MIGR
La migraine prouve péremploiremeui, à ceux qui en doutent, qu’un trouble de fonction n’indique pas nécessairement l’existence d’une lésion de l’organe correspondant, car les douleurs, les vertiges, les bluettes, l’hyperesthésie des sens, la perte momentanée de la mémoire et l’inaptitude au travail, les vomissements, etc. , qui caractérisent celte maladie, ne dépendent d’aucune altération appréciable du cerveau.
La migraine violente avec accès trèsrapprochés entraîne sonvent, à la longue, l’hébétude, l’anémie, la surdité et l’amaurose, mais ici c’est le trouble de la fonction qui a déterminé la légion des organes.
Les accès de migraine reviennent plusieurs fois par an ou plusieurs fois par mois, tantôt naturellement et tantôt sous l’influence de la fatigue, des écarts de régime, de la constipation, des règles, des émotions morales, des odeurs, de la préoccupation d’un travail ou d’une lecture prolongée, etc.
De l’insomnie, de la courbature, du malaise, de la tristesse et quelques frissonnements annoncent l’invasion de la migraine, mais dans ces cas une distraction, une promenade, du café noir ou du thé, quelques milligrammes de morphine, de l’alcoolat de mélisse ou de chloroforme, etc. , peuvent empêcher l’accès de se développer.
Dans un accès de migraine, outre les douleurs excessives de la tête, du front, des tempes ou de l’orbite, il y a des éblouissements, des bluettes, des illusions visuelles, de l’hyperesthésie oculaire, de la surdité, quelquefois des fourmillements dans les membres, des nausées, des vomissements sans fièvre, et les malades sont obligés de se mettre au lit pour éviter le bruit et la lumière qui leur sont trèsdésagréables.
Un accès de migraine dure de douze à vingt-quatre heures et se termine par des vomissements, par de la transpiration, par des urines claires, abondantes, sans laisser de traces ou seulement un peu de courbature et d’inappétence.
La migraine, si fréquente qu’elle soit dans la jeunesse, disparaît vers l’âge de cinquante ans.
Les accès de migraine sont très-rarement d’une périodicité régulière, et ils n’offrent ce caractère que chez les femmes, lorsqu’ils coïncident avec la menstruation.
La migraine compliquée de paralysie motrice ou sensorielle, indique une maladie organique du cerveau, et on le reconnaît par les altérations du fond de l’œil. V. Cèrébroscopie.
Thérapeutique. — La migraine qui dépend de la dyspepsie et de la constipation doit avant tout être traitée par le régime rafraîchissant et par les moyens propres à améliorer Tétât de Testomac.
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Quand la migraine est régulièrement périodique, elle peut guérir par le sulfate de quinine.
La migraine compliquée de congestion cérébrale intense doit être combattue par la saignée du bras.
Si la migraine est compliquée d’état saburral avec vomissements, un vomitif au début de l’accès soulage beaucoup les malades.
Le repos au lit, loin du bruit et de la lumière, avec une forte infusion de thé, de serpolet, de café noir et 15 grammes de sirop de morphine sont nécessaires pendant tous les accès de migraine.
Un vésicatoire ammoniacal, saupoudré de 2 centigrammes de sulfate de morphine, au début des accès de migraine, enlève la douleur et au bout de quelques heures peut guérir complètement la maladie.
— On peut remplacer ce moyen par des inoculations sous-épidermiques, avec une lancette chargée d’une solution saturée de morphine ou d’atropine ou par des injections hypodermiques de morphine au moyen de la seringue de Pravaz.