L' INTERLOCUTEUR
À la place des Dieux, tant craints de nos ancêtres l
RÉPONSE
De sages lois , de bonnes mœurs .... etc.
GRIFFET de la Bau . . , petit neveu du P. GrifTet , jésuite ; et homme de lettres ,
à Paris.
GRIFFITH , écrivain anglais.
On a défini l'homme de plusieurs façons : on l'a appelé un animal .... religieux .... j'y ajouterais , moi , le titre de consciencieux , et je le crois moins équivoque que l'autre.
P. note de la scène VIII , de Vacte V de la vie et de la mort de Richard III f par Shakespeare.
GRINGORE , ( Pierre ) vieux poète moraliste français , mort à Paris , au commencement du XVIe. siècle. Il avait pris
pour devise :
Tout par raison ; raison partout.
GROTTUS, (Hug.) savant de Hollande.
Grotius a judicieusement remarqué qu'il
y aurait quelque obligation naturelle , quand même on accorderait qu'il n'y a point de divinité. Léibnitz.
On dit qu'au lit de mort., il ne répondait» celui qui l'exhortait que par un non intelligo.
Grotius était de la religion des prudens ; c'est-à-dire , de ces sages qui ne croient que ce qu'ils jugent convenable , et qui ne s'en vantent pas.
Dans la Bibliothèque Polonaise, une de ses lettres au Socinien Crellius , donne de violens soupçons sur sa religion. Il était sur ce chapitre d'une indifférence tout-àfait philosophique.
La religion de Grotius était un problême pour bien des gens.
Burignj* , vie de Grotius.
Grotius est mort comme un Athée, sans avoir voulu faire profession d'aucune religion. Voyez l'Esprit de M. Arnaud,
GRUET , ( J. ) de Genève ; décapité dans cette même ville , au milien du XVIe. siècle , à cause de ses opinions fortement prononcées , non pas seulement contre
Calvin , mais contre toute religion quelconque.
GRUNEBERG. ( Joh.-Petr. ) De Athcorum rel'igione prudentum.
Ce livre est à traduire.
GRUTER. (Jean) ou Janus Grutterus.
Ce savant d'Anvers , . . . . dans le forum. de sa conscience , ne rendait un culte qu'à la vertu. Ostensiblement , on pouvait le croire de la religion dite protestante.
GRUTTERUS , fut accusé d'irréligion.
JVotus est quippe ejus atheismus. Ph.Paretus.
Sa froideur pour la religion , et son athéisme, sont connus Theologice.
ignarus. Idem.
GUARDIAN, (les auteurs anglais du) ou le Mentor moderne.
N'est-il pas certain que presque toutes les disputes savantes roulent plutôt sur des sons , que sur des idées ? Toutes les controverses des théologiens ne concernentelles pas les difFérens sons qu'on peut donner aux paroles ? Disc. XXX V tom. I.
GUDIN , de la Brunelerie , homme de
lettres
GUE i77
lettres et l'ami de Beaumarchais , n'est que pyrrhonien. Note de Lalande.
GUÈBRES. ( les ) Encore aujourd'hui , ils révèrent dans la lumière le plus bel attribut de la divinité.
Le feu , disent-ils , produit la lumière ; et la lumière est Dieu.
Dupuis , Or/g, des cultes.
GTJETTARD.médecin : Matérialiste dans ses excelle ns mémoires imprimés au recueil de l'Académie des sciences , dont il était membre ; et par une inconséquence qui n'étonne pas de la part des hommes , janséniste dans sa vie animale.
GUICCIARDINI, ( Fr. ) historien , né à Florence : Possevin le blâme d'attribuer au destin et à la fortune les révolutions des Etats ; il veut bien lui faire grâce de croire que ce style n'est point en lui un effet de quelqu' erreur de l'entendement.
On sait où tend un reproche de cette nature. Guicciardini est soupçonné d'irréligion , quoiqu'il fut toujours très-circonspect dans ses paroles comme dans ses actions,
i7» GUY
GUYT . . . deM . . . au, chimiste, et membre de l'Institut national de France.
GUNDLINGIUS. Ce savant a soutenu thèse pour prouver l'athéisme du père des médecins , Hippocrate. Voyez ce nom.
GYMNOSOPHISTES. ( les ) Plusieurs
d'entre lesGymnosophistes indiens faisaient profession ouverte d'athéisme, et vivaient avec beaucoup de retenue.
Cette secte d'Athées subsiste encore.
Deslandes , Hist. de la Philos,
Toujours accusés d'athéisme, et toujours respectés pour leur sagesse , les Gymnosophistes remplissaient , avec la plus grande exactitude , les devoirs de la société.
Helvétius , de V Esprit, dise. IL
N. B. Les Athées doivent être de meilleurs citoyens que le reste des membres d'un état politique ; pur la raison qu'ils n'obéissent point à deux maîtres , Dieu et la loi : ils ne reconnaissent que celle-ci au-dessus d'eux.
HAG . . TE , professeur à Pécole Polytechnique. Note communiqués par P . . d.
HAGUET , ( Guill. ) sectaire anglais, du XVIe. siècle.
Jlœcfuit ultima oratio,
Deus cœli , poientissime Jehovas , alpha et oméga, domine dominorum , rex regum 9 œterne Deus. . . . libéra me ab inîmicis meis : sin minus, cœlos succendam , et te à trono detractum manïbus meis lacerabo.
C'est-à-dire : voici la prière qu'il fit en mourant :
« Dieu du ciel , très-puissant Jéliova ! » l'alpha et l'oméga de l'univers ; seigneur » des seigneurs , roi des rois ; éternel » Dieu ! délivre -moi de mes ennemis : » sinon , j'embraserai les cieux , et t'ar- » rachant de ton trône ? je te dilacérerai » de mes propres mains . . . . »
N. B. Cette ejaculation donne la mesure de la religion de Haguct , et prouve qu'il n'était point dupe. Les ames pieuses ne traitent pas ainsi leur idole.
HALL , ( Joseph ) évêque anglais > et sur* nommé le Sénèque de l'Angleterre.
Son indifférence pour les religions , en fit un prélat modéré et tolérant. Il disait que le livre le plus utile à faire serait celui-ci :
De paucitate credendorum.
C'est-à-dire : du petit nombre des articles de foi.
Que pouvait dire de plus un évêque -,
sans se compromettre ?
HANNIBAL. Ce général des armées Carthaginoises contre les Romains, au dire de Tite-Live, n'avait aucune crainte des Dieux; c'était un franc Athée.
.... Nullus divûni pudor y dit un poète latin.
N. B. Presque tous les grands capitaines sont Athées. Les guerres , même les plus justes ,t témoignent contre une providence.
HARDOUIN, (le P.) prétend que les ouvrages des Pères de V église, et particulièrement ceux de saint. Augustin , ont été faits par une société d'Athées , qui voulaient détruire le christianisme.
Il a fait un in-f°. d'une bonne grosseur, pour prouver qu' Arnaud , Pascal , le P.
H A Tl 181
Thomassin , Anibroise Victor , Descartes, étaient des Athées parfaits , et plus dangereux que Spiiiosa ....
d'Argens , Philos, du bon-sens.
Le P. Hardouin a joint à tous ces Athées, Nicole , Jansénius , Quenel , Antoine Le grand ....
Voy. ces différensnoms, voyez aussiGarasse.
N. B, Jean Hardouin aurait dû clorre par son. propre nom la liste de ses Athées découverts; Athei detecti. Car , en reprochant à ses compagnons d'école qu'ils font de Dieu une abstraction ; que veut-il donc qu'il soit ? Si Dieu n'est point une abstraction , il est donc un corps. Il faut opter. Dans les deux cas , Hardouin et ses adversaires sont Athées ou spinosistes.
HARLAI , ( le président Achilles de) mort en 171 2.
Ce grave magistrat s'égayait par fois aux dépens de ce qu'on appelé vulgairement l'Etre suprême; il disait :
Dieu soit loué , et nos boutiques.
iV. B. Peu de sujets fournissent davantage à la plaisanterie. Une opinion , pour quelque grave qu'on la donne , si elle est absurde , si elle répugne k la nature , prête le flanc au sarcasme.
HEBERT. * Au sujet de la féte de & Raison , imaginée par Hébert et autres meneurs de la trop fameuse commune de Paris , un poète déiste fut converti à l'athéisme , et s'écria :
Jene veuxplus d unDîeu qu'un Hébert peut proscrire.
HELVÉTIUS , ( Cl.-Adr. ) philosophe parisien.
On ne finirait pas , si l'on voulait donner la liste de tous les peuples qui vivent sans avoir l'idée de Dieu. De V Esprit,
Les peuples sans idée de Dieu peuvent vivre en société plus ou moins heureusement y selon l'habileté plus ou moins grande de leur législateur. Idem.
Il est peu de gens que la religion retienne .... Eod. loco.
Peu de philosophes ont nié l'existence d'un Dieu-plirsique .... il n'en est pas ainsi du Dieu moral. De l'Homme.
Rien de commun entre, la religion et la vertu. Eod loco»
Ti. B. Et c'est ce qu'il faut répéter jusqu'à la satiété. D^ns aucune circonstance, dans aucune saison de la vie, l'homme, pour être sage et heureux, n'a
que faire d'autres divinités que de sa tète et de son cœur. L'homme est son Dieu. Rien de commun entre ce qui se fait au ciel et ce qui se passe sur la terre.
L'homme, disait Fontenelie, a fait Dieu à son image et ne pouvait faire autrement.
Helvétius , de V Homme.
Si par Athées , on entend des
hommes guidés par l'expérience et le témoignage de leurs sens , qui ne voyent dans la nature que ce qui s'y trouve réellement; si par Athées , on entend des physiciens qui, sans recourir à une force chimérique , croyent pouvoir tout expliquer par les lois du mouvement .... il n'est pas douteux qu'il existe bien des Athées , qu'il y en aurait bien davantage , si les lumières de la saine physique et de la droite raison étaient plus répandues.
Page 74 et y$ , du Vrai sens du système de la Nature , ouvrage posthume de M, Helvétius , Londres , 1774.
Dans l'enfance du monde , le premier usage que l'homme fait de sa raison, c'est de se créer des Dieux. De V Esprit, dise, IL
La religion payenne n'était proprement que le système allégorisé de la nature.
De V Homme.
Voyez la Religion universelle par le savant Dupuis.
Helvétius dit que tous les hommes de lettres sont Athées. De l'Esprit > torn. /.
Il ajoute que tous les jésuites , qui certainement n'étaient pas des sots , avaient soutenu cette opinion.
Helvétius appellait la morale , la seule religion du monde entier.
Il disait : le mal que font les religions est réel , et le bien imaginaire.
Les religions sont utiles , mais c'est aux prêtres et aux tyrans.
Helvétius mérite le mot: Ecce vir.
HÉNAUT. ( ) Ce poète se piquait d'athéisme. Il avait fait le voyage de Hollande, tout exprès pour voir Spinosa.
Voici de ses vers :
On meurt, et sans ressource, et sans réserve aucune. S'il est après ma mort quelque reste de moi , Ce reste, un peu plus tard , suivra la même loi , Fera place à son tour à de nouvelles choses , Et se replongera dans le sein de ses causes.
Hénaut
Hénaut avait composé trois difFérens systèmes de la mortalité de l'ame. Cette matière était de son goût. Dans une épitre dédicatoire , il s'exprime ainsi :
te Vous savez que je suis un
» homme tout intérieur , qu3 je ne me x félicite guère de l'opinion d'autrui , que » mes maximes ou mes erreurs sont assez; » différentes de celles du reste du monde ».
Voici encore quelques autres vers de ce poète Athée :
Tout meurt en nous , quand nous mourons ; La mort ne laisse rien , et n'est rieu elle-même * Du peu de temps que nous duiOns Ce n'est que le moment extrême .... etc.
M. d'Hénaut, ( imprima-t'on , à la tête de quelques-unes de ses poésies ) , était estimé de tout le monde .... C'était un parfaitement honnête homme.
Ce poète philosophe, qui avait entrepris la traduction française de Lucrèce , brûla ce qu'il en avait fait, par déférence pour sou confesseur ; et c'est une grande perte , à en juger d'après la belle invocation qui nous reste.
JV. J3. Le vandalisme des prêtres a fait bien àxi mal aux Musea et aux lettres.
HERACLITE. Philosophe Ephésien.
Il avait écrit de la Matière , de l* Univers, de la Théologie ....
Comme ses opinions sur la nature des Dieux, n'étaient pas conformes à celles du peuple, et qu'il craignait la persécution des prêtres , il avait eu la prudence de se couvrir d'un nuage d'expressions obscures et figurées. Diderot»
iV. B. Diderot lui-n ème ne l'a que trop imité.
Heraclite disait:
Qu'est-ce que c'est que les hommes ?
Des Dieux mortels.
Qu'est-ce que les Dieux ?
Des hommes immortels.
HÉRAUT de Sechelles.
Voyez son voyage à Montbard.
ÏYIagas. eneyclo. 1795.
HERBERT , ( E. ) non pas le poëte et curé de ce nom , mais le philosophe anglais , précurseur de Hobbes , de Blount et de- Spinosa , dans la carrière du naturalisme.
HER1MANN. (Conrard)
Ordines Delgii prœstan tissimosatheismi prœ-
fidenter arcessit ( Conr. Herimannus ) , nec religionem curœ habere dicit , nisi quatenus ad ampliandum irnperium utilis esse videtur. Berneggems , Tuba pacis.
D'après ce passage , il parait que partout et toujours , la religion ne fut considérée par les administrateurs politiques , que comme un levier pour remuer le peuple à leur profit.
N. B. Ne serait-il pas bien temps que ce charlatanisme indécent et grossier cessât, pour faire place enfin à une bonne législation l Point de mœurs , tant qu'on tolérera publiquement les filles et les prêtres .... Qu'on ne se récrie pas sur cet accouplement. Les ministres du Christ n'ont-ils point divinisé l'adultère l Marie est-elle autre chose que la patrone âes épouses infidelles? Joseph, le patron des maris trompés ?
Quand donc finira ce scandale l
HERMIAS , le Galate , soutenait le matérialisme de Dieu , et l'éternité de l'univers. L'enfer, aux yeux de ce philosophe, n'était autre chose que ce monde , dans lequel, en effet, les philosophes ne sont pas très-à leur aise. La résurrection, que la nouvelle secte du Christ , fondée par saint Paul , commençait à prêcher 3 ( c'était au
IIe. siècle de Père commune ). La résurrection de la chair n'était , selon Hermias^ que le mariage ou la propagation des familles. Hermias fit école.
HERMITAÏTES , ( les ) Sectaires^ partisans de la doctrine d'H^rmi a ; II. eurent quelque temps une existence dan l-*pays des Gala tes. Ils voulaient rapprocher les. nouveaux dogmes des christolât ces , de l'opinion des stoïciens matérialistes.
HERMOGÈNE était un philosophe matériarien. Vojez ce mot.
Stoïcien d'abord , ilembrassa par la suite le christianisme ; ou plutôt il espéra pouvois concilier les deux doctrines. Il en résulta un athéisme mitigé , que Tertulien réfuta comme il put.
Il faut distinguer notre savant africain du rhéteur qui porte le même nom.
HÉRODOTE. Plutarque accuse Hérodote d'impiété.
Ce premier des historiens connus dans la Gvè.e , professait la doctrine commune à tous les anciens»
HERTZBERG, (le baron de) qui suc-
céda au comte rie Finckenst^în , dans le ministère des affaires étrangères , à Berlin.
HÉSIODE, dont les écrits, avec ceux d'Homère, con pDsent le système canonique du paganisme , oose en fait que les Dieux et les hommes sont également produits par les forces inconnues de la nature.
Hume , Histoire naturelle de la religion.
Hésiode avait dans le fond les mêmes principes que les Athées matérialistes,
Naigeon.
HIÉROPHANTES , (les) souverains pontifes à Thèbes, disaxent à leurs initiés :
« Toute la sagesse Egyptienne consiste r> dans l'étude et l'admiration des choses » naturelles. Nous n'admettons que l'exis- » tence d'une seule matière organique; et » c'est-là notre divinité , si l'on exige que » nous en ayons une ».
Voyez Regnaut, Origine ancienne delà Physique nouvelle , tom. I , p. 36.
HIPPOCRATE semblait reconnaître pour^Dieu , la chaleur qui est répandue par tout le monde: ce système approchait de celui de Spinosa ....
Philos, du bon-sens , tam. I.
iço H I P
Hippocrate avait sur Pame des idées peu spirituelles : il la confondait avec les esprits animaux.
HIPPON, de Mélos. Ce philosophe fit trophée de son athéisme , même après sa mort.
Il ordonna que l#n mît sur son tombeau cette épitaphe ironique , composée par lui-même :
Ci-gît Hippon , Que la parque , En le privant du jour , A rendu semblable Aux Dieux immortels.
Voyez Clément d'Alex. Coll. Ad. Gent.
et du IMonde et de V Ame.
HIRE. (Philippe de la) Ce savant et laborieux mathématicien , de l'Académie des sciences de Paris , avait , dit Fontenelle , la circonspection , la prudente timidité des italiens. Il avait contracté ce caractère lors de son voyage à Rome , contrée où l'on croiait le moins , où l'on feignait de croire davantage. La Hire était fort réservé , et s'arrêtait tout court au point où la religion empiète sur la physique. Notre académicien aimait à vivre en paix.
HEYRTMHAYM. ( Jérôme ) Sans la révélation , ce chanoine de Bohême eut clouté de l'existence di vine ; selon lui , point de milieu ; croire tout ou ne rien croire. Une telle opinion mènerait bien des gens droit à l'athéisme.
HOBBES , ( Th. } était bon citoyen , bon parent , bon ami , et ne 'croiait point en Dieu. Diderot , traduction des Recherches sur la Fer lu , de Skaftbury , noie ar.
Si , dans une république ou l'on ne réconnaîtrait point de Dieu , quelque citoyen en proposait un , je le ferais pendre.
Hobbes , en parlant de Dieu , dit : '
Tout ce qui n'est ni corps , ni accident d'un corps , n'existe point. Il n'y a point de substance distincte de la matière.
Tout ce que nous concevons est fini / dit très-bien Hobbes : le met infini esfdonc? vide d'idées. Si nous prononçons le nom de Dieu , nous ne le comprenons pas davantage. De ho mine , cap. 3.
Hobbes définit la tliéologie , avec sa précision ordinaire , regnum tenebraruni , le royaume des ténèbres.
Hobbes mit tout en œuvre peur nous faire
iq2 HOB
voir qu'il n'y avait rien qui nous portât naturellement à une vie religieuse.
Shafisbury , Essai sur la Raillerie,
Il pensait avec beaucoup de liberté , et s'exprimait avec beaucoup de hardiesse. Il haïssait tous ceux qui cherchent à entretenir la crédulité populaire. . . .
Deslandes. Grands hommes morts en plaisantant.
Le monde est corporel ; il a les dimensions de "la grandeur , savoir : longueur , largeur et profondeur. Toute portion d'un corps est corps , et a ces mêmes dimensions : conséquemment , chaque partie de l'univers est corps, et ce qui n'est pas corps, n'est point partie de l'univers; mais comme l'univers est tout , ce qui n'en fait point partie n'est rien , et ne peut être nulle part .... Leviathan , ch. XLVI*
JV. B. On dit que Hobbes mourut dévot ; il était plus que nonagénaire. Nécessairement le génie se ressent de la caducité du corps , et cela même confirme et justifie le matérialisme du philosophe.
La religion est une affaire de législation , et non de philosophie.
Hobbes f Encycl. méth.
Toute
Toute religion , fondée sur la crainte d'un pouvoir invisible > est un conte. Hobbes.
S'il ne fut pas Athée , il faut avouer que Bon Dieu diffère peu de celui de Spinosa.
Diderot.
De toutes les vertus morales , il n*y a guères que la religion qui fut une matière problématique dans la personne de Hobbes,..
Il a passé pour Athée. Barle.
Sa longue vie a toujours été celle d'un parfaitement honnête homme. Il aimait sa patrie .... Il était bon ami, charitable, officieux. Ecce vir.
HOLCROFT , (Thomas) poète anglais, né vers 1760.
HOMERE peut être regardé comme Athée , puisqu'il donnait pour origine aux Dieux l'Océan ou la matière fluide.
Théodoret assure que non - seulement Diagoras , Théodore, Evhemère , qui ont pleinement nié qu'il y eut des Dieux , sont Athées, mais qu'Homère , Hésiode, etc.
le sont aussi.
De Curât. Grœc. qffect. serm. III.
Homère , en annonçant la toute puissance
du Dieu des Dieux, fit connaître qu'il le regarde comme la matière subtile.
Martin de Bus s y.
HONNÊTES GENS du Paganisme, (les) Deos ea facie novimus quâ pictorcs et Jlctores voluerunt.
« Nous ne connaissons les Dieux que » par le visage qu'il a plu aux peintres et » aux sculpteurs »...
Disaient les, honnêtes gens du paganisme.
Boy le , dictionn. Flora.
HOQUINCOURT. ( le marquis d' ) . . ; Le diable m'emporte , si je croyais rien. Depuis . . . .je me ferais crucifier pour la religion. Ce n'est pas que j'y voye plus de raison ; au contraire , moins que jamais : mais je ne saurais que vous dire , je me ferais crucifier sans savoir pourquoi.
N. B. Persifflage ou non, ces paroles conviennent à beaucoup d'autres encore qu'au marqui* tTHoquincourt.
HORACE. Ce poète épicurien appartient aux Athées. Son seul Dieu était le plaisir.
Il tira tout le meilleur parti possible de la vie ; bien convaincu qu'elle n'est poinfc suivie d'une autre.
HOR.N. Les insulaires de Horn sont sans connaissance de Dieu , et sans religion. Mercure Français, 1617 , /?. 154.
HOTMAN , ( Fr. ) jurisconsulte , né à Paris , en 1524»
On lui reprocha d'être un élégant maître de l'athéisme de Cicéron. Hotman ne répondit point à cette accusation.
HOTTENTOTS. ( les )
Les Hottentots refusent d'adorer Dieu , parce que, (disent-ils), s'il fait souvent du bien , il fait souvent du mal.
Laloubère raconte qu'il a vu un grand nombre d'Hottentots , mais qu'il n'en a point trouvés qui eussent la moindre idée de Dieu .... Les Anglais en prirent un , le baptisèrent,, le ramenèrent en son pays^ mais alors il dépouilla avec ses habits les. sentimens de la religion. Toute la raison qu'on put tirer de lui , c'est que le Dieu d'Angleterre n'était pas mauvais; mais qu'il valait mieux encore n'en avoir point du tout. Fojrages de Laloubère.
Je n'y ai vu , ( chez les Hottentots, en Afrique ) , aucune trace de religion , yien qui approche même de l'idée d'un
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être vengeur et rémunérateur. J'ai vécu assez long-temps avec eux, chez eux , au sein de leurs déserts paisibles; j'ai fait avec ces braves humains des voyages , dans de» régions fort éloignées ; nulle part je n'ai rencontré rien qui ressemble à de la religion.
Là , où il n'y a ni religion , ni culte il ne peut exister de superstition .... Il n'y a ni médecins , ni pfèiîr'eà ; et dans l'idiome Hottentot, aucun met n'exprime aucune de ces choses.
Fojage de Levaillant , 1790 , in - 8°» tom. I et IL
N. B. Ni Dieu , ni médecine ! . . . .
Que nous sommes petits , nous autres nations policées , à côté des Hottentots !
Proposons aux grammairiens un nouveau synonime î
Sige , et S.mvage.
HOURN, de Birmingham } auteur anglais* L'athéisme ne nous donne point de motif* pour être vicieux et médians ....
L'athéisme ne nous rend point ennemis du genre humain ; il ne nous fait point haïr ceux qui ne pensent point comme nous 5