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DICTIONNAIRfi

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URBAIN VII (Jean-Baptiste CASTAGNA) fut élevé è Ia papauté le 15 septembre 1590. D*abord professeur en droit civil et en droit canonique, il avait été distingué de bonne heure, et envoyé comme nonce en Allemagne et en Espagne, où il s'était concilié TalTection du roi Philippe II. Il était cardinal du titre do Snint-Marcel qunnd il succéda à Sixte V. (Voy. le Diet. dti Papes.)

URBAIN Vm (MAFFEO-BiBBERrai), d'une ancienne et illustre maison de FlorencOt où elle avait occupé des emplois considérables, succéda è Grégoire XV le 6 août 1633. — Il était Agé de 55 ans. Fait prélat dès Ykw de 19 anst il fut nommé référendaire par Sixte V » et pourvu , par Clément Vin , du gouvernement de Fano, h TAge do SA ans. Depuis prolonotaire apostolique* archevêque de Nazareth, il avait été« en 1606, élevé par Paul V à la dignité lie cardinal. On le chargea de dresser l'acte de prise de possession de Ferrare, et celui de mariage de Philippe III « roi d'Espagne, avec la reine Mar- (guérite. Il assista le cardinal Ludoviaio dans a négociation des limites et de la juridic* tion du comté de Bénévent. Clément VHI l'avait envoyé nonce en France pour complimenter Henri IV sur la naissance du dauphin , depuis Louis Xlil ; Barberini fut ensuite nonce ordinaire dans ce royaume. On le nomma ensuite légat à Bologne, évèque de Sp«3lètc, protecteur des Ecossais à Rome, préfet de \^ signature dn Pape , et l'un des cardinaux de la congrégation de la propa-

fande. Couronné le jour de Saint*Michel , 9 septembre, il réalisa les espérances qu'avaient fait concevoir %^ antécédents. Les abeilles, qu'il po.rtait dans ses armoiries, donnèrent occasion au dialogue exprimé par les deux distiq^jes suivants :

Gallis melh dabuni, Hlspanis spîcnla Agent.

Spicula si figaiit, emorleiitur apes.

JUella dabumcuDCliSiiiullis sua spicula figeiil,

Spicuta iiam princeps figerc iicscil aputn.

Le miel $era pour tes Françalt, les piqûres \iour les Kspaanols, Les abeilles menrenl après avoir piqué. Elles donneront du miel à tous et ne piqueront personne. Le roi des abeilles ne pique point.

{Voy. le Diet. des Papes.)

URBAIN DE MORFA DE BAIS, Allemand, évéqne d'Uirecht, fut créé cardinal, en lUO, par rantipape Félix V, qui, de 1^39 à 1U7, créa vingt-six cardinaux.

DRRIAS fCHAnLES de), Espagnol, créé, en U09, par l'antipape Benoit XIII, diacrecardinal du litre de Saint-Georges in Yelabrof mourut en U20.

URSINS ou ORSlNt (Utagin thb des), créé, en 1144, par Célesiin II , diacre-cari:::?! du litre de Sainte-Marie m Cosmedirif fut Pape sous le nom de Cél^slin UI. -— Voy. ce nom.

URSINS (Jourdain des), Romain, nommé,

en 1143, par le Pape Eugène III, prétrecardinal du titre do Sainte-Susanne , puis légat en Allemagne, mourut en 1165.

URSINS (PiBERB des), Romain, créé cardinal , en 1180 , par lu Pape Alexandre Dl , mourut en 1181.

URSINS (BoBON des), Romain, nommé par le Pape Luce III, en 1182, diacre-cardinnl du titre de Saint-Ange , puis prêtre du titra deSainte-Anastasie, fut évèque de Porlo^

URSINS (François*- Napoléon des), Ra-^ main , créé , en 1295 « par le Pape Boniface VIII, diacre-cardinal du titre de Sainte- Lucie m Silice^ mourut en 1343.

URSINS (Jban-Cajetan dbs)« Romain, créé,* en 1316, par le Pape Jean XXII, diacre*^ èardinal du titre de Saint-Théodore, légat à Florence, mourut en 1339.

URSINS (MATTmBU des), Romain, théolo-

Sien de Tordre des Frères prêcheurs, évèquo e Girgenti , puis archevêque de Manfredonia, fait par le Pape Jean xXIl, en 1327 ,

Srètfe-cardinal du titre de Saint- Jean et dû aint-PÂuJ, mourut en 1341.

URSINS (Ratnaud des), Romain , fait, en 1350, par le Pape Clément VI, diacre-cardi^ nal du titre de Saint-Adrien , mourut en

URSINS ( PoNGÈ DBS ) , Romain i étèqiie d'A versa, céé en 1378, par le Pape Urbain Vi , prètre-cardinal du titre de Saint- Clément, mourut en 1395.

URSINS (Thomas des) , créé par le Pape Urbain VI, en 1381, diacre-cardinal du titre de Sainte-Marie in Dominiea^ mourut en

URSINS ( Raymond des Baux des ) , Romain, fut nommé diacre*cardiual par le Pape Urbain VI en 1385.

URSINS (CAme de MÉLiORATis des), Romain, créé, en U80, par le Pape Sixte IV, prêtre- cardinal du titre de Saint-Néréo et Saint-Acinilée« était archevêque de Trani ; il mourut en 1481. — Pour les autres membres de celte famille, Foy. Orsini.

UIISWICUS (Christophe), appelé aussi Christophe Brambridge, Anglais, docteur en droit, fut en butte , aiusi que Jean Morton , archevêque d*York, à do grandes persécutions, pendant que Richard III régnait err Angleterre. — Henri VII étant monté sur le trône, le Gt son aumônier, le nomma ambassadeur auprès des premières puissances de l'Europe, et lui donna l'archevêché d'York. Le Pape Alexandre VI le choisit pour son trésorier en Angleterre , cl le Pape Jules II le créa cardinal-prêtre du titre de Sainte- Fraxède en mars 1511. Urswicus, empoisonné par un Italien, qui était son valet de chambre ou son chapeltiin , mourut è^Rome le 30 juin 1514, sous le Pape Léon X, et sous Benri VUI , roi d'Angleterre. Tous ses ouvrages ont été perdus.

VALRNS (EaiiiNiuf ) , né en Ombrie , créé, cardinal du titre de Sainte-llarie au delè du eu 1604, par le Pape Clément VIII , prêtre- Tibre, évêque de Faenza , mourut en 1618.

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VALENTIN , Hongrois, évoque de Cinq- K^lMes» créé pnr lo P<ipe Urbain VI» en 1379, prélre^canJînal do tilre de Sainte-Sabine , monrnt en H10.

VALENTIN (Louis) . né à Trévi en 1095 , évêmie de Rimini» fut fait cardinal en 1759» par Clénnent XDI ; il mourut en 1763.

VALKRIANO. — Voy, Pibrrb.

VALERIO ou VALIERO (Augustin) , né à Venise» d'une des familles les i>lns considérables de celle ville, le 7 avril 1531 » commença ses études dans sa patrie, et les con« tinua è Padoue» où il se rendit è TAgo de 16 ans. — Il y étudia les belles-lettres sous I^zare Bonamico » et la philosophie sous Bassiano Lando et Marc-Antoine Genua. Il n*avail que 20 ans lorsqu'il com|io5ia Torai* son funèbre de son mnttre Bonamico. Comme il se destinait à l'K^lise , il étudia aussi en théologie et en droit canon, et se fit recevoir docteur en Tune et en Tautre faculté. De relour à Venise, il accompagna à Rome les ambassadeurs que le sénat envoyait au Pape Paul IV y en 1555, pour le féliciter de son exaltation au souverain pontificat. A Tâge de 25 ans accomplis , il demanda et obtint d*élre admis parmi les Sages des ordres à Venise , c'est-à-dire au nombre des jeunes gensdes premières familles, à qui Ton donne entrée au collège où se traitent les affaires de la république afin qu'ils se forment au gouvernement. En 1558 le sénat le nomma

f)Our remplir la chaire de philosophie, aissée vacante par Jacques Foscarini , deveau avocat général. Valerio n'avait alors 3ue 28 ans ; mais , chez lui , le mérite avait evancé les années. Bernard Navagero» son oncle, ayant été élevé au cardinalat en février 1561, l'invita h se rendre auprès de lui h Rome. Valério, en ayant obtenu la permission du sénat, se rendit au vœu de son oncle, et demeura près d'un an k Rome, où il se lia étroitement avec le cardinal Charles Borromée, qui lui procura l'entrée de l'académie célèbre (\u\ se tenait au Vatican. Ei 1562, il suivit son oncle au concile do Trente , et quelques mois après il retourna à Venise , où il reprit son poste qu*il garda jusqu'en 1565. Il prit alors l'habit ecclésiastique, et son oncle, qui, avant d'aller au concile de Tr.ente , avait été fait évèque de Vérone, se démit en sa faveur de cet évfrché , avec l'agrément du Pontife. Navagoro ne survécut que quelaues jours à sa démission. Pour Valério, des qu*il se vit sur le siège de Vérone, il ne pensa plus qu'à remplir tous les devoirs d'un saint évêque. 11 prêchait fiéqoemment, môme en italien, c)uoiqu*il s'eiprimflt difiicilement en cette langue ; il s'était tellement exercé dans la langue latine, qu*il la parlait beaucoup plus facilement que la sienne propre. 11 visitait son fteuple, prenant un grand soin des f»auvre8 et des orphelins , réprimant les désordres, introduisant le bien partout où il pouvait; enfin donnant l'exemple de la plus iwirfaite régularité. En décembre 1583, le Pape Grégoire XIU le créa cardinal du titre de Saint-Marc I et le mit è la téle de plu-

sieurs congrégations. Sous le pontificat de Clément VIH, il passa du titre de Saint- Marc à révèché de Palestrine. LMnteridit, qno le Pape Paul V jeta sur sa pairie, loi causa , dit-on , tant de chagrin , qu'il en mourut à Rome le 2^ mai 1606 , âgé de 75 ans. Son corps, inhumé dans cette ville, en fut ensuite transféré dans l'église cathédrale de Vérone. Les ouvrages imprimés de ce litlé* rateur distingué, de ce prélat sont: I. Onze discours prononcés à Venise, lorsqu'il était professeur de philosophie, et imprimés avec ses deux livres. De recta philosophandi mtione , Vérone 15T7 , in 4^*, et Venise, 1581, in 4*; IL Dne Lettre fur le livre de Jérôme Osorio sur la justice ^ imprimée plusieurs fois avec le livre d'Osorio; III. DeacolythO" rum disciplina, Venise, 1571 ; Vérone, 1583, in-i**, et è la fin de sa Rhétorique ecclésicuti^ que; IV. Vie de Bernard Ifavagero^ son oncle; Vérone, 1602, in-4.»; Padoue, 1719, In-fc'; V. Rhetorica ecclesiastica, en trois livres; Venise, 157^, in-S"; elle eut sept éditions du vivant de l'auteur, et elle a été traduite en français par Pabbé Dinouart, sous ce titre: La rhé» torique des prédicateurs^ traduite d'A. Valé^ rto, évéque de Vérone et cardinal^ etc.; Paris, 1750 , in-12. Valério entreprit cet ouvrage h Id sollicitation de saint Charles, son ami,

3u*il allait souvent visiter à Milan. On trouva ans quelques éditions trois discours qu'il prononça a Vérone devant son clergé ; Vf. tpiscopus n seu de optima episcopi forma ^ Milan, in-&*, par les soins de Galesini, et par les ordres de saint Charles, qui lui avait demandé un travail sur ce sujet. On a encoro d'autres éditions de cet ouvrage; VII. CardinaliSf sive de optima cardinalis forma^ Vérone, 1586, in-V, et 1604^, in <h*: VIII. Récit de ce qui arriva h Vérone en 1575 ; IX. Apo^ logie adressée è son clergé , pour lui exposer pounpioi il n'avait pas encore publié de statuts; Vérone, 1589, in-4-* , à la suite des constitutions deGiberti, évoque de Vérone, lesquelles Valério fit réimprimer avec des notes et des corrections conformes aux décrets du concile do Trente ; X. Constitution nés ad Dnlmatiœ et Istriœ usum; XI. Di eau» tione adhibenda in edendis libris ; Padoue , 1719, in-<h*. Ce livre, qui fut publié plus d'un siècle après la mort de l'auteur, est dû aux soins de Voipi, qui y a joint Bemardi Nau^ gerii cardinalts t^i^a. Cette édition comprend, en outre, un catalogue exact des écrits, tant imprimés que manuscrits , du cardinal Valério, avec quelques notes. L'éditeur a inséré dans le même volume plusieurs discours composés par des nobles Vénitiens; XII. Un discours sur la bénédiction des Agnus Dei^ faite par le Pape Grégoire XIY en J59i, imprime avec l'ouvrage d'Onophra Panvinio , De baptismale pascnali , Rome ^ 1656, in-8* ; XllI. Ad Sixtum V ep\stola nun-, cupatoria sermonum sancti Zenonis ; Vérone, 1589 , in-li^*'. Presque tous ces ouvrages du cardinal sont en latin ; on a encore de lui - J. Gli antichi monumcnli di Vescoti di Vê» rona ; H. Vita di son Carlo Borromeo ; III Uemoriale di Agostino Valiero sopra gli stutii

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a un iennUorê tanvenienti. Venise» 1803, in-4% etc. Ce prélat laissa un nombre encore plus grandde manuscrits» parmi lesquels le rardinal Quirini, dans la préface de la Vie de Paul III, regrelte beaucoun celui qui est intitulé: De uiUilate ex conclavi capienda. On trouve une lettre du cardinal Valiero, adres* sée è Octavien Maggius, dans les Epistolœ elarorum virorum ielectœ^ édition de Venise, 1568» in-8% fol. 126. Cette lettre est de 1555, et datée de Padout*.

VALETTE (Louis de Nogarkt de la), troia'ème filsdcJe.in-Louis, 'lucd Espernonetde Marguerite de Foix, comteSse de Candale et d*A^tarac, naquit Ut 8 février 1593. Abbé de Saint-Victor de Marseille, de Grandselre, de Saint- Viixont de Metz, et du Gard sur la Somme, prieur deSaint-MarindosChamps,' il fut nommé archevêque de Toulouse, puis créécardinH, en 1621, par te Pape Paul V.— Il fut encore commandeur de Tordre du Saint-Esprit, li utenant général des armées du roi, gouverneur d*Anjou, de Metz et du pavs Messin. Il s'attacha d*abord h la relue mère, Marie de Médicis, et contribua beau* ODup à son enlèvement du château de Blois ; mais il ne larda pas h s*en détacher pour suivre le cardinal- ministre, dont il devint Taïui et le serviteur le plus dévoué ; au point que le duc d*E$pernoD appelait son fils le cardinal-valet, par opposition au eardinal-roinistre. Le 11 novembre 1630 Marie de Médicis et Gaston d'Orléans avaient arraché à Louis WIU malade, la promesse de destituer Richelieu. Celui-ci vit chanceler sa fortune dans cette résolution de cour, aui fut appelé.e \ià journée des dupei^ l'une es p!us mémorables du règne de Louis XIIL Les courtisans voyaient déjà la chute do ministre. Sa disgiloe était presque consommée. Lui-même, sans espoir, se tenait renfermé dans son cabinet avec le cardinal de la Valette; il brûlait ses papiers; tous ses préparatifs étaient faits pour gagner Pontoise, et de là le Havre. Son ami, ne prévoyant pas que sa maison allait bientôt être accablée sous le poids qu'il aidait à soutenir, lui dit : « Suivez le roi à Versailles, tentez un dernier effort pour reprendre votre ascendant. Si vous quittez la cour, le

Iiouvoir est perdu pour vous; elle champ ibre restera à vos ennemis. » Richulieu est fra|)pé de ce trait de lumière. Il vola à Versailles, suivi fie la Valette; il regagne fa conGance du Louis Xill, et le dé :ide à lui livrer ses ennemis. S«»n pouvoir grandit au sein de cet orage. Non content d'avoir ainsi dufié ses adversaires, il se prépare à en tirer une éclatante vengeance. Le garde des sceaux Marillacest exilé; plus tard le maréchal, son frère, |K)rtasa tôle sur Téchafaud. Les grands seigneurs, qui faisaient tout trembler, tremblent à leur tour. Le duc d'Epernon, longtemps si tier et si puissant, n'était plus de taille à lutter contre Richelieu. Il s'indignait de voir son flis le serviteur du lout-puissantministre. Le cardinal de la Valette ambitionnait la gloire des armes. « Ri- « chelieu lui Gt donner (1635) le commmau-

deroent d'une armée composée de dix-huit mille hommes d'infanterie et six mille chevaux, qui fut envoyée en Allemagne, et se joignit à celle du duc de Weymar. Le cardinal avait pour maréchaux de camp le comte de Guiche et le vicomte de Turenne. Une des graves diflScultés de cette é(»oque était d'accorder Weymar et Iç Valette, un cardinal et un prince prolestant, sur le cô-* rémonial. Weymar, qui conserva la prtncipale autorité dans le commandement, laissa volontiers au cardinal tous les honneurs qu'il demandait. Les deux armées réunies attaquèrent avec succès le camp de Galas, deVant la ville de Deux-Ponts» et forcèrent Mansfeld à lever le siège do Mayence. Mais le cardinal s'était peu occupé des moyens de faire vivre les soldats au delà du Rhin. Il avait reçu d'excellentes instructions, qu'il ne put ou ne voulut pas suivre. La famine menaçait l'armée ; le pain coûtait un écu la livre, les troupes murmuraient : la sédition était à craindre. Enûn le cardinal prit le parti de ramener en France une armée qui allait périr ou se dissoudre. Son carrosse fut livré aux flammes. Il Gt brûler tout ce qui ne pouvait être transporté sur le dos de quelques mulets et du petit nombre de chevaux que la faim n'avaitjias encore moissonnés. L'artille<» rie fut entamée. Treize jours d*une retraite rapide à travers des montagnes et des détilés, où l'armée ne vivait que d'herbes et de racines, semblaient avoir épuisé toute sa force, lorsqu'à Vauveranges, sur la Sarre, ik régiments, détachés de l'armée de Galas, vinrent fondre sur l'urrièregarde. Le com-' bat fut terrible et glorieux. Les Impériaux, mis en déroute, perdirent sept étendards ; et l'armée française victorieuse qui av(|it perdu, dans sa marche, six raille liommes, et se' trouvait réduite à quatorze mille, se relira enLorraipe, où Weymar, plus heureux^ ou plus habile, ramena ses troupes sans que. les Impériaux les eussent entamées. Les deux généraux se rendirent à Paris, où le plan d'une nouvelle campagne fut réglé aveo Richelieu, assisté du maréchal de la Force, du marquis de Feuquières et du P. Joseph. » (MiCHAUD,^io^rapAt> univenelle^ art« de M. Villenave.) Dans la discussion, le Capucin indiquait du doigt, sur la carte, les villes qu'il fallait prendre. « M. Jose|ih, » dit le duc do Weymar, « tout cela serait fort bon si l'on prenait les villes avec lu bout du doigt. » Cependant le Pape Drbain VUI voyait avec peine un prince de l'Ëglifte associé à un prince luthérien dans lecomman* dément des armées. Le cardinal reçut donc de Rome un bref qui lui enjoignait de déposer l'épée. Mais Richelieu, qui voulait être agréable à un serviteur dévodé, s*inierposa et Gt valoir les capacités militaires du cardinal-général. Il se prévalait d'ailleurs de l'exemple du cardinal-infant qui corn* mandait les armées espagnoles dans les Pays-Bas. Lo Pape prit conseil de la pru* dence, et n'insista pas. Le Saint-Père pouvait, avec juste raison, faire observer au cardinal-ministre qu'entre les deu:^ cas se

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Iroufait une énorme diiïércnce. Lo cardinal-infant con:bal2ail« au moins pour la défense du catholicisme, tandis que le cardinal do la Valette donnait le scandale d*un prince de rEglise combattant pour le triomphe du parti protestant. La Valette ouvrit la campagne de Flandre avec une armée de dix-huit mille hommes [16371- Sous ses ordres étaient Turenne et Gassion, depuis maréchaux de France. Le flis du président de Thou» le jeune et noble de Thou» que Uichelinu allait bientdt faire monter sur Téchafaudv remplissait les fonctions d*inlendant. L*armée française prit Cateau-Cam* biésis, Landrecieset Maubeuge. C'était alors un étrange spectacle, de voir une armée française, que cooimandait lecardinalde La Valette, aux prises contre une armée espafinole, commandée par le cardinal-infant. L'année suivante. La Valette remplaça, dans \e commandement de Tarmée altalie, le marécl>al de Créqui, qu*un boulet venait d'emporter. « Au litre de général, il réunit eelui de plénipotentiaire, et commença par conclure un traité d*allianre offensive et défensive avec la duchesse de Savoie. Ce* pendant Verceil ne put être défendu contre les Espagnols, que commandait le marquis de Léganez; et la chute d*une place si importante commença les malheurs de cette campagne. » (Villenive.)

Telle tut la dévotion de la Valette h Richelieu, qu'il écrivait i ce ministre [1639]: « Vos intérêts et les miens sont inséparables ; et je ne ferai jamais pour moi ce que je n'entreprendrai pas pour vous, toutes et quaotes fois que votre service le requerra. » Il poussa la lâcheté jusqu'à abandonner à la vengeance du ministre son frère Bernard. Ce dernier, envoyé contre les Espagnols, avait joué un rôle équivoque au siège de Fontarabie, siège qu'il parait avoir fait échouer par jalousie è regard de Condé [1638]. Après cet échec, il rallia pourtant l'armée française, abandonnée par Condé et Soubise, et la reconduisit h Bajonne : mais il n*en fut pas moins accusé du désastre; il se réfugia en Angleterre, et fut condamné è mort par le parlement [1639]. Une parole du cardinal de La Valette pouvait sauver son frère. Il n'en fit rien. Bien au con(rdire,il écrivait au premier ministre: cJesuislepremiercontrelui; car il est certain. Monseigneur, que je serais le plus ingrat du monde si je ne préférais votre service, non-seulement à ses intérêts, mais aussi aux miens propres. » Le cardinal de la Valette était un fort médiocre général ; ce oui faisait sa force, c'était la conflance et I appui de Richelieu. Néanmoins il venait de prendre Chivasso, en Piémont, et de battre les Espagnols, lorsqu'il *fnt emporté par la tièvre à Rivoli, près de Turin, le 28 septembre 1639, h l'âge de kl ans. Le duc de Caudale, son frère aîné, était mort A Casai en février, et le duc de la Valette avait été exécuté en ein^ie le 8 juin. Quand le duc d'Kpernon apprit qu'il venait de perdre dans son Gis, Je cardinal, le seul appui qui lui restAt à la cour, il a'écria en

soupirant: «Seigneur, puisque vous avax réservé ma vieillesse pour survivre A la perte .^e mes trois enfants, donnez-moi, 8*tl vous platt, la force de supporter la rigueur de vos jugements. » Toutefois il ne survécut point è son second fils. Après la mort de Louis Xill, Bernard de la Valette rtovint en France; il obtint la cassation du jugement et fut nommé au gouvirnement de la Guyenne, puis de la Bourgogne, où il 80 fit haïr. Dans son testament politique, Richelieu expliquant les faits è sa manière, dit que le chagrin causé au cardinal de La Valette par TinOdélilé de son frère, et le dépit de voir périr le Piémont h sa vue, lui donnèrent le coup de la mort. « Le ?• Vincent, de Rouen, religieux du tiers ordre de Saint-François, Qt imprimera Toulouse* en 16^3, in-4% un discours sur la mort du cardinal de la Valette. On y a joint : Carâi^ nalii Valetœ tumului^ epitaphium^ etc. Le% historiens contemporains n*ont noint ménagée les vices de ce prince de J Eglise. Il était hautain et avide comme son père. Il joignait la prodigalité à des mœurs désor* données ; et ses liaisons avec la princesse de Condé furent un sujet de scandale plus éclatant, il commanda les armées de France pendant cinq années. Jacques Talon, qui avait été son secrétaire, et <|ui se fit prêtre de l'Oratoire, rédigea les Mémoire» de la Vie du cardinal. » [Ibid.) Le manuscrit original de cet ouvrage, trouvé au cbftteaa deBeaupuy en Gujenne,a été publié sons ce titre : Mémoires de Louii de téogarot^ cardinal de la Valet te^ général de» armée» dm roi en Allemagne^ Lorraine^ Flandre et italiOf année» 1635-1639, Paris, 1772, 2 vol. in-lS.

VALIER (PiBEas), Vénitien , archevêque de Candie, fait en 1621, par le Pape Paul Y, prêtre-cardinal du titre de Saint-Sauveur tu LaurOf puis de Saint-Marc , évêque de Céuéda et de Padoue, mourut en 1629.

VALLE (Andeé de) , Romain , évêque de Halte , créé en 1517, par le Pape Léon X , prêtre-cardinal du titre de Sainte-Agnès , puis de Sainte-Prisque, mourut en 153i^.

VALLKMANI (Joseph) , gentilhomme romain , né è Fabriano le 9 juin 1648, fût successivement secrétaire de la Congrégation de Tlmmunité , volant de la signature de justice en 1696 , ardievêquo d'Athènes en décembre 1701 , matlre de chambre da Pape Clément XI, et ensuite son marjordome le 7 juin 1706. Créé cardinal , mais réservé in petto , il ne fut déclaré que le 1*' août 1707. Il reçut le chapeau dans un consistoire public le h du même mois , et le Pape fit la cérémonie de lui ouvrir la bouche le 28 novembre , en lui assignant le titre de Notre- Dame des Anges des Chartreux , aux Thermes de Diociétien. Déclaré prolecteur de la Congrégation des Indes le 31 décembre suivant, il fut encore protecteur de l'ordre des Mineurs conventuels et des autres religieux mendiants. Le Pape Benoît XUI le nomom en juin 1724 pour être l'un des inquifiteurs du Saint-OflScei et lui accorda aoe

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