièvre le soir, la peau prend une teinte terreuse, les forces tombent, l’appétit s’affaiblit, des sueurs fréquentes se montrent, de la diarrhée avec subdelirium arrivent, et les malades s’éteignent pour ainsi dire empoisonnés lentement et faute de pouvoir réparer les pertes qu’ils éprouvent par la suppuration.

Les suppurations longues et l’infection putride amènent presque toujours des accidents dont le principal est un engorgement des poumons et quelques dépôts plastiques qui ne sont pas une véritable phthisie pulmonaire (Velpeau).

%* L’infection putride peut être guérie à la condition que la source du pus sera tarie, et souvent la mort sera retardée si la fétidité du pus cesse sous l’influence d’ouvertures convenables et d’injections désinfectantes.

Thérapeutique. — O a prévient quelquefois l’infection putride en ouvrant les abcès par la méthode sons-cutanée. V. Abcès par co^IGESTIO^’ et Méthode

S0rS-K:CTA5ÉE.

S’il y a un grand foyer purulent, les lavages seront

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faits dans les cavités contenant du pus avec la décoction de quinquina ou avec les solutions iodées (Velpeau), dont voici les formules :

Eau distillée . 200 grammes.

Teinture d’iode . 20 id.

Ou :

Iode . 1 gramme.

lodure de potassium . 2 id.

Eau . 1000 id.

On emploie aussi les injections :

Eau distillée . . 200 grammes.

Permanganate de potasse . . 2 à 20 id.

(Casteix, Reveil.)

Ou :

chlorure de soude . . . 20 grammes.

Eau . 500 id.

On administrera à l’intérieur :

Décoction de quinquina. . . l . . at\n

Eau de mer. . . .^ . | 200 grammes.

Ou :

Eau distillée. . . 130 grammes.

Sel marin. . . • . 10 id.

Quatre tasses dans la journée.

(Russell.)

On. peut remplacer le sel marin par Vhypophos- ■ phïte de soude, à la dose de 1 à 4 grammes.

(Hôpitaux d’Italie.)

. Les préparations de quinquina :

Le vin de quinquina, 120 grammes; l’extrait de quinquina, 1 à 5 grammes par jour. Le sirop de quinquina du Codex.

La teinture de quinquina :

Quinquina rouge . 61 grammes.

.corce d’orange amère . 48 id. .

Serpentaire de Virginie . 12 id.

Safran. ; . . . . . 4 id.

Cochenille . 2 id.

Alcool à 51“ . lOOO id.

20 à 30 grammes par jour. (Huxham.)

Une nourriture réparatrice, des boissons acidulés et amères, sont les moyens toniques les plus puissants. ,On forcera les malades à manger. On se guidera sur leurs goûts pour les nourrir ; c’est là le plus important. Le jus de viande à peine cuite, saignante, les féculents, le café noir, sont d’un bon emploi. En cas d’amélioration, le séjour à la campagne et sur les bords de la mer seront prescrits le plus tôt qu’il sera possible.

Dans le cas où l’infection putride à son début sc rapproche de l’infection puruleute à forme aiguë, on donnera le sulfate de quinine. V. Ixfectiox pcru-

LEXTE AIGÜE.

L’infection putride peut être guérie par la disparition de la lésion qui a causé la suppuration ou par l’ablation du mal primitif- V. Ostéites, Nécroses, Arthrites.

Infection nrinense. Fièvre intermittente, uréthrale (Giaaniai, Velpeau); fièvre uréthrale (Maisonneuve) ; résorption urineuse (Sédillol) ; urémie par résorption des produits putrides formés dans le rein (CL Bernard). — A la suite d’un cathétérisme simple ou forcé, après des opérations faites sur les organes génito-

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uriuaires, on voit survenir subitement chez quelques malades un frisson intense^ suivi de sueurs, qui souvent cesse le jour même et ne se reproduit plus, à moins d’une nouvelle manœuvre sur les organes génitaux urinaires, c’est là une infection passagère, due tantôt à l’absorption de l’urine par une plaie faite sur le canal urinaire (Velpeau), soit à une inflammation du tissu spongieux de l’urèthre {(ihassaignac) et à la pénétration de l’urine dans le tissu (Maisonneuve) spongieux de l’urèthre ; peut-être, la douleur causée par le cathétérisme, détermine-t-elle aussi, en vertu d’une action réflexe, une cessation de la fonction urinaire (F. Bron) et une urémie passagère.

Lorsque chez un malade atteint de phlegmasie chronique du rein, de l’urèthre et de la vessie, ou sous l’imminence d’une de ces affections, une opération est faite ou même un simple cathétérisme a été pratiqué, un frisson violent se déclare, puis viennent des tremblements convulsifs et des soubresauts violents, il y a de l’angoisse, des crampes dans les membres, des accès de suffocation, de la tendance aux syncopes et au refroidissement général ; la face est altérée, un coma profond survient et les malades meurent en présentant un état analogue à la forme comateuse de l’urémie et du choléra, d’où la désignation de fièvre uréthrale comateuse et cholériforme (Phillips). D’autres fois les malades ont des frissons et des sueurs irrégulières, les accidents et l’affaiblissement général ont une marche moins aiguë et qui ressemble a l’infection putride chronique. Ces états sont l’indice d’une pyélo-néphrite suppurée (Boyer), d’une altération putride du rein (Cl. Bernard), d’une infiltration urinaire et d’une infection du sang (Velpeau), d’une urémie (Frerichs), d’un ammoniémie (Treitz, Jaksch). V. Urémie.

L’urine retenue dans la vessie non enflammée ne donne pas lieu à l’infection urineuse, mais comme l’urine ne coule plus, elle s’accumule dans le rein où la sécrétion est arrêtée, et dans ce cas il y a urémie, c’est-à-dire rétention des produits qui doivent être éliminés par le rein ; de plus la muqueuse intestinale se substitue au rein, les malades rendent des gaz en quantité et ont quelquefois de la diarrhée; il n’y a véritable infection que quand le rein ou la vessie s’altèrent (CI. Bernard).

La fièvre qui accompagne l’infection urineuse est toujours rémittente.

L’infection urineuse a une marche rapide et elle se complique d’abcès dans les muscles ou au voisinage des articulations, et quelquefois de pneumonie ou d’autres phlegmasies viscérales, suivant des circonstances le plus souvent étrangères à l’infection même.

Jl y a des abcès et des arthrites sans in-

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fection urineuse vraie, comme il y a des infections urineuses s^ns abcès.

Thérapeutique. — Eu cas de lésion des organes génito-urinaires, et pour éviter l’infection urineuse, on traitera les malades avant de les opérer (V. Calculs VÉSICAUX, Rétrécissement de l’urèthke). On habituera le canal au contact des instruments, par le passage de bougies chez les individus donirurèlhre est sain. A titre de moyen préventif, on donnera le sulfate de quinine à la dose de 40 à 80 centigrammes.

Contre les accès de fièvre simple, pendant et apres un frisson, on réchauffera les malades et on les couvrira pour amener une prompte transpiration ; on administrera un grand bain après l’accès et l’on fera prendre une infusion de thé ou de tilleul chaud.

On donnera la potion :

Eau distillée . . 50 grammes.

, Sirop simple . ^ . 8 id.

Alooolature d’aconit.* . 2 id.

(J. Long de Liverpool.)

Ou la potion :

Bromure de potassium . 10 centigrammes.

Sirop simple . 15 grammes.

Eau distillée . 60 id.

(Cusco, Nélaton.)

Si les frissons se répètent, s’il y a des signes d’intoxication, on sondera souvent les malades pour évacuer l’urine (Civiale).

Les malades seront purgés avec le calomel à dose réfractée, mais en général, les purgatifs salins sont bons à employer. Les drastiques sont moins avantageux (V. Urémie). Le tartre stibié comme vomitif est utile pour préparer le traitement, ainsi qu’on le fait parfois pour l’infection purulente et des fièvres intermittentes.

Le chloroforme en potion :

Chloroforme. . . . 5 à 40 gouttes.

Jaune d’œuf . . n» 1.

Sirop de sucre. . 30 grammes.

Eau . . 150 id.

Les acides chlorhydriques, à la' dose de vingt gouttes, et benzoïque, à la dose de 1 à 2 grammes (Frerichs), employés dans l’urémie, sont des médications établies en vue d’une hypothèse chimique; mieux vaut recourir au sulfate de quinine, à la dose de 1 à 2 grammes le premier jour, puis à dose décroissante les jours suivants.

Si la vessie est malade, on donnera des lavements opiacés. Si les reins sont atteints de pyélo-néphrite, on appliquera des sangsues sur la régiou des reins.

Lorsqu’il y a des symptômes cérébraux, lorsque le coma apparaît, on applique des sangsues derrière les apophyses mastoïdes, les bains de pieds sinapisés, les vésicatoires sur les cuisses, à l’épigastre (Velpeau), ont leur utilité (F. Bron).

On administrera le camphre, les excitants, le thé, le café, comme dans les autres infections. V. Infection purulente et putride.

L’acide arsénieux (Perdrigeoii) sera employé à la dose de dix à vingt gouttes de liqueur de Fowlcr;

Ou à la dose de 3 à 5 centigrammes d’acide pur, en dix prises de 1 milligramme, une tous les quarts d’heure. Y. Fièvre intermittente.

On ouvrii-a les phlegmons et les abcès de bonne heure, soit qu’ils résultent d’une infiltration m-ineuse, soit qu’ils se soient développés eu un lieu éloigné.

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Sur les articulations, on placera des vésicatoires, et l’on ouvrira même les articulations lorsque la Euppuration sera évidente (Velpeau).

Infection purulente puerpérale et fièvre puerpérale. — L’infectioii purulente puerpérale est une infection consécutive à une phlébite ou à une angioleucite utérine (Tonnelé, Nonat), ou à une infection putride à forme aiguë produite par résorption de produits putrides enfermés dans l’utérus (Batailhé). V. Infection PUTRIDE AIGUE et INFECTION PURULENTE et Fièvre puerpérale.

IXFILTRATIOX D’uumE. — L’itifiltraüon d’urine est la consé€[uence immédiate de l’ouverture des reins, des uretères et de la yessie. Elle produit un phlegmon diffus s’étendant avec rapi^té en même temps que le malade présente, à des degrés variables, les signes d’une infection urineuse.

Il y a une variété d’infdtration d’urine après une ouverture de l’urèthre qui suit une marche spéciale ; l’urine s’infiltre au moment de la miction, puis des accidents apparaissent immédiatement; mais, dans ces cas, le phlegmon est circonscrit ; cela devait être, on le conçoit, car la source de l’infiltration ne coule que d’une façon intermittente.

Les plaies des reins, du bassinet et de l’urèthre causent l’infiltration d’urine dans le flanc et dans la région du rein. Les plaies, les ruptures et les ulcérations de la vessie causent une infiltration dans le petit bassin ; les ruptures et plaies du col de la vessie causent l’infiltration urineuse dans le petit bassin, au pénis, puis au scrotum et jusque dans les aines.

L’urine qui s’infiltre entre les loges aponévrotiques du périnée, débute par le périnée sur la ligne médiane ou sur les côtés, puis l’inflammation causée par l’infiltration urinaire gagne toutes les parties voisines. Malgré tout ce que la théorie indique, eu égard aux aponévroses du périnée, l’infiltration urineuse suit cette marche habituellement (Malgaigne).

L’infiltration urineuse du périnée et des bourses est caractérisée par une rougeur vive des téguments gagnant les parties voisines, les aines, la paroi abdominale et les fesses avec rapidité. Du côté de l’état général, on constate l’accélération et la petitesse du pouls, un abattement et des frissons plus ou moins prolongés ; les malades exhalent une odeur urineuse caractéristique et meurent c[uelquefois dans le coma, après avoir présenté des hoquets et des vomissements (V. Infection urineuse). Jamais le phlegmon simple des boumes ne présente les mêmes caractères que l’infiluration urineuse, qui, d’ailleurs, a été précédée d’accidents du côté des voies urinaires.

Le phlegmon diffus causé par l’infîltra-

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tion urineuse se termine toujours par gangrène du tégument et souvent par fistule urinaire lorsque les malades ne succombent pas à l’infiltration urineuse.

%* L’infiltration d’urine dans le flanc n’est indiquée au début que par les signes d’une plaie du rein et les signes généraux qui accompagnent l’infiltration urineuse. — L’urine qui s’infiltre dans le bassin ne peut être reconnue que par l’existence de lésions de la vessie coïncidant avec l’état général qui accompagne d’ordinaire l’infiltration urineuse et les signes d’un phlegmon du petit bassin ; ténesme anal et vésical ; induration du tissu cellulaire du bassin constatée par le toucher rectal et vaginal. Lorsque l’infiltation urineuse gagne le scrotum et le périnée, le diagnostic devient très-facile. V. Rein (Plaies du) , Vessie (Plaies de la).

Thérapeutique. — Lorsque le chirurgien se trouve en face d’une rétention d’urine, il doit rétablir le cours de l’urine avant que la vessie ne se rompe. Si l’infiltration urinaire est déjà produite, le chirurgien fera un ou deux larges débridements sur le scrotum.

Gela fait, le chirurgien placera une sonde à demeuré dans la vessie ou, s’il y a des rétrécissements, une sonde dans l’urèthre.

Lorsqu’il y a de la gangrène du tégument, lorsque l’urine coule par-dessous les eschares, on fera des lavages à l’eau tiède ou avec la décoction de quinquina (V. Abcès). On pansera les plaies avec la poudre de quinquina ou avec de la charpie imbibée d’eau et d’eau-de-vie camphrée. On pansera, ensuite les plaies à l’aide d’un pansement smple.

S’il y a infection urineuse, on traitera par les remèdes appropriés. V. Infection ürinecse.

On traitera plus tard les fistules urinaires et les rétrécissements.

Pour l’infiltration urineuse du flanc, V. Reins (Plaies du).

IKÏFI.A.®!S!ATήK. L’exsudation séro-fibrineuse des tissus avec chaleur, rougeur, gonflement et douleur, caractérise V inflammation.

L’inflammation se montre à Vétat aigu et à Vétat chronique.

Dans les parties vasculaires l’inflammation aiguë produit d’abord le resserrement des capillaires artériels et veineux, puis leur dilatation avec stase sanguine formant la congestion et l’arrêt du sang avec exsudât fibrineux, suivie : soit de résolution, quand tout le sang infiltré s’absorbe, soit dV induration, quand le tissu reste dur et s’infiltre d’éléments conjonctifs ou fibroplastiques, soit de suppuration, quand l’exsudation séro-fibrineuse se convertit en pus, soit enfin de gangrène, quand l’arrêt du sang dans les capillaires suspend toute nutrition et produit la mort des tissus.

I%* L’inflammation se termine quelquefois si vite sur un point pour paraître au même moment sur un autre, qu’ü y a lieu de croire à nno métastase, c’est-à-dire k un transport dû à l’influence morbide engendrant des phénomènes

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inflammatoires sur plusieurs points de l’organisme, et la dernière partie affectée pouvant dégager la première.

Le froid et l’excessive chaleur, les contusions et les obstructions capillaires spontanées, les caustiques, les corps étrangers placés dans les tissus, sont, par l’intermédiaire du grand sympathique, nerf vaso-moteur, les causes de l’inflammation.

Dans toute phlegmasie un peu violente et prolongée, le sang s’altère dans ses éléments constitutifs et il se charge de trois ou quatre fois plus de fibrine que de coutume ; ainsi, au lieu de 2 millièmes et demi, elle s’élève à 6 et 7 millièmes, (indral et Gavarret.)

L’inflammation des tissus est une des causes les plus ordinaires de la fièvre et de l’élévation de la température du corps, qui peut aller jusqu’à 40 et 41 degrés. (Hunter, Andral. )

La fièvre est un des phénomènes sympathiques ou réflexes les plus constants de l’inflammation aiguë.

Toute inflammation qui ne s’accompagne pas de fièvre peut être considérée comme ayant pris la forme chronique.

L’inflammation aiguë ou chronique est ordinairement le point de départ de la dégénérescence épithéliale et cancéreuse, fibro-plastique et tuberculeuse, d’après l’âge des sujets, leur prédisposition héréditaire, leur tempérament et leur constitution acquise.

Rien n’est aussi commun chez les enfants que la métamorphose des exsudations inflammatoires fibro-plastiques en tubercules, de façon à produire les écrouelles, le carreau, la scrofule et la phthisie pulmonaire.

Quand l’inflammation n’est pas la cause certaine des nosorganies épithéliales, chondroïdes, cancéreuses et tuberculeuses, elle ne tarde pas à s’y joindre comme effet de l’irritation produite par un corps étranger. V. Nosorgaote.

Le médecin provoque quelquefois l’inflammation d’une partie saine dont les fonctions sont peu importantes, pour débarrasser une partie malade essentielle à la vie, et c’est ainsi que s’expliquent l’usage révulsif des cautères, des vésicatoires, des sétons, des moxas et des irritants purgatifs introduits dans l’intestin. V. Révulsion et Dérivation.

Thét'cpeutique. — - On appelle antiphlogistiques (V. ce mot) les moyens employés pour combattre l’inflammation aiguë. Ge sont l’eau, la diète et la saignée.

C’est l’eau qui est la base essentielle des boissons émollientes, acidulés ou féculentes, et des applications topiques employées pour combattre l’inflammation aiguë.

Par l’appauvrissement immédiat du sang qu’elle entraîne, la diète absolue, végétale, féculente ou lACiée étendue d’eau, dégorge les capillaires des or-

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g'anes enflammes et triomphe aisément de beaucoup d’inflammations aiguës.

Désemplir le système circulatoire au début d’une inflammation par des saignées générales ou locales, de sangsues ou de ventouses scarifiées, voilà le moyen d’arrêter ou de modérer le mal.

La révulsion énergique, au moyen de ventouses sèches, et par la ventouse Junod, au début d’une inflammation aiguë, peut rendre de très- grands services au malade.

La révulsion gastro-intestinale par un vomitif ou par un purgatif ne convient pas au début des pblegmasies aiguës et n’est utile qu’au déclin du mal pour en précipiter la fin.

Les révulsions cutanées à l'aide du vésicatoire ne conviennent qu’à la fin des maladies aiguës.

Certains remèdes, comme le nitrate et le chlorate de pot'asse, 2 à 4 grammes ; — le tartre stibié, 5 à •15 centigrammes 3 — la digitale, en poudre ou en teinture ; — lavératrine, à ladose de 5 à 25 milligrammes; le mercure, sous forme de calomel, de 1 à 2 grammes, etc., sont quelquefois très-utiles contre l’inflammation pour appauvrir le sang, mais leur emploi dépend d’indications spéciales et sera indiqué à l’occasion du traitement de chacune des maladies longues où ces remèdes doivent être employés.

Traitement des inflammations chroniques. — Ici, la diète ne convient plus. 11 faut employer les révulsifs cutanés, les ventouses sèches, les cautérisations épidermiques, la palétation, les moxas, les cautères, l’hydrothérapie; les révulsifs sur l’iiitestin, notamment la cure de petit-lait, les purgatifs, les toniques, et surtout le séjour à la campagne ou au bord de la mer.

iWFLiJE^Sâ. V. Grippe.

Préparation de pharmacie destinée à extraire, au moyen de l’eau bouillante, le principe médicamenteux d’une substance.

On a surtout recours aux infusions pour la préparation des tisanes. Alors on met de 4 à 8 ou à 1 5 grammes de feuilles, de fleurs, de bois concassé ou de poudre dans un vase sur lequel on jette de l’eau bouillante. Au bout d’un quart d’heure ou d’une demi-heure on passe sur une passoire ou sur un filtre, et l’on a un médicament liquide qu’il ne reste plus qu’à édulcorer.

Méthode thérapeutique qui consiste à faire respirer les médicaments volatils, les vapeurs et les poussières médicamenteuses, en utilisant l’absorption pulmonaire pour la pénétration des remèdes et pour agir sur le sang et sur l’organisation en général, ou seulement comme topique sur les poumons malades.

On emploie pour les inhalations pulmonaires / les odeurs, les gaz, les vapeurs et les poussières solides ou liquides. Elles se font dans un appartement rempli des vapeurs à respirer ou au moyen d’un tube ou d’un flacon ou d’un appareil spécial. Parmi les inhalations employées en thérapeutique, nous citerons :

Les inhalations de musc et de valériane, qui se font en plaçant de la poudre de musc et de valériane dans la chambi’» à coucher des mala-

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des atteints d’hypochondrie, d 'épilepsie, d’hystérie et de névroses essentielles □.

Les inhalations de goudron ou d’acide phénique. Elles se font avec ces substances mises dans une assiette sur la table d’une chambre à coucher. Elles s’emploient dans l’asthme, dans la bronchite chronique et dans la phthisie pulmonaire 0. On peut les faire également à l’aide d’un petit tube de bois rempli par ces substances et tenu constamment dans la bouche comme un cigare.

Les inhalations de térébenthine. — Elles se font en allant habiter au milieu des bois de sapins et s’emploient dans la bronchite chronique et dans la phthisie El.

Les inhalations d’oxygène. — Elles ont été employées dans les maladies asphyxiques et dans le choléra E!»

Les inhalations de vapeurs d’acide chlorhydrique. — Elles ont été employées dans le croup H.

Les inhalations de Vair des étables. — Pendant longtemps on a vanté l’atmosphère des étables comme utile dans la phthisie pulmonaire, mais les malades qui ont été habiter une chambre placée au-dessus des vaches n’en ont éprouvé qu’une insignifiante amélioration.

Inhalations d'iode. — On fait respirer l’iode soit dans des cigarettes, soit dans des flacons à large tubulure, qu’on place devant la bouche. Elles s’emploient dans la phthisie El (Piorry).

Inhalations d'éther iodhydrique. — Elles se font dans la phthisie en aspirant largement un flacon rempli de ce liquide. El (Huette).

Inhalations de camphre. — Elles se font au moyen de petits tubes de plume ou de bois remplis de camphre. On les prescrit dans la bronchite chronique et dans l’angine pharyngée chronique El.

Inhalations de chloroforme. — Elles se font sur un mouchoir imbibé de cette substance, placé au devant des narines, et s’emploient contre les douleurs névralgiques ou contre les dernières douleurs de l’accouchement (Simpson),

Inhalations du gaz des matières ayant servi à la purification du gaz d’éclairage. — Ces inhalations se font en allant dans l’usine à gaz respirer pendant une heure l’atmosphère de la salle où l’on a déposé la chaux et les substances qui ont servi à purifier le gaz d’éclairage. On les emploie dans la coqueluche I I.

Inhalations des eaux minérales pulvérisées. — Il y a un nouveau procédé d’inhalation dans lequel on fait respirer l’eau médicamenteuse en poussière ou pulvérisée par des appareils spéciaux, et l’on prétend qu’il est préférable à l’iuhalation des vapeurs produites par l’ébullition (Sal^Girons).

La pulvérisation des eaux médicamenteuses,

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destinées à l’inhalation, se fait dans presque toutes les eaux minérales afin d’ajouter une voie nouvelle à l’absorption pulmonaire, à l’absorption par les voies digestives et par la peau.

Ce sont les eaux minérales sulfureuses usitées contre les laryngites chroniques, la bronchite, l’angine pharyngée ou la phthisie pulmonaire que l’on emploie pulvérisées pour faire des inhalations quotidiennes d’environ une heure.

Il n’est pas certain que les eaux pulvérisées et employées en inhalation par la bouche ouverte pénètrent dans les bronches, car elles se condensent sur la voûte palatine ou dans l’arrière gorge et ne vont guère au delà. En effet, nulle substance introduite par cette voie n’a été retrouvée dans rurine, et si la poussière d’eau pénétrait, elle se condenserait dans les bronches, en formant des gouttes d’eau qui feraient tousser les malades, ce qui n’a pas lieu.

Pour faire des inhalations d’eau pulvérisée on reste, tous les jours la bouche béante pendant une heure devant un appareil pulvérisateur en fonction, ou dans une vaste salle remplie de poussière d’eau médicamenteuse produite par un mécanisme approprié.

Les inhalations de vapeur d’eau médicamenteuse obtenues par l’ébullition ne sont pas si dépourvues de principes curatifs qu’on veut bien le dire? cette ébullition entraîne un certain nombre de particules salines contenues dans les ■ eaux, et ce mode d’inhalation peut encore être employé.

Dans certaines eaux minérales, au mont Dore en particulier, on emploie toujours les inhalations d’eau minérale en ébullition, dont les vapeurs traversent par des trous le plafond inférieur d’une salle où se trouvent réunis un grand nombre de malades.

IIXJECTIOTXS. Les injections sont des topiques appliqués dans les cavités intérieures au moyen d’une seringue, d’une poire élastique de- caoutchouc, ou A'irrigateurs. Il y a les injections oculaires, auriculaires, pharyngées, vaginales, rectales (ce sont les lavements), souscutanées, hypodermiques (V. ce mot), et les injections dans les abcès, les cavités séreuses et les trajets fistuleux.

Les injections sont émollientes avec la guimauve, la graine de lin, la gomme, l’amidon, etc., — calmantes, avec la morelle, le pavot, la jusquiarae, la belladone, i’atropine, , la morphine, etc. ; — astringentes, avec la ratanbia, la bistorte, le tannin, l’écorce de chêne, les feuilles de noyer, les feuilles de fraisier; l’acétate de plomb, ï’alun, le nitrate d’argent, etc. ; — irritantes, avec la teinture d’iode, la décoction de roses dans du gros vin, l’alcool simple ou camphré; — antiputrides, avec l’eau de coaltar sapouinée, l’eau phéniquée au millième, etc.

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