‹ Dictionnaire des athées anciens et modernesChapitre 93 sur 134 · V. De futilitate poèrices · texte numérisé non relu

V. De futilitate poèrices

JV. B. Jamais poète n'a résisté à une belle image, fut-elle contraire à un bon raisonnement. Ne cherchant qu'à plaire , presque toujours la philosophie des poètes se tait devant leur vanité. 11 y aurait une poétique à faire, dans laquelle on pourrait prouver, sans beaucoup de frais , que le vrai seul étant le beau, l'Athéisme est le sujet le plus susceptible de la sublimité du style et des pensées. p'oye{ Lucrèce*

POGGIO, ( J.-Fr. ) Bruc. Florentin,

L'impiété de ses sentimens lui attira beaucoup de haine , disent les biographes.

Il ne faut pas que cela réfroidisse les ennemis de tout préjugé. L'Athée plaint les sots , et se garre des méchans.

Pogge a été soupçonné d'être l'auteur du Traité des trois Imposteurs.

POLITHÉISME. ( le ) Tous les grands fléaux nous viennent de la part des élémens ; aussi les élémens ont-ils été les Dieux des plus anciennes nations connues.

Examen des Religions , pag. 32.

N. B. D'où il résulte que le Polithéisme n'est encore que le système des matérialistes , mis à la portée du commun des hommes,

POLITIEN , ( Ange ) Toscan de nation.

Voëtius demande si Politien ne doit pas être suspect d'un neutralisme lucianique, ou d'épicuréisme. Disput, théolog.

Quelques-uns ont écrit que Politien professait l'athéisme en cachette , avec Marcile Ficin et Dominas Calderin.

Pierre de S. Romuald , Feuillant, chronol. lom. II, pag. 262, année 1509.

Cela n'empêchait point qu'il ne récitât son

bréviaire. Il n'est pas le premier ni le seul qui ait fait de ces sortes de sacrifices à l'cpinion bannaîe. îsous avons vu plus haut un savant incrédule , porter toujours avec lui un chapelet.

POLITIQUES , espèce d'Athées parmi les philosophes anciens , et particulièrement dans l'école italique y ainsi désignés, parce qu'ils étaient d'avis de laisser aux peuples grossiers l'imposante chimère d'un Dieu: la croyance divine leur paraissant un préjugé r ^ressaire à. la police des villes.

Athcismi practici duœ classes .... eorum posterior est qui ad status ralionem cuncta jrjerunt et pseudo politicorum nomine appellantur. Illius patroni exstitere Aristippu? Cirenaicus , epicuri seclalores , aliique.

Hujus posterais Atheismi practici classis f.dtrociniLim prœier alios in se suscepit ma~ chiavellus ... •

Dissertatio politica , malum Atheismi in rep ublica ; A rn oldus A s plu nd . Sto ck— holinensis , alumnus regius* Upsaliœ

M. DCC. LUX. Z7i-4°.

N. B. D'après ces principes éventuels et de circonstance , l'opinion continuera d'être lu reine du

monde , et ne manquera pas (Je flatteurs à sa cour brillante. La vérité, sans asyle , restera dans son trou à se morfondre avec quelques amis ridelles , niais découragés.

POLYBE , l'historien.

,Te suis persuadé que tout ce qu'on appelait religion à Piome , n'avait été institué que pour la populace ; car si l'on pouvait supposer une société formée de sages , ces sortes de systèmes seraient peu nécessaires.

Lw. FI.

.... La malice des hommes oblige les eenç sages et les politiques, à se servir habilement des craintes imaginaires qu'inspire la religion .... Liv. Fï 9 vers la fin.

En dépit du savant Casaubon , nous ré-* clamons avec Eoclin P le sage Polybe dans lMlustre troupeau .des hommes sans Dieu.

POLYPHEMUS. Ce très-ancien philosophe , pour faire sentir le ridicule de l'exis^ tence divine , disait que le ventre est le plus grand de tous les Dieux ; les hommes ne travaillent , n'agissent que pour lui , ne sacrifient qu'à lui.

Voyez le il lé dire tV Euripide.

Et les prêtres du paganisme , pour m

venger , travestirent le sage PoJypheme en cyclope difforme.

POMPONACE , ( P. ) philosophe.

Son livre de l'immortalité de l'ame l'exposa a des soupçons d'impiété. II y conclud que n'y ayant aucune raison qui prouve démonstrativement , ou que l'ame soit mortelle ou qu'elle ne le soit pas , on doit regarder cette question comme un problême. Ce traité fut condamné au feu par les Vénitiens. Theoph. Rainaud.

Le jurisconsulte Godeïman , a soutenu que Pomponace faisait des leçons publiques , contre l'immortalité de l'ame.

P. Pomponatius philosophus , êpicureis* mi defensor.... scripsit de Jato. De Magis,

C'est-à-dire : ce philosophe , défenseur de l'épicuréisme , a écrit sur le destin.

On est accoutumé à regarder Pomponace , comme un impie et un Athée. Nicéron.

N. B. Nous sommes parfaitement de l'avis de fous les philosophes • nous rangeons parmi les Athées , tous les penseurs qui ne digèrent pas l'immortalité de l'ame.

^Atheum est îmmortalitatem animœ non conservant Suidas , lex. tom. I , p. io&.

Pomponace se composa une épitaphe, digne de sa réputation irréligieuse.

POMPONIUS Lœtus. ( Jul.) Ce savant calabroîs vécut à Rome en philosophe , suspect d'impiété et d'athéisme. Il mourut , dit-on , en bon chrétien. Mais , on ajoute que ce fut à l'hôpital , étant trop pauvre pour se faire traiter chez lui de la maladie qui l'emporta.

N. B. Or , on sait que dans la plupart des hospices , en France et ailleurs , il fallait , en entrant , donner quelque signe de religion , pour n'y être point traité comme un chien.

POMPON LUS , (T.) Romain distingué, était philosophe épicurien.

Voyez Cicéron , de Finibus boni, y, I.

PONTANUS. ( Jov. ) Son épitaphe , composée par lui-même r n'annonce pas un poète bien religieux :

Servire superbis dominis , Ferre jugum superstitionis t Condimenta vitoe sunt.

En voici à-peu-près le sens :

Depuis la naissance à la mort ,

Servir d'insolens maîtres ,

Porter le joug des prêtres ,

De l'homme , hélas ! tel est le sort,

PONTOPPIDAN, vice -chancelier de l'université de Coppenhague , auteur du livre : la Force de la vérité pour couvain-* cre les Alliées .... îfê&.

On trouve dans cet ouvrage la nomenclature des incrédules qui ont lâché pied , en sortant de la vie 5 tels que Junius , le mylord Rochester , le comte Passeiïni. .. .

Nous avons déjà montré que cela ne prouve rien.

POPE. ( Alex. ) Ce poète , philosophe anglais 7 définit l'univers , un Tout surprenant, dont la Nature est le corps , et dont Dieu est l'ame. Essai sur V homme , p. 22.

C'est le Dieu de Spinosa , dit Pinault , dans sa nouvelle Philos, dévoilée , pag. i5 ,

La Nature n'admet aucun droit divin.

Essai sur l'homme.

Il a été accusé de vouloir établir ians son Essai sur l'homme la fatalité de Spinosa.

Il est bien difficile à quiconque a lu les ouvrages, et connu les amis de Pope , de n'avoir pas quelques doutes sur ses sentimens religieux.

PORPHYRE. Ce philosophe Tyrien met

de

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