‹ Dictionnaire des athées anciens et modernesChapitre 91 sur 134 · PLI · texte numérisé non relu

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tuel j n'était , de près examiné , qu'un matérialiste fort subtil , et le mieux déguisé qu'il fut possible ....

Mallebranche , RechercJie de la vérité , Liv. II , Iàr. paragr. cfi. 8.

Platon prétendait que ce qui est au-dessus de nous ne nous touche point. Ce philosophe s'est écarté de ce sentiment, parce qu'il était homme et qu'il y avait des curieux , de sou temps comme du nôtre. .

Examen des relîg. p. 34.

On demandait à ce philosophe :

Que fait Dieu ?

Platon' répondit :

Dieu géométrise.

N. B. Les hommes de Dieu , pour se garer du spinosisme , et sous peine d'être inconséquens , devraient s'abstenir avec soin de ces sortes d'expressions , V éternel géomètre , l* éternel architecte, le fabricateur des mondes , le créateur suprême , et autres qui ne rappèlent toujours que de la matière travaillant sur de la matière.

PLINE , ( Çaïus ) l'ancien , ou le naturaliste , né à Véronne.

« L'univers est un temple auguste , au- » delà duquel il ne nous est pas permis » de chercher la divinité » !

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On ne pouvait pas, en moins de mots, et plus poétiquement , exposer le système de Spinosa. • •

Pline communique h ses lecteurs une certaine liberté d'esprit, une hardiesse de penser qui est le germe de la philosophie.

Bujfon.

JS . B. B'iiion n'osa point prendre les mêmes libertés , craignant la censure sacerdotale.

Omnibus a suprema Die ead ; quœ aille primum ; nec magis à morte sensus ullus , aut Corporis 9 mut animas , quam an le na— talem .... Hist. nat. VII , 56.

C'est-à-dire : ce qui suit notre dernier jour est de même nature que ce qui a précédé le premier. Le corps et l'ame n'ont pas plus de sentiment après la mort , qu'ils en avaient avant la naissance ....

PLINE et HIPPOCRATE.

Piine insinue, ( liv. 2r. ) que Dieu. la Nature , le sort , le hasard, ne sont qu'une même chose ; et il s'appuye sur la décision d'Bippocrate.

Deslandes , Hist. de la philos.

Pline a été du nombre des Athées stoïciens, comme on le peut recueillir de ces

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^paroles de son histoire naturelle, par où il la commence :

Il faut croire que le monde et ce que nous appelons autrement ciel , qui couvre toutes choses par son enceinte, est un Dieu éternel , immense , qui n'a pas été produit et qui ne périra jamais .... et que c'est en même-temps et l'ouvrage de la Nature , et la Nature elle-même.

Pline pensait de même que Straton et Anaximandre , comme il paraît par - tout le septième chapitre du second livre, lequel finit ainsi :

Perquœ déclara tur haud dubie Naturce potenlia idque esse quod Deum yocamus.

C'est-à-dire : il n'y a pas de doute que ce que nous appelons Dieu , n'est autre chose que la puissance de la Nature.

PLINE , ( Cœcil. ) le jeune ou l'epistolaire , neveu du naturaliste , né à Corne : Athée théorique.

PLOTIN , natif d'Egypte.

La philosophie de ce platonicien , ne s*éloignait pas beaucoup du spinosisme. Il n'y a presque point de siècle où le sentiment de Spinosa n'ait été enseigné. Cet impie

n'a que le malheureux avantage d'être le premier qui l'ait réduit en système , selon la méthode géométrique.

Que voulait dire Plotin , qnand il fit deux livres pour prouver : Unum et idem ub'njuc toium simui adeçse ? N'était-ce pas enseigner que l'être qui est par -tout , est une seule et même chose ? Spinosa n'en demande pas davantage. Plotin mourut en disant :

Equidem jam cnilor , cjuod in nobis dl— •vinum est, ad divinum ipsum quod vigel in universo redigere. Bayle , du tionn.

C'est-à-dire : je fais mon dernier effort pour ramener ce qu'il y a de divin en moi , à ce qu'il y a de divin dans tout l'univers.

Il professait la doctrine de l'ame du monde. On a de lui un traité sur cette ques tion Y a- 1— il plusieurs ames ? N'y en a-t-ïl qu'il ne seule? 11 se déclare pour l'affirmative de la seconde proposition.

Il sut inspirer à plusieurs dames romaines une forte inclination pour l'étude de la philosophie.

Invité une fois à un sacrifice , il sut répondre :

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pondre : « C'est aux Dieux à venir à moi , » et non moi à eux ».

Plotin fut à la veille d'obtenir de l'empereur et de l'impératrice, Galien etSalonine , qu'ils fissent rebâtir une ville de laCampauie^ pour l'établissement d'une colonie de philo* sophes Athées.

N. B. La grande et belle expérience <Tune République sans Dieu est encore à faire* elle serait digne du gouvernement français.

PLUT ARQUE , Boëtien.

Il résulte clairement des vers d'Orphée , et des livres sacrés des Egyptiens et des Phrygiens , que la théologie ancienne , nonseulement des Grecs , mais en général de tous les peuples , ne fut autre chose qu'un système de physique , qu'un tableau des opérations de la Nature, enveloppé d'allégories mystérieuses et de symboles énigmatiques ; de manière que La multitude ignorante s'attacha plutôt au sens apparent, qu'au sens caché , et que même , dans ce qu'elle comprenait de ce dernier , elle supposa toujours quelque chose de plus profond que ce qui paraissait. Fragment cité par Eusebe , Prœpar. évang. III , i.

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