‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 102 sur 281 · DIVI · texte numérisé non relu

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135). Nous notons une seule circonstance surtout digne d*inlérèl, et qui se rapporte au titre de cornes sacrarum largitionum d<mné à ce consul dans l'inscription du diptyque. Au-dessous du siège de Clementinus, on voit quatre jeunes serviteurs, qui tiennent sur chacune de leurs épaules un sac d*où s'écliappent des pièces de monnaie ; et plus bas encore, beaucoup d'autres objets à distribuer, amoncelés à terre : ce sont des cistes, des puGiLLAiRKS, dcs pains, des feuilles et des branches de palme. Ce sujet, dont Tinscription transcrite plus haut nous donne la clef, ne s*est pas rencontré dans d'autres diptyques consulaires.

En dedans se lisent, en grec, des formules liturgiques : d'abord une exhortation aux assistants de recueillir leur âme devant Dieu, avec dévotion, pour implorer de lui miséricorde, paix, charité, assistance. Ensuite une prière pour diverses personnes, commençant pour chacune par le mot mémento^ M^^HcenTi ; par exemple : t Souviens-toi, Seigneur, de ton serviteur Jean, le plus petit de tous, prèlro de l'église de Sainte- Agathe. » *

On croil que ce précieux monument, quant à sa partie ecclésiastique, est du huitième siècle, car il est daté de « la première année d'Iladrien, patriarche de la ville » , qui serait le pape iladrien I*'. On conjecture encore qu'il a été k l'usage d'une église de Sicile, Mâchera, aujourd'hui Citadella. Ce qui rend la chose plausible, c'est que la Sicile usa de la langue grecque dans la liturgie jusqu'au quinzième siècle.

7. Nous mentionnerons enfin le diptyque de la collégiale de Saint-Gaudence de Novare, lequel porte sur ses faces extérieures les images de deux consuls, dont on ignore les noms, et à l'intérieur un catalogue de soixante-neuf évèques de Novare, à commencer par S. Gaudence.

C. — Il arriva quelquefois que , avant d'employer un diptyque profane au service du culte, on lit subir des modifications plus ou moins notables aux figures et autres ornements dont il était décoré. Ainsi en fut-il pour le diptyque que le pape S. Grégoire le Grand envoya, avec d'autres objets pieux (Y. Tart. Huiles saintes) à Théodelinde, reine des Lombards. Ce diptyque avait été consulaire, et il conserve encore la plupart des attributs dénotant sa primitiv«3 destination. Seulement on a écrit au-dessus de l'un des consuls le nom de David, et celui de S. Grégoire sur le second; une légère retouche faite aux deux figures achève tant bien que mal l'illusion : ainsi la toge brodée du consul transformé en S. Grégoire a été modifiée de façon à ressembler à la pénule ou chasuble ; le sceptre aminci est devenu une croix ; enfin on a tracé sur la tète la couronne cléricale. Mais l'une et l'autre figure tiennent encore élevée de la main droite la mappa (Y. ce mot) que le consul jetait dans le cirque pour donner le signal des jeux (Voyez à la page précédente ce curieux monument, que nous donnons d après Gori. Thetaur» diplych» t. n. tab. vi).

D. — Les diptyques ecclésiastiques n'étaient pas toujours plies en deux parties sealement, mais quelquefois en trois , en quatre et plus encore, ï peu près comme nos paravents, et on les appelait triptyques, polyptyques, selon le nombre des tablettes ; ils paraissent avoir été eiclusivement propres aux chrétiens, car les objets désignés par ces dilTérents noms, dans l'antiquité profane, n'avaient jamais plus de deux panneau pour couverture, bien qu'ils continssent plusieurs feuilles à l'intérieur.

Hais ces objets furent, comme aus^i quelquefois les simples diptyques, dans les églises, appliqués à d'autres usages qbe celui dont on a parlé jusqu'ici. Ce qui le prouve, c'est que les figures, sculptées ou peintes , dont ils sont décorés, se trouvent souvent à l'intérieur, et parfois même sur les deux faces, comme le diptyque de Rambona qui a des imageii en relief à l'extérieur, et des images peintes en dedans. C'étaient des images pieuses, portatives, qu'on déployait sur les tables sacrées pour les exposer à la dévotion des Gdèles: et Buonarnioli est d'avis que ces sortes de diptyques eurent dans les églises une destination analogue à celle de nos tableaux d'autel, qui anciennement affectaient des formes toutes semblables. C'étaient comme de petites armoires qui s'ouvraient et se fermaient à volonté, et dont les diverses parties étaient distinguées entre elles p»r des filets qui leur servaient d'ornement, et se terminaient à angle aigu, comme on le peut voir dans un charmant triptyque publié par Donati (Ditlici ont, p. 215). Ces petits tableaux servaient d'ornement, non -seulement aux autels fixes, maismieui encore aux autels portatifs dont les fidèles se servirent à difiérentes époques, particulièrement pendant la persécution des iconoclastes ; les premiers chrétiens les portaient aussi dans leurs voyages, pour satisfaire leur dévotion.

Le moyen âge vit se multiplier beaucoup ces images portatives, les musées en possèdent un grand nombre, le musée de Gluny notamment. Il en reste aussi dans quelques anciennes églises; la cathédrale d'Aix en Provence est enrichie d'un triptyque de grandes dimensions, et qui est sans doute un des plus magnifiques qui existent.

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