‹ Dictionnaire des architectes françaisChapitre 36 sur 85 · SCEAUX D'ARCHITECTES · texte numérisé non relu

SCEAUX D'ARCHITECTES

Dom Mabillon estime que pour les bourgeois, et conséquemment pour les artistes, les artisans, etc., l'usage du sceau n'est pas antérieur à l'an 1122. Guillaume Nicolson , dans sa Bibliothèque historique d'Angleterre, soutient, au contraire, qu'aussitôt après la conquête des Normands, en 1066, les sceaux furent communs à tout le monde. Toujours est-il que dans la seconde moitié du XIIIe siècle, en France, notamment en Normandie, les personnes de la plus humble condition avaient des sceaux.

L'art d'écrire n'étant guère connu alors que des clercs et des notaires, le sceau, pour les ignorants, — et c'était presque tout le monde, — remplaçait la signature et tenait même lieu de témoins. L'authenticité d'un acte était constatée par l'apposition du sceau; toutefois on trouve bon nombre d'actes qui sont à la fois signés et scellés. A l'époque de la Renaissance, l'écriture s'étant vulgarisée, l'usage du sceau tendit à' disparaître; il fut en effet remplacé, vers la fin du XVIe siècle, par les signatures autographes.

Les particuliers composaient leurs sceaux suivant leur fantaisie; les figures qui y étaient représentées montrent ordinaire^ ment les instruments ou les symboles de la profession qu'on avait embrassée; on y trouve souvent aussi des armes parlantes.

Les sceaux étaient appliqués ou pendants aux actes. Lorsque plusieurs sceaux étaient apposés à une même pièce, la droite de l'acte, s'il n'y en avait que deux, ou le milieu, s'il y en avait trois, était laissé à la plus digne des parties contractantes ou au per-

Page 1