Flagrum fimbriatum (Apul. /. c
Fouet muni de plusieurs lanières qui pendent ensemble comme une frange ( fimbria) : de là vient le nom.
FLAMEN. Flamine : titre donné à tout prêtre romain attaché au service d'une divinité (Cic. Leg. ii, 8). Chacun de ces prêtres était distingué par le nom du dieu dont il était le ministre (Varro, L. L. v, 84); ainsi Dialis, ûaniine de Jupiter; Martialis, de Mars ; Quirinalis, de Romulus. Le vêtement pontifical du flamine était la Ixna, attachée par une broche
Eres de la gorge, un bâton d'olivier et le onnet appelé a^ex, surmonté<runetouffe de laine au-dessus (Serv. ad Virg. /En. IV, 2(12).
FLAMINIGÂ. Femme du flamine de Jupiter. (Festus, v. Flamen).
FLAMMEARIUS. Qui fait ou vend des fiammea (Plaut. Aul. lll, 5, 35; voy.
Flammeuh).
FLAMMEOLUM. Diminutif de Flam- MEUM ; ce mot n'indiquait pas cependant de petites dimensions, mais un tissu d'une grande finesse et d'une grande beauté, par conséquent d'un plus grand prix (Juv. X, 334).
FLAMMEUM. Voile nuptial, porté par une fiancée romaine le jour de son mariage. Il était d'un jaune foncé et brillant (Plin. H. N. XXI, 22) comme une flamme, particularité d'où lui vint son nom, et de dimensions considérables, suffisantes pour couvrir toute la personne de la tête aux pieds. Pendant la cérémonie, il était porté sur la tête pour cacher les regards baissés de la modestie virginale (Lucan, II, 361), comme le montre la figure ci-jointe, d'après un marbre romain représentant une fiancée (nupta ) au moment du mariage; elle le gardait ainsi jusqu'à ce qu'elle arrivât à sa nouvelle maison, où il lui était retiré par son époux , comme le fait entendre la figure ci-jointe , qui est tirée aussi d'un marbre romain. Elle représente une jeune fiancée assise sur une couche , avec le flammeum sur les épaules. L'artiste lui a prêté un geste fort naturel pour exprimer la modestie fémi-
nine ou le regret de la perte de ses anciennes amie^ et compagnes.
FLAMMULA. Bannière dont se servaient, à une époque postérieure , quel- ([ues troupes de cavalerie des armées
romaines (Veget. Mil. il, 1 ; m, 6) : son nom lui vint peut-être de ce qu'elle était jaune comme le voile des fiancées ( flammeum ), ou de ce qu'elle était découpée au bout eu langues pointues, comme une flamme {flamma) : nous en donnons un spécimen dans la gravure ci-jointe, d'après l'arc de Septime Sévère.
FOCALE ( TtpoffYva0(5iov ). Pièce d'éloffe qui enveloppait le cou et le bas de la figure (fauces, quasi faucale), comme notre cravate. Elle était portée dans l'origine seulement par les personnes délicates et infirmes ( Hor. Sat. il, 3, 265; Quint, xi, 3, 144), et non comme une partie ordinaire du costume , ainsi que chez nous ; mais quand l'empire en s'étendant força le soldat romain d'endurer les rigueurs des climats du Nord, il semble qu'elle fut adoptée généralement dans l'armée ; car elle est portée sans exception par les troupes des armées de Trajan, de Marc-Aurèle et de Septime Sévère, de la façon que montre le spécimen ci-joint, les bouts pendan t su r la poitrine, exactement comme le décrit le Scholiaste d'Horace (/. c.) : a coUis dependentia, ad fovendum collum et fauces contra frigus muniendas.
FOCARIUS. Esclave domestique de la classe la plus basse ; il était attaché à la cuisine, où il avait à veiller au feu et probablement à faire tous les ouvrages fatigants [\]\f. Dig. 4, 9, 1).
2. Focaria. Esclave du sexe féminin, employée aux travaux nommés ci-dessus ; fille de cuisine (Ulp. Dig. 37, 7, 12; Pomp. ib. 15).
FOCULUS. Diminutif de Foctis : tout foyer petit ou portatif. Ce mot était pris particulièrement dans les sens suivants :
1. Cavité au haut d'un autel pour les offrandes à consumer, dans laquelle on allumait le feu (Liv. ii, 12); par extension, l'autel lui-même ( Cic. Dom.
47)^ La gravure représente un petit au-
tel de marbre où l'on voit au haut le
foculus , d'après un modèle trouvé à Antium.
2. (é^xâptov). Brasier ou réchaud, dans lequel on brûlait du charbon ou des cendres végétales de bois pour échauffer les appartements. On eu a découvert plu-
sieurs dans les maisons d'Herculanum et de Pompéi; ils étaient ronds ou carrés, mais semblables pour le caractère général au spécimen ci-joint, tiré d'un modèle eu bronze.
3. Petit fourneau portatif, employé pour la cuisine et d'autres usages (Plaut. Capt. IV, 2jj 67 ; Juv. Sat. lll, 262). Le spécimen ci-joint, d'après une peinture trouvée à Herculanum, montre le fourneau élevé sur un support à trois pieds, afiu qu'il y ait place pour la ventilation dessous; il y a une porte en avant par laquelle on devait mettre le charbon, et un vase au haut, contenant des ingrédients que la figure remue pendant qu'ils bouillent.
FOCUS (éoTta, layi^^i). yftre, foyer de la maison (Cic. Sen. 16; Hor. Od. i, 9, 5 ; TibuU. i, 1, 6). Chez les Romains, le foyer étaitconsacréaux Z.arei et regardé comme un lieu sacré dans la maison ; en conséquence, il était situé dans la salle |)ublique ou atrium , où était aussi l'autel des dieux domestiques (voy. Aba, 5); de là la juxtaposition fréquente des mots pro aris et focis dans les circonstances solennelles. Lefocus consistait en une plateforme carrée de pierre ou de briques ,
élevée de quelques centimètres seulement au-dessus du sol , comme le montrent clairement de nombreux spécimens qu'on voit encore à Pompci ; c'est là que le feu était allumé avec des bûches de bois reposant sur des chenets (varœ), mais le plus souvent sans tuyau et sans cheminée pour livrer passage à la fumée.
2. Même sens que FoccLUS, 1. Partie creuse au haut d'uu autel pour les offrandes à consumer, dans laquelle était allumé le feu : par extension, l'autel lui-même (Ov. ^. yim. i, 637 ; Tibulle, i, 8, 70).
3. Focus turicremis. Biasier fait de métal et muni de poignées pour qu'on pût le transporter de place en place; il était placé, dans les occasions solennelles, devant l'autel ou la statue d'une divinité : il servait d'encensoir pour brûler des pastilles d'encens (Ov. Her. ii, 18; Marini, Fr. ^rv.
p. 311). La gravure, prise d'une ancienne^ fresque romaine , montre une femme avec un plat de pastilles dans sa main gauche et le focus turicremis brûlant à terre à côté d'elle, et dans lequel elle jette les pastilles une à une.
4. Sorte de réchaud inventé par les Romains adonnés au luxe, pour avoir leurs potages et leurs ragoûts tout à fait chauds quand on les apportait sur la table. Il était fait de métal et contenait un feu de
charbon allumé, ainsi que le plat et le vase avec les viandes préparées. On apportait le tout ensemble de la cuisine à la
salle à manger, ce que Sénèque exprime eu disant que la cuisine accompagne le repas : Culina cœnam prosequitur (Senec. Ep. 78). La gravure représente un ustensile de ce genre, d'après un modèle en bronze trouvé à Pompéi, avec un plan en coupe de l'intérieur et un dessin de la casserole qui contenait les viandes, placé entre les deux. Le charbon était introduit par la porte du bas ; la fumée s'échappait par deux ouvertures latérales ornées chacune d'une tête de lion ; l'anse, placée au sommet, servait pour porter le focus, et la casserole était posée sur la partie supérieure , où elle était supportée par le rebord qui entourait sa surface.
FODINA ((jLéxoXXov). Mine dont on tire des métaux, etc.; chaque mine particulière était caractérisée par un nom spécial : ainsi auri fodina, mine d'or; argenti fodina, mine d'argent. Ces expressions ne forment même souvent qu'un seul mot. (Ulp. Dig. 27, 9, 3; Vitruv. Pliu. passim).
FŒMSECA, FOENISECTOR, FOE- NISEX. Faucheur d'herbe avec une faux, par opposition au moissonneur de blé avec une faucille (Columell. Il, 18, 5; xi, 1, 12; Varro, R. R.i, 49, 2).
FOLLICULARE (âffxw(Aa). Bois d'une rame, au point où il avance hors de l'ouverture; il était entouré d'un chapeau de cuir [folUculus), pour diminuer le frotte-
ment et la détérioration de la rame et empêcher l'eau dans les mers agitées de pénétrer dans le vaisseau par l'ouverture.
La forme et la place de ce chapeau sont clairement indiquées par la gravure, qui représente plusieurs rames recouverte» ainsi que nous l'avons dit et ainsi qu'on les voit sur le côté d'un vaisseau, dans un basrelief de la villa Albani.
FOLLICULUS. Diminutif de Follis.
FOLLIS. Ballon gonflé d'air; il était de grande dimension , et fort léger, ser-
vant également à ramusement des jeunes gens et des vieillards, comme un jeu qui donnait de l'exercice sans mouvements violents (Mart. xiv, 47). La gravure cijointe est prise d'une monnaie de Gor-
dien III, publiée par Mercuriali (Gymn.
p. 126). Ce ballon se rapproche, pour les dimensions, de la vessie enflée, et rappelle, pour la manière dont on le lance, un jeu encore commun en Italie, et connu sous le nom de jeu de ballon {ilgiuoco del pallone), dans lequel les joueurs ont les bras droits, depuis le coude jusqu'au poignet, couverts d'une sorte de gantelet semblable à celui que représente la gravure. C'est avec ce gantelet qu'ils frappent le ballon qu'une autre personne leur donne, comme celui qui sert la balle au jeu de la crosse.
2. Coussin ou matelas gonflé d'air, au lieu d'être rembourré de plumes. Les plumes marquaient plus de luxe (Lambrid.
Elag. 25).
3. Large bourse de cuir pour tenir l'argent ( Juv. xiv, 281) j elle était employée surtout à l'armée comme caisse militaire pour garder la paie des soldats (Veg. M/7. Il, 20).
4. (çûtja). Soufflet, composé de deux planches, avec une soupape à air {parffia), unies par une peau de bœuf ou de
vache, de manière à former une machine semblable à celle dont nous nous servons
maintenant; on en voit un spécimen dans la figure ci-jointe , prise d'une lampe en terre cuite , de la collection de Licetus [Lucern. VI, 24,2; cf. Cic. N. D. I, 20 ; Pers. v, 1 1). Des soufflets, faits aussi de peau de bouc (folles liircini), sont mentionnés par Horace (Sat. i, 4, 19); d'autres en peau de taureau [folles taurinï), par Virgile [Georg. IV, 171); mais cette dernière expression est poétique et marque l'ignorance d'un fait bien connu, savoir, que la peau de taureau ne vaut rien pour faire des soufflets (Beckman, Hist. of Inventions, vol. I, p. 64 ; Londres, 1846).
5. Follis fabr'ilîs. Soufflet de forgeron (Liv. XXXVIII, ") de dimensions considérables, comme ceux qu'on emploie dans nos forges ; la gravure au mot Fer- RABIDS en donne un spécimen.
FORCEPS (Tiwpâypa). Tenailles, dont les forgerons se servaient pour retirer le métal échauffé au feu et le tenir sur l'en-
clume pendant qu'ils le travaillaient (Isidor. Orig. xix, 7, 3; Ov. Met. xil, 277; Virg. jEn. viii, 453). La gravure représente des tenailles de Vulcain d'après un bas-relief de marbre. Comparez la gravure des mots Marcds et Marccms.
2. (^tÇâYpa). Espèce particulière d'intrument de dentiste, en forme de pinces , employé pour extraire les racines
des dents gâtées ( Celsus, vil, 12, 1); usage que des médecins ont attribué à l'instrument ici figuré, d'après un modèle découvert parmi d'autres instruments de chirurgie, dans une maison de Pompéi , et auquel il semble en effet destiné.