‹ Dictionnaire des athées anciens et modernesChapitre 9 sur 134 · BER · texte numérisé non relu

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société civile est si mal organisée , que dans son sein? et sous sa sauve-garde , il y a tout ù g.igner à être, l'apôtre du mensonge, tout à craindre à se montrer l'ami de lu vérité.

BER G A M A S QU E . ( Fauteu* du) Bien des Athées étaient parfaitement honnêtes hommes , entr'autres Epicure, la Metirie , Spinosa , Hobbcs , Bayle .... etc.

Pag. 35 du Bergamasque , ou l'Homme bon, A la Haye . 170,1 , in-12.

... Le préjugé est si fort que , malgré l'expérience de tous les jours , l'on ne peut persuader qu'un Athée soit un honnête homme. Habitué à ne faire le hien que par crainte , le vulgaire s'imagine que l'esprit humain n'a pas d'autre mohile . . . . comme si la vertu n'était pas à elle-même sa récompense .... comme si un génie»

assez fort pour secouer les préjugés, n'annonçait point un caractère assez sublime , une ame assez noble pour faire le bien....

Un véritable Athée abandonne la religion, parce qu'il la croit humaine, et par conséquent fausse ; mais iL respecte la vertu

ect. Idem.

BERIGARD. ( Claude ) Subtil philo-

sbphe du XVIIe. siècle , né à Moulins.

Malgré toutes ses précautions, il fut accusé d'irréligion et même d'athéisme; mais heureusement , il n'était plus. Diderot.

Villemandy le considère comme un grand fauteur du pyrrhonisme.

Quo tendit assumpta hœc Anaximandriliy— pethesis, quam Berigardus in circulis pisanis uristotelicœ longe prœfertnisieo ut in supremi numinis ejusq ; providentiœ locum injinitani quamdam materiani, injinitis corporibus dissiniilaribus , ex seipsis mobilibus confia— tam , Hoc est in veri dei solani ccecam na— turam substituât ?

C'est-à-dire : à un Dieu suprême , à la providence, Berigard substitue la nature , ou la matière organisée de façon à produire tous les mouvemens , à l'aide de ses propres élémens.

Vniversam mundi fabricant sine providentid architectrice , extruxisse se putat jtltilosophus. Samuel Parker, Disput, de deo et provid.

C'est-à-dire : ce philosophe pensait que le grand édifice de Funivers ne supposait pas un Dieu architecte.

Il prît la liberté de soutenir l'opinion de J. Zarabella , savoir , que l'existence d'un premier moteur ne peut se démontrer par aucune raison naturelle.

BERNARD. (P.-J. ) Le gentil Bernard, dit "Voltaire.

Poète , épicurien de principes et de mœurs.

BERNIER , ( Fr. ) médecin. Le joli philosophe , dit Saint-Evremont.

Elève de Gassendi , il tenait pourEpicure.

BERKELEY , (G.) évêqtfe irlandais. Son hypothèse, ou plus généralement la philosophie des idéalistes , poussée aussi loin qu'elle peut aller, conduit très-directement à l'athéisme.

BERT. . . ET, de l'Institut national de France.

BEZE , ( Théodore ) bourguignon , né à Verelai, en i52^.

Sturmius appliquait à Théodore Beze , par

une gentille parodie , ce dicton de Socrate : Hoc unum me scire scio , quod nihilscio:

Hoc unum me credere credo , quod nil credo. Garasse , doctr. cur.

C'est-à-dire :

C'est-à-*dïre : je ne crois qu'une chose ; c'est que je ne crois rien.

Beze ne voit pas plus un Dieu dans le ciel que dans le calice , dit un plaisant du temps.

BIBLIOTHÈQUE RAISONNÉE. ( te

rédacteur de la ) Tout ce qu'il y a eu de grands génies dans l'antiquité , et presque tous les auteurs , sur-tout les philosophes , n'ont point de foi. Tom. I. p. ?3.

Le despotisme est fondé sur la religion.

Idem.

N. B. C'est pour cela que le gouvernement et le clergé ont presque toujours fait cause commune.

BIEL , ( Gabriel ) théologien.

Il y a long-temps qu'un très-fameux scholastique ( Biel ) a déclaré que toutes les preuves que la raison peut fournir de l'existence de Dieu , ne sont que probables.

G. Biel déclare que l'on ne connaît pas évidemment qu'il faut qu'ily ait un premier être.

Dissert. 2. Quest. 10.

N. B. De tels aveux , de la part des gens du métier, doivent multiplier beaucoup les incrédules.

BILF1NGER, disciple de Leibnitz.

Natura est vis activa seu motrix ; hinc

natura etiam diciturvis totius mundi , seu vis universa in mundo.

De Deo, anima et mundo: dilucidationes pldlosop/ticœ.

La nature est une force active et motrice.

On pourrait appeler la nature la force universelle ....

A'. B. Spinosa avouerait ce passage du théologien Bilfinger.

BION de Scythie , ou le boristhénien.

Dixisse audivimus, re verd, riihil esse Deos.

Diogen. Laër.

C'est-à-dire : nous lui avons entendu dire, que dans le vrai , Dieu n'était rien.

Bion prétendait que la doctrine de l'empire de Dieu sur toutes choses , renferme des contradictions. V. Plutarque,

Il se permettait les bons mots , la plupart dirigés contre la religion.

On raconte que ce philosophe chanta la palinodie , en rendant le dernier souffle. Cela prouve seulement que dans l'homme , le flambeau de la raison peut s'éteindre avant celui de la vie.

BLANCHET, né dans le bourg d'Anger-

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ville , au pays Chartrain ] en 1707 , mort à St.-Germain en Laye en 1784; connu par la vie qu'en donna son ami Dussaux , qui se fit l'éditeur de ses ouvrages. ( Apologues orientaux , variétés morales . . . . )

C'était un homme vertueux par caractère . ... Il répondit à M. Merinville , évêque de Chartres , qui lui offrait un canonicat , sous la condition qu'il se ferait prêtre : « monseigneur ! je suis trop honnête homme pour cela. »

Cette phrase , susceptible peut-être de deux sens, n'en a qu'un, quand on saura, d'après son biographe , qu'en fait de religion Blanchet éprouva de grandes perplexités. Il voulait croire . . . . reste à savoir s'il crut en effet. Certains endroits de ses œuvres ne semblent pas favoriser l'affirmative.. ,

BLOUNT, (Charles) philosophe anglais et sceptique.

Les hommes en général sont autant de perroquets religieux ; ils ont appris à dire qu'ils croient en Dieu ; . . . mais ils ne savent ni pourquoi , ni comment. Tout ce

qu'ils savent, est que le ministre de leur paroisse leur a ordonné de croire ....

II professait le même symbole religieux que le célèbre Herbert, l'un des plus forts incrédules des trois Angleterres.

BOCACE. ( J. ) Pour la religion , je crois queBocace n'en avait pas, et qu'il était par* fait Athée. G. Tsaudê.

A'. B. Bocace aimait trois choses: l'indépendance , le travail et les plaisirs

L'athéisme n'éteignait point en lui l'imagination, et la gaieté. V. ses Œuvres.

BODIN. ( J. ) Il se moquait également de toutes les religions. Aussi , n'en avait-il pas lui-même .... Bajle , Répub. des lettres.

.... D'autres assurent que Bodin- mourut comme un chien , sine ullo sensu pietatis ~r sans être ni juif , ni chrétien , ni turc ....

Idem t eod. loco 1684 , Juin.

Bodin était un étrange compagnon en fait de religion. Patin.

Il a composé des dialogues qui se trouvent en manuscrit dans la biblothèque du roi de Prusse.

Jean Dicmanus nous a donné une con-

naissance parfaite de cet ouvrage dans un livre qui a pour titre :

De Naturalismo eu m aliorum tu m maxime joh Bodini ex opère ejus mspto et usque ad hue auecdoto : de abditis ....

Dans son traité de la République , il veut que le législateur consulte le climat, avant de donner un culte à une nation. Bodin soumet Dieu aux localités.

BOKCE î ( A. M. T. S.) consul de Rome et chrétien , affirme l'éternité et l'incorruptibilité du monde ; ou , ce qui revient au même , un cours des choses constant et invariable.

N. B. II voulut concilier Àristote et Jésus \ de cet amalgame il résulta que Roiice ne fut ni tout-àf'ait philosophe y ni tout-à-fait religieux. Cependant, les premières impressions qu'avait faites sur son esprit le génie d'Aristote prévalurent comme malgré lui , sur les principes de spiritualité de la nouvelle secte que cet infortuné magistrat crut devoir embrasser.

BOINDIN , (Nicolas ) né à Paris en et mort en 17615 il professait publiquement l'athéisme. La sépulture lui fut refusée ; un

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