‹ Dictionnaire des antiquités romaines et grecquesChapitre 64 sur 327 · Clavis adultéra. Fausse clef (Sali · texte numérisé non relu

Clavis adultéra. Fausse clef (Sali

Jugurth. 12; cf. Ovid. Art. Am. m, 643).

6. Clavis trochi (IXarrip). Baguette dont les enfants grecs et romains se servaient pour pousser leurs cerceaux (Propert. m, 14, G); elle était faite de fer avec un crochet au hout ou un nœud rond et une courbure, comme le spécimen ci-joint, tiré d'un bas-relief de la villa Albani.

L'épithète adunca, par laquelle Properce désigne cette clef (/• c.), convient à l'une et à l'autre forme. On peut voir, par la gravure du mot TuoCHUS, la manière de se servir de la clavis et du crochet.

CLAVULUS. Diminutif de Clavus', probablement aussi clou sans tète ( Cato, R. R. 21); comme clavulus capi talus (Varro, R. R. Il, 9, 15), clou à petite tète.

CLAVUS (r\lo(;). Clou pour fixer ou attacher une chose à une autre. On conserve dans les cabinets d'antiquités plusieurs spécimens de clous anciens, de formes et de grandeurs différentes, eu bronze aussi bien qu'en fer, qui ressemblent en beaucoup de points à ceux dont on se sert maintenant. L'expression latine , pour enfoncer un clou, est clavum figere ou pangere (Liv. VII, 3), et cette action est figurée par la gravure ci-jointe, qui représente un des soldais de Trajau faisant une palissade dont on peut présumer la force par la grandeur énorme du clou qu'il emploie.

2. Clavus trabalis ou tahularis. Clou de la plus grosse espèce dont on se servait dans les constructions pour fixer les poutres principales , trabes (Cic. Verr.

Vl,21 ;Hor. Od.i, 35, 18; Petr.^a^75).

3. Clavus annalis. Clou qu'on enfonçait chaque année, aux ides de septembre, dans la paroi latérale du temple de Jupiter Capitolin (Liv. vu, 3); coutume qui remontait à une époque fort ancienne, et qui fut adoptée, à ce qu'on suppose, pour compter le temps avant que l'usage de l'écriture fût généralement connu (Festus,5. V.). On la conserva dans la suite par un respect religieux pour les anciennes coutumes. Le fragment ici donné représente les quatre côtés d'une partie d'un énorme clou de bronze, maintenant entre les mains de l'historien italien Bianchiui [Storia univers, tom. I,p. 156, tav. 9, A), et qu'on croit, d'après les lettres qu'il porte, avoir été employé pour l'usage indiqué ci-dessus.

4. Clavus muscarlus. Clou à large tète en forme de champignon (Vitruv. Vll, 3, 11), comme celui qui est représenté au mot BcLLA, mais plus gros et d'un travail plus grossier.

5. Clavus caligarls. Clou aigu en pointe dont les brodequins des soldats ( caligx ) étaient munis (Plin. H. N. IX, 33 ; Juv. m, 247 ; xvi, 24 ; Isidor. Orig. XIX, 34, 13), les extrémités aiguës saillant de la semelle , comme dans les souliers portés au jeu de la crosse, pour appuyer davantage le pied sur le sol ( Joseph. Bell. Jud. VI, 1, 7 ). Le spécimen ci-joint est donné par Ferrarius comme copié de l'arc de Constantin à Rome. Ce savant affirme que de son temps les pointes se pouvaient clairement distinguer; mais l'artiste a commis une erreur en laissant les doigts exposés, car la caliga était un brodequin fermé. Voy. ce mot et Caligarius.

6. Clavus guberitaculi. Timon ou barre d'un gouvernail ancien ; c'était une barre transversale {fustis, Serv. ad Virg. ^n. V, 176) fixée à angles droits au manche (a/ua) du gouvernail dans sa partie supérieure. Cette barre tombait ainsi dans le vaisseau et permettait au pilote de

CLAVOS.

ÊLAVCS.

donner au gouvernail la direction nécessaire (Isidor. Orig. xix, 2, 12). Quand

le vaisseau avait uu gouvernail de chaque côté, assez petit pour être manœuvré par nn seul timonnier, celui-ci tenait un clavus dans chaque main; mais, par un mauvais temps ou dans de grands vaisseaux, chaque gouvernail avait son timonnier. Dans les deux cas, pour gouverner, on levait ou on abaissait le clavus , et en même temps on le tournait légèrement en dedans ou en dehors; la lame du gouvernail opposait ainsi à l'eau plus ou moins de résistance. Cette manœuvre est bien connue de ceux qui sont habitués à ramer ou à diriger un navire avec une rame. Nos expressions de marine « la barre haut » et « la barre bas, « dont on se sert encore aujourd'hui, bien qu'exprimant un mouvementtrès-différent, sont venues, sans aucun doute , de l'usage des anciens ; car, dans le glossaire latin et anglo-saxon d'iÉlfricus, le clavus est traduit helma, lielm (timon). Tous ces détails sont clairement expliqués par la gravure ci-jointe, qui représente l'arrière d'un vaisseau, d'après un bas-relief découvert à Pouzzoles.

7 . Raie de couleur pourpre , mêlée au tissu d'une pièce d'étoffe dont on faisait des vêtements ou le linge employé aux besoins du ménage, comme serviettes, nappes, couvre-pieds pour les lits, etc. (Mart. Ep. iv, 46 ; H ; Petr. Sat. 32, 2 ; Ammian. xvi, 8, %.)

8. Clavus latus. Large raie ou bande d'ornement de couleur pourpre, courant ie long de la tunique, dsfns une direction

perpendiculaire, sur le devant de la poitrine. Le droit de la porter était un des privilèges exclusifs des sénateurs romains, quoique à une époque postérieure ce droit semble avoir été accordé quelquefois, par une faveur spéciale, à des chevaliei s (Hor. Sat. 1, 6, 28 ; Acro a^Hor. Sat. 1, 5, 36 ; Quint, vili, 5, 28; Festus, v. Clavatus; Ovid. Trist. iv, 10, 29; Plin. Ep. II, 9). Comme le clavus était une simple nuance de couleur mêlée au tissu, et n'avait pas en conséquence de substance propre, il n'est indiqué sur aucune des statues qui représentent des sénateurs; car le sculpteur ne s'inquiète que des objets qui ont une substance réelle, et les peintures romaines qui nous restent sont pour la plupart des imitations d'œuvres grecques représentant des sujets tirés de la mythologie et de l'histoire des héros, ou encore des scènes de la vie journalière. Par conséquent, nous n'avons aucun spécimen connu du laticlave des sénateurs sur les monuments ; mais nous pouvons nous en faire une juste idée par la gra-

vure ci-jointe, qui représente la sarapis des Perses comme portée par Darius , dans la mosaïque de la bataille d'Issus trouvée à Pompéi. Ce vêtement était décoré d'un ornement sem!)lable au laticlave , si ce n'est que la bande des rois perses était blanche sur uu fond pourpre, tandis que celle des sénateurs romains était pourpre sur un fond blanc.

9. Clavus angustus, La hande étroite ou angusliclavc , marque distinctive de l'ordre équestre (Paterc. Il, 88, 2). Elle était de couleur pourpre comme la première et décorait la tunique, mais elle avait un caractère différent. Elle se composait de deux bandes étroites, courant parallèlement sur le devant de la tunique, l'une à droite et l'autre à gauche; de là vient que, pour les distinguer, on se sert quel-

CLEPSYDttA.

CLlNOPCS.

quefois du pluriel purpurse au lieu du singulier (Quint, xi, 3, 138). Dans les peintures d'iuie époque postérieure, on rencontre souvent cet ornement : il ressemble à celui de la figure ci-jointe, qui représente un Camillus dans le Virgile du Vatican. Mais, |t à l'époque où s'exécutaient \^' de telljs œuvres, il avait cessé d'èlre porté comme une marque distiiictive du rang; car on le trouve plusieurs fois sur des figures représentant des domestiques, desécliansons, des valets qui servaient à table et qu'on revêtait d'ordinaire de beaux babils. De •même, chez nous, l'ancien costume a passé aux laquais, et n'est plus qu'une livrée.

CLEPSYDRA {yù-t^d^a.). Sablier, employé dans l'origine par les Grecs, et adoplé dans la suite à Rome pour ,——.

mesurer le temps accordé à cha- ¥ / que orateur dans une cour de jus- \ { tice (Pline, Ep.n, 11). On don- [f|[\ nait à ces sal)liers des dimensions différentes, suivant la longueur du temps pendant lequel on voulait les faire couler; ils ne différaient pas matériellement des nôtres, si ce n'est qu'on les remplissait d'eau au lieu de sable, comme ou peut l'inférer de la description d'Apulée {Met. m, p. 44), et mieux encore du spécimen ci-joint , d'après un bas-relief du palais Mattei à Rome. Celui que décrit Aristote {Probl. xvi, 8) était fait sur le même modèle, mais avait au haut une sorte de bec pour verser l'eau, qui tombait peu à peu au fond par plusieurs petits trous.

2. Probablement aussi, horloge à eau de grandeur suffisante pour marcher pendant un certain nombre d'heures et servir au même usage que nos horloges ordinaires ; le cours du temps était indiqué par des lignes ou des espaces {spatia , Sidon. kyioW. Ep. ii, 9) tracés sur le globe d'où s'échappait l'eau ou sur le réservoir dans lequel elle coulait. Pline {H. N. VII, GO) donne le nom d'iioro'

loglum à une clepsydre de cette espèce.

CLIBANAUII. Mot dont on se servait pour désigner les soldats de la cavalerie perse, qui étaient, eux et leurs che\aux, entièrement couverts d'une armure défensive (Amniian. xvi, 10, 8; 12, 22; Lamprid. Jlex. Sev. 60). Comparez Catapuractus , 1 et la gravure à ce mot.

CLIBANICIUS , sous-entendu panis ()c),i6avîxri(;). Pain cuit dans un clibanus (Isidor. Orig. XX, 2).

CLIBANCS (xXtêavoi; ou xpîSxvo;).

Vase couvert, plus large au bas qu'au haut (Columell. v, 10, 4), et percé tout autour de petits trous (Dioscor. ii, 81 et 96); il était employé à des usages divers mais plus particulièrement à cuire du pain (Plin. H. N. XIX, 3). Pour s'en servir, on l'enveloppait de cendres brûlantes, dont la chaleur pénétrait à travers les trous avec une température plus régulière et plus égale que n'aurait pu l'être celle du four ordinaire. Ces vases étaient surtout en poterie; et quand Trimalciou cuit son pain dans uii clibanus d'argent (Petr. Sat. 35,- C), c'est la marque d'une ostentation ridicule.

CLINICUS ()cXtvt)46;). Médecin qui fait des visites et qui prend soin de ses malades près de leur lit (Mart. Ep, ix, 97).

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