‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 224 sur 281 · PIEU · texte numérisé non relu

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Seigneur enseignant ses apâlres. fait tmr, i tlAk du Sauveur nimbé, S. Pierre également Dimtié. et le seul des douze ayant celte dislinctiHi. bm les bas-reliefs, les mosaïques, et d'ailleurs touie> les fois que Noire-Seigneur, au milieu de ses disciples choisis, leur confère ses poaioirs, c'eil invariablement à S. Pierre qu'il remet le n\aiw déroulé, symbole du souverain pouvoir d'enseignement et de direction qui lui est conCéré.aoDseulement sur les agneaux, mais encore sur in brebù (V, Boïio, Sarcoph. passim). Ailleurs, toujours sur les sarcophages, le divin Maître «dT)^ leur, entouré de ses douze apûlres « lie douw brebis placées au-dessous de chacun d'eux, nth» tendrement de la main une brebis plus grande que les autres et qui correspond exactement au jiniio^ des apélres (Boltari. miii).

4* Hais voici qui est bien plus important enwn pour attester la croyance des siècles priinilils i la primauté de S. Pierre. Hoîse, chef de l'^W judaïque et législateur des Hébreux, étuit la ligurr de Pierre, vicaire de iésus-Chrisl et chef visible dr l'Église dirélienne; ou plutôt le second D'éliil<|i)r le continuateur du premier, comme le liouieji Testament était le complètement de l'&ndeD. i'H là une vérité dont la tradition était waAMt et vulgaire parmi les premiers chrétiens, tt qui était souvent développée dans l'enseignemenl dis Pères (V. l'art. *.-tac). Telle esl l'origine d« innombrables reproductions de la figure de tm dans les monuments chrétiens. Et ces représaïUtions le prennent presque toujours dsns letral qui constitue la plus vive ressemblance enUelr râle du Moïse ancien et celui du Noise ooiitfi». c'est-à-dire la percussion du rocher d'Oreb.ld.n efi'el, le rapprochement n'est pas arbitraire, il eii indiqué par S. Paul lui-mèrae (I Cor. i- ^i ■ Les Israélites buvaient l'eau jaiUissaol it i) pierre, et cette pierre était Jésus-lllirist, > pff" auUm erat Chrittu». Noise tire du rocher uneon qui étanche la soif des Hébreux, Pierre faitpillf du vrai roclier, • qui est le Christ, > la wiiff mystérieuse de la grjce qui arrive aux tidèles f les canaux des sacrements. Une peinture tfa«ni merveilleuse, découverte naguère dans une ciji'f du cimetière de Calliste, qu'on a sumomoKe b Chambre de* Sacremenlt, déroule cette doclriit; sous nos yeux dans une série de tableaux dispi^ avec un art inlini. En premier lieu, on y loil Vni''' ou plutôt S. Pierre, frappant le roclier mptij* du fleuve qui s'en écliappe un personnage »*>' relire un poisson au bout d'une ligne (V. la IV^ à l'art. Pécheur) : c'est l'image de la confersH'' d'un idolàlrepar lavertii delà grâce découliidilu flanc du Sauveur; plus loin, dans cette roJwet" divine, ce même homme est baptiié par un aiiiii'|f debout devant lui et appuyant sa main sur lai'* du néophyte pour la triple immersion [ï-l»S8''f' à l'art. Bapléme) ; a quelque distance encort. "< prêtre, étendant les mains sur un pain H "" P"'' son, consacre la sainte Eucharistie (ï. la fis""'" ('art. Mette); et enfin sept personnages aSM-' '

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une table prennent part au festin sacré, où ne figurent comme précédemment que le pain et le poisson.

Vais quelque palpable que soit celte démonstration, nous avons des monuments qui la rendent plus certaine encore. C'est d*abord un fond de coupe (Boldetli. p. 200. — Garrucci. tav. x. 9) où la détermination du personnage frappant le rocher se trouve fixée par le nom même de Pierre, petrvs, écrit dans le champ, et encore par la conformité parfaite de la tète avec le type traditionnel du prince des apôtres. Ce même type n'est pas moins leconnaissable dans la plupart des sculptures de ^a^cophages où le sujet qui nous occupe se trouve reproduit.

11 y a plus encore dans le bas-relief d'un sarcophage magnifique et vraiment précitux sous tous les rapports, monument du quatrième siècle découvert il y a peu d'années à Sainl-Paul-hors-des Murs (V. ce monument à l'art. Sarcophages). On y voit d'abord S. PiiTre au moment où Notre-Seigneor lui annonce sa chute, et en même temps la prière qu'il adresse à son Père pour que la foi Je son vicaire, une fois converti, n'éprouve plus de •léfailiance. Le coq est à ses pieds, ce qui ôte toute hésitation sur Tatlribution du personnage de S. Pierre. Le prince des apôtres porte à la main la lerge. symbole de l'autorité qui lui est confiée et qui n'est jamais attribuée, dans nos monuments, à aucun autre apôtre (V. aussi Bottari. tav. lxxxv). La peu plus loin, il fait usage de ce sceptre pour Irapper le rocher mystique dont on voit sortir une «'au abondante. C'est la divine parole annoncée par lierre au jour <le la Pentecôte. La s:ynago<;ue se scinde en deux parts : d'un côté, ceux des Israélites qui accourent avec avidité aux eaux vivifiantes du Christ ; de l'autre (et ceci est l'objet d'une troisième scène), ceux qui, fermant les yeux à la lumière, conspirent contre Pierre, le saisissent par le bras et le traînent devant les tribunaux des scribes (Act. apcst. xii). El ici encore Pierre tient la verge du commandement dont, libre ou captif, il ne se dessaisira plus. Cette interprétation est celle du P. Ilarchi ; on peut voir à notre art. Juifi jusqu'à quel point nous croyons pouvoir l'admettre. Allegranza (Opusc. p. 177) donne une pierre antique chrétienne très-curieuse, qui fait ^oir le Bon-Pasteur entouré de douze figurines en pied qui ne sont autres que les douze apôtres. Or le premier à droite est reconnu pour S. Pierre à la verge qu'il tient à la main.

0* A bien examiner les représentations du fait miraculeux de la multiplication des pains, dans les ^culptu^es de sarcophages notamment, nous avons lieu de penser que l'on pourrait reconnaître la ligure de S. Pierre substituée à celle d'André ou de Philippe, comme dans le sujet précédent elle est mise à la place de celle de Moïse.

L':illention de M. De' Rossi a été mise en éveil à c^l égard par une fresque de la calacombe chrétienne d'Alexandrie décrite naguère par Bl. Wesclier (Bullel. agost. 1860), et où cette substitution

ne laisse pas de doute, car le nom de S. Pierre nsTPoc, est écrit en toutes lettres au-dessus de la tète du personnage qui offre le pain au Sauveur; l'autre apôtre est S. André, akapeac.

Or. la multiplication des pains et des poissons étant une des figures les plus incontestées de l'Eucharistie, il est évident que l'intention des artistes ou plutôt de ceux qui les guidaient était d'attribuer ainsi à S. Pierre les prémices du sacerdoce eucharistique, comme la fresque de Saint-Calliste lui attribue, sous la figure de Moïse, la primauté quant à l'administration du baptême et des autres sacrements.

6* En se prévalant contre la primauté de S. Pierre de la position respective qu'occupent les deux apôtres dans les différentes classes de monuments, soit l'un par rapport à l'autre, soil tous deux par rapport à Notre-Seigneur, quand ils sont représentés à ses côtés, les hétérodoxes ont mis les écrivains catiioliques dans la nécessité d'accorder beaucoup d'importance à une question archéologique qui en offre assez peu par elle-même.

La droite était-elle, chez les anciens, réputée la place la plus noble, et de ce que S. Pierre occupe quelquefois la gauche, est- on en droit d'en inférer qu'il était regardé dans la primitive Église comme inférieur à S. Paul T Telles sont les questions qui ont exercé les auteurs les plus graves depuis Pierre Dainien (Opusc. xxxv), S. Thomas [Lect. i In Gaîat.)y Durand (Rat. div. off. vu. 24), Molanus (Hui. SS. imag. ni. 24), DeMarca (Déprimai. PeUr, Opwc. ap. Baluz. n. 21), Allalius (De Eccl. Occid. et Orient, consens, p 8d), Mabillon (De rediplom,)^ jusqu'au P. Garrucci et à l'abbé Polidori. Sans entrer dans la discussion du premier point en litige où le pour et le contre peuvent être soutenus, nous dirons, quant au second, qu'alors même que S. Pierre serait toujours placé à gauche, ce fait ne prouverait rien contre sa primauté établie par tant d'autres arguments; on en pourrait conclure tout au plus que les artistes avaient en vue, bien moins les peintures en elles-roômes que les spectateurs, par rapport auxquels ce qui est à droite dans le dessin se trouve à gauche, et réciproquement. Et encore cette interprétation est-elle superfiue ; car les monuments les plusanciens qui soient en notre possession (si nous en exceptons le médaillon de bronze reproduit plus haut [n. 4]), les verres dorés, donnent, à peu près sans exception, la droite à S. Pierre et la gauche à S. Paul. Ce n'est que plus tard que, communément dans les sculptures et les mosaïques, et plus fard encore, mais constamment, dans les plombs des papes, cet ordre fut interverti (V. Mamachi. t. v. p. 503). On ne saurait supposer assurément au souverain pontife l'intention de constater son infériorité sur les sceaux mêmes destinés à imprimer le cachet de l'authenticité aux actes de son autorité souveraine comme successeur de Pierre et vicaire de Jésus-Christ.

Quoi qu'il en soit, nous ne devons pas omettre ici une ingénieuse interprétation que quelques auteurs ont donnée de cette disposition des deux

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