SUR CETTE NOUVELLE ÉDITION
Noü9 ne ferons pas ici l’éloge du recueil que nous reproduisons: l’auteur estimable qui l’a donne' au public , s’est fait connoitrepar ses travaux nombreux, exacts et utiles. Son Dictionnaire des conciles est particulièrement recherché des ecclesiastiques et des personnes qui , n’ayant pas le loisir ou la faculté de consulter des collections volumineuses et très-chères , désirent cependant puiser, comme dans la source meme, une notion suffisante de nos dogmes sacrés, des règles de discipline que l’Eglise s’est prescrites dans les siècles qui nous ont précédés , ainsi que des changements qu’elle a faits dans celle-ci, quand des circonstances impérieuses l’ont exigé. On y rencontre souvent aussi des trait3 historiques, qui ne peuvent qu’intéresser la pieuse curiosité des amis de notre sainte religion.
Il est très-utile aussi de connoître les assemblées illégitimes des schismatiques et des hérétiques , dans une analyse présentée par une main habile et orthodoxe. Non-seulement on y trouve un exposé fidèle des erreurs que le prince des ténèbres s est efforce de répandre dans le sacré bercail, pour essayer d’y faire prévaloir les portes de l’enfer contre la promesse formelle de Jésus-Christ; mais on y découvre clairement quel est l’esprit qui suscite les schismes et les hérésies; la marche tortueuse et pleine de variations des novateurs; les subtilités, les impostures, les calomnies, les absurdités, les mensonges, les altérations de textes, etc., auxquels ils sont obligés de recourir pour se défendre; enfin on y remarque aisément que la présomption, l’entêtement et 1 orgueil, peuvent seuls les soutenir contre les décisions et les anathèmes de cette puissance auguste, à laquelle le Fils de Dieu a dit : « Celui qui vous » écoute, m’écoute; et celui qui vous méprise, me méprise : or, ce- * lui qui me méprise méprise celui qui m’a envoyé.» Luc. io. 16. Témoin de ces excès déplorables, un catholique sincère et jaloux de son glorieuxtitre d’enfant de l’Eglise, s’attache de plus en plus à la pratique de celte humilité précieuse, qui est comme la mère de la soumission et le fondement du christianisme.
•ICI. BIS COSCUJM. a
a AVIS DES EDITEURS.
C’est apparemment la considération de ces avantages multipliés qui a engagé l’auteur à insérer dans sa collection quelques-uns des anciens conciliabules. Pressés par les mêmes motifs , et par la sollicitation que nous en ont faite des ecclésiastiques très-respectables, nous avons cru devoir enrichir notre nouvelle édition, de l’analyse des conciliabules tenus à Paris par les constitutionnels , dans les années 1797 et 1801 , et de l’espèce de concile national assemblé aussi à Paris , en 1811, par Bonaparte , alors empereur des Français.
M. Filsjean, auteur de l’analyse de ces derniers conciliabules, a prouvé d’ailleurs son attachement àla saine doctrine et à l’Eglise. Il convient qu’il a dépassé ,dc beaucoup, dans son travail , les bornes que s’étoit prescrites l’auteur de l’ouvrage dans lequel nous l’insérons ; mais, considérant que les principes dangereux qu'il se trouvoit obligé de rapporter, ont encore des apôtres et des partisans zélés; qu'ils sont répandus dans une foule d'écrits pernicieux qu’on lit peut-être encore; que l’erreurn’estpas entièrement éteinte, et qu’elle se reproduit souvent sous différentes formes, par où elle continue à semer de nouveaux écueils sous les pas de quelques fidèles peu éclairés et faciles à séduire; enfin, que les conciliabules des constitutionnels sont devenus comme un arsenal commun et dans lequel tous les brochuraires ne cessent de puiser les armes avee lesquelles ils s’efforcent de défendre leur révolte contre l’Eglise , il a cru de voir prémettre une introduction également courte et lumineuse sur La constitution civile du clergé, entrer dans de nombreux détails , se permettre quelques observations , quand elles lui ont paru nécessaires , et ne devoir pas se contenter de former un tableau resserré dans un cadre trop étroit, où il n’eût pu présenter que des traits à demi formés , souvent séduisants; tableau qui seroit devenu par là même ou dangereux , ou tout au moins inutile. Du reste, il s’est fait une loi d’éviter l’exagération; de se renfermer constamment dans les bornes de la pure vérité , et d’user de toute la modération que prescrit le vrai zèle, quand il s’agit de défendre l’Eglise attaquée dans ses dogmes et dans les nœuds salutaires qui^. forment son unité. Si donc il lui est arrivé de manier quelquefois la censure avec force, même d’employer l’arme du ridicule et de la plaisanterie, ce n’est point un scntimentde haine ou de vengeance qui a conduit sa plume ; tous ceux qui le connoissent lui rendront sons doute ce témoignage, qu’il n’a d’autres affections à l’egard de ses frères insoumis , que des pensées de compassion et dé zèle ; et qu’il est au comble de la joie , quand il apprend le retour sincère
AVIS DES EDITEURS. m
de quelquesruns à l’unité catholique. Enfin, observateur fidèle des règles que prescrivent les saints canons , il a présente' toutes les e'prcuvcs de son travail à la révision de l'autorité à laquelle les conciles obligent les auteurs de soumettre ceux de leurs ouvrages qui intéressent la religion.
Nos souscripteurs noussauront gré d’avoir inséré dansl’ouvrage que nous leur offrons , le travail si important de M. Filsjean ; nous y avons joint l’analyse très abrégée de l’espèce de concile assemblé en i8n par Bonaparte.