‹ Dictionnaire des antiquités romaines et grecquesChapitre 217 sur 327 · CERNA · texte numérisé non relu

CERNA

POLYPTYCHA {-KoKi-r^iMya). Tal)lettes formées de plusieurs feuilles, et présentant quelque analogie avec nos carnets (Veg.

Mil. II, 19 ; Cassiodor. Far. Ep.\, 14). Voyez Ceka, 2.

POLYSPASTON {nol<,<jna.<jxo^) . Machine pour élever des corps très-lourds à l'aide de beaucoup de poulies {orbiculi disposées dans une même chape {troclilea. Vitruv. X, 2).

PONDUS ((TTaOïxô;). Poids, servant à peser des objets dans une balance (Liv. V, 48 ; Ulp. Dig. 19,1, 32). La gravure représente un poids antique trouvé à Herculanum, semblable aux plus gros de ceux que nous employons; mais on a découvert dans la même ville des assortiments de poids i plus petits , rentrant les uns dans les autres, et étant, comme ceux dont nous nous servons, des multiples les uns des autres. Ils étaient faits pour le comptoir de quelque marchand au détail.

2. Poids attaches, dans un métier vertical (Senec. Ep. 90), à une des extrémités de la chaîne (stamen), afin de les maintenir en place et de donner à la

chaîne un degré suffisant de tension, tandis que le peigne {peclen), poussé par le battant {spatlta), pressait les fils de la trame isubtemen). L'ancienne manière de

fixer ces poids est indiquée par la gra- Mire, qui représente un métier très-grossier, employé encore en Islande (Schneider, Index R. R, script, v. Teia) ; là on se sert de grosses pierres attachées à une •certaine quantité de fils réunis en paquets. Dans les métiers modernes , des poids sont, dans le même but, attachés à la harre du métier par inie corde qui passe sous Yensouple.

PONS (yéf\jça).Pont. Vitruve ne nous arien laissé sur la construction des ponts; mais les nombreux ponts romains encore subsistants témoignent de la grande habileté des constructeurs et des architectes romains dans cette branche de l'art. La description suivante est donc faite d'après les monuments mêmes qui sont encore debout, et non d'après des livres. La chaussée ['via, agger) est toujours pavée, comme les routes, de larges dalles à surface polygonale, et flanquée de chaque côté d'un trottoir (crepido) pour les piétons. Le tout est borné par un mur bas formant un parapet (pluteiis), plein et non fait d'une balustrade à jour, comme ceux de nos ponts. Une porte (porta), que pouvait fermer une chaîne ou une herse (cataracta ) est souvent dressée à une extrémitédu pont (voy. la gravure au mot Cataracta, 2), ou !)iin au centre et à chaque extrémité s'élève un arc de triomphe (/br«/x) qui pouvailaussi, encas

de besoin, servir à fermer le passage. C'est de ce dernier cas que donne un exemple la gravure ci-jointe, qui représente le pont de Saint-Chamas dans son état actuti. Quelques ponts sont étendus sur nn plan presque horizontal ; d'autres, jetés

sur un torrent, sont très-sensiblement en dos d'âne, avec une descente et une montée très-roide. Les arches, dans tous les cas, forment à peu près un demi-cercle, et ont quelquefois un très-grand diamètre. Une seule arche, subsistant encore à Narni, a 30 mètres 48 cent, d'ouverture, et part de dessus deux piliers qui s'élèvent à 44 mètres 52 cent, au-dessus de la rivièresur laquelle est jeté le pont. Le pont construit par Auguste à Rimini, que Palladio regardait comme le plus beau modèle de pont qu'il eût jamais vu, a sept arches, et est horizontal au milieu, mais légèrement en pente à chacune de ses extrémités.

2.(YSçnjpa). Le pont grec primitif n'était, comme l'indicpie son nom, qu'une digueou levée déterre formant une chaussée haute, comme nous eu avons dans les localités sujettes aux inondations, la petitesse des rivières, des courants d'eau de cette contrée les rendant, pour la plupart, aisément guéables ou faciles à traverser à l'aide de quelques planches. De là vient que l'art de construire desponis, comme celui de faire des routes et de dessécher les terres inondées, doit presque sa naissance, et du moins tous ses progrès, aux Romains , le premier peuple qui ait fait usage de l'archedans de grandes proportions. On peut donc attribuer les ponts qui sont cités en Grèce, comme ouvrages notables et d'une certaine longueur (Plin. H. A\ IV, 1 , 21), aux Romains, qui les y auraient exécutés après la conquête.

3. Pons sublicius. Pont de bois bâti sur pilotis; on en élevait fréquemment

pour rendre des services temporaires :

ainsi, pour faire passer une rivière aune armée. Aussi les colonnes de Trajan et d'Antonin en donnent-elles de nombreux spécimens : c'est à la dernière qu'est empruntée notre gravure. Le fameux pons sublicius, à Rome, quand on le reconstruisit après sa destruction dans la guerre

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