CARACALLA
pulof d'où vient le nom de capulator (Cato, R. R. LXVI, 1; Columell. xii, 52, 10).
CAPULUS()twirTi). Manche ou poignée de tout instrument qui a un manche droit comme la faucille (Columell. iv, 25, 1, Voy. Falx) ; poignée d'un sceptre (Ovid. Met. VII, 506 ; voy. Sckptrcm), par opposition à ansa, qui représente une poignée arrondie ou recourbée. Ce mot désignait spécialement la poignée d'une e'pée
qui était faitede bois, d'os, d'ivoire, d'argent ou d'or, quelquefois incrustée de pierres précieuses et le plus souvent sans garde (Virg. Mn. x, 506; Tac. y4nn. ii, 21; S[.arl. H ad r. 12;Claud. de Laud. St'd. Il, 91). La gravure est tirée d'un original trouve à Pompéi.
2. Poétique pour stiva; le manche d'une charrue que le laboureur tenait à la main pour diriger la charrue (Ov.
Pont. I, 8, 57). Voy. Stiva et la gravure au mot Arator.
3. Bière dans laquelle on emportait un mort (Festus, s. -v.; Serv. ad Virg. JLn,
VI, 222 ; Lucilius et Novius, ap. Non, s. V. p. 4) ; de là l'épithète de capularis est employée pour désigner un nomme qui touche à la mort ou qui est prêt pour la bière (Plaut. Mil. m, 1, 33). La gravure ci-jointe est tirée d'un bas-relief de sépulcre en marbre , près de Rome.
CARABUS. Petit bateau en osier comme le coracle gallois, et couvert de cuir
non tanné (Isidor. Orig. xix, 1, 26). La figure ci-jointe est donnée par Scheffer {MiL Nav. p. 810), d'après un ancien
manuscrit de Vitruve. Les lignes qu'on voit le longdes côtés, et qui sont plus distinctes dans l'original, montrent les coutures par lesquelles les peaux se rejoignent. La forme de la Ijarre et du gouvernail , aussi bien que leur place à l'arrière du bateau, est tout à fait insolite ; mais elle est marquée de même sur un marbre de tombeau dans Boldetei (Cimiterj, p. 3C6) et indique une période reculée.
CARACALLA. Vêtement porté par les Gaulois et qui occupait dans leur costume la même place que la y^iidi^ chez les Grecs et la tiinica chez les Romains.
Toutefois il en différait pour la forme et la grandeur; car c'était un vêlement étroit, avec de longues manches, dont les pans descendaient à moitié des cuisses et étaient fendus par devant et par derrière jusqu'à l'enlre-jambe, comme une blouse moderne (Strabo, iv, 4, 3 ; Edict. Dioclet. 21 ; comparez Mart. Ep. i, 93, 8, où il est appelé palla Gallica). L'e.x-
plication que nous donnons est surtout fondée sur le passage de Strabon cité cidessus : il dit, en décrivant le costume des Gaulois , qu'ils laissaient flotter leurs cheveux dans leur abondance naturelle et portaient un sagum et de longues braies; mais qu'au lieu de tunique, ils se servaient d'un vêtement à longues manches, fendu par devant et par derrière jusqu'à l'entre-jambe {àvxi Se j^itwvwv <r)ri(iTûù; j^eip'.ôwToù; çépouai |Ac'j(pi alSoîcov xai "{koM-zSiy) . Cette description s'accorde parfaitement avec le costume des figures ci-jointes. Elles sont prises de deux petits bronzes trouvés à Lyon , et offrent tous les traits caractéristiques mentionnés ici, aussi bien que les autres
CARACAI.LA.
CARBATIN^.
détails de costume particuliers aux an~ ciens habitants de la Gaule; c'est-à-dire des cheveux abondants, arrangés à la mode gauloise (voyez la gravure au mot CiRRCS, 1, où on donne un spécimen dont les proportions sont plus grandes), à [tew près comme on représente la chevelure des tètes de Jupiter et d'Esculape, circonstance qui a fait prendre à tort au comte Caylus et à Montfaucon ces figures pour les divinités que nous venons de rappeler. On y voit aussi les souliers d'un genre 'particulier que portaient les Gaulois (voy. le mot GalliCjE, où on en donne un autre spécimen de proportions plus grandes) ; le sagiim sur les épaules de la figure à main droite ; le torquis au cou de l'autre ; et la fente au-devant du vêtement, qui est clairement indiquée dans les deux. Une caricature de Pompéi (donnée au mot Pictor) présente une fente correspondante dans la partie postérieure d'un vêtement semblable. Les braies manquent seules dans les deux figures ; ce qui peut venir ou des caprices de l'artiste ou des effets du temps qui ont détruit ou rendu imperceptibles dans les originaux les marques qui les indiquaient. Le passage de Strabon a toujours été interprété comme s'il indiquait une j^ntiv de l'espèce appelée (TxuTTÔç (voy. le mot Tunica), qui descendait seulement jusqu'au bas du ventre par devant et jusqu'aux hanches par derrière. Mais il est clair que le mot ajiat6ç (fendu) est ici complété par les expressions iae'xP' aîSotwv xat •{ko^'^îi»'* ; car si le vêtement eût été si court , il n'eût pas eu besoin de fente.
2. Vêtement d'un genre analogue introduit à Rome par l'empereur Aurelius Ântonius Bassianiis, ce qui lui valut le surnom de Caracalla (Anton. Caracall.
9; Aurel. Vict. Fit. Cœs. 21 ; id. Epit. 21). La seule différence que ce vêtement présentât avec le modèle gaulois , c'est qu'il était beaucoup plus long, qu'il descendait jusqu'aux chevilles et qu'il était quelquefois pourvu d'un capuchon. A partir de cette époque, il fut généralement porté par le commun peuple ; dans la suite, il fut adopté par les prêtres romains, qui le conservent encore sous
le nom de sottana, vêtement qui ressemble précisément à la jaquette gauloise de la gravure précédente , avec les pans allongés jusqu'aux pieds.
3. Caracalla major. La longue caracalla des Romains, décrite dans l'article précédent (Edict. Dioclet. 21).
4. Caracalla m'mor. La courte caracalla des Gaulois décrite en premier lieu (Edict. Dioclet. /. c).
CARBASUS (xàpiraffo;). Belle espèce de lin qui était un des produits de l'Espagne. Par extension on donna le nom de carbasus à tous les objets qu'on faisait avec le lin , tels que les vêtements de toile de lin (Virg. ^n. viii, 34); les voiles placées sur les théâtres ou amphithéâtres , pour les protéger contre le soleil et la pluie (Lucret. VI, 109; voyez Velcm); les voiles dun vaisseau (Virg.
jEi). III, 357 ; voy. Vklum) ; les livres sibyllins qui étaient faits de toile de lin (Claud. B. Gil. 232, etc.).
CARBATlNiE (xap6âTtvat ou xapTtâ- Tivai). La plus commune de toutes les espèces de chaussure en usage chez les anciens; elle était particulière aux paysans des contrées méridionales , aux Asiatiques, aux Grecs, aux Italiens (Xen. -Inal?. IV, 6, 14; Pollux, vil, 22; Hesych. s. v.). Elle consistait en une
pièce de peau de bœuf crue, placée sous le pied comme semelle, puis relevée aux côtés et par-dessus les orteils, et attachée sur le cou-de-pied et autour de la partie inférieure de la jambe par des courroies qui passaient par les trous faits dans les bords de la même façon que pour la crepida : voilà pourquoi Catulle donne ce nom aux carbaùnx (98, 4). La seule pièce de cuir qui constitue réellement toute la chaussure et sert à la fois de semelle et d'empeigne, explique aussi le sens des épithètes par lesquelles Hesychius la définit : [xovÔTreXjxov et (lovôôep- (lov, c'est-à-dire dont la semelle et l'empeigne ne forment (ju un. Des chaussures
de cette sorte sont d'un usage général parmi les paysans italiens d'aujourd'hui, comme on le voit dans la gravure qui reproduit un dessin fait par l'auteur et qu'où a insérée ici de préférence à un spécimeu ancien, en raison de l'idée nette et précise qu'elle donne de la matière et delà forme de ces chaussures; mais les vases grecs et les peintures de Pompéi présentent des spécimens analogues (voy.
Tischbein, i, 14 ; Museo Borbon. xi, 25, et la figure à main droite au mot Anabolicm).
CARCER (xâpxapov). Gedle ou jprison. Les prisons romaines étaient divisées en trois étages dont chacun avait une destination spéciale. Le premier (carcer infer'ior, "^opYÛpa) était un som-
bre cachot souterrain, où l'on ne pénétrait que par une petite ouverture pratiquée dans le plancher de la' cellule supérieure et qui ne servait pas comme lieu de détention, mais d'exécution. On y jetait les condamnés à mort pour y subir leur sentence. L'étage du milieu (carcer interior) était bâti immédiatement au-dessus du cachot des condamnés et de niveau avec le sol ; il n'avait, comme le précédent, qu'une ouverture dans le plafond et servait de lieu de détention ; on y enfermait ceux qui étaient condamnés aux fers (cuslodia arctà) jusqu'à l'expiration de leur peine, ou jusqu'à ce que la sentence , si c'était une sentence de mort, reçût son exécution. L'étage supérieur, le premier au-dessus du sol , ren-
fermait ceux qui s'étaient rendus coupables de délits moins graves ou qui n'étaient condamnés qu'à un emprisonnement d'une durée ordinaire ( custodia communis). La détention y était beaucoup moins sévère : les prisonniers pouvaient prendre l'air et se livrer à des exercices. C'est à un emprisonnement de ce genre qu'Othon condamna Dolabella :
jie(jue arda custodia neque obscura (Tac. Hist. 1, 88), c'est-à-dire qu'il le fit enfermer dans le cachot de l'étage supérieur; il ne le soumit pas à la détention rigoureuse du carcer interior (celui qui est au-dessus dans la gravure), et il ne le jeta pas dans le sombre cachot souterrain. Ces trois divisions étaient visibles dans la prison d'Herculanum, quand on la retrouva en faisant les fouilles; les deux divisions inférieures subsistent encore entières dans les prisons construites par Ancus et Servius près du Forum romain. Nous en donnons ime section qui montre leurs positions relatives et le plan de leur construction. La muraille, avec l'inscription, rappelant le nom du magistrat sous lequel on répara le cachot, faisait face au forum et enfermait l'étage supérieur, qui a complètement disparu.
2. Écuries dans le cirque, où les chars stationnaient avant le commencement d'une course, et où ils retournaient quand elle était terminée (Ovid. Her. xviii, 166; Auct. ad Heren. IV, 3). C'étaient
des voûtes fermées sur le devant par de larges portes de bois, ordinairement au nombre de douze (Cassiodor. Far. Ep.
m, 51). De là vient que le mot carcer, pris dans ce sens, est employé le plus souvent au pluriel (Cic. Brut. 47; Virg. G. I, 512). H y en avait une poiir chaque char et elles étaient situées à l'extrémité de la surface plane ou arène
CABCHESIUM.
SOUS Voppidum, six de chaque côté de la porta pompx , par laquelle entrait le cortège. On voit leur position relativement à l'arène dans le plan du Circds {s. V.) où elles sont marquées AA. Nous donnons ici une perspective de quatre carceres, avec leurs portes ouvertes {cancelli), d'après un bas-relief du Musée britannique.
CARCHESIUM (xapxr.atov). Coupe à boire d'invention grecque ; la figure en était haute , se rétrécissait légèrement aux côtés et était ornée d'anses sveltes qui descendaient du bord jusqu'au bas ■ (Macrob. Sat. \, 21). On s'en servait comme découpe pour levin(Virg. Georg.
IV, 380) ou le lait (Ovid. Met. vil, 247. La figure que nous donnons est prise d'une peinture de la tombe de Caius Cestius, un des Epulones ou citoyens qui étaient chargés de préparer un banquet somptueux en l'honneur de Jupiter. La place où elle se trouve et sa ressemblance parfaite avec la description de Macrobe nous autorisent suffisamment à y reconnaître le carclieshim.
2. Appareil fixé au mât d'un vaisseau juste au-dessus de la vergue (Lucil. Sat. m, 14, éd. Gerlach; Lucan. v, 418), et dans lequel jouait une partie du palan (Serv. fl^ Virg. ^m. v, 77;Non. j. r.
p. 546). Les matelots y montaient pour observer, pour arranger les voiles et lancer des traits, comme on le voit dans la gravure prise d'une peinture de tombe égyptienne. Cet appareil répondait sous
avec la coupe à boire figurée dans la gravure précédente.
3. Carchesium versatile. Même appareil construit de manière à se mouvoir autour du mât et à faire l'office de grue quand on chargeait et déchargeait les vaisseaux marchands. A cet effet, on y introduisait horizontalement une barre transversale (Vitruv. x, 2, 10; Schneider, adl.), et on s'en servait à peu près comme nos matelots se servent du taquet.
CARDINALIS. Voyez Scapus.
CARDINATUS. Voyez Cardo, 4.
CARDO. Pivot el crapaudine, formant un appareil qui fixait à leurs places les portes des anciens et les faisait aller et revenir quand elles s'ouvraient et se fermaient. 11 répondait aux charnières dont nous nous servons plus communément , quoiqu'il fût de nature très-différente (voy. GiNGLYMDs). Les Grecs distinguaient chacune de ces parties par des noms distincts : ils appelaient cFTpéçiyÇ le pivot et ffTposeyî la crapaudine dans laquelle le pivot jouait. Les auteurs latins comprennent ordinairement tout l'appareil sous le nom de cardo ; ils appliquent ce terme tantôt à chacune des parties prise séparément, tantôt au montant tout entier du battant de la porte (scapus cardinalis), qui formait l'axe autour duquel fonctionnait le mécanisme (Plin. //.A'. XVI, 77; ib.84; id. xxxvi, 24, n° 8; Plaut. ^sin. ii, 3, 8; Virg. yf>. II, 480; Apul. Met. i, p. 9). Les
certains rapports à ce que nos matelots appellent « la hune »; il tirait son nom d'une ressemblance réelle ou supposée
figures de la gravure ci-jointe expliqueront la nalure de ces objets et la manière dont on les employait. Les deux figures
CARNIFICWA.
d'en haut à main droite offrent une paire de plaques d'about en bronze, tirées de modèles égyptiens du Musée britannique ; elles étaient fixées au haut et au bas d'un battant de porte pour faire l'oflice de pivots (ffTpôçiYYS?) » les axes de bois étaient revêtus de bronze pour supporter le frottement (Virg. Cir. 222, œratiis cardo). Les deux figures du bas, du même côté, sont deux pièces creusées qu'on introduisait dans le seuil et dans le linteau de la porte pour faire l'office des crapaudines dans lesquelles les pivots tournaient. Celle qui est à gauche représente un modèle égyptien de pierre très-dure, qui est maintenant au Musée britannique; on s'en servait en amenant le pivot immédiatement au-dessus de son orifice ; celle qui est à droite est de bronze et fut trouvée dans le seuil d'une porte à Pompéi ; les dents ou les cannelures qu'elle a aux côtés sont destinées à l'assujettir solidement à sa place et à l'empêcher de tourner avec le jeu de la porte. La figure à main gauche est une porte égyptienne d'après Wilkinson , et montre la manière dont était attaché et jouait l'appareil. Comparez la gravure du mot \ntepag- MENTUM.
2. Pivot à chaque extrémité d'un axe dans une machine; grâce à ce pivot, l'axe se mouvait dans les crapaudines; il en était ainsi pour une brouette, un cylindre et autres instruments semblables (Vitruv. X, 14, 1).
3. Tenon. Terme technique des charj)entiers ; c'est-à-dire la tète d'une pièce de bois taillée d'une façon particulière pour s'ajuster à une mortaise de même grandeur et de même figure dans une autre pièce, et former ainsi un joint (Vitruv. X, 14, 2); de là cardo securiculattts, tenon en forme de hache, où, comme nous disons, en queue d'aronde (Vitruv. X, 10, 3).
CARENUM. Fin doux réduit aux deux tiers par la cuisson (Pallad. Oct. 18).
CAItlNA (-cpÔTtic). Quille ou dernière pièce de bois dans la charpente d'un vaisseau , qui va de l'avant à l'arrière et sert de corps pour le bâtiment tout entier (Cic. de Oral, m, 4C); elle comprend aussi la fausse quille ou contrequille
(Liv. XXII, 20; Cœs. B. G., m, 13).
CARNARIUM. Sorte de châssis suspendu au plafond et muni de crocs et de clous pour attacher des provisions salées, des fruits secs, des herbes, etc. 11 ressemblait à ceux dont on se sert encore dans nos cuisines (Plant. Capt. ix, 4, 6 ; Petr. Sat. 135, 4; id., 136, 1; Plin. H. i\'.
XVlll, 60). La gravure est prise d'une peinture de Pompéi , où le châssis est suspendu au plafond d'une taverne , et montre des saucisses, des légumes et autres choses semblables pendues par des cordes ou dans des filets.
2. Dans un sens plus général , ^ardemanger ou office pour conserver lés viandes fraîches (Plaut. Cure, il, 3,45; Plin. H. N. XIX, 19, n° 3).
CARNIFÉX. Exécuteur public,qui mettait les criminels à la torture, leur faisait subir la peine du fouet , et exécutait les condamnés en les étranglant avec une corde (Plaut. Capt. v, 4, 22; Suet.
Nero, 54).
CARNIFICINA. Lieu où les criminels étaient mis à la torture et exécutés (Liv. II , 23 ; Suet. Tib. 62) ; cachot souterrain au-dessous de tous les autres cachots de la prison. La gravure repré-
sente l'intérieur de la carnificina, dans les prisons publiques de Rome, construite par Servius TuUius, du nom duquel on l'appela le TulUanum ; c'est en ce lieu que les amis et les complices de Ca-
IHi
CAnPKNTlM.
CARROBALI.ISTA.
tiliiia fiireut exécutés par ordre de Cicéroii. On y descendait le criminel avec une corde par l'ouverture du plafond, et on retirait son corps par un croc de fer (uncus) après l'exécution. La petite porte à main gauche, quoique ancienne, ne fait pas partie de la construction primitive; elle donne accès dans une basse galerie souterraine, maintenant remplie de décombres, mais qui va dans la direction du Tibre, et qui était peut-être destinée à traîner les cadavres à la rivière quand on ne les tirait pas de la prison pour les exposer aux gémonies.
CARPENTUM. Voilure à deux roues, couverte d'une capote , et pourvue de ri-
deaux qui se tiraient (Prop. iv, 8, 23 ; Apul. Met. X, p. 224); elle pouvait contenir deux ou trois personnes; elle était traînée ordinairement par deux mulets (Lamprid. Heliog. 4), et employée par les matrones et les dames romaines de distinction depuis une haute antiquité (Ovid. Fast. i, 619; Liv. v, 25). La figure ci-jointe , qui remonte aux temps les plus reculés , est copiée d'une peinture étrusque (Micali, Italia avanti i Romani, tav. 27), et représente deux jeunes mariés , comme Tite-Live dépeint Lucumon et sa femme à leur arrivée à Rome (sedens carpento cum itxore, Liv. 1, 34). 2. Carpentum funèbre ou pompaticum. Carpentum, ou voiture d'apparat qui portait l'urne contenant les cendres des citoyens de haut rang ou leurs statues au milieu du cortège funèbre (Suet. Cal. \b;id. Claud. il; Isidor. Orig. XX, 12, 3). C'étaient également des voitures couvertes , construites sur le même principe que les précédentes , mais plus brillantes et d'un caractère plus imposant, comme on peut le voir par le spécimen ci-joint pris d'une médaille frappée en
mémoire d'une des impératrices de Rome ; l'usage auquel on employait ce chariot est
facile à reconnaître d'après sa forme qui, on le remarquera, est celle d'une tombe.
3. Chariot employé pour les travaux des champs et apparemment d'un usage fort commun et fort répandu ; car on se sert fréquemment du même mot dans le sens d'une charretée de fumier, par exemple , ou pour indiquer une certaine quantité que chacun reconnaîtra immédiatement, comme nous disons une charge (Pallad. X, 1 ; Veget. Mul. Med. iv, 3, Prxf.). Ce chariot était probablement construit comme le premier des deux spécimens, mais d'une façon plus grossière et sans la tente.
CARPTOR. Celui qui découpe, esclave qui était chargé de découper les mets aux grands festins avant qu'ils fussent servis aux hôtes (Juv. Sat. ix, 110).
CARRAGO. Espèce de fortification adoptée par plusieurs des nations barbares avec lesquelles les Romains entrèrent en lutte. Elle consistait à former avec les voilures et les chars de guerre une ligne circulaire autour des positions occupées (Amm. Marc. XXXI, 7,7; Trebell. Gallien. 13; Veget. Mil. Ill, 10).
CARROBALLISTA. Balliste montée sur une voiture et tirée par des chevaux
et des mulets , pour être plus facilement transportée de place en place ou amenée aux différents points où s'engageait l'action (Veget. MU. m, 24 ; II, 25). La gra-
CARTIBII-UM.-
vure représente une machine de celte sorte telle qu'on la voit sur la colonne de Marc-Aurèle; mais elle est Irop imparfaite dans les détails pour donner une idée exacte du principe d'après lequel fonctionnaient de pareilles machines.
CARRUCA ou CARRUCHA. Espèce particulière de voiture introduite à Rome sous l'empire (du moius on en trouve la première mention dans Pline, et plus tard elle reparaît souvent dans Suétone, Martial et d'autres auteurs de cette époque). Ou est réduit à des conjectures sur la forme et l'usage particulier de ces voitures; mais elles sont nettement distinguées du covinus et de Yessedum par Martial {Ep. Xll, 24) et de la rheda par Lampride {Alex. Sev., 43). C'était une voiture fort ornée et de grand prix ; d'a-
hord on la décora de sculptures en bronze et en ivoire (V'opisc. Âurel. 46), puis de ciselures en argent et en or (Plin, H. N. Xlll, 40 ;Mart.jE:/7. III, G3). Eus' en tenant à ces détails, la description de la carruca s'accorde avec la figure ci-jointe, qui représente la voiture du préfet de Rome d'après la Notitia Jmperii, et où les ornements de métal sont très-visibles. On peut laregarder comme un modèle de ces voitures ; mais les auteurs latins emploient parfois ce terme dans un sens plus général. Dans Suet. Nero, 30, et Martial. Ep. m, 47, la même voiture est indifféremment appelée carruca et rheda. Ce mot conserva dans la suite le sens général de voiture ; on y trouve les éléments de l'italien carrozza, du français carrosse, et de l'anglais carnage (voiture), qui sont des expressions générales.
2. Carruca dormltoria. Carruca fermée (Scaevol. Dig. 34, 2, 11); la carruca undiquecotitecta d'Isidore [Orig. XX , 10, 3).
CARRUCARIUS. Qui appartient à la carruca; épithète donnée au cocher qui la conduisait (Capitol. Maxim. Jun. 4), et aux chevaux et aux mulets qui la traînaient (Ulp. Dig. 21, 1, 38). Voy. le mot et la gravure précédents.
CARRUS. Petit chariot à deux roues , dont les quatre côtés étaient revêtus de planches , et dont on se servait principalement dans les armées romaines comme fourgon pour le transport des vivres et des bagages; le spécimen ci-joint est pris de
la colonne Trajane, sur laquelle plusieurs voitures de cette espèce sont représentées. Le nom est d'origine celtique, ainsi que ce genre de voiture, qui fut fort employé par les anciens Rretons, Gaulois, Helvétiens, etc. (Sisenn. ap. Non. s. v, p. 125; Liv. x, 28; Caes, B. G. \, 3). CARTIBULUM. Espèce particulière de table, faite de pierre ou de marbre, consistant en une plaque carrée oblongue ,
supportée par un seul piédestal central ou à la façon des meubles que nos tapissiers appellent consoles. Elle ne servait pas comme table de salle à manger, mais comme buffet d'apparat pour porter la vaisselle d'argent et les vases de la maison ; on la plaçait ainsi couverte sur un des côtés de Y atrium (Varrd, L. L. V, 126). La description de Varron est parfaitement éclaircie pria gravure ci-jointe, qui représente une table de marbre de
CARTATIDES.
celte espèce, telle qu'elle fut découverte sur le bord de Yimpluv'ium dans la maison des Néréides à Pompéi. Derrière est une fontaine et dessous une sorte d'évier, divisé en deux compartiments, où l'on vidait les vases avant de les mettre sur la table.
CARYATIDFS (xapyàxiSe;). Figures de femmes employées au lieu de colonnes par les arcbitectes anciens pour supporter un entablement , comme on le voit
dans la gravure ci-jointe qui représente le portique du temple de Pandrosos à Athènes (Vitruv. I, 1, 5).
CASA. Ce mot avait le sens général de chaumière, mais il était employé dans plusieurs acceptions et avec des sens trèsdivers :