‹ Dictionnaire des cardinauxChapitre 174 sur 350 · NIG · texte numérisé non relu

NIG

MC

liM

en février 1288, après on interrègne de dix sioÎ!«. Il esl le premier de son ordre qui soit parfena à la papauté. L'inscription placée sur son lorobeati^ h Sainte-Marie Majeure de Rome, pi«r les soins d*un religrcux de son ordre, frère Félix Peretti, depuis cardinal de Montalte, et Pape sous le nom de Sixte V, apprend que ce Pontife était philosophe et théologien; que Grégoire X I avait envoyé è Constantinople et en Tartarie, pour travailler è la réunion des Grecs et a la conversion des inGdèies ; qu'il fut général de son ordre après saint Bonaventure, créé cardinal par Nicolas III, et chargé par ce Pontife, et par Honorius lY, de diverses légations. (Voy. le Diel. des Papes,)

NICOLAS V, THOMAS PAIVENTDCELLI ou DE SARZANE, et cardinal de SAINTE- SUZANNE, fui élu malf^ré son humble résistance, après Eugène IV, le 6 mars ikVI, et couronné le 19 suivant. — Il prit le nom de Nicolas, en souvenir du cardinal Albergati, son bienfaiteur et son ami. (F«y. le Dicl. du Papes.)

NICOLAS, antipape, appelé Pibrrb db CORBERIA, parce qu*il était né h Corberi<i, dans l'Abruzze, portait l'habit de Saint-François. — De son temps, Louis de Bavière, pei des Romains, et Frédéric d*Aulricho avaient été élus empereurs en concurrence. Le Pape Jean XXII ne fut pas favorable à Louis, qui, pour s*en venger, se rendit matlre de Rome, et y déclara Pape Pierre de Corberia, sous le nom de Nicolas V, le 12 mai 1324. Michel de Cesenne, général des Cordiy^liers, elles principaux de son ordre, peu satisfaits du Pape, s étaient attachés à l'em-

Ciereur, et ils approuvèrent cette élection. Is revêlirenlle frère Pierre dos habits pontJBcaux, ri>ntroduisircBl dans l'église de Saint-Pierre, le portèrent b créer des cardinaux, à se faire des ofliciers, et môme è excommunier le véritable Pontife qui était à Avignon. Celle cour schismalique fut obligée de sortir de Rome le k août de la mèmu année» parce que les habilants ouvrirent leurs portes au légat que Jean XXII envoyait, accompagné des troupes de Robert, roi de Nnples. Retirée à Pise, elle n'y resta pas longtemps ; car la crainte du châtiment dissipa celte cabale, et obligea les Pisans à se soumettre au Pontife, et à lui livrer l'intrus. On dit même que c'est lui qui demanda à être conduit à Jean XXII. Arrivé devant ce P6nli«ro, il avoua sa faute, demanda son luirdon, et roblini. Le Pape ne voulut pas néanmoins le rmvoyer, de peur que quelque prince méconlent ne se servit encore de lui pour IrouWer la paix. On le logea dans un appartement du palais, avec défense d'en sortir; on lui donna des livres, avec tout ce

3^]j peuvail adoucir sa Cuptivilé» Il mourut eux ou trois ans après.

NICOLA& D£ CDSA, ainsi appelé d'un village du diocèse deTrèves» sur la Hoseller où il naquit en It^Ol, était Qls d'un pauvre t^atelier, nommé Jean Cr^bs. —Echappé de la maison paternelle, où il était maltraité, tai recuelli par.l^ çomtfi dt^^M^VÇlr^'JiPbvidt

qui, lui reconnaissant d'heureuses dispositions, l'envoya étudier à Deventer. Il j fut instruit par des chanoines réguliers dont le couvent était voisin de la ville, et j avança d'un pas égal dans les sciences et dans la vertu. Il visita ensuite les plus fameuses universités de rAllemagne, commençant pa:> celle de Deventer môme, passa en Italie, et« âgé de 23 ans, se fit recevoir à Padoue docteur en droit canonique. Outre la langue latine, qui lui était familière, il apprit encore le grec et Thébreu. Par la force de son génie, il s'éleva au-dessus de la philosophie qui régnait de son temps, et ressuscita en quelque sorte les mathématiques qui semblaient ensevelies dans l'oubli le plus profond* Il parvint aussi h une connaissance fort étendue de l'histoire ecclésiasli(]ue, el possédait l'Ecriture mieux qu'aucun de ses contemporains. Les uns en ont fait un Do^ minicain, d'autres, avec plus de raison, un chanoine régulier. Ce qu'on sait, c*est qu'il fut d'abord doyen de Sainl-Florin à Coblentz, puis archidiacre de Liège ; et il était revêtu de cette dernière qualité, quand il assista au concile de Râle, en U31.

Cusa entra d*abord dans les opinions do ceux des membres du concile qui étaient opposés au Pape Eugène; il leur adressa même uu ouvrage intitulé : De concordia catholica^ où il soutenait tous les principes énoncés depuis dans la déclaration du clergé français de 1G82. Habile maihémalicien, il avait formé le projet de réformer le calendrier; il démontrait aux Pères du concile lu nécessité de corriger celui qui était en usage, et indiquait les moyens d*arrivpr à celle réformalion. Mais les grandes affaires qui s'agitaient à Râle, la division qui régnait entre le concile et le Pape, empêchèrent de donner à son projet toute l'allenlion qu'il méritait. Quoique Cusa eût toujours été un des plus grands défenseurs de l'autorité du (*.oncile, même sur le Pape, Eugène IV ne laissa pas de renvoyer è Constantinople avec l'archevêque de Tarentaise, pour lâcher d'arriver à la réunion des deux Eglises; et, èi la suite de sa négociation, Jean Paléologue^ empereur d'Orient, son frère DéïLélrius, le patriarche et soiianle-dix évêques se rendirent en Italie pour traiter de cette réunion. Ce succès engagea le Pontife à députer de nouveau Cusa à une assemblée que tenaient è Nuremberg les princes d'Allemagne, les ambassadeurs de France el d'Espagne, el où il fut décidé que tous ces princes garderaient la neulralilé entre les deux Papes Eugène IV et Félix. Il se trouva aussi à la diète de Francfort, réunie pour le même objet, et à plusieurs autres assemblées. Dans les intervalles de ces diflCérentes réunions, Cusa» toujours revêtu du caractère de légal, tra« vailla avec succès à. rétablir la discipline monastique dans plusieurs maisons reÛ- Rieuses, faisant aux moines des discours edihanls sur les devoirs de leur vocation. Il composa même pour eux des traités de spiritualité. Après la mort d'Eugèue IV» Cusa se retira dans son orcbidiacooé de

NIC

DES CARMNAIJX.

NIC

liM

Liégo, où il fit an commentaire sur le cornfneneement de la Genête. £n ikhS^ le Pape Nicolas Vy rendant justice an mérite de ce savant, le créa cardinal-prêtre du titr^ de Saint-Pierre aux Liens, et lui envoya une traduction dTuclide, qu*i] avait Tait faire sur le grec. Cusa adressa au Pontife un livre de géométrie, dans lequel il se proposait de chercher la quadrature du cercle. Cependant l'évêché de firixen, dans le Tyrol, était devenu vacant : le chapitre choisit Léonard Corsmer, chancelier de Sigismond, archiduc d^Autricbe et comte de Tyrol ; mais comme il se trouva quelque irrégularité dans Télection, le Pape crut ôtre en droit de donner ce siège à Cusa, qui y fut maintenu malgré les chanoines et Sigismond lui-môme, qui prit leur défense. Le cardinal Cusa assista, en 1^50, a^jx cérémonies de Touverture du Jubilé à Rome, et le Pape Tenvoya, en qua-^ lité de légat a latere^ auprès des princes d'Allemagne, pour les porter à faire la paix entre eux et à tourner leurs armes contre Mahomet 11 qui menaçait de plus en plus la chrétienté. Il fut aussi chargé <ie faire pu* biier en ce pays les indulgences du Jubilé, et de travailler b réformer les abus parmi les fidèles comme parmi les religieux. Le cardinal montra, dans sa légation, une piété et un désintéressement exemplaires. Rien n'était plus simple que sa suite. 11 était monté sur une roule; son domestique était très-peu nombreux ; mais il avait avec lui des hommes d'une capacité et d'une vertu éprouvées, entre autres, Denis le Chartreux, connu par sa piété et par ses écrits. Ou sortait en foule pour recevoir le légat; les princes et les prélats allaient au-devant de lui par honneur; au milieu de ces ovations, le cardinal n'en était ni moins modeste, ni moins, humble. Il défendit aux confesseurs de recevoir, sous aucun prétexte, de L'argent de ceux qu'ils confesseraient pour le Jubilé, et aux péniients de leur rien donner, déclarant nulle la confession de ceux qui désobéiraient h cet ordre. 11 ne voulut pas non piuÉ qu'on taxAt personne pour la guerre contre les Turcs, se contentant d'exhorter chacun à y contribuer, selon ses moyens et sa dévotion. Lui-môme refusa de prendre les frais de sa légation sur les sommes qui furent recueillies, refusa tous les présents qui lui furent offerts, et voulut que tous ceux de sa suite Timitassent dans ce noble désintéressement. Dans les mona^tères oik il descendait, il prêchait, assistait aux OflUces et aux autres exercices de la communauté, et faisait de sages ordonnances pour le rétablissement de la discipline. En visitant le diocèse de Trêves, le cardinal donna, dans sa patrie, de grands exemples de vertu, surtout d'humilité chrétienne et de libéralité. Il fonda un hôpital & Cusa, et è De- Tenter un séminaire pour faire élever dans la piété et dans les lettres vingt écoliers

Eauvres. Conslantinople ayant été prise par lahomet II en 1(^5**1, le cardinal Cusa fit de nouveaux efforts |>our réunir les princes chrétiens contre les Turcs. H écrivit à plu-

sieurs de ces princes, et composa un livre intitulé ! ^e /a paix qui devrait régner entré ceux qui ont une même foi. Calixle III, successeur de Nicolas V, l'envoya de nouveau comme légat en Allemagne. En retournant è Rome, le légat voulut imposer des réformes dans un monastère; l'archiduc Sigiemond s'y opposa et prit le parti des moines: la dispute fut vive, et l'archiduc se déclara violemment contre le légat. Pie II étant monté sur le siège pontifical après Calixte, Cusa lui offrit une réfutation du Coran, qu'il avait composée afin de prémunir contre le mahométisme les Chrétiens ({ui venaient de tomber sous la domination turque; ce Pontife le députa encore en Allemagne pour v défendre les droits du Saint-Siège contre les princes séculiers. A son retour, il le Ot légat à Rome môme et gouverneur de cette ville pendant son absence; il mit tout en oeuvre auprès de Sigismond pour le réconcilier avec ce prince. Sigismond (il de belles promesses; mais le cardinal eut h peine mis le piedttans son diocèse, que Tarchiduc W. fil enleviir par des gens armés et jeter en prisQiiiVi)ès ce moment, le service divin cessa dtMl^:{|res(4ue tout le diocèse : le Pontî^e ^MM^thunia Sigismomi, qui enfin relâchrfJJCTirdinal à des conditions injustes f't trMHrures. Rendu è lu liberié, le cardinal Cusa se retira h Todi en Ombrie, où il termina su laborieuse existence peu do temps après, le 11 août 1^6^, à Tâge de 63 ans. Sou corps fut inhumé à Rome dans l'église de Saint-Pierre es Liens, qui était son litre, et son cœur transporté au lieu de sa naissance. Son savoir embrassait toutes les connaissances de son temps; sur plusieurs points il était supérieur à ses coqtemporains, et il entrevit plusieurs des grandes découvertes qui sont venues après lui. Il voulut réformer le calendrier, conçut l'idée du vrai système du monde , idée

f poursuivie avec succès par les Copernic, es Kepler et les Galilée. Ses ouvrages sont nombreux; les uns sont lions, les autres médiocres; d*autres singuliers et hasardés. Tous ses ouvrages ont élé recueillis et im- |)rimés en 3 vol. in-fol. Bâle, 1565. Voir.i les titres de quelques-uns : De visione Dei; Dé pace fidei; Reparalio caUndarii; De malhe^ maticis complementa : Cribratio Alcorani; De variatione sapienliœ; De ludo gtobi; De mathematica ptrfectione contra Bohemot; De quœrendo Oeuin; De apice theoriœ: De docta xgnorantia; Deconieeturis; DefiUalione Dei; Dé quadratura circuli; De forluna; Sermones per tolum annum; Epistolœad dicersoe; Decon* cordantia catholica; Dialogue de Deo abscon^ dito; Exercitationum libri decem; Correctia tabularum Alphonti; De trammutalionibut geometrieit ; De ariihmeticis complément lis: Complementum theologicum; Apologia doclœ ignorantiœ; De œquiiate; Direclorium speculanlis; De figura mundi; De œquulilaiei fnquisitio veri el boni; 2'abutœ Perticm in IcUinum ex Grœco reductœ; De modo haOili'» tandi ingenium ad discunum in dubiis; De noviiiimo die; De una curvi rccliftic 'mcn-

fM7

Page 1