PROTAGORAS
Si Deus est , unde mala ?
Oest-à-dire : . . . Pourquoi du mal , s9 il çst un Dieu ?
Protagore composa exprès un livre pour combattre l'immortalité de l'ame.
Selon ce philosophe grec , l'aine ne diffère point des sens.
Diog. Laërt.
Il osa attaquer la divinité , et nia l'existence d'un être suprême, ou du moins la mit en problême. Diction, histor.
PROTAGORE. Les Athéniens ont chassé de leur pays un certain Protagoras, qui disputait de la divinité , plutôt en philosophe qu'en prophane , et ont bruslé ses escrits en pleine assemblée.
Minutius Félix, trad. par d* Ablancourt.
Protagoras écrivit un livre de la Nature des Dieux , qui lui mérita le nom à1 impie , et qui commençait par ces mots :
« Je ne sais s'il y a des Dieux ; la pro- » fondeur de cette recherche , jointe à la » brièveté de la vie , m'ont condamné à » l'ignorer toujours ».
Diderot, d'après Diogene Laert.
Les magistrats d'Athènes donnèrent le mauvais exemple de condamner le livre de
Protagore à être brûlé , et son auteur à être banni.
PROVERBE grec.
Je tiens pour Dieu tout ce qui me nourrit.
PROVIDENCE. Les anciens, plus éclairés que leurs neveux , disaient : la Providence de la Nature. Us ne faisaient point le pléonasme de dire la providence de Dieu : â moins que par Dieu , on n'entende la Nature; dans ce cas , les anciens et les modernes se donneraient la main.
PRUDENS. (les)Bayle a désigné sous ce nom , une association paisible et secrète de penseurs libres , mais cachant sous leurs manteaux le flambeau de la vérité , dans la crainte qu'il ne s'éteigne au milieu des orages de la politique. L'Allemagne et plusieurs autres contrées de l'Europe fourmil* lent , dit-on , de ces sages que la malveillance religieuse ne saurait atteindre ; ces philosophes ont été assez fidèlement peints dans ces vers : Fragment CXXIX.
Tant que le genre humain , diyisé par troupeaux. Sous le uom de la loi , supportera des maîtres' Tant qu'il réclamera le Dieu de ses ancêtres: Toujours euveloppés de leurs doubles manteaux, hesSages prudemment } loin des charges publiques,
37a PRU
Se livreront entr'eux aux paisibles travaux; Versant, à dose égale, en leurs jeux domestiques» . La honte, le mépris, les sarcasmes cuisans, Et sur les gouvernés , et sur les gouvernans.
Page 167 , du Lucrèce français , par Sylvain .. •
PRUDENTIUS , ( Aur. ) Clémens.
L'orthodoxie n'est pas toujours ménagée clans ses poësies.Ilcrut que l'ame de l'homme Cet corporelle 5 ce qui mène droit au spinosisme , sans que beaucoup de gens s'en doutent. Quand on meurt, dit-il, Humus excipit arida corpus ; u/dnimœ rapit aura liquorem.
Hymn ....
Tonameestun peu d*air, ton corps un peu de cendre» Le Lucrèce français.
Le savant Leclerc observe qu'un épicu~ rien ne saurait mieux s'exprimer q ue Prudence. Prudence pourrait passer pour l'a* bréviateur de Lucrèce.
PUBLICISTE , ( l'auteur du ) journal français.
.... A moins de vouloir détruire la religion , il ne faut jamais en faire l'objet d'une discussion publique.
ai Frim. FUI, iz Dec. 1799.
JV. B. Le prudent journaliste craint - il que Dieu , comme un phantome , ne s'évanouisse au flambeau du raisonnement 1 Dieu ne peut-il supporter le scalpel de la raison ?
PUCCIUS , ( Fr. ) Florentin , brûlé à Rome , principalement pour avoir soutenu que les honnêtes gens seroient sauvés, même dans le ^paganisme , et hors de toute religion.
François Pucci a été accusé d'athéisme.
PYRRHON , le chef des philosophes sceptiques.
Le doute est le commencement de la sagesse.
Pyrrhon , contemporain d'Epicure , fut apprécié de ses compatriotes. A sa considération , ils affranchirent les philosophes de tout impôt.
N. B. Ces exemples de déférence accordée à la philosophie , sont assez rares pour être cités.
PYRRHONISME, (le) suivant lequel d'anciens philosophes ont cru que , pour trouver la vérité , il fallait commencer par douter; ce principe que la paresse ou la crainte avait endormi dans les siècles passés , s'est réveillé de nos jours »et encou-
par la liberté de penser et dire tout ce que 1 on pense , est pour ainsi-dire devenu un principe général , au moyen duquel on se flatte de n'être plus, comme autrefois , la dupe des opinions vulgaires .... JSote XI F, p. 2o5 , essai sur le secte des Illumines , z/2-80. 1789.
PYTHAGOR E , philosophe et
législateur*
Saint Epiphane attribue à Pythagore ce gentiment .... que Dieu est une nature corporelle , organique , Dieu n'étant autre chose que le ciel , et se servant du soleil et de la lune comme de deux 3-eux , et ainsi des autres parties du firmament.
Pythagore enseignait en secret sa doctrine intérieure d'athéisme , après de longues expériences.
Notes manuscrites de Lalande.
Il serait aisé de prouver , par les écrits des pythagoriciens , que Pythagore érigait la matière en principe éternel.
L'a. Foucher , mém. Acad. inscript.
PYTHAGOR AS.
Pylhagoras magno labore summa imaque perscrutalus exiremum naturam Deuni esse
autumat adstruîtqiie omnia Jbrluito fieri . . . .
Ex Thecphilo An tien lieno.
C'est-à-dire : après maintes recherches, longues et laborieuses , Pythagore vint à se décider pour la Nature-Dieu .... etc.
Et quidem Pytliagoras Deum vocabat animationetn uniuersi.
La Cerda, in Virg. georg. IV.
Tous les Dieux se réduisent à Pame universelle. Le monde est l'être des êtres. Où est l'indiscrétiou de publier cette grande vérité , fille de la méditation ?
Pythagore a cru que la matière a une ame. Chaicidius*
Selon Pythagore , le Dieu du philosophe ne se trouve point dans les temples du peuple. Son Dieu est par-tout , en lui , hors de lui : il le voit , le jour, dans tout ce que le soleil éclaire ; la nuit , il le voit flans chacun des points lumineux de l'Ether» Les yeux fermés , il le voit encore. Le Dieu du philosophe est la pensée sublime éclose de son cerveau , le sentiment généreux qui jaillit de son ame. Le Dieu du philosophe est tout ce qui est beau , tout ce qui est bon ....
Dieu est le mot le plus plein de choses % car Dieu est tout.
Dieu est seul , car il ne peut y avoir qu'un Tout.
Le sage se tait sur Dieu , et se contente de tracer , sur le sable, l'Unité. Voilà son Dieu ....
Dieu , en se multipliant par lui-même , devient tout.
Veus meus et omnia.
Phythagoras , Steph.
Rhoderici, p. 122.
Pythagore a combattu l'opinion des spi— ritualistes > qui avaient séparé la divinité du monde lni-même , et qui , par une abstraction de l'esprit > la faisaient exister hors du monde.
Dieu est un , selon Pythagore , ce père de la philosophie ancienne. Dieu est une substance unique , dont toutes les parties continues s'étendent dans tout l'univers , comme l'ame dans le corps humain ....
Collius trouve , (ch. 24) , dans l'un des préceptes de ce philosophe , la défense absolue de prier Dieu.
ecce vir,.
PYTHAGORICIENS, (les) furent persécutés par le peuple de Crotone comme Athées , c'est-à-dire , comme des philosophes qui prétendaient n'y avoir d'autre Dieu que le sage.
Ils reconnaissaient un Dieu 5 non point hors du inonde, mais dans le monde: doctrine louée de saint-Justin, martyr . . . . De u s ipse totus in toto . . . .
Deslandes, hist, cr. de la philos, tom. II ^ page 59.
Py thagoras a faict Dieu un esprit espandu par la nature de toutes choses , d'où nos ame$ sont déprinses.
Montaigne , Essais II , in-12.
Pythagore adombre la vérité de plus près, jugeant que Dieu .... n'estait autre chose que l'extrême effort de notre imagination vers la perfection , chacun en amplifiant l'idée , selon sa capacité. Idem , Eod. loco.
N. B. Ce passage du philosophe périgourdin est considérable,
PYTHAGORICIENS , . . . PYTHA- GORIENS. Lucien , ( invit. auct. ) , leur fait dire que Dieu n'est autre chose qu'un nombre, et une harmonie.
N. B. C'est une belle et grande idée , de ne rc" connaître d'autre Dieu que le bon accord qui règn« entre toutes les parties de l'univers , et q ui devrait régner de même parmi les hommes.
Et Pj'tliagore prêchait d'exemple dans son école ,'au milieu de ses élèves. Leur religion élait l'étroit lien d'une amitié qu'ils portaient jusqu'aux prodiges de /'enthousiasme ; jamais ils ne quittaient leurs fbyers , pour aller sacrifier dans les temples 3 sur les trépieds populaires : l'amitié , qu'ils appelaient la sainte harmonie des âmes 3 était pour eux la seule chose divine.
QtJESNAY, ( le docteur ) médecin , fils d'un laboureur.
Relisez attentivement le troisième volume de son excellent ouvrage sur Y Economie animale. Ce que l'auteur y discute sur la nature de l'ame , décèle un matérialiste , obligé d'écrire avec approbation et privilège du roi.
QUESNEL , ( Pasq. ) théologien de Paris. Hardouin se répand en reproches virulens contre lui.
Quid enini scelestius , quam verum numen emundo tôlière .... ?
Quelle plu3 grande scélératesse que celle de détruire Dieu , pour lui substituer des idées abstraites , telles que la vérité , la lumière incréée , etc.
Ab uno omnia , deducta principio , scilicet ab Atheismo .
Quesnel a tout déduit d'un seul principe ; et ce principe est l'athéisme. . .
QUINTUS-CURTIUS , ( R ) l'historien d'Alexandre.
Equidem œternâ constitutione credideritn nexuque causarum latentium , et multo anie destinatarum suum quemque ordinem imsnutobili lege percurrere. V. II*
38o QUI
« Je crois, pour moi , qu'il y a une éter- » nelle providence , qui gouverne l'univers: » et que par de secrètes liaisons , et un » enchaînement de causes inconnues , mais » déterminées de tout temps , chaque chose » marche en son rang , et achève le cours » de sa destinée. — »
iV. B. Et voilà comme on traduit. Malheur a' ceux qui jugent des originaux d'après les copies \ Vaugelas appelé providence ce que Quinte - Curce , et tous les stoïciens , et même toute l'antiquité , désignaient sous l'expressiou de fatum , constitutio œterna fati.
Vaugelas a rendu plus exactement fatum , cujus inevitabilis sors est. X. L. 3o.
« Le destin, dont la force est inévitable ^.
QUINTIN , artisan , devenu chef et martyr d'opinion. Il fut brûlé à Tournai , Pan i53o , pour avoir publié que Dieu est l'ame du monde , qu'il n'y a pas de choix parmi les religions , que l'Evangile est un livre supposé. . . etc.
H A B 38i Rabbins, (les)
Qui non erubescic propicr seijpsum , non erubcscet proptéï Deum.
Florilegium Rabbinicum. Sententia , 649.
C'est-à- dire : celui qui ne rougit pas à ses propres yeux , ne rougira point devant un Dieu.
Autre maxime des mêmes, qui sent le spinbsisme.
Sapiens quidam dicebat : Deus êst in— îra omnia. 964.
C'est-à-dire : un sage disait : Dieu est dans tout.
RABELAIS , (Fr.) le curé de Meudon.
-Foyez ses livres , sa vie et sa mort.
Je vais chercher un grand peut - être , dit-il en expirant.
Rabelais , pernicieux écrivain .... qui anéantit le sentiment de religion.
Garasse.
Philosophe ivre , a-t'on dit.
RACETEGAL, d'Alcmar, fut chassé de la Haye , comme impie proférant des blasphèmes contre Dieu. Sjnzelius.
Le P. Théophile Ray nauci, prétend que ce Rachtegal ou Nachtegal , fut persécuté
pour avoir imprimé , en 1614 ou i5, le Traité des irais Imposteurs.
RACINE, ( Louis ) fis de Racine , le tragique; il esL échappé à l'auteur du poëme de la Reii^'on , un aveu qui semble lui
mériter une place ici :
A la religion ^i j ose résister ,
C'est la raisen du moins que je dois écouter.
Ch. 777e.
N. B- Si l'on épluchait civec quelqu'attentio» le* j->o^te= le> plus orthodoxe?, on les surprendrait dan* de lourdes contradictions. La nature des cho-e- e-t pins Forte qâe celle des convenances. Katuram expellis furcâ .... Korat.
RAIMûkp de Saim-Mard.
Nous sommes d'étranges animaux. TCes tous avec un fond de religion , nous ne laissons pas , malgré cela , d'être un peu impies ; et ce fond d'impiété que la religion endort quelquefois , se reveille toujours chez nous avec plaisir.
Réflexions sur l'ode , Initib.
RAMA. Dernières paroles que le philosophe Rama , nommé Thic-Ca au Tunquin , auteur de la ridicule religion des Tunquinois, adressa à ses disciples ;