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THÉISME, (l'auteur du) essai philosophique , Londres , tyy3 , in-8\
Il serait bon de savoir si le sauvage peut avoir quelque idée de la divinité. Il ne paraît pas que sa raison puisse y parvenir, parce qu'il n'a encore aucun moyen de lier des abstrac tions. Tom. I , p. 26.
Les Athées font de bonnes actions , sans motifs de religion ou d'intérêt , parce qu'ils ont en eux-mêmes le sentiment du beau et du juste .... Page 128.
THÉISTES ou Déistes. Ces deux qualifications presque synonimes désignent ceux qui, déjà révoltés de l'absurdité et de l'immoralité de toutes les religions , mais n'osant passer tout de suite dans le camp des Athées , se retranchent à dire qu'il leur faut un Dieu pour faire le monde.
Ces bonnes-gens , fort mal vus par les hommes religieux, inspirent quelqu'intérét aux philosophes.
Pour peu que les théistes ou déistes aient de logique , ils ne tardent pas à devenir Athées. Ils sont sur le chemin.
THÉLÈME. Il se forma , il y quelques
années ,
années , en Angleterre , une société de philosophes , qui réssuscita l'abbaye de Thélème. Leurs institutions rapprochaient et combinaient tous les systèmes , toutes les sectes .... C'était le panthéon d'Épjcure.
On y consacrait à la Nature. La reproduction des êtres était le culte particulier de la société.
Les grands artistes, les savans , et les hommes les plus illustres de l'Angleterre étaient dans cette société. Elle fut dissoute par un acte du parlement.
THÉMISTIUS assure qu'Arlstote enseignait toute autre chose chez lui , que ce qui se void dans les livres qu'il a donnés au public ; adjoutant que c'est une espèce de folie de penser tirer de leur lecture ses véritables pensées , qu'il a toujours tenues les plus secrètes qu'il a peu.
N. B. Aristote dont tonte la religion était 1 étude de la Nature , craignait d'être persécuté par le peuple intolérant d'Athènes. Ce que pourtant il ne put éviter.
C'est pour la même raison que peu d'écrivain* ressemblent à leurs livres.
THÉOCBJVTES. La plupart des anciens
législateurs et des hommes d'Etat gouvernaient les hommes au nom d'un Dieu , sans y croire.
THÉODORE, sur-nommé d'abord l'Athée , ensuite par antiphrase le Dieu.
Theodorus qui AÛxeus cognominatus est , dicebatnugas esse qui de diis sermones haben— tur , nec eos esse ....
C'est-â - dire : ce philosophe traitait de niaiseries tous les traités qui roulent sur Dieu , lequel n'existe pas.
THÉODORE de Cyrhne , élève d'Aristippe. Il fut condamné à s'empoisonner 3 pour avoir enseigné que les Dieux étaient indifFérens à la vertu.
TH É OGONISTES (les) égyptiens terminaient leurs saints mystères par cette exclamation :
« O monde ! père et fils k-la-fois de toi-même t.
Tu tibi pater et jdius ; paroles consacrées , rapportées par Julius Firmicus.
THÉOLOGAL. Le médecin et le théologal croient rarement aux remèdes et à la religion. Proverbe 9 cité par Sairu-Evremont,
THÉLOGIE portative. ( l'auteur cle la ) Londres, 1773 , in-12.
Si les hommes s'avisaient un jour de songer sérieusement à la politique ou à la morale humaine , ils pourraient bien se passer de la religion ....
Discours prélim. page 17.
THEOLOGIENS. ( les ) Les moralistes sont les bienfaiteurs du genre humain , les théologiens en sont l'opprobe et le fléau.
L'an 2440 , 1775 , page j3.
jV. B. Donc , il faut s'en tenir à la morale , et laisser la théologie de côté ; ayons des mœurs , qui n'ont jamais fait de mal ; et n'ayons plus de Dieu à qui -nous sommes redevables du fléau des théologiens.
Leurs différens ont donné des peines infinies aux princes et aux magistrats.
d'Argens , lettres XVÏ.
N. B. Qui dit théologien - entend un docteur querelleur , remuant , turbulent , intolérant , opiniâtre et colère , aimant à faire du bruit ; se donnant de l'importance , en raison de la grandeur du pliantome dont il se porte le chevalier envers et contre tous. La théologie étant une science de mots , ceux qui la professent doivent parler haut
eL beaucoup ; ils remplissent par des sons le vuide des idées. De tels hommes sont de méchans voisin*, perturbateurs du repos public : la race commence a se perdre en France ; mais on dit qu'elle pullule encore beaucoup aujourd'hui en Allemagne.
Selon quelques théologiens , les savans ont presque toujours été hérétiques ; les siècles les plus éclairés ont penché vers l'athéisme. Bacon , Organum.
N. B. Sans sortir de France , depuis qu'on s'y occupe beaucoup de sciences exactes , depuis que dans l'étude de la physique on marche au seul flambeau de l'analyse et de l'expérience ; depuis que les bonnes méthodes sont trouvées ponr observer la Nature et ses phénomènes , on est devenu beaucoup moins crédule : le nombre des Athées suit constamment la progression du nombre des géomètres , des astronomes , des physiciens , des chyroistes , en un mot , de tout ce qu'il y a de savans véritables. Encore un siècle de cet excellent esprit, et l'on peut cautionner qu'en l'an 2000 , on ne parlera plus de Die*u et des prêtres que comme nous parlons aujourd'hui de l'ogre et des loups^ garoux
THÉOLOGIQUES ( les Livres ) des orientaux désignent Dieu sous l'image d© la sphère universelle.
THÉOPHAGES. ( les ) Mange-Dlcu.
Les déistes , de la secte des catholiques , n'ont pas bonne grâce de persécuter les philosophes , partisans de Spinosa ou du matérialisme. Des gens qui, tous les matins , mangent leur Dieu , à la table de l'eucharistie , certes ! ne sont rien moins que des spiritualistes.
Pour manger son Dieu , il faut bien croire un Dieu matériel.
Pauvre espèce humaine ! que de folies il t'est passé par la tête !
THÉOPHILE , évêque d'Antioche , parle de i'immortalité de l'ame d'une manière assez embrouillée.
Ad au loi, lib. II.
Il dit que l'ame a une étendue formelle, comme depuis peu l'a écrit Saint-Hyacinthe. Lamettrie , abrégé des Systèmes.
N . B. Peu de gens se sont entendus eux-mêmes sur cette matière , principalement ceux qui ont voulu introduire dans la nature de l'homme et des choses une spiritualité à laquelle nos sens répugnent. Joutes ees discussions; touchant Dieu et l'ame, dégénèrent facilement en disputes de mots sue lesquels il serait bien temps de passer une boiuit £ois l'éponge.
THEOPHILE : Nous avons ries idées naturelles qui souvent nous font agir avec a'Jî'.iiit de force, que si nous agissions par Je motif de la crainte et de l'amour de Dieu.
Quatre dialogues } attribués à l'abbé Dangeau , Paris, 1684, in - 12 , page 107.
THÉOPHILE fiâud, poète français.
Une heure après ma mort , mon ame évanouie , Sera ce qu'elle était une heure avant ma vie.
Bayle , art. Garasse, dictionn. raconte les persécutions qu'éprouva Théophile pour ses impiétés.
La plume de Théophile , le mal nommé > trempait dans l'athéisme. Garasse.
C'était un poète épicurien , et de bonne compagnie.
THÉOPHRASTE , élève de Platon et d'Aristote.
Peut-être un excès de philosophie , une saillie de la raison et un élan de la vertu héroïque a fait dire à Théophraste , que pour être sage , il ne fallait avoir aucune crainte des Dieux. J. DurondeL
THERAPEUTES ou Esseniens. Chez les juifs , hommes sévères , qui , soumis aux lois, quant à l'extérieur , se consacraient au cuite de la philosophie naturelle.
C'étaient tous gens riches ou du moins aisés , soulageant les malades et les nécessiteux ; très-versés clans la science de la Nature , ils regardaient la Nature comme le principe et la fin de tous les êtres , V Alpha et l'Oméga.
THERESE Philosophe. ( l'auteur de ) Toutes les religions , sans en excepter aucune , sont l'ouvrage des hommes.
* . Page 85.
N, B. Pardon , honnorables lecteurs ! mars cette citation nous met à même de prévenir qu'on a joué plus d'une fois le mauvais tour aux Athées , de jeter quelques-unes de leurs maximes dans des livres obscènes , afin de. tâcher de rendre ■synonimes les qualifications contradictoires d'impie et de libertin , d'hommes sans Dieu et d'hommes sans mœurs. Ce manège atroce n'a que trop réussi; beaucoup de lecteurs superficiels s'y sont laissés prendre.
THEURGISTES. Espèce de platoniciens qui croyaient que l'ame humaine est une émanation de Pâme divine du monde.
Ces philosophes avaient organisé un système sur cette opinion qui n'est autre chose qu'une sorte de spinosisme ascétique.
Voyez de T/ieurgia et virtutibtis t/ieurgicis. Altorf, 1-64. in - 4°. L'auteur est Henri-Jacques Ledermuller.
THOITES. Peuplade voisine de laThrace, et sans culte. Porphrre , abstin. //.
THOMAS, ( St. ) d'Aquin , raisonne
ainsi :
.... Pour faire en sorte que les hommes eussent une connaissance indubitable et certaine de Dieu , il a fallu que les choses divines leur fussent enseignées comme articles de foi.
Huet > de la Faiblesse de V esprit humain, p. 2-5, édition de iyz3.
If, B. Donc tous ceux qui ne croient point à la révélation , sont Athées ipso fdcto.
THOMASSIX , né à Leipsic , en i555.
On lui reproche son penchant au scepticisme, au naturalisme ; et c'est avec juste raison.
Il disait :
Toutes les créatures sont en Dieu.
Il n'y a point de créature hors de Dieu.
2V. B. Spinosa et Mallebranche ne pensaient pas autrement.
THOMASIUS. ( Jenkinus ) Historia atheismi.
Ce savant compte parmi les causes de i'athéisme , sapiendce naluralis tractalio .... et physiologia.
A la bonne heure ! Voyez le dernier IV. B. de l'article Théologiens.
THOMASSIN , ( Louis ) prêtre de l'Oratoire.
.... Bonym , sapientia , refîtes , hcec omnia non aliud sunt quam Deus ipse.
Theolog. dogmat.
C'est-à-dire: Dieu lui-même n'est autre chose que la sagesse , la vérité , tout ce qui est bon.
JV. B. C'est à bon droit qu'Hardouin qualité d'Athée l'auteur de ces paroles, qui ne nous offrent ijue des abstractions pour définir Dieu.
THOE.ILLON , juge de paix, à Paris. . . En vain la religion nous a-t-elle appris
autant que les lois qui en dérivent , que nous devons fuir le mal pour courir au bien , que nous devons adorer Dieu . . . . Un ascendant terrible semble nous maîtriser ....
Idées sur les lois criminelles , m-8°.
1788 , initio.
N. B. L'idée d'un Dieu n'est donc pas un frein assez fort pour nous maîtriser , puisqu'il cède à un ascendant plus terrible. Que de choses , il y aurait à dire ! nous aimons mieux nous en reposer sur la sagacité de nos lecteurs.
THBACES. ( les ) Plusieurs entre les Thraces niaient l'immortalité de l'ame.
De V Ame , et de son immortalité.
TIBULLE. Ce poète des ames sensibles ne connut d'autre divinité que sa maîtresse.
Tous les poètes de l'antiquité , Homère , Hésiode , Pindare , Callimaque , Ovide, Juvenal , Horace , Tibule , etc. ont foulé aux pieds les craintes- de l'autre vie.
Lamettrie , abrégé des Systèmes.
TIMEE , de Locres , élève de Py thagore. Le monde comprend tout; il est animé et doué de raison : c'est ce qui a fait dire à
"beaucoup de philosophes que le monde était vivant et sage.
Uonorables lecteurs ! méditez son traité de V Ame du monde.
C'est ce même philosophe qui compare l'usage de la religion dans la politique et dans la morale, à celui du poison dans la médecine.
TIMES, ( le ) journal ministériel anglais , s'efforce de montrer l'impossibilité de faire la paix avec la France .... Et d'ailleurs , ( dit-il ) que l'on considère le danger qu'il y aurait à livrer la morale publique à la contagion de l'athéisme.
21 Djjppmbre , 1799, 3o frimaire , VIII.
JV. B. Puissante logique ! Quoi ! ils en sont revehus là en Angleterre, sur cette terre pensante , où l'on allait jadis se réfugier et faire de la philosophie , en toute liberté.
TIMOLÉON et Phocion.
Timoléon ne fut en rien inférieur à Phocion ; mais on peut lui reprocher le même oubli de la divinité; défaut commun à ce que le paganisme a produit de plus célèbre. Histoire de la philos, païenne.
TNDALL , ( Math. ) philosophe anglafs.
Il ne voulait d'autre religion que le culte de la Nature. Alman. des R.ép . . .p.^>-
TINNAGELLI. ( Arphaxad ) En 1770 ; un jeune français prêchait dans l' Arabie , sous le nom d'Arphaxad Tinnagelli et en qualité de disciple de J.-J. Rousseau, en mission en Arabie. Il portait le costume oriental et* une barbe de prophète. Il a composé en arabe plusieurs ouvrages , entr'atures un catéchisme appelé Tinnagelli* que qui commence ainsi :
Qu'est-ce crue Dieu ? »
La vérité ....
Pogonologie , ou histoire de la Barbe, 1786, p. 48 , in- 12.
TISSOT de Pâlot. Il y a tant d'années que je me promène dans les chemins vastes et éclairés de la géométrie , que je ne soufFre qu'avec peine les sentiers étroits et ténébreux de la religion. Tout ce qui ne se démontre pas , m'est suspect .... Je veux de l'évidence , ou de la possibilité par-tout .... Lettre 6j , tom. /.
TITANS, (les) espèce d'Athées de première origine.
C'étaient dans la haute antiquité , des as-! tronomes , qui, placés sur le sommet des montagnes, y entassaient pierres sur pierres, pour approcher le plus près possible de la voûte céleste , afin d'y observer les révolutions planétaires. Les hommes-peuple, imbéciles dès-lors , comme ils le furent toujours depuis , qualifièrent d'impies et d'Athées ces premiers savans qui dédaignaient les pratiques religieuses et se consacraient au culte, c'est-à-dire , à l'étude des astres.
TITE-LIVE. Jo. Tolandus asserit Li-* vium totam relUgionem pro nullâ habuisse , vel quod codem redit , pro pulcherrimo po~ Iiticorum commento , in magistratuum siibsiaïum et sacerdotum emolumentum sublililer excogkatOo
C'est - à - dire : J. Toland avance que Tite-Live regardait la religion comme une belle fiction de la politique , adroitement imaginée pour la sûreté des magistrats et l'intérêt des prêtres.
TOLAND , (Jean) philosophe irlandais.
Il pose dans son Panthéisticon les fonde-
mens de cette religion universelle qu'il appelé le panthéisme.
La doctrine des panthéistes , que Toland y développe , n'offre au fond que le spinosisme pur ....
Il affirme que le mouvement est essentiel à la matière. Lettre III.
Toland publia divers ouvrages sur la religion et la politique , dans lesquels l'impiété , l'athéisme même paraissent à découvert. ,
Plusieurs de ses livres furent brûlés.
.... Non tartartis rolis , saxis , anguibus , ignibus , Jluviis deterretuf Atheus . . .
Adcesidœmon , p. ?3.
En disant que l'Athée ne redoute point les tourmens de l'enfer y Toland aurait pu ajouter que l'athéisme a bien assez des persécutions qu'il éprouve encore aujourd'hui sur la terre.
J. Toland dans sa dissertation intitulée : Clidophorus ou le Porte clef , .... se propose de prouver par de grands exemples , que les gens sages , dans tous les siècles , ont eu la prudence de taire ce qu'ils pensaient sur la religion . . » .