‹ Dictionnaire de thérapeutique médicale et chirurgicaleChapitre 495 sur 731 · ORTH · texte numérisé non relu

ORTH

L'incision est souvent inutile et il ne faut pas la faire trop tôt (Velpeau). Tout au plus on peut percer avec ime aiguille le point blanchâtre qui apparaît sur le sommet de la tumeur, deux ou trois jours après son apparition. En un mot, il faut traiter cette lésion comme un bouton d’acné. Si le mal semble passer à Tétat chronique, ou fera une incision, on videra la tumeur par pression et l’on cautérisera le fond de la cavité avec un crayon de nitrate d’argent effilé ou avec un petit morceau de bois trempé dans l’acide sulfurique.

OBiGAiw Plante de la famille des labiées, dont l’infusion, lü grammes par litre d’eau, est employée comme stimulant.

ORiGNY (Loire). Eau minérale ferrugineuse froide.

ORIOL (Isère). Eau minérale ferrugineuse et gazeuse, froide.

ORIHE. Arbre de la famille des amentacées, dont la décoction et le sirop se prescrivent contre les scrofules et les maladies de peau El.

OROBE. Plante de la famille des légumineuses, dont la farine des semences est employée pour faire des cataplasmes résolutifs,

OROAieE. Champignon comestible dont le chapeau charnu, de 10 à 13 centimètres, a une belle couleur jaune orangé, ainsi que sa tige, qu’il ne faut pas confondre avec la fausse oronge, dont le chapeau est marqué de taches jaunâtres et qui a une tige blanche.

ORPIREA’T. Sulfure jaune d’arsenic employé dans quelques poudres dépilatoires.

ORPIK ou JOLBABBE. Plante de la famille des crassulacées, dont les feuilles d’un vert glauque, épaisses et mucilagineuses, pilées, sont employées comme topique pour mettre sur les tumeurs hémorrhoïdales, et entrent dans l’onguent populéum.

ORTHOPÉDIE. L’orthopédie est cette partie de la thérapeutique qui a pour but de remédier aux déviations des membres et du tronc, soit par l’exercice, soit par des machines, soit par des lits spéciaux, en s’aidant ou non de manœuvres et d’opérations chirurgicales (V. Fractures, Luxations, Pied bot. Rachis). On a donné à l’application de certaines lunettes le nom à'orthupédie oculaire (V. Diplopie et Strabisme). Les redressements de l’utérus ont été appelés orthopédie utérine (V. Utérus). A proprement parler, les bandages herniaires rentrent dans les moyens orthopédiques.

ORTHOPNÉE. Difficulté extrême de la respiration qui oblige les malades à se tenir sur leur séant Y. Asthme et Dyspnée.

C’est le symptôme de l’emphysème pulmonaire compliqué d’asthme et des maladies organiques dn cœur à leur dernière période.

OS

FORMULAIllE DE l’ORTIIOPNÉE.

Pilules de cyanure de potassium,

(lyannre de potassivim . 1 décigramme.

Amidon et sirop de gomme ... q. s.

Pour faire quatre pilules de 25 centigrammes.

Une matin et soir. Dans l’orthopnèe [+]•

Atropine, 1 à 5 milligrammes en pilules f+1. Teinture A' atropine, une à cinq gouttes en potion

Belladone : Poudre, 10 centigrammes; — extrait aqueux, 10 centigrammes; — teinture alcoolique,

50 centigrammes; — alcoolature, 50 centigrammes;

— teinture éthérée, 50 centigrammes; — sirop,

16 grammes.

Stramonium, doses moitié moindres.

Jusquiame, doses doublées.

Aconit : Poudre, 20 centigrammès ; — extrait,

10 centigrammes; — extrait de suc non dépuré,

5 centigrammes; — extrait alcoolique, 3 centigram.;

— teinture alcoolique, 1 gramme; — alcoolature,

1 gramme.

Ciguë : Poudre, 50 centigrammes; — extrait aqueux, 20 centigrammes; — extrait alcoolique,

5 centigrammes; — teinture alcoolique, 1 gramme;

— alcoolature, 1 gramme; — teinture éthérée,

1 gramme.

ORTIE BLANCHE. Plante de la famille des labiées, dont l’infusion, 30 grammes par litre, s’emploie contre la leucorrhée El.

ORTIE PIQUANTE. Plante de la famille des urticées, dont la décoction, 10 à 15 grammes par litre d’ean, et l’extrait de feuilles fraîches à

2 ou 3 grammes, se donnent contre les maladies de la peau FR.

ORVIÉTAN. Électuaire célèbre composé par un célèbre charlatan d’Orvieto. — C’est une modification de la thériaque aujourd’hui abandonnée.

os (Maladies des). Les os sont le siège de lésions traumatiques, tels que : fractures, plaies des os, corps étrangers des os (V. Fractures, Plaies par armes a feu) ; de contusion, d’mflammation (V. iSÉCROSE et Ostéite) ,, et de tumeurs diverses.

Os (Abcès des). Il y a des abcès des os qui sont des abcès enkystés du canal médullaire, et qui sont consécutifs à des ostéomyélites (Brodie, Broca).

Il y a des abcès des os qui naissent dans la partie des épiphyses où il ii’y a pas de canal médullaire (E. Cruveilhier).

Enfin il y a des abcès qui prennent naissance dans le cartilage qui unit la diaphyse et l’épiphyse (Béraud).

Les abcès des os contiennent rarement du pus, à moins qu’ils ne renferment en même temps un séquestre. Aussi serait-il possible de considérer les abcès des os comme d’anciens foyers de nécrose avec usure du séquestre (David, Académie de chirurgie).

os

Les abcès des os sont toujours entourés de tissu osseux de nouvelle formation, ce qui se traduit a l’extérieur par un gonflement de l’os.

Les abcès des os ou collections séro purulentes des os se manifestent par des douleurs reparaissant par crises, par un gonflement osseux, à marche lentement progressive ; quelquefois par une rougeur de la peau, au niveau de l’os gonflé, pendant les paroxysmes des douleurs.

La durée moyenne des abcès des os a été, dans les rares faits connus aujourd’hui, de plus de dix ans.

Les abcès des os se terminent quelquefois par des abcès circonvoisins, par une périostite ou par une nécrose.

Les articulations voisines d’un abcès des os peuvent être atteintes d’hydarthrose.

On ne peut distinguer un abcès des os d’une nécrose que par la marche relativement plus rapide de la nécrose. — Les tubercules des os ont une marche encore plus rapide que la nécrose, et ils sont toujours accompagnés des signes de la diathèse scrofuleuse ou tuberculeuse. — La périostite simple se distingue des abcès des os, parce que l’os n’est point trèsgonflé quand il s’agit d’une périostite simple.

Thérapeutique. — Les abcès des os doivent être traités par les vésicatoires volants répétés, la cautérisation ponctuée de la peau. V. Cautérisation.

La saignée des os (Laugier, Richet) est un moyen palliatif.

La trépanation de l’os a réussi plusieurs fois (Nélaton). Il est difficile de préciser le lieu où il convient de trépaner. Cependant, lorsque la peau est un peu rouge et œdémateuse en un point, c’est là qu'il faut trépaner. On se sert du trépan à manivelle, on enlève une rondelle d’os, on panse à l’eau froide et l’on introduit un tube perforé dans la cavité de l’os.

Les injections iodées seront faites en cas de fétidité du pus.

Si l’abcès avait causé un trouble dans une articu- 1 lion, et si, en un mot, il y avait ostéite périarticulaire, on amputerait ou l’on réséquerait.

Os (Cancer des). Toutes les formes de cancers peuvent se développer dans les os et le périoste (V. Cancer), et elles s’y montrent d’emblée, ou par suite de la généralisation d’un cancer des parties molles.

Tous les os peuvent être atteints de cancer primitif; le fémur cependant, et les os de la face et du crâne, en sont plus souvent atteints que les autres. La métastase cancéreuse se porte de préférence sur les vertèbres (Cazalis).

En général, le cancer primitif des os est enkysté, tandis que le cancer secondaire n’est qu’infiltré.

Le cancer qui siège dans un os plat use l’os qui semble détruit comme par un emportepièce (fig. ùii), lorsqu’il existe dans un os

OS

formé de deux tables, ou dans le canal médullaire d’un os long, ou dans l’extrémité spongieuse d’un os ; il s’accroît en passant par deux périodes,

l’une pendant laquelle le cancer se développe dans l’intérieur de l’os, le distend et est emprisonné dans une coque osseuse, tandis que.

dans la seconde l’os est usé, le cancer sort, fait saillie sous la peau et prend un grand développement. Sur les os longs c’est ordinairement après une fracture spontanée, c’est-à-dire sous l’influence d’un eflbrt léger que la seconde période commence. Les cancers du périoste n’altérant que très-tard les os, cette règle ne leur est pas applicable.

Le cancer du périoste débute par une tuméfaction de l’os, puis par une tumeur lobulée qui s’accroît rapidement, il est quelquefois soutenu par des aiguilles osseuses (fig. ùl3).

Le cancer des extrémités des os qui se forme dans les vacuoles du tissu spongieux se révèle par une tumeur qui présente sur quelques points les caractères du cancer des os longs, et sur d’autres une dureté véritablement osseuse.

Les cancers vasculaires des extrémités spongieuses, le fougus hématode (A. Cooper),

improprement appelés anévrysme des os par Pearson et Scarpa, parce que la tumeur présente des battements, l’enchondrome avec mélange de

Fig. 413. — A, B. Cancer du périoste. (Nélaton.)

tissu cancéreux, ont .la forme représentée figure klU.

Fjg. 414. — A. Cancer arwdaire prinûtif «les os, arec prodnetions osseuses périostSjnes. (Kélatoo.)

Le caucer des œ, tant qu’il €st enfermé dans le tissu osseux, ne détermine pas de réaction snr la santé générale; le cancer du {wrioste, le cancer sorti des es, au contraire, contractent des adhérence avec les parties voisina, et la diathèse s'établit pen après que la tumeur a acquis le volume du poing.

OS

Les tumeurs à myéloplaxes, les tumeurs fibreuses, sont des maladies de la jeunesse, elles siègent aux extrémités articulaires et donnent lieu 'a des battements , mais après la fracture spontanée il n’y a pas de cachexie cancéreuse, pas d’amaigrissement; on ne les confondra donc pas avec du cancer.

\* On confond souvent les cancers au début avec des névralgies rhumatismales, mais dans celles-ci il y a des alternatives fréquentes de mieux et de pire, ce qui n’existe pas dans les cancers.

Les douleurs ostéocopes de la syphilis simulent quelquefois le cancer, mais elles sont nocturnes, puis elles sont amendées par le traitement aiitisyphilitique.

Lorsqu’un os est tuméfié, lorsque le traitement général de la diathèse scrofuleuse et syplîilique a échoué, lorsque les malades maigrissent et perdent leurs forces, une ponction exploratrice ayant été faite en cas de doute et après l’examen des produits retirés avec la canule du trocart explorateur, on sera en droit de diagnostiquer un caucer, si l’on trouve des cellules de matière encéphaloïde fibro-plastique seules ou mêlées à d’autres éléments. V. Cancer.

Les cancers ne seront pas confondus avec les kystes des os. V. ce mot.

Les cancers secondaires sont presque toujours méconnus ou masqués par les symptômes caractérisés de la diathèse cancéreuse, mais la douleur limitée à un os peut mettre sur la voie du diagnostic.

Thérapeutique. — Lorsque le cancer n’est pas généralisé, lorsque la partie sur laquelle il est situé est bien circonscrite, on enlèvera l’os, soit par résection, soit par amputation, ou, s’il est possible, par désarticulation, c’est une garantie de plus pour éloigner la récidive.

Les cancers étendus, généralisés, les cancers secondaires, ne seront pas touchés ; — on cautérisera les surfaces ulcérées avec le caustique au chlorure de zinc, s’il y a des hémorrhagies, et l’on administrera à l’intérieur les préparations dites anticancéreuses et les médications toniques. — On pansera les cancers ulcérés avec la solution de permanganate de potasse, de chlorate de potasse, d’eau chlorurée. V. Cancers.

Os (Contusion des). La contusion des os lorsqu’elle ue détermine pas une fracture, cause des épauchements de sang dans le périoste, des ruptures de vaisseaux. La coagulation du sang dans les vaisseaux et des obstructions vasculaires : sont la conséquence de ce dernier état, et il peut 1 survenir une phlegmasie dans le périoste ou le ; tissu médullaire.

’ L’ostéite chronique, la nécrose, la périostite,

^ l’œtéomyéiite, sont les suites de la conlusioii des os.

Les contusions des os par balles ou projectiles de guerre produisent souvent la nécrose.

On ne reconnaît la contusion des os pro-

os

fonds que par les signes d’une contusion superficielle, de la douleur, et par le gonflement de l’os peu après la contusion.

Thérapeutique. — Gomme pour les contusions profondes, le repos, les grands cataplasmes arrosés d’eau blanche, puis la compression dès que les parties cessent d’être douloureuses, seront appliqués. Si les douleurs étaient très-vives au début, on placerait des sangsues ou des ventouses scarifiées.

En cas d’inflammation consécutive, on se comportera comme pour l’ostéite, l’ostéomyélite, la nécrose et plus tard la carie.

Os (Hypertrophie des). — Hyperostose. — L’hypertrophie partielle des os comprend les exostoses (V. ce mot), les enchondromes ossifiés sans mélange de tissu cancéreux (V. Enchondromes) et l’hyperostose simple.

L’hyperostose simple est le fait d’une ostéite chronique, ostéite condensante (Gerdy). Elle se montre autour des articulations atteintes d’arthrite sèche (Houel), autour d’abcès des os (Broca), sur les os longs, après que des séquestres invaginés ont été éliminés ; après les plaies d’armes à feu ; après la guérison de tubercules et des syphilides du périoste.

On reconnaît l’hyperostose au gonflement uniforme d’un os et à l’absence de douleurs. Il est des cas cependant où il y a des douleurs nocturnes.

L’hyperostose des os du crâne est le résultat de la guérison de l’hydrocéphalie (A. Andral) et de la scrofule (Malpighi), peut-être du rachitisme des os du crâne.

Thérapeutique. — Il n’y a rien à tenter contre les liyperostoses consécutives à des lésions des os, elles se guérissent seules : à la longue, l’os diminue de volume comme le cal d’une fracture» — Les liyperostoses qui se montrent chez des individus atteints de scrofule et de syphilis réclament le traitement anti syphilitique et antiscrofuleux. Il n’y a pas de traitement local à faire.

Os (Inflammation des). V. Ostéite, Ostéomyélite, PÉRIOSTITE, Nécrose.

Os (Kystes des). Les kystes des os, exostoses creuses (Bordenave), sont des kystes développés dans les canalicules de Havers, ou aux dépens des cellules d’un enchondrome (Houstet, A. Cooper) ou exostoses cartilagineuses; enfin il y a dans les os des kystes hydatiques.

Les kystes des os sont uniloculaires ou multiloculaires (Breschet, Travers, Nélaton).

Les kystes multiloculaires ont été vus dans des exostoses ostéocartilagineuses. Ces kystes sont peut-être des tumeurs érectiles des os transformées (Holmes).

Les kystes uniloculaires sont plus rares encore que les kystes multiloculaires. On y trouve d’ordinaire du tissu fibreux au lieu de liquide. V. Dentaires (Kystes).

Un abcès enkysté des os est une variété rare de kj’ste osseux. V. Os (Abcès des).

*,j.* Les kystes hydatiques des os ont pour siège une cavité des os, telle qu’un sinus et le diploé des os du crâne (Fricke, Langenbeck,

Fig. 415. — Eyste multiloculaire des os. (Nélaton.)

R. Keate, Guesnard). Le tibia (Hunter, Cullerier, Webster, Wickham), l’humérus (Dupuytren, A. Cooper, Kirke), le fémur (Escaraguel, Houel), les vertèbres (Mazet et Dariste), sont par ordre de fréquence le siège d’hydatides des os .

Les kystes multiloculaires des os, les kystes bydatiques, comme les lésions chroniques des os, telles que l’enchondrome, ont une marche trèslongue et sont méconnus pendant fort longtemps car ils ne causent pas de douleurs, à moins que l’os ne soit tuméfié et ne comprime les parties voisines, ou à moins qu’il y ait une ostéite concomitante sur un ou plusieurs points de l’os tuméfié. — On sent des lamelles osseuses qui crient sous le doigt, même quand il s’agit d’un kyste uniloculaire rempli par une tumeur fibreuse [V. Maxillaire (Tdmeür fibreuse du)]. —L’irrégularité de la tumeur de l’os est rare dans les kystes des os, et ce peut être un caractère distinctif entre cette lésion et le cancer. — Au début, on confondra la tumeur avec une exostose, et rien ne pourra éclairer le diagnostic, si l’os n’est pas aminci et si l’on n’a point fait une ponction exploratrice. — Une tumeur fibreuse des os sera éliminée du diagnostic différentiel

par une ponction exploratrice, — Le cancer des os a une marche plus rapide que les kystes, il détermine quelquefois une fracture dite spontanée comme les hydaiides, mais dans le cancer des os la tumeur prend un accroissement rapide et la santé générale s’altère dès que l’os est rompu, ce qui n’arrive pas pour les hydatides.

*** Dans les cas de kystes séreux des os, le liquide évacué en petite quantité indique un kyste uniloculaire; — s’il y a dans le liquide des crochets d’échinocoque révélés par l’examen microscopique, il s’agit d’un kyste hydatique; — s’il ne sort que du sang pur, il est probable qu’il s’agit d’une tumeur fibreuse; — si le sang contient des cellules à noyaux multiples ou des cellules fibro-plastiques mêlées à des myéloplaxes, c’est un cancer.

Les tumeurs à myéloplaxes et les tumeurs fibreuses qui affectent les jeunes sujets sont, au début, faciles à confondre avec les kystes des os, mais les tumeurs à myéloplaxes offrent des battements et les tumeurs fibreuses des os ne donnent point de produits myéloplaxiques à la ponction exploratrice.

Les kystes multiloculaires ne guérissent pas spontanément, les kystes uniloculaires peuvent être éliminés après nécrose partielle de l’os ; quelquefois les hydatides des os se flétrissent, meurent, s’éliminent par la suppuration à travers une fistule osseuse.

Thérapeutique. — Les kystes uniloculaires seront ouverts au besoin par l’application d’une couronne de trépan et vidés. On remplira leur cavité de charpie et on laissera suppurer (Dupuytren, Huguier) ; on fera des injections détersives, avec les liquides désinfectants, l’iode, l’eau chlorurée (V. Abcès chrosiyuEs), pour éviter la stagnation du pus et ses effets.

Pour les kystes dentaires, Y. Maxillaire ixférieir. Maxillaire supérieur et Dentaire (Kyste).

Les kystes multiloculaires limités à une portion d’un os peuvent être traités comme les kystes uniloculaires. On perforera successivement les kystes, et si les cavités contiennent une certaine quantité de parties mollasses et fongueuses, on amputera l’os ou l’on réséquera la portion malade.

Pour les kystes hydatiques, la ponction et les injections iodées, le séton perforé, peuvent être utiles ; mais il vaut mieux, pour plus de sûreté, fendre la tumeur, enlever toutes les hydatides et panser avec de la charpie sèche ou bien avec des boulettes de charpies trempées dans un acide mitigé, l’acide sulfurique monohydraté étendu de moitié d’eau, ou la teinture d’iode pure ; ou bien on appliquera dans le kyste des rondelles de pâte au chlorure de zinc.

L’amputation n est pas nécessaire pour une tumeur hydatique limitée. Si une fracture spontanée existe, on pourra réséquer le bout du fragment où siège I hydatide (Dupuytren). Les hydatides du canal médullaire réclament ime désarticulation ; car, si l’on cautérise le canal médullaire, on s’expose à une nécrose totale de l’os, les expériences le démontrent (Cmveilhier) ; mais comme les hydatides du canal médullaire, sans tumeur de l’os, sont impossibles à

OS

diagnostiquer, ou attendra forcément, et ce sera quand il y aura nécrose que l’on aura à agir. Alors l’amputation sera indiquée comme elle est indiquée pour la nécrose totale d’un os, sans tendance à la reproduction.

Os (Tubercules de l’). Les tubercules des Gs se présentent sous forme de tubercules enkystés et de tubercules infiltrés (Nélaton).

Les tubercules enkystés prennent peu à peu la place de l’os qui se détruit et s’entourent d’une membrane pyogénique, ou plutôt d’un exsudât, puis l’os se tuméfie, un abcès souspériostique se forme après ou peu avant que l’os ne se perfore, et le pus et les tubercules s’échappent de l’os. Suivant alors que l’os est superficiel ou profond, un abcès sous -cutané se montre au lieu où l’abcès de l’os s’est formé {abcès circonvoisins), ou loin de ce point en suivant les muscles ou les nerfs et vaisseaux, et il y a alors abcès par congestion et abcès migrateurs.

Fig. 416. — Abcès par cougestlon, consécutifs à des tubercules des os. (Nélaton.)

Les tubercules infiltrés se présentent sous forme de petites masses blanches demi-transparentes, ou de matière puriforme baignant les cavités osseuses, cariées plus ou moins, suivant la durée de la maladie.

Les tubercules enkystés et infiltrés sont le point de départ d’ostéites, de nécrose, de carie; ils existent chez les sujets scrofuleux, dans les extrémités articulaires des os : c’est le cas des tumeurs blanches ; — dans les vertèbres, ils produisent le mal de Pott;— dans les os courts, ils produisent les abcès chroniques des os, les caries scrofuleuses, les spina ventosa.

Les tubercules des os se développent sans causer de douleurs vives et ces douleurs n’apparaissent que quand l’inflammation est sur-

os

venue et produit une périostite avec ostéomyélite et une nécrose ou une carie, avec abcès de voisinage. — Dans le mal de Pott (V. ce mot), des douleurs existent quelquefois et semblent liées à l’inflammation sourde du périoste et à la compression des parties voisines. — Dans les os superficiels tuberculeux quelques douleurs existent, mais il est des cas où le gonflement des os est le seul signe de la maladie. — Les abcès qui sont précédés de douleurs au voisinage d’un os sont, dans la grande majorité des cas, le signe de la lésion tuberculeuse des os, surtout chez les individus qui offrent des signes de diathèse tuberculeuse.

Tous les individus atteints de tubercule des os ne sont pas tuberculeux, mais il est trèsrare que l’on ne trouve pas chez ces malades au moins quelques-uns des caractères de la scrofule. V. ce mot.

Orr soupçonne les tubercules des os aux antécédents, des malades, à leur état général au moment où le mal existe (V. Scrofule, Phthisie). On reconnaît la maladie après l’ouverture des abcès, à l’expulsion de grumeaux où l’on retrouve de§ éléments de tissu cellulaire altéré et des portions de tissu osseux mort ou du pus riche en substance terreuse. — Lorsqu’il y a carie, ce n’est pas toujours une raison pour croire que l’origine du mal est une lésion tuberculeuse. V. Abcès par congestion et Ostéite.

Thérapeutique, — Le traitement des tubercules des os est celui de la scrofule ou de la diathèse tuberculeuse (V. Phthisie pulmonaire, Scrofule). Le traitement local consiste à appliquer des cautères et à les laisser suppurer sur les points où l’on suppose que l’os est malade. — Lorsque des abcès se seront formés, on les traitera comme les abcès par congestion. La carie sera traitée par les moyens variables, suivant le lieu où siège la carie tuberculeuse. V. Ostéites.

On a préconisé comme spécifique, pour ainsi dire, contre les tubercules des os, l’acide phosphorique, d’après Chélius, ou mieux le phosphate de chaux (Piorry) . Ces moyens sont d’une efficacité douteuse, quoiqu’ils soient rationnels.

On prescrit alors : phosphate de chaux, 50 centigrammes à 1 gramme par jour dans du pain azyme ou dans une potion. On peut augmenter la dose jusqu’à 3 grammes.

Toutes les préparations alcalines recommandées contre les tubercules auront leur place dans le traitement des tubercules des os liés à une tuberculisation générale j les eaux miuérales antiscrofuleuses et antisyphilitiques seront d’ailleurs recommandées.

Os (Tumeurs a miéloplaxes des). V. îIyé-

LOPLAXES.

Os (Tumeurs fibreuses des). Les tumeurs fibreuses des os ont été vues dans l’os maxillaire inférieur, dans la tête de l’humérus et dans le calcanéum (Robert, Chassaignac). Elles sont constituées comme les tumeurs fibreuses de l’utérus; elles ne s’ossifient pas. Il y a des

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