‹ Dictionnaire des artistes & artisans manceauxChapitre 34 sur 65 · AR TE · texte numérisé non relu

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les quatre statues avec des culs-de-lampe convenables et deux ornemens proportionnez au-dessus de deux desdites figures, moyennant la somme de cent-vingt livres, la moitié payable à la fin de l'ouvrage, et l’autre moitié huit mois après, à condition aussi que je seray nourry avec mon masson, comme dit est cy-dessus, et que tous les matériaux me seront rendus sur la place ; et moy, curé d'Aubigné, accepte l’un ou l’autre dessin, à mon choix, aux conditions de chacun d’iceux. Fait sous nos seings privez, en double, ce 29 septembre mil six cent quatre-vingt-quatorze.

« Nicolas BOUTEILLER ».

En conséquence de ce marché, le curé d’Aubigné adressa cette supplique à l’évêque du Mans :

« Requête, repondue de Monseigneur l’Évesque du Mans, à l'effet de faire orner le grand autel, mesme le refaire si besoin est.

« À Monseigneur, Monseigneur l’Illustrissime et Reverendissime Evesque du Mans.

« Supplie humblement Charles Fouqueré, prêtre, curé d Aubigné, et remontre à Vostre Grandeur que le grand autel de l’église dudit Aubigné est extrêmement nud, pauvre et sans aucun ornement, et qu'il est nécessaire, pour la décoration de ladite église, d’en construire un nouveau, ce que ledit sieur curé offre de faire, et de donner tel caution qu'il plaira à Vostre Grandeur.

« Ce considéré, plaise à Vostre Grandeur d’ordonner que ledit autel sera demoly, s'il est besoin, et qu'il en sera construit un nouveau. Elle obligera le suppliant de prier Dieu pour sa prospérité et santé.

« C. FOUQUERÉ, curé d’Aubigné. »

« Veu la requeste cy-dessus, avant que d’y faire droit,

avons commis le sieur Jamin, doyen d'Oysé, pour faire

EN ve

procès-verbal de l’estat du grand autel de l’église dudit "3 Aubigné et de la dépense qu'il y conviendra faire, pour, 4 par nous, sur son rapport, estre ordonné ce que de » ‘4 raison. Donné au Mans, ce huictiesme novembre 1694.

« + Louis, évesque du Mans. » |

« Aujourd’huy, trezième novembre mil six cent quatre-vingt-quatorze, nous, Michel Jamin, curé de Parignéle-Pôlin et doyen rural d'Oysé, en l'exécution de commission de l’autre part, nous sommes transportez en l’église de Saint-Martin d’Aubigné où, en assistance de monsieur Jean Foucqueré, prêtre, demeurant audit Aubigné, con- | sidéré le principal autel, avons reconnu que, pour tout assortimens, il n’y a qu’une baze de massonnerie avec une petite table d’ardoise, et au-dessus un tabernacle de peu de valeur, sans ornemens, et plus haut, une espèce de peinture, un colifiche en manière de dais sans quadre ny colonnes, mais seulement aux costez deux images, l’une de saint Martin, l’autre de saint Julien, soutenues par des ais de bois ; ce qui est trop modique et point proportionné au mérite de la place qui est très avantageuse, si on y faisait quelque dépense, comme le prétend le sieur curé, et nous a présenté un dessin, de luy et de nous paraffé, lequel sera très convenable, et le changement ne peut estre qu'à la plus grande gloire de Dieu sans préjudicier à personne, ny ayant en ledit autel aucunes armoiries ny mesme de listre dans le sanctuaire, ny proximité de banc de seigneur ; dont notre présent procès-verbal, auquel ledit sieur curé nous a requis d'ajouter celuy d'une porte du costé de l’épitre au-dessous du chœur, laquelle est très incommode à cause des vantz qui soufflent vers la chaire à un autel de la Vierge et à deux confessionnaux, pour estre par Sa Grandeur ordonné ce qu'il luy plaira sur la requeste dudit sieur curé qu’elle soit close, y ayant

deux autres portes suffisantes pour les entrées de ladite église ; fait ledit jour et an que dessus.

« GC. FOUQUERÉ, curé d’Aubigné ».

ï « M. JAMIN. J. FOUQUERÉ, pour greffier ».

« Veu le procès-verbal cy-dessus et la soumission du sieur curé d’Aubigné pour faire les frais et dépanses requises en tel cas, nous luy avons permis et permettons, par ces présentes, de faire boucher dans son église la porte qui est du costé de l’épitre, au-dessous du chœur, et de faire démolir le maïtre-autel, après néanmoins en avoir osté les saintes reliques, s’il y en a, et d'en faire construire un autre, qui soit dans la décence convenable. Donné au Mans, en nostre palais épiscopal, ce vingt-troisiesme novembre 1694.

« + Louis, évesque du Mans. »

En même temps, le curé d'Aubigné adressait cette autre supplique au duc de Roquelaure, seigneur temporel de ladite paroisse :

« Requête, repondue de M. le duc de Roquelaure, à l'effet de faire orner le grand autel.

« À Monseigneur, Monseigneur le duc de Roquelaure, seigneur fondateur de l’église d'Aubigné.

« Supplie humblement Charles Fouqueré, prestre, curé de vostre parroisse dudit Aubigné, et remontre à vostre excellence que le maïître-autel de ladite église est extrêmement pauvre et indécent, et que pour le mettre dans une décence convenable, 1l souhaiteroit faire un tableau ou bas-relief, avec un quadre autour, deux colonnes des deux costez avec leurs ornemens, corniches et un couronnement en dessus, et placer quatre statues qui sont sur des ais de bois, et les mettre sur des culs-de-lampes avec quelques ornemens,

et elle l'obligera de prier Dieu pour & sa prospérité nn santé. LATE

« Nous permettons au sieur curé d'Aubigné de faire establir le maistre-autel de l’église dudit lieu, en la manière expliquée par la requeste cy-dessus ; en foi de quoi nous avons signé ces présentes et à icelles fait … apposer le sceau de nos armes. À Paris, en nostre hostel, … le 15 décembre 1694.

« Le duc de ROQUELAURE. »

Ayant obtenu toutes les autorisations nécessaires, C. Fouqueré fit avec l'artiste un nouvel accord consigné au dos du premier marché :

« Au lieu du premier marché de l’autre part, montant à la somme de cent-soixante et dix livres, nous sommes convenus, en laissant le mistère de mesme manière et pratiquant un tabernacle convenable sous la crèche, nous sommes convenus d'exécuter le dessin parafé de nous, ce jourd’huy, en plaçant les quatre figures comme de l’autre part, aux mesmes clauses et conditions et pour la mesme somme. Fait ce huitième mars 1695.

Nicolas BOUTEILLER ».

La mort empêcha Bouteiller de terminer son travail, qui fut achevé par son fils.

« Nous sommes convenus aujourd’huy, 1° novembre 1698, monsieur le curé d’Aubigné et moy, Nicolas Bouteiller, que nous demeurerions quittes respectivement pour toute la besongne que j'ay faite au grand autel de son église, tant en dorure, ornemens, vases, et tous autres ouvrages, moyennant la somme de quarante-

cinq livres, sur quoy ledit sieur curé m’a payé contant la somme de quarante livres, et les cinq livres restant, il s’est obligé de me les payer lorsque j’auray achevé

de dorer les deux vases, les ailes des anges, et quel-

ques petits endroits qui ne sont point dorez ni achevez ;

de plus, moy, Bouteiller, reconnois aussi avoir touché dix-huit livres quatre sols, du marché que ledit sieur

curé avoit fait avec mon defunct père, dont je luy tiendray conte vers tous ceux à qui il appartiendra.

« Nicolas BOUTEILLER, C. FOUQUERÉ. »

« J'ay receu de M. le curé d’Aubigné cent soulz faisant le restant du marché de feu mon père, et cent sols faisant le restant du marché fait avec luy, plus quatorze francs pour avoir doré un cadre, ayant fourny d’or ; partant, je tiens ledit sieur curé quitte de toute besongne, tant de feu mon père que de moy, jusqu’à ce jour, cinquiesme novembre 1698.

« Nicolas BOUTEILLER. »

BOUTEILLER (Nicoras), fils du précédent, maitre sculpteur à la Flèche, termina le travail de l’église d'Aubigné, qu'avait commencé son père, et exécuta en 1709 une statue de saint Sébastien pour l’église de Cré-sur-Loir (1).

BOUTELOU (Guy), menuisier au Mans. En 1703, il

posa le grand autel de l’église de Sainte-Jammes-sur-

Sarthe (2).

BOUTELOU (Nicoras), « orlogeur » au Mans, paroisse du Grand-Saint-Pierre, fils de Nicolas Boutelou, maitre serrurier, et de Renée Lucas, remariée en secon-

(1) S. de la Bouillerie, Cré-sur-Loir, dans la Revue hist. et arch. du Maine, t. XXIX, p. 47.

(2) Notes manuscrites de l’abbé Lochet.

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