TORSION. V. ARTÈRES, PLAIES
TORTICOLIS [caput obstipurn). Le lorticcK lis est une déviation du cou produite par la pa-
ralysie des muscles du cou d’uii côté ou par la contracture des muscles du côté opposé (Fleury, 1838), par la carie et la déviation de la colonne vertébrale, enfin par la rétraction des tissus après uue brûlure ou une plaie avec perte de substance. V. Arthrite cervicale. Brûlures
CICATRICIELLES, BRIDES.
Le toriicolis musculaire est souvent accidentel et dû à des convulsions; il est quelquefois congénital (Bouvier, Stromeyer), et dans ce cas c’est presque toujours le côté droit qui est rétracté.
Le trapèze, le sterno-cléido'-mastoïdien et le peaucier sont les muscles dont la rétraction cause le torticolis.
La contracture du muscle Sterno-cléidomastoïdien cause la déviation de la tête du côté opposé à ce muscle, tandis que sa paralysie occasionne la déviation dans le côté correspondant ; il est rare que l’uii seul des deux faisceaux inférieurs du muscle soit contracturé. Dans ces conditions, la déviation est moins com- j plète, il y a même un cas où la déviation se borne à une simple élévation de l’épaule.
Quand le torticolis est dû à une paralysie du côté opposé au muscle contracté, ladéviation de la tête est toujours complète dans le, sens du mouvement que produit le muscle sterno-cléidomastoïdien.
Quand le muscle trapèze produit le torticolis, la tête est inclinée du côté du muscle contracté.
Quand le peaucier est rétracté, la tête est peu inclinée, mais on sent sous la peau des brides formées par le muscle peaucier.
Dans le torticolis, les trois muscles sternomastoïdien, trapèze et peaucier, sont parfois ■ contracturés ensemble.
On reconnaît quel est le muscle contracté à une saillie dure placée sous la peau, dans une direction correspondante à ce muscle; cette saillie augmente si l’on cherche à replacer la tête dans sa rectitude.
%* Pour savoir si l’on a affaire à un torticolis par contracture ou à un torticolis paralytique, on explorera le muscle du côté opposé avec l’électricité localisée; si le muscle ne se contracte pas, il s’agit d’un torticolis paralytique. V. Muscles (Maladies des). Paralysies.
Le torticolis, dû à la luxation des vertèbres, est révélé par uue déviation des apophyses épineuses. L’arthrite cervicale s’accompagne de douleurs et de goutlement du cou. Si les articulations des vertèbres sont ankylosées, et si l’on ne peut interroger suffisamment les antécédents des malades, on fixera les épaules et l’on cherchera à faire exécuter à la colonne cervicale des mouvements de flexion, s’ils manquent totalement il est probable que l’aukylose existe. Ces explorations peuvent être faites pendant que
le malade est soumis au sommeil anesthésique.
Le torticolis musculaire peut être le fait de rhumatismes musculaires et de myosites rhumatismales ou syphilitiques au début. Ces cas sont ceux qui ont été désignés sous le nom de torticolis intermittent.
Il y a des torticolis comme il y a des contractures limitées. Ces torticolis sont encore des torticolis intermittents (Meibomius, Wepfer, Dieffenbach, Stromeyer, Amussat, Bouvier, L. Fleury).
Letorticolis, qui est dûà la contracture de tous les muscles d’un côté ou du sterno-cléidomastoïdien seul, peut être accompagné de l’atrophie d’une moitié du cou et de la tête, 'et d’une élévation du côté correspondant du thorax.
Thérapeutique. — Contre le torticolis causé par des paralysies musculaires, ou aura recours à l’électrisation localisée.
S’il y a torticolis intermittent, on frictionnera le cou avec le baume tranquille et avec le laudanum. S’il y a des douleurs on appliquera sur le trajet des muscles quatre à huit sangsues. L’extension forcée du muscle qui se rétracte peu à peu est mauvaise, mieux vaut Ravoir recours à une couronne de cuir ceignant le front et tirée du côté opposé à la rétraction des muscles par une courroie qui s’attache au pantalon (Debout, Duchenne de Boulogne), ou bien on applique la minerve à courroies (fig. 562).
Fig. 562. — Appareil dit minerve. — A. Ceinture. — F. Bretelles. — I). Plaque dorsale soutenant la tige C. — D. Courroie frontale. — E. Courroie sous-mentonnière.
Lorsque la rétraction augmente sans cesse, ou aura recours à la (énotoinie (V. ce mot) du sternocléido-mastoïdien (Dupuytren), du peaucier (Gooch) et du trapèze même (Stromeyer), que la rétraction soit due à une contracture du muscle ou à une paralysie de son congénère et de ses antagonistes, on opéicra par la méthode sous-cutanée. On appliquera