‹ Dictionnaire des antiquités romaines et grecquesChapitre 233 sur 327 · Tabouret pour poser les pieds · texte numérisé non relu

Tabouret pour poser les pieds

quand on était assis ; plus élevé et par conséquent plus honorable que le tabouret ordinaire {scabellum, suppedaneiim) , formé d'une double marche , de sorte que les pieds pouvaient reposer ap- Euyés à différentes auteurs, comme cela se voit dans la gravure ci-jointe, d'après un bas-relief en marbre ; le scamnum y est bien à sa place sous les pieds de Jupiter, pour indiquer et la majesté du Dieu, et la hauteur du trône sur lequel il est assis. L'épithète cavum (tabouret creux), qu'Ovide applique à cet objet [À. Am. i, 162), peut être destinée à décrire le creux que forme la marche supérieure eu retrait sur l'inférieure, ou à indiquer que ce tabouret était creux et à jour par-dessous , comme l'est en effet le spécimen donné à l'alinéa précédent.

3. Siège, banc avec une marche en bas pour poser les pieds , comme on le voit dans le spécimen ci-joint, d'apràs

une peinture de Pompéi ; c'est cette particularité qui , à parler rigoureusement , constitue la différence entre un scamnum et un suhsellium, quoique la distinction ne soit pas toujours observée (Ov. Fast. VI, 305; Mart. V, 41 ).

4. Dans le langage agricole, l'entre deux des sillons, la longue ligne de terre que n'a pas retournée la charrue ( Columell. II, 2, 25; Plin. H. N. xvill, 49, 2 ) ; barre du même genre laissée

entre les sillons que l'on creuse avec la houe (Columell. III, 13, 2).

5. Dans le langage technique des arpenteurs ( agrimensores ) , la largeur d'un champ, par opposition à striga, sa longueur(Auct. Rei Agrar. pp. 46, 125, 198, éd. Goes ).

SCANDULA ou SCINDULA (ayjSa?).

Bardeau; petite planche d'environ un pied de long, et que l'on employait, dans les âges primitifs, au lieu de tuiles, pour couvrir une maison. L'usage des bardeaux fut général à Rome jusqu'au temps de la guerre de Pyrrhus ; on peut encore voir des maisons couvertes de cette manière dans .les pays où le bois est abondant; ainsi, par exemple, dans toute la chaîne des Vosges françaises (Plin. H, N. XVI, 15; Pallad. I, 22).

SCANDULARIS. Fait ou couvert de bardeaux, scandulse (Apul. Met. m, p. 54).

SCANDULARIUS. Artisan dont l'éUt est de couvrir un toit en bardeaux, scandulx (Arcad. Dig. 50, 6, 6).

SCANSORIA MACHINA ( àicpogaxtxVi (Ar,)^avri ). Echafaudage qui permet de travailler à toute hauteur au-dessus du sol (Vitruv. X, 1, 1).

SCAPHA ( (Txâçr) ). Chaloupe ou canot que l'on portait à bord de plus grands bâtiments pour le mettre à la mer et s'en servir, quand s'en présentait l'occasion (Caes. B. C. iii, 24 ; Cic. Inv. ii, 79 ;

Petr. Sat. 101 ). Le mot skiff des Anglais, qui, comme notre mot esquif, paraît remonter directement à scapha , désigne un bateau de forme précisément semblable à celle de l'embarcation que représente, d'après une peinture de Pompéi , la gravure ci- jointe , un bateau de corps assez large, d'avant assez pointu, et

Mi

SCA^HË.

scAtnS.

d'arrière plat et bas ; tout nous fait croire que nous avons sous les yeux un véritable spécimen du genre d'embarcation qui était connu sous le nom de scapha ; mais , quand même il resterait quelque doute , cette figure mérite de toute manière notre attention, en ce que nous avons là une des représentations trèsrares de constructions navales offrant un modèle que l'on pourrait exécuter, modèle dont les formes et les détails sont exacti, et qui sort enfin de ce style conventionnel qu'adoptaient si universellement les anciens artistes quand ils traitaient des sujets de marine.

2. Bateau plus petit, construit sur le même modèle que le précédent , mais manié seulement avec deux avirons (Hor.

Od. III, 29, 62, biremis scapha), servant dans les rivières et le long des côtes, par exemple , à pécher (Justin, u, 13, piscatoria scapha),

SCAPHE (Vitruv. ix, 8 ). Synonyme de ScAPHiUH, 2.

SCAPHIUM (ffxaçîov). Vase de petites dimensions et d'invention grecque, que l'on employait à dîner comme coupe à boire. Il était quelquefois en argent (Phylarch. ap. Athen. iv, 21), et Irès-richement travaillé comme un véritable objet de luxe (Plaut. Stich. v, 4,11; Cic.

Ferr. II, 4, 17) ; il parait avoir appartenu à la même catégorie d'ustensiles que la paiera ou phiala, puisque Plutarque {Cleomen. 13), se sert de ce dernier mot pour désigner le même vase que Phylarque appelle scaphium (Athen.

/. c). Peut-être la distinction réelle entre ces deux mots aurait-elle consisté en ceci,

que, quand l'on n'aurait eu qu'une soucoupe profonde sans poignée, les Romains l'auraient appelée paiera , et les Grecs phiala (çiâXiri); lorsqu'elle aurait été munie d'une poignée faisant saillie, comme dans le spécimen ci-joint, d'après un original découvert à Pompéi , elle aurait reçu le nom particulier de scaphium et de (Txa-

çîov. Cet objet est aussi énnméré parmi ceux qui servent à la toilette d'une femme (Juv. VI, 203 ; Ulp. Dig. 34, 2, 28 ) ; mais quel rôle y jouait-il au juste, c'est ce que l'on n'a pas déterminé d'une manière satisfaisante.

2. Cadran solaire, formé d'un vaisseau creux et circulaire, dans l'intérieur duquel étaient tracées les lignes qui marquaient les heures (Mart. Capella, vi, 193), comme cela se voit dans notre spécimen , d'après une statue qui existait autrefois à Ravenne. Il devait son nom à sa ressemblance de forme avec le

bassin qui faisait la partie principale de l'ustensile décrit ci-dessus; mais on l'appelait aussi liemisphxrium , parce qu'il se rapprochait fort de cette figure(Vitruv. IX, 8).

SCAPHULA (ffxaçîSiov). Diminutif de ScAPDA (Veg. Mil. III, 7).

SCAPUS ((îxâTto;). Dans son sens primitif, ce mot désigne un objet par quoi ou au moyen duquel un autie se soutient : ainsi, par exemple, la lige d'une plante qui en supporte la cime, les fleurs ; cette idée provenant du sens premier du verbe axriTtTw, se soutenir et s'appuyer au moyen d'un bâton. Cette racine , de laquelle dérive le mot latin scapus, fournit aussi un sens convenable pour les emplois suivants du même mot :

1. Le fùl d'une colonne; la partie qui supporte le chapiteau (capilulum) et qui repose sur la base (spira). Le sommet du fût, tout près du chapiteau , est désigné par l'expression summus scapus ; le bas du fût, tout près de la base, par celle de

scaPds.

SÊAPCS.

îmus scapus (Vitruv. m, 5). Ces différentes parties sont faciles à reconnaître

dans la figure de gauche , qui représente la colonne de Trajan à Rome.

2. Le fût ou pilier qui, dans un escalier, supporte une extrémité de chaque marche (Vitruv. ix, Prxf. 8), comme le montre la figure de droite de la gravure, représentant la construction intérieure de la même colonne.

3. Un des quatre montants verticaux qui forment les grands cotés des battants, et où sont emmortaisées les pièces horizontales ou traverses ( impages, Vitruv.

IV, 6, 5 ) ; les scapi, dans la gravure cidessous, sont les quatre montants décorés de têtes de clous. La figure représente une ancienne porte de bronze qui appartient maintenant à l'église de Saint- Théodore à Rome.

4. Scapus cardinalis (dTpoçtYÎ). Montant principal d'un battant de porte, celui qui en formait raxe,et auquel s'attachaient en haut et en bas les pivots (cardines) qui maintenaient la porte, quand elle n'avait pas de gonds (^/«o/j/n/), et qui la faisaient tourner autour de son axe en tournant sur eux-mrmes dans deux alvéoles pratiquées pour les recevoir, l'une dans le seuil, l'autre dans le linteau de la porte (Vitruv. IV, 6, 4). On voit \escapus cardinalis à droite de la gravure ci-jointe, qpi représente une porte antique dont la cage est eu marbre et les battants en

bronze, encore debout à Rome ; il est représenté, pour plus de clarté, dans le dessin, comme on le verrait si l'ornement

(antepagmentum), qui le cache de l'autre côté, était enlevé.

5. fxau),6ç). La tige d'un candélabre ( canaelabrum ), c'est-à-dire la partie comprise entre le pied, la base par laquelle il s'appuie sur le sol, et le chapiteau ou le plateau qui le termine {superficies ), sur lequel on plaçait la lampe ( Plin. H. N.

XXXIV, 6). L'emploi de ce terme implique aussi qu'il s'agit d'un plateau élevé supporté sur une tige mince comme celle d'une plante. Le candélal)re était fait pour être posé à terre, et on lui donnait une très-grande ■^— • hauteur, afin que la lumière pût être assez élevée pour éclairer la chambre; c'est ce que montre la figure ci-jointe, d'après un original découvert à Pompéi.

6. Le fléau d'une romaine {statera, Vitruv. X, 3, 4), par opposition kjugum.

SCELETUS.

celui d'une balance (libra) . Le spécimen

est une reproduction d'un original en bronze trouvé à Pompéi.

7. Cylindre de bois autour duquel on roulait des manuscrits, du papier, comme on le fait encore actuellement pour les cartes (Plin. H. N. xill, 23).

8. Celle des ensouples d'un métier de tisserand autour de laquelle se trouve

enroulée la chaîne ourdie et parée ( stamen), et de laquelle les fils vont à une autre ensouple, qu'on appelle aussi rouet ( insubulum), et autour de laquelle se roule l'étoffe à mesure qu'elle est tissée. On la voit , dans la gravure , au bas de la chaîne , représentée d'après une peinture égyptienne ; elle tient aux deux montants du métier par deux poignées qui lui permettent de glisser tout le long. On lui donne l'épithète de bruyante {sonans, Lucret. V, 1362), soit parce que l'on faisait quelquefois pendre sous elle des poids attachés aux fils de la chaîne pour les maintenir tendus, poids qui se seraient heurtés les uns contre les autres, quand ils auraient été secoués par les coups du battant (spatha), soit à cause du bruit que pouvaient faire les poignées choquant les montants à ce même instant du tissnge.

SCELETUS (ffxeXexô;). M. à m., desséché, raccorni comme une momie (Apul.

^pol. pp. 604-507); non un squelette dans le sens que nous donnons à ce mot, et qu'a en latin le mot larva.

SCENA ((7XT1V1Î). La scène d'un théâ-

tre antique, nom sou» lequel on comprenait et ce que nous appelons ordinairement la scène, la plate-forme sur laquelle sont les acteurs, et le mur qui formait le fond permanent du théâtre,

avec ses trois portes , celle du milieu qu'on appelait la porte royale (va/vœ regiœ), et les deux latérales (liospitales, Vitruv. v, fî, 8). La porte du milieu indiquait en général l'habitation du personnage qui jouait le rôle principal , et qu'on nommait \& protagoniste ; la porte latérale à droite, la demeure du personnage qui jouait le second rôle ou deutéragoniste ; enfin celle de gauche était destinée au troisième rôle appelé tritagonîste ; elles sont toutes trois très-distinctement marquées dans la gravure ci-jointe, qui représente la scena du grand théâtre de Pompéi dans son état actuel. Enfin, l'on désignait encore sous ce nom les décorations mobiles dont, suivant le théâtre de l'action, on garnissait les côtés de la scène, décorations que l'on appelait %'ersatiles lorsqu'elles tournaient sur un pivot , et ductiles quand on les faisait glisser sur des coulisses, comme cela se pratique encore aujourd'hui (Serv. ad Virg. Georg. Ill, 24).

SCENA ou SACENA. Vieux nom latin de la hache à deux tranchants, qui servait dans les sacrifices à tuer la victime et qui avait d'un côté la large lame de la securis, de l'autre la petite lame affilée de la dolabra, comme le

montre le spécimen ci-joint, d'après un

SCKNOGRAPUIA.

8CEPTRVH.

bas-relief de la villa Borghèse. Festiis remarque (s. v.) que la scena était évidemment un instrument tranchant (genus cul(ri); mais appartenait-elle à la classe des secures ou des dolabrse, c'est ce qu'il ne saurait dire. Cependant le texte qu'il cite de Livius Audronicus — corruit quasi ictus scena — implique un instrument qui portait un coup de haut en bas plutôt qu'une arme faisant une entaille ou un trou, un instrument précisément comme celui que représente la gravure. Cette figure fait comprendre aussi les doutes sur le véritable caractère de cet instrument, en montrant comment il réunit en réalité les deux propriétés cidessus mentionnées, comment il coupe aussi bien qu'il frappe et abat.

SCENOGRAPHIA. Le plan en perspective d'un bâtiment, celui qui le représen te comme il apparaît dans la réalité à l'oeil du spectateur, comme il serait représenté dans un paysage, dans une décoration pour le théâtre (Vitruv. i, 2, 3 ) par opposition au plan géométral (orthographia) qui représenterait le même éditice comme vu de l'infini.

On a dit que les anciens dessinateurs ne connaissaient pas les règles de la perspective linéaire , et l'on cite à l'appui de cette opinion les nombreuses fautes de perspective que l'on remarque dans celles des peintures de Pompéi qui représentent des monuments ou des paysages; mais il faut se souvenir que les artistes qui exécutèrent ces ouvrages n'étaient que des décorateurs, des peintres en bâtiment de province , de mérites très-inégaux, et dont quelques-uns montrent, en effet, une grande ignorance sous ce rapport ; au contraire , les dessins à la fois compliqués et exacts qu'ont tracés plusieurs d'entre eux, témoignent d'une parfaite connaissance de la perspective. Il n'y a donc pas de bonnes raisons pour douter de l'authenticité de ce mot, et pour corriger arbitrairement le texte dans le passage de Vitruve cité ci-dessus , comme proposent de le faire certains commentateurs.

SCEPTRUM (ffXYÎiîTpov). A parler rigoureusement , c'est un mot grec , en place duquel les Romains emploient très-

souvent un autre mot dérivé de la même racine, scipio, quoique tous les deux aient un sens à peu près identique. Le sceptrum primitif était un long bâton, semblable au bois d'une lance (Justin. XLiii, 3), fait d'un jeune arbre coupé à la racine (Virg. yE«. XII, 206), qui, dans une haute antiquité, servait à s'appuyer en marchant, tandis que sa longueur imposante donnait un air d'importance à la personne qui le portait, comme le montre bien la gravure ci-jointe, qui, d'après

un bas-relief de travail grec, représente Agamemnon avec un des bâtons dont nous venons de parler.

2. Sceptre, emblème de l'autorité royale (Cic. Sext. 57) ; attribué par conséquent à Jupiter ( Suet. y^ug- S'i), à Junon, aux rois, aux acteurs qui les représentaient sur la scène (Plin. H. N. XXXVII, 6). Ce n'était , dans sa forme primitive , qu'un long bâton , comme le précédent , qui fut ensuite converti en insigne de dignité par l'addition d'un ornement en forme de croix qui le terminait à son extrémité supérieure , comme on le voit dans la figure ci-

SCEPtGCtfuâ.

jointe, qui représente Latinus d'après le Virgile du Vatican.

3. Sceptrum eburneum. Sceptre d'ivoire, particulièremeot le sceptre royal qu'introduisirent à Rome les rois de la dynastie étrusque, et que s'approprièrent postérieurement les consuls de la république (Serv. ad Virg. Mn. xi, 238).

11 était bien plus court que le sceptre grec primitif, comme le montre la figure

ci-jointe, d'après une pierre gravée qui représente Porsenna assis sur son tribunal et jugeant M. Scévola ; c'est ce que l'on désigne ordinairement par le mot latin scipio, plutôt que par le mot tout grec de sceptrum (Liv. V, 41 ; Val. Max. iv, 4, 6).

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