‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 4)Chapitre 5 sur 155 · A HD · texte numérisé non relu

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tance reste à peu près la même, mais l’abaque perd de sa simplicité par l’adjonction de deux moulures : un talon et un filet, à la partie supérieure, comme on peut le voir à l’ordre inferieur du théâtre de Marcellus'8 et au théâtre de Vérone™. Dans l’ordre ionique l’abaque diminue considérablement de hauteur. 11 est réduit, dans les chapiteaux grecs de cet ordre , à une seule moulure, ove ou talon, décorée parfois d’ornements peints ou sculptés; le chapiteau du temple sur l’Ilissus nous en offre un exemple (fig. 14). Dans certains cas assez rares il disparaît même tout à fait, comme au temple de Phigalie 40 et

dans les ruines de Philippes41.

Quand l’ordre le plus riche, le corinthien , est inventé , l’abaque subit encore de nouvelles modifications. Il se

compose en ce cas, chez les Grecs et chez les Romains, de trois moulures : un cavet, un filet et un quart de rond, parfois enrichis d’ornements sculptés. Exemple : le chapiteau du temple d’Antonin et Faustine (fig. 15). Ce qui changea surtout l’aspect de l’abaque dans l’ordre corinthien, c’est l’évidement curviligne de chacune des faces du carré et la suppression des angles qui, tronqués, devinrent des pans coupés 4*. La courbe de cet évidement est le plus souvent un arc de cercle dont le centre est au sommet d’un triangle équilatéral construit sur chaque côté de l’abaque (fig. 1 6).

Dans les rares chapiteaux grecs

Fig. 1 4. Chapiteau ionique (Temple sur ITlissus).

Fig. 15. Chapiteau corinthien (Temple d’Antonin et Faustine).

d’ordre corinthien qui nous sont restés, cet arc est plus profond, c’est-à-dire que son centre est plus rapproché.

Vitruve, de son côté 4S, dit que cet arc doit avoir 1/9 de flèche, c’est - à - dire une profondeur moindre que celle donnée par le triangle équilatéral. Dans les édifices romains qui se ressentent le plus de l’influence grecque, le Pœcile et l’arc d’Adrien à Athènes, l’Incantade à Salonique, le temple dit de Vesta à Rome, les angles de l’abaque ne sont pas abattus; formés par la rencontre des deux arcs concaves, ils sont très-aigus (fig. 17). Au monument de I.ysicrate, purement grec pourtant, les angles de l’abaque sont tronqués.

A l’époque romaine, quand les pilastres des divers ordres, Fig- 16. Abaque du chapiteau corinthien. considérés comme des colonnes

en bas-relief, furent composés des mêmes éléments que les colonnes correspondantes, 1 abaque joua le même rôle et subit les mêmes transforma¬

tions que nous venons de décrire en parlant des différents ordres. Nous en avons des exemples pour l’ordre dorique sous le portique du théâtre de Marcellus44, pour l’ordre ionique aux thermes de Dioclétien45, et pour l’ordre corinthien à l’arc d’Adrien à Athènes46, au portique d’Octavie, au temple d’Antonin et Faustine à Rome47.

Quatremère de Quincy46 soutient que l’abaque est une des parties qui importent

le plus à la solidité Fig. 17. Abaque du chapiteau corinthien.

réelle ou apparente

de l’architecture. Il a raison ; mais les Grecs et, après eux, les Romains, se sont souvent contentés, en ce cas, de 1 apparence, car, dans beaucoup de chapiteaux de la plus belle époque, une surélévation carrée, dont le côté égale généralement le diamètre inférieur du fut de la colonne, surmonte l’abaque et porte seule l’architrave (fig. 14, 1 5, f G et 1 7). On évitait ainsi la rupture de la saillie de 1 abaque, rupture qu’amène inévitablement le moindre tassement de 1 architrave sur les faces du chapiteau où elle porte.

Les anciens, plus souples en fait d art qu on ne le croit ordinairement, et sachant approprier aux circonstances les formes architecturales, ont fait des abaques triangulaires, par exemple quand il s’est agi de placer sur des colonnes des trépieds choragiques [tripus]. Des colonnes de ce genre existent encore au pied de l’acropole d’Athènes, derrière le théâtre de Bacchus.

En décrivant l’ordre toscan, Vitruve 49 donne à l’abaque le nom de plinthe ( plinthis , de tiXi'vOoc, brique). En effet, comme nous l’avons vu, l’abaque conserve dans cet ordre sa simplicité primitive et ressemble à une brique carrée comme la plinthe de la base. E. Guillaume.

ABADIR [Baetylia].

ABDICATIO. — I. Renonciation à la puissance paternelle [PATRIA POTESTAS ; APOKERYXIS].

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