‹ Dictionnaire de thérapeutique médicale et chirurgicaleChapitre 58 sur 731 · V. Furoncle et Pustule maligne · texte numérisé non relu

V. Furoncle et Pustule maligne

Thérapeutique, — Lorsqu’un anthrax débute, on appliquera des cataplasmes laudanisés renouvelés deux ou trois fois par jour ; le malade boira une tisane délayante et on lui donnera un grand bain, s’il n’y a pas de fièvre et de sueurs profuses. On administrera aux malades débilités, 4 grammes d’extrait de quinquina en potion ou en pilules. Le sulfate de quinine à dose de 60 centigrammes par jour dans un julep de 125 grammes, sera prescrit dans le cas où l’on soupçonnerait une infection purulente.

S’il n’y a pas de troubles généraux graves, et pas de signes de compression des parties sous-jacentes, on n’ouvrira pas la tumeur avant le quatrième jour ; en attendant le moment propice à l’opération, on appliquera des cataplasmes laudanisés.

Contre l’anthrax et le furoncle, Gelse recommandait l’application d’un emplâtre avec le galbanum.

Ou a conseillé les cataplasmes suivants :

Cataplasmes de farine de lin. . . 200 grammes.

Galbanum . 10 id.

Mêlez selon l’art.

Ou bien :

Farine de lin ........ . 100 grammes.

Faites un cataplasme avec :

Décoction d’espèces émollientes. . q. s.

Puis incorporez :

Pulp de feidlies d’ôsèille’. '. '. 1 “ grammes.

Onguent basilicum . 30 id.

Ou bien :

Farine d’orge et de lin . 250 grammes.

Faites cuire en consistance convenable, dans :

Eau commune . q. s.

Et incorporez ;

Savon blanc râpé . 120 grammes.

Pour ouvrir cm anthrax chez les malades pusillanimes, par une incision cruciale, on aura recours à l’anesthésie locale avec la glace. On peut aussi ouvrir, et avec avantage, l’anthrax par une méthode souscutanée (Alphonse Guérin) : im bistouri introduit par la partie la plus culminante de la tumeur divise la tumeur en croix, suivant quatre rayons par des incisions faites à partir de l’ouverture de la peau sous laquelle le bistouri est engagé vers les parties

Fig. 27. — Incision cruciale sous-cutanée. — A. Centre de l’anthrax.

guidant le bistouri, à travers la peau. (Alph. Guérin.)

L’incision n’est efficace que si elle est faite en temps opportun, lorsqu’il y a de la suppuration formée (Br omfield) . Lorsque l’anthrax tourne au phlegmon diffus, on fera des incisions multiples avec grands avantages dès le début.

S’il y a des symptômes généraux, il ne faut pas inciser trop tôt, les incisions pourraient être le point de départ d’une nouvelle inflammation tel qu’un érysipèle.

Le fer rouge employé pour modifier l’inflammation (Celse, Boyer, Fouteau), des flèches au chlorure de zinc implantées dans le phlegmon gangréneux, auront uu résultat analogue et valent mieux que la potasse (Follin). Mais ces moyens ne seront employés, avec espoir de succès, que si la santé générale n’est pas très-profondément altérée. Au reste, ils ne doivent être employés que dans l’anthrax malin.

S’il y a des phénomènes gastriques, un purgatif salin, l’eau de Sedlitz, le sulfate de soude à dose de 45 grammes, et un éméto-cathartique (Thomassiu), seront administrés avec succès. Contre les accidents d’intoxication consécutifs, on emploiera les moyens appropriés. V. Charbon et Infection.

On fait quelquefois avorter ou limiter un anthrax par une compression avec des bandelettes de diachylon (Collis). Pour cela, deux plaques de diachylon taillées en équerre sont appliquées de chaque côté de l’anthrax, de façon qu’une des branches de l’équerre puisse êti’e croisée avec celle du côté opposé, on serre et l’anthrax est comprimé dans un espace rectangulaire; lorsque la tumeur est ouverte, c’est un excellent moyen pom* faire écouler le pus.

Lorsque la peau est gangrenée et que les eschai'es se détachent, on ne touchera pas à l’anthrax, on favorisera l’expulsion du tissu cellulaü’e gangrené, on

ÀNTI

pansera la plaie avec des cataplasmes jusqu’à ce que toutes les parties mortes aient été éliminées. Puis on pansera simplement. On soutiendra les forces du malade par des tisanes vineuses associées à des tisanes amères, et on le nourrira ; on entretiendra la régularité des digestions par un verre d’eau de PuUna, de temps en temps.

Contre les démangeaisons vives qui accompagnent la cicatrisation de la plaie, on emploiera les lotions avec la glycérine.

Ai^TlLAITElJX. Substances qui ont la propriété de faire cesser la sécrétion du lait. On emploie comme telles l’infusion d.e menthe ou de pervenche, et la décoction de canne de Provence, mais il n’y a rien de démontré 'a cet égard. Les diurétiques et les laxatifs n’ont pas d’effet plus certain, et il n’y a que les purgatifs énergiques qui puissent, par une forte révulsion intestinale, tarir la sécrétion lactée.

On pourra essayer les pilules suivantes :

Acétate de soude. . . 20 grammes.

Camphre . 8 id.

Nitrate de potasse . . 8 id.

Roh de sureau ... q. s.

Pour 120 pilules, à prendre deux matin et soir.

Ou bien on fera, selon Goilden, des applications d’extrait de belladone sur les deux mamelons.

AXTIMOIXE. Métal jadis employé à l’état pur de régule d’ antimoine, -sous forme de pilules perpétuelles, parce que les malades les rendaient telles qu’ils les avaient prises. On faisait aussi du vin antimonié, mais il a été aban-, donné avec raison. Les seules préparations d’antimoine employées en médecine sont aujourd’hui le tartrate d'antimoine et de potasse ou tartre stibié ou émétique , comme vomitif ou purgatif selon le mode d’emploi [++]; le kermès minéral comme expectorant i-t- +1 : l’antimoniate de potasse ou oxyde blanc d’antimoine; le chlorure d’antimoine. V. ces mots.

AMTiaSOÎSIATE DE POTASSE OU Antimoine âiâpliorétîqne lavé. C’est l’oxyde blanc d’antimoine : 1 à 2 et 3 grammes dans un loch contre la pneumonie |g.

AKTIPKLOGISTIQEES. Les moyens propres à combattre la phlogose, c’est-à-dire l’inflammation aiguë, sont désignés sous le nom àé arûiphlogistiques. Ce sont : la diète, la saignée du bras et du pied, la saignée des veines ranines, la saignée de l’artère temporale, toutes les tisanes émollientes, mucilagineuses, féculentes, acidulées ; les bains, les cataplasmes, etc.

AKTlIPL'TBlDEiS OU Antiseptiques. Il y a des substances qui arrêtent la putréfaction, soit dans les maladies gangréneuses septuples, soit dans les matières animales exposées à l’air. Ce sont les antiputrides. Les astringents, les toni-

Page 1